‹ Flore dévonienne de l'étage H. de BarrandeChapitre 7 sur 21 · Dichotomie. Infiltrations · texte numérisé non relu

Dichotomie. Infiltrations

77. Srbsko. (Hofmuseum, Wien.) Dichotomies, ramifications ultimes renflées

Fig 77.

sont rendues peu claires par suite des infiltrations minérales (fer) qui élargissent leurs rameaux (fig. 74, 75, 78, 80).

Sur le tronc d’un de nos fossiles (fig. 70), nous avons rencontré des fragments de houille que nous avons fait macérer et nous avons été assez heureux pour obtenir des fragments d'hydrostéréides

Fig. 78.

Fig. 78—80. Pseudosporochnus Krejtii, (Stur ex parte) P. et B. 78. Srbsko. (Hofmuseum, Wien.) Ramifications cassées. Infiltrations? +. 79. ë (Bühm. Univ. Prag.) Original de Stur, PI. II, fig. 2. Extrémités renflées +. 80. . (LS: , » ) Original de Stur, PI. Il, fig. 8. Infiltrations minérales entourant les rameaux +.

(fig. 70 b) avec des ponctuations aréolées très nettement constituées et disposées en une série seulement. Preuve que ces plantes possédaient du bois. Nous avons pu constater aussi des éléments variés plus ou moins annelés ou réticulés, et des passages de ces éléments entre eux et aux vaisseaux scalariformes (fig. 70 b).

Le Geologisches Landes-Museum de Berlin possède des échantillons venus du Dévonien (Lenneschiefer) de Westphalie (Gräfrath) et qui montrent des restes très analogues au Pseudosporochnus par la ramification au sommet du trone et par les marques knorrioïdes. Mais nous n'avons pas pu reconnaître sur ces empreintes, toujours brisées près de la ramification dichotomique, si la base était élargie de façon caractéristique comme dans nos échantillons.

Nous nous sommes naturellement demandé à quel groupe de plantes on pouvait rattacher ce reste végétal. Nous avons de primeabord écarté l'idée des Algues, car les Xnorria d'une part, les trachéides de l’autre, parlent contre cette interprétation. La présence de trachéides qui rappellent celles des Conifères pouvait faire penser aux Gymnospermes. Mais les trachéides seules ne pourraient pas être une raison pour caractériser une plante comme Gymnosperme, puisqu'on trouve des ponctuations aréolées, disposées, il est vrai, sur plusieurs rangs longitudinaux chez les Calamariées et parmi les Cycadofilices (notamment chez les Lyginoptéridées) ete. (Voir Potonié dans Engler et Prantl, loc. cit.) *)

La présence de renflements aux extrémités ultimes des ramifications pouvait éveiller un rapport avec les Hyménophyllacées, car on aurait pu interpréter ces renflements comme des sporanges. Mais les autres caractères ne concordent pas. Nous devons signaler aussi le fait que Nathorst a décrit sous le nom de Codonophyton epiphyticum du Dévonien de l'Ile des Ours des restes qui rappellent de très près les ramifications terminales de nos types de Bohême, et lui-même a saisi ce rapport quand il dit (p. 47): ,Stur a décrit quelques restes de l'étage H—h1 du Silurien de Bohême (qui est maintenant admis comme Dévonien) sous le nom .de Sporochnus Krejéti, et ces restes pourraient être comparés dans une certaine mesure avec Codonophyton.“ Mais Nathorst, qui a classé ces débris dans les ,/ncertæ sedis“, ne sait pas comment les interpréter.

Mac’ Coy, dans son Prodromus, a décrit, en 1876, des restes tout à fait indistincts sous le nom de Cordaites australis. Ces restes du Dévonien supérieur ont de l’analogie avec les nôtres.

Quant à nous, nous avons été frappés par l'apparence extérieure de ces plantes et le rapport qu'elle offre avec celle des Psilotacées. Si nous examinons un Psilotum triquetrum, p. ex., nous voyons les tiges se ramifier dichotomiquement et pouvoir présenter souvent, par la rapidité avec laquelle s’est faite une seconde dichotomie, une apparence trichotome, ce qui rappelle très exactement les formes fossiles que nous avons décrites. De plus, sur la tige des Psilotum, il y a de petites feuilles très espacées; nos bourrelets knorrioïdes pourraient être l’indication qu'il y avait aussi dans nos fossiles de petites feuilles sur le tronc. Enfin si nous consultons le travail de Bertrand sur les Tmésiptéridées, nous trouvons, p. 292, que le bois de ces plantes possède des ponctuations

#) Voir aussi à ce sujet, plus loin, p. 58.

Fig. 81. Pseudosporochnus Krejèii, (Stur ex parte) P.et B.

Srbsko. (Geol. Landesmuseum, Berlin.) Photographie d’un grand échantillon montrant la base élargie, comme renflée en bulbe Environ --

elliptiques en une série et pouvant être bordées d’une aréole étroite, ce qui concorderait tout à fait avec ce que nous avons obtenu par la macération de notre houille. Il est vrai que nos ponctuations sont beaucoup plus grandes, plus rondes que celles rencontrées chez les Psilotum; mais ce n'est pas un argument contre notre interprétation, car on voit l’anatomie des plantes fossiles présenter souvent des caractères très différents de celle des plantes actuelles correspondantes. J1 n’y aurait que la question des très fines ramifications terminées par un renflement (sporange?), qui pourrait s'opposer à la présence de ces fossiles parmi les Psilotacées et parler plutôt en faveur des Fougères. C’est ainsi que ces renflements terminaux pourraient faire penser aux Calymmotheca des Houilles (Lehrbuch de Potonié, p. 103) et aux Dimepteris du Dévonien (Schmalhausen, 1894. p. 30). Mais d'une part, certains auteurs ont considéré comme terminaux les sporanges des Tmésiptéridées (Psilotum et Tmesipteris); d'autre part, il se pourrait que nous fussions ici en présence d’un type mixte, analogue au type mixte des Cycadofilices et qui présenterait des caractères de Fougères et de Psilotacces. L'état de nos connaissances ne nous permet pas de résoudre définitivement cette question.

Nous avons voulu seulement relever ce point important: Il serait intéressant que la plante que nous avons décrite fût une Psilotacée, qui serait aux petites Psilotacées actuelles un type géant, ligneux, presque arborescent. Ce serait le type prédit, attendu et cherché par tous les paléobotanistes qui se sont occupés des flores siluriennes et dévoniennes, et qui voulaient trouver cet ancêtre des Psilotacées actuelles. Il est même curieux que tous ceux qui se sont occupés de ces fossiles de Bohême n'aient pas aperçu plus tôt ce rapport. Notre Pseudosporochnus serait à peu près aux Psilotacées ce que les Lépidophytes sont aux Lycopodiales récentes.

Les Psilotacées sont certainement des plantes en voie de régression, tout le prouve, et surtout leur distribution géographique. Aussi il était à prévoir, et beaucoup l'avaient prévu, que l’on découvrirait une ancienne extension de ces plantes curieuses avec des formes plus ou moins rapprochées des formes actuelles. Bertrand avait annoncé l'importance des Tmésiptéridées à ce point de vue et il dit (p. 256): ,Je pense aussi qu'il peut être utile aux paléo-botanistes de connaître mieux »quils ne peuvent le faire aujourd’hui l’organisation des types anciens que l’on compare aux Lepi- »dodendron et aux Psilophyton. Cette application de règles toutes nouvelles montrera en même temps à ces savants les points qu'ils devraient s’efforcer de mettre en relief lorsqu'ils ont à indiquer les vaffinités probables des genres fossiles disparus aujourd’hui.“ (Voir aussi à ce sujet Solms.)

Incertæ sedis.

Nous devons décrire ici un certain nombre de débris que nous ne savons comment interpréter, qui sont trop peu clairs ou trop petits pour se laisser rattacher à une espèce ou à une autre, ou qui sont pourvus d'organes dont nous ignorons la signification. Ils sont généralement trop mal conservés pour que nous puissions leur attribuer un nom spécial; cependant certains caractères nous autorisent à les placer ici plutôt qu'ailleurs.

1°, fig. 82. Nous avons pu constater une sorte de dépression elliptique entourée d’un bourrelet sur un fragment de Pseudosporochnus Krejéti, dont nous possédions aussi la contre-empreinte et qui, ramifié de façon très typique, portait des AÆnorria très caractérisées. Nous ne savons à quoi rapporter le détail en question; est-ce un organe de la plante? Est-ce un petit organisme qui se serait incrusté là? Nous l'ignorons, mais cette marque est si nette qu’elle était intéressante à signaler.

2°, fig. S3. Un axe ramifié dichotomiquement; c'est pour cette raison que nous l'avons placé ici; mais l'axe principal et ses ramifications portaient des cicatrices curieuses, plus ou moins elliptiques, déprimées, avec une marque centrale (trace fasciculaire?). Ces cicatrices étaient vaguement disposées en spirale.

Fig. 82.

Fig. 82—85. Incertæ sedis.

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