‹ Flore du MorbihanChapitre 129 sur 156 · Tiges simples, seulement munies d'une feuille florale · texte numérisé non relu

Tiges simples, seulement munies d'une feuille florale

J. AGGLOMÈRÉ. J. conglomeratus L. — Moyen ou assez grand , vivace , à racine tracante. Tiges droites, un peu dures, cylindracées, finement striées, bien remplies de moelle. Feuilles radicales réduites à des gaines Scarieusés, un peu renflécs, obiuses, brunâtres. Feuille florale assez longue, cylindracéc-subulée, Semblant une contingation de la tige. Cyme d'apparence latérale, contractée , rarement lâche. Bractées blanchâtres , lancéolées et comme aristées , les dernières ovales-aigaës. Fleurs très petites, bruvâtres ; pièces du périanthe lancéolées, très sigués : étamines 3; style très court, peu visible. Capsule

— 62% — sante, dépassant le périanthe. — Juin, juillet. Sables inaritimes. R. Presqu'ile de Gâvres, Kerpape en Plæmeur (N.), Belle-Isle, Houat.

J. EN TÈTE. J. capitatus Weig. J. ericetorum Poil. — Petit ou même très petit, annucl. Tiges droîtes, très grêles, un peu comprimées. Feuilles radicales, dressées , linéaires-sétacées, canaliculées , souvent rougeâtres. Feuille florale de même forme, courte ou assez courte. Fleurs très petites, brunes-verdâtres, disposées en un glomérule peu fourni et quelquefois en deux ou trois glomérules , le premier sessile, le second et le troisième pédicellés. Bractées brunâtres , plus ou moins larges , acuminées-aristées. Périanthe à pièces extéricures ovales-acuminées , bien carénées ; à pièces intérieures plus courtes, ovales-oblongues, mucrouées ; étamines 3. Capsule obovoïde-triquêtre, un peu mucronée, brunâtre, couverte par le périanthe. — Eté. Landes humides , dunes. AC.

2, Tiges feuillées.

J. PYGMÉE. J. pygmœæus. Thuil. — Petit ou très petit, annuel, souvent un peu rougeâtre. Tiges simples ou à peine rameuses , droites, très grêles, quelquefois presque nues. Feuilles sétacées, un peu canaliculées , assez longues, très légèrement noueuses. Cyme imparfaite, offrant 2-6 paquets de fleurs, rarement réduite à un seul paquet. Bractées courtes, ovales-aiguës, blanchâtres. Flears petités, verdâtres, quelquefois nuancées de rouge; périanthe à pièces égales, linéaires-aiguës, striées, dressées et conniventes ; étamines 3. Capsule lancéolée-trigone, n'égalant pas le périanthe. — Eté. Bords sablonneux des eaux tranquilles, mares desséchées, AC.

J. aumBLe. J. supinus Mœnch. J. uliginosus Meyer. — Petit ou assez petit, vivace, à collet bulbeux. Tiges

ascendantes ou procombantes, rarement droites, grêles, simples ou très peu rameuscs. Feuilles presque sétacées, légèrement canaliculées, convexes en dessous , sans nœuds ou à nœuds peu visibles. Cyme peu fournie, à paquets de fleurs très espacés. Bractées brunes, à bords blanchâtres ; les inférieures lancéolées, acuminées ; les supéricures ovales, mucronées. Fleurs très petites , d'un brun rougeâtre ; pièces extérieures du périanthe lancéolées un peu plus longues que les intérieures ; celles-ci oblongues; étamines 3, rarement 6, à filets aussi longs que les anthères. Capsule oblonguetrigone , très obtuse , mucronée égalant à peu près les divisions extérieures du périanthe. — Eté. Bords des eaux tranquilles, lieux sablonneux très humides. C.

Var. — radicans. Tiges assez longues, couchées , radicantes (J. uliginosus Roth), ou longues et flottantes-radicantes (J. fluitans Lam.). Paquets de fleurs souvent entremélés de petites feuilles ; fleurs quelquefois prolifères. — Bords des étangs, mares ve profondes ou à demi-desséchécs. C.

Var. — exilis. — Collet peu ou point renflé. Paquets de fleurs bien moins forts que ceux du type et de la première variété ; fleurs de moilié plus petites.

J. DE GÉrarD. J. Gerardi Lois. — Moyen, vivace, à racine tracante. Tiges simples, droites, fermes, grèles, cylindracécs , non renflées à la base. Feuilles dressées, peu roides , dinéaires étroites , aiguës, canaliculées , non noueuses ; une seule proprement caulinaire, très rarement deux. La florale de longueur assez variable. Cyme dressée, allongée, grêle , à fleurs solitaires ou presque toutes solitaires. Bractées inféricures lancéolées-aristées , plus ou moins verdâtres, les supérieures largement ovales , un peu mucronées, brunâtres. Fleurs très petites, d’abord verdâtres , puis

d'un brun luisant : pièces du périanthe égales , oblon- 97 :

gues, un peu calleuses au sommet ; style aussi long que l'ovaire. Capsule ovoïde-trigone , bien mucronée, brunâtre, couverte par le périanthe. — Eté. Lieux marécageux au bord de la mer, fissures des rochers maritimes, AC.

Plusieurs botanistes ne voient dans le Jonc de Gérard qu'une variété du J. bulbosus L. , J. compressus Jacq. Notre plante n’a point le port du Jonc bulbeux. A Ja différence de ce dernier , sa tige n’est point comprimée et son Collet n’est jamais réntlé, Le style est aussi long que l'ovaire et non de moitié plus court; le périanthe couvre loute la capsule au lieu d’en atteindre seulement ie milieu ; la capsule en outre , au lieu d’être presque globulceuse, est ovoïde-trigone. Ces caractères sont irès constants. Si le Jonc de Gérard n’était qu'une variété da Jonc bulbeux , celui-ci se montrerait sans doute dans le Morbihan , car une variété , lorsqu'elle est commune dans une localité, ne manque pas’ d'y offrir quelques retours au type. Chez nous, le Jonc qui vient d’être décrit ne s'éloigne pas du bord'de la mer ; mais il n'y a pas lieu pour cela de le regarder comme essentiellement maritime, de contester son identité avec le jonc cueilli dans les prés de la Provence, de le rapporter au J. nitidiflorus Dufour, qui serait une bonne espèce. C'est sans doute par inadvertance que l'auteur du Botanicon gallicum , après avoir décrit le Jonc de Gérard comme ayant une capsule moins longue que le:périanthe, fait du Jonc à fleurs luisantes un synonyme du Jonc bulbeux, dont le périanthe pourtant est de moitié plus court que la capsule. M., Léon Dufour {Ann. sc. nat. t. 5), en donnant à sa plante, trouvée: dans les marais salants d'Arcachon, un périanthe: plus long que la capsule, dit qu’ila toujours trouvé-ce caractère dans les nombreux individus dont il a fait l'examen. Il ajoute que des échantillons-venant des côtes de la Bretagne se trouvent dans sa collection,

J. pes pouEs. J. Tenageia. L. F, — Petit ou assez petit, annuel. Tiges simples, très grêles, droites, cylindracées. Feuilles dressées, canalicuiées inférieurement, sétacées ; la florale courte. Panicule à rameaux effilés, presque dichotomes, les derniers très ouverts. Bractées brunâtres ; les inférieures lancéolées, très aiguës, les supérieures ovales, avec une pointe ou sans pointe. Fleurs très petites, solitaires , espacées, brunes, un peu luisantces ; pièces du périanthe ovaleslancéolées , presque égales, les intérieures moins aiguës ; style très court. Capsule brune, presque globuleuse , un peu plus courte que le périanthe. — Eté. Ornières des chemins peu fréquentés, bords des étangs et mares. AC.

J. pes crapaups. J. bufonius L. — Petit ou assez petit. Tiges simples, rarement un peu rameuses, cylindracées, grêles ; les intérieures droites, les extérieures plus ou moins ascendantes. Feuilles dressées, canaliculées inférieurement , linéaires-sétacées. Panicule allongée, à rameaux très grêles, un peu dichotomes, médiocrement ouverts et quelquefois dressés. Bractées des rameaux lancéolées-aristées, verdâtres ; les autres courtes, ovales-aiguës, blanchâtres. Fleurs solitaires généralement très distantes entre elles, petites, d'un blanc vercdâtre ; pièces du périanthe très inégales , les extérieureslancéolées-aristées, carénées, lesintérieures bien moins longues, oyales-lancéolées, presque planes. Capsuie plus courte que le périanthe , oblongue , très

obtase , d'un brun clair rosé. — Mai-août. Lieux humides. TC,

Var. — umbrosus. Tiges généralement rameuses, anguleuses-comprimées. Feuilles linéaires-aiguës, de moitié au moins plus larges que celles du tÿpe (3 à % millim.) Rameaux de la panicule plus ou moins divergents. Fleurs quelquefois accompagnées de petites

— 628 — 3 feuilles sétacées. Capsule faiblement colorée, et dépassée seulement par les pièces extérieures du périanthe. — Lieux ombragés humides. AR.

— — fasciculatus. Moins grêle que le type. Feuilles linéaires-sétacées. Fleurs réunies par 2-5. Pièces du périanthe ordinairement moins inégales; les extérieures à pointe fort réduite. — Lieux sablonneux humidés , surtout près de la mer. AR,

— — minimus. Nain (2 à 3 centimètres). Feuilles sétacées. Cyme imparfaite, dépassée par la feuille florale. Fleurs fasciculées, bien plus petites que celles du type. — Pelouses fraîches. AR.

J. A FRUITS BRILLANTS. J. lampocarpus Ehr. J. articulatus L. — Assez pelit ou moyen, vivace, à racine traçante. Tiges simples, ascendantes ou presque droites , cylindracées. Feuilles fistuleuses , un peu comprimées , aiguës, articulées-noueuses ; la florale courte. Panicule à rameaux plus ou moins divergents, à paquets de fleurs espacés. Bractées brunâtres; celles des rameaux lancéolées-acuminées , les autres ovales el généralement mucronées. Fleurs très petites, d’un brun plus ou moins foncé; pièces du périanthe de même longueur , les extérieures lancéolées , les intérieures oblongues. Capsule plus longue que le périanthe , ovoïde-triquêtre , fortement mucronée, d’un brun noir luisant, — Les tiges offrent quelquefois des racines à leur base. Elles deviennent flottantes lorsque la jcune plante se trouve submergée. Dans ce cas les fleurs sont verdâtres et les capsules d’un brun moins foncé. — Eté. Marécages , bords des mares, douves, parties humides des dunes. C.

J. À FLEURS AIGUES. J. acutiflorus Ehr. J. articulatus var. L. J. sylvaticus Wild. — Moyen, vivace, à racine traçante. Tiges simplés ,. droites ou ascendantes, dures, Feuilles fistuleuses, un peu comprimées,

aiguës , articulées-noueuses ; les radicales presque toujours réduites aux gaînes , la florale courte et fort grêle. Panicule à rameaux divergents, à paquets de fleurs plus ou moins espacés. Bractées brunâtres ; celles des rameaux enroulées , lancéolées-aristées , les autres courtes, ovales-aiguës , concaves. Fleurs très petites, d'un brun foncé ; pièces du périanthe lancéolées-acuminées , à pointe souvent recourbée ; les extérieures moins longues que les intérieures. Capsute ovoïde-oblongue , trigone , prolongée en bec et dépassant le périanthe. — Eté. Prairies et bois humides, douves , mares , bords des étangs. TC.

Le Jonc à fleurs obtuses , Juncus obtusiflorus Erh. , paraît étranger au Morbihan. Les échantillons qui m'ont été adressés comme pouvant appartenir à cette espèce, appartiennent au Juncus supinus, qui offre des formes assez diverses, et dont les feuilles supérieures sont parfois nettement articulées-noueuses. Le Jonc à fleurs obtuses est caractérisé comme suit : Racine traçante. Tiges droites ou presque droites, de 4 à 8 décimètres. Feuilles radicales réduites à des gaines d'un vert jaunâtre ; feuilles caulinaires cylindriques-subulées , fistuleuses, articulées-noueuses. Panicule à rameaux divergents ou même réfléchis, à nombreux paquets de fleurs. Celles-ci fort petites d'un blanc verdâtre ou jaunâtre ; pièces du périanthe égales entre elles, oblongues , très obtuses. Capsule oyoïde-triquêtre , atténuée en bec, ne dépassant pas le périanthe ou le dépassant à peine.—Eté. A chercher dans les marécages.

LUZULE. LUZULA DC.

Etamines toujours au nombre de six. Capsule uniloculaire , trivalve , contenant 3 graines généralement munies d'un appendice, soit au sommet, soit à la base. — Feuilles planes , ordinairement poilues.

L. DE FORSTER, L. Forsteri DC. — Moyenne, quelqueluis assez petite, vivace, à racine fibreuse, touffue. Tiges droites, très grêles. Feuilles linéaires-étroites , très aiguës , poirues. Panicule très lâche , à rameaux dressés. et restant dressés. Fleurs solitaires, bien espacées, pelites et brunes ; pièces du périanthe lancéolées-acuminées. Capsule ovoïde-triquêtre ,. mucronée, brunâtre , égale au périanthe ; graines à sommet muni d'un appendice droit. — Printemps. Bois montucux , bords des talus ombragés. AC.

L, poiruE. L. pilosa Wild. L. vernalis DC. Juncus pilosus L. — Assez petile, vivace, à racine fibreuse, iouffue, oblique. Tiges droites , grêles. Feuilles lancéolées-linéaires , poilues. Panicule lâche , à rameaux divergents , les inférieurs enfin réfléchis. Fleurs solitaires, plus ou moins espacées, petites; pièces du périanthe lancéolées , un peu mucronées , brunes avec les bords blancs. Capsule ovoïde-globuleuse, courtement mucronéc, verdâtre, plus longue que le périanthe ; graines à sommet muni d'un appendice courbé. — Mars, avril. Bois. R. forêt de Camors, taille du Leslé près de Pont-Scorff (N).

L. À GRANDES FEUILLES. L. maxima DC. — Moyenne ou assez grande , vivace , à racine tracantc et presque ligncuse. Tiges droites, assez grêles. Feuilles très longues, lancéolées-linéaires , poilucs-ciliées. Panicule Jâche, à rameaux fort inégaux, divergents. Fleurs disposées en paquets, petites, luisantes, mêlées de brun rougeûtre et de blanc. Pièces du périanthe lancéolées-acuminées. Capsule ovoïde-trigone, mucronée, brune, ne dépassant pas le périanthe; graines sans appendice , au moins bien distinct. — Mai, juin. Bois, lieux ombragés. R. forêt du Pont-Kallec près de la rivière , bois du Crevi, près du Roc-St-André (N): Retrouvée dans.cette dernière localité, près de la terrasse, par M. Sachet.

L. cnamPèrre. L: campestris DC. Juncus campesiris L. — Petite où assez petite, vivace, à racine traçante. Une ou quelques tiges droites, plus ou moins grêles: Feuilles linéaires-aiguës, poilues, devenant quelquefois glabres. Cyme à rameaux presque toujours simples ; terminés chacun par un paquet de fleurs, et plus où moins courbés pendant la maturation des fruits. Fleurs petites , brunes ou brunâtres ; filets des élamines # à 5 fois plus courts que les anthères. Capsule obovoïdeglobuleuse, trigone, un peu mucronée, brunâtre; égale au périanthe ; graines munies à la base d'un appendice conique. — Avril-juin. Bords des champs, pâturages , prairies , landes. TC.

L..murrTirLore. L. multiflora Lej. — Assez petite ou moyenne, vivace, à racine fibreuse en toufte. Tiges droites, assez roides. Feuilles linéaires-aiguës poilnes, deyenant souvent glabres. Cyme à rameaux simples ou peu divisés, dressés et restant tels, même à la maturité des fruits ; paquets de fleurs généralement assez ferts. Fleurs petites, brunes ou brunâtres ; pièces du périanthe lancéolées-acuminées ; filets des étamines presque aussi longs que les anthères. Capsule obovoïde trigone , brune , un peu plus courte que je périanthe ; graines appendiculécs comme celles de l'espèce ones. — Mai, juin. Bois, bords des prairies , coteaux. C.

Var. — congesta. Rameaux très raccourcis, Paquets de fleurs contigus et formant ensemble un capitulc épais , plus ou moins lobé. — Mêmes lieux. AC.

Fam.XCV': — CYPÉRACÉES Juss.

Fleurs hermaphrodites ou unisexuelles, privées. de périanthe, disposées en épis et placées chacune à l’aisselle d’une bractée scarieuse nommée écaille. Etamines

hypogynes, 3, rarement 2; filets cäpillaires ; marcescents ; anthères fixées au filet par leur base, à sommet entier, à loges linéaires, Ovaire supère , simple, assez souvent entouré de soies ou renfermé dans un utricule accrescent; un style terminé par deux ou trois stigmates. Fruit sec, indéhiscent, monosperme, à péricarpe non soudé avec la graine /Akène). Graine à périsperme épais, farineux ou presque corné ; embryon basilaire, très petit. — Plantes herbacées, à tiges généralement simples, cylindriques ou triangulaires. Feuilles très engainantes , à gaiuc non fendue.

SOUCHET. CYPERUS L.

Fleurs hermaphrodites. Epis nombreux, comprimés, multiflores; écailles distiques, imbriquées, presque égales entre elles , pliées-carénées. Ovaire nu, à style caduc ; 2 ou 3 stigmates. Akène comprimé ou triangulaire, mutique ou faiblement mucroné. — Feuilles florales 2-6, le plus souvent 3, rapprochées en involucre. |

S. JAUNATRE. C. flavescens L. — Petit et quelquefois très petit, annuel. Tiges droites ou presque droites, triquêtres. Feuilles linéaires-aiguës , un peu carénées. Epis lancéolés-linéaires, jaunâtres , disposés en corymbe très raccourci, ayant l'apparence d’une ombelle simple ; écailles bien apprimées, ovales, lisses, à carène verte, s'évanouissant près du sommet; stigmates 2. Akène obovoïde-comprimé, faiblement mucroné, brun, à peu près deux fois plus court que l’'écaille, — Deux petits corymbes pédonculés accompagnent quelquefois le corymbe principal. — Juillet , août. Bords sablonneux des eaux, marécages, landes humides. AC.

S. Brun. C. fuscus L. — Pelit ou assez petit, annuel, Tiges droites ou ascendantes , triquêtres. Feuilles

linéaires-aiguës , planes, à peine carénées. Epis lancéolés-linéaires, bruns, disposés en petits corymbes ou paquets, les uns sessiles ou presque sessiles et les autres pédonculés ; écailles ovales, moins apprimées après l'anthèse , à carène verte se continuant jusqu'au sommet ; 3 stigmatcs. Akène oblong-trigonc, atténué aux deux extrémités , blanchâtre et seulement un peu plus court que l'écaille. — Les épis en paquets pédonculés manquent souvent, lorsque la plante est rabougrie. — Eté. Bords des eaux , lieux marécageux. AC.

S. LONG. C. longus L. — Assez grand, vivace, à racine longuement traçante, aromatique. Tiges droites, triquêtres. Feuilles linéaires-aiguës, un peu carénées, à carène et à bords rudes. Epis linéaires-pointus, d'un brun rougeâtre, disposés en petits corymbes plus ou moins longuement pédonculés et munis de bractées très fines ; écailles ovales, très obtuses , plus ou moins apprimées , à carènestriée et verte; stigmates 3. Akène obovale-oblong, triquêtre, deux fois à peu près plus court que l’écaille. — Juillet-septembre. Bords des eaux, marécages. AR. Lorient, Auray, Groix, Belle- Isle, Hœdic , Ploërmel, Vannes.

CHOIN. SCHOENUS L.

Fleurs hermaphrodiles. Epis pauciflores; écailles imbriquées, obscurément distiques ou placées en tous sens, les inférieures beaucoup plus petites et sans fleur à leur aisselle. Ovaire muni ou dépourvu de soies ; stigmates 2 ou 3. Akène comprimé ou triangulaire, mucroné ou couronné par la base renflée du style.

C. noiRATRE. S. nigricans L. — Assez petit ou moyen, vivace, à racine fibreuse en touffe. Tiges droites, dures, cylindracées, striées. Feuilles très étroites; triquêtres-canoliculées, roides, un peu scabres;, à gaîne fendue, brune et jpiran tes point de

feuilles éäulinaires proprement dites ; une feuille florale assez courte; dressée, presque piquante, et le radiment d'une seconde méritant le nom de bractée. Epis comprimés , lancéolés, noirâtres , disposés en un fascicule ovoïde, d'apparence latérale ; écailles obscurément distiques , ovales-lancéolées et pliées-carénées. Ovaire nu ou pourvu de soies très courtes ; stigmates 3. Akène ovoïde-trigone, mucroné, blanchâtre ; luisant. — Mai-juillet. Marécages maritimes, dunes. AC.

C. Banc. S, albus L. Rhynchospora alba Vahl. — Assez petit ou moyen, vivace; à racine fibreuse. Tiges droites, grêles , trigones, un peu rameuses. Feuilles jinéaires-étroites , très aiguës, corénées. Epis eylindracés-pointus, blancs, mais devenant roussâtres, disposés en faisceaux peu nombreux ; écailles ovalesaiguës, concayes, demi-transparentes. Ovaircentouré de 140 à 13 soies scabres; stigmates 2, courts. Akène obovoïde-comprimé, convexe sur les deux faces ; à teinte brunâtre , couronné par la base renflée du style. — Eté, Marais tourbeux. R. Kerivalant près d'Auray, Néant (N.), tour d’Elven, Bohal (MM, Pontarlier et

Tasié), Théhillac (M. l'abbé Delaiande), Ploërmel (M. Sachet).

C. BRUN. S. fuscus L. Rhynchospora fusca Rœm. et Sch. — Assez pelit, vivace; à racine traçante. Tiges droites , grêles , trigones. Feuilles très étroites, presque sétacées. Epis oblongs-pointus, bruns, même avant l'anthèse, fasciculés, et le dernier faisceau très dépassé par la dernière feuille florale ; écailles ovalesaiguës et quelques-unes mucronées ; ovaire entouré de 3 à 5 soies; stigmates 2, fort longs, Akène obovoïde , un peu comprimé, d'un brun clair, couronné par la base renflée da style. — Juin, juillet. Marécages. TR. Féhillac, Saint-Dolay (M. l'abbé Delalande.)

C. ‘MARISQUE. S, Mariscus L. Cradhim Mariscus R. Brown, — Grand ou assez grand , vivace ; à racine

tracanté. Tiges droites, robustes, cylindracéés , presque noueuses , rameuses , à rameaux grêles. Feuilles roides , linéaires-acuminées , planes-carénées, à carène et bords denticulés-coupants ; gaînes as$éz lâches. Epis courts, oblongs-lancéolés , d’un brun jaunâtre, disposés en capitules formant eux-mêmes des corymbes; écailles imbriquées en tous sens, ovales, concaves. Ovaire dépourvu de soies ; stigmates 2 ou 3. Akènce ovoïde-trigone, mucroné, d'un brun luisant, à épicarpe crustacé , fragile. — Juillet, août. Bords tourbeux des étangs, marais. R. Etang de Lannenec en Plæmeur {N.), marais du Pargo à Quibéron, marais centre Etel et Gâvre (MM. Taslé et Pontarlier).

Obs. Les botanistes qui démembrent le genre Choin attribuent à ce genre réduit et aux genres Rhynchospore et Cladium les caractères particuliers suivants : Schæœnus. Ecailles imbriquées sur deux rangs opposés; stigmates 3, soies courtes ou nulles ; akène trigone , mucroné. — Rhynchospora Vahl. Ecailles imbriquées sur plusieurs rangs ; soies assez longues, plus ou moins nombreuses ; stigmates 2 ; akène un peu com: primé, couronné par la base dilatée du style. — Cladium., R. Br. Ecailles imbriquées sur plusieurs rangs: ovaire dépourvu de soies ; stigmates 2 ou 3; akène simplement mucroné, à épicarpe se séparant de l’endocarpe et devenant fragile. |

SCIRPE. SCIRPUS L.

Fleurs hermaphrodites. Un ou plusieurs épis : écailles imbriquées en tous sens, la plus basse ou première, et quelquefois la seconde, d’une forme plus ou moins particulière. Ovaire nu où muni de quelques soies ; stigmates 2 ou 3. Akène comprimé ou triangu= laire , couronné par Ja base dilatée du re ou seule: ment mucroné. PLU

Plusieurs botanistes admettent le genre Heleocharis

formé par Robert Brown avec les Scirpes dont le style,

articulé avec l'ovaire, couronne l'akène par sa base dilatée.

1. Tiges simples, non feuillées, munies seulement d'une gaîne et terminées par un épr.

S. DES MARAIS. S. palustris L. Heleocharis palustris R. Br, — Assez petit ou moyen, vivace, à racine longuement traçante. Tiges droites, cylindracées ou mêémeun peu comprimées ; gaîne longue , rougeâtre ou brunâtre inférieurement ; à sommet presque horizontalement tronqüé et bordé de brun. Epi oblong- Jancéolé, multiflore, mêlé de brun et de blanc ; écailles ovales, les deux inférieures plus courtes, ovalesarrondies, à moitié herbacées, sans fleur. Ovaire entouré de 4 à 6 soies assez longues, scabres ; stigmates 2, Akène obovoïde-comprimé , jaunâtre, luisant, couronné par la base dilatée du style. Beaucoup de tiges restent stériles ; l'épi manque. — Eté. Bords des eaux tranquilles, lieux inondés pendant l'hiver. TC.

Var.—uniglumis.—Tiges plus grêles, cylindriques. Epi moins mêlé de blanc; première écaille large, embrassant presque toute la base de l'épi, ct seule sans fleur. S. uniglumis Link. — Âiarécages. R. Lorient, Auray.

S. MULTICAULE. S. multicaulis Smith. Heleocharis multicaulis Dietr. — Petit ou assez petit, vivace, à racine fibreuse. Tiges fort nombreuses, fertiles et stériles, gréles, cylindracées, la plupart droites, quelques-unes courbées-tombantes ; gaîne plus : ou moins brunâtre , à sommet obliquement tronqué. Epi oblong, multiflore, brun, à peine mêlé de blanc; écailles ovales, la première arrondic, verte inférieu-

rement et embrassant la base de l’épi. Ovaire entouré de 4 à 6 soics ; stigmales 3. Akène triquêtre, plus long : que large, d'un brun foncé, couronné par la base dilatée du style. — L'épi est assez souvent vivipare. En place de l’akène se trouve quelquefois l'excroissance nommée ergot, Sclerotium clavus DC. Etc. Landes très humides , bords des marées. C.

S. ÉPINGLE. S. acicularis L. Heleocharis acicularis Rœm. et Sch. — Petit ou très petit, vivace, bien gazonnant. Racine fibreuse avec quelques rhizômes très grêles, horizontaux. Tiges droites, fertiles et stériles , capillaires, tétragones ; gaîne très mince, serrée, peu colorée, à sommet nettement tronqué. Epi ovoïde-aigu , d'abord mêlé de vert et de pourpre, puis-d'un brun plus ou moins foncé ; fleurs 5 à 10 ; écailles ovales, les deux plus basses bien carénées et très obtuses. Ovaire nu ou seulement muni dé quelques soies courtes et caduques ; stigmatés 3. Akène oblongtrigone , finement sillonné , blanchätre , couronné par la base dilatée du style, — Suivant plusieurs auteurs , le Scirpe épingle est annuel , bien que sa racine soit en partie rampante. Les rhizômes ne donneraient naissance à de nouveaux individus que dans le cours de l’année, Ce point mérite d’être encore étudié. — Eté. Bord des eaux , endroits inondés pendant l'hiver. C.

S. FORT PETIT. S. parvulus Rœm. et Sch. S. translucens N. Cat. inéd. — Très petit (4-7 centimètres), gazonnant , vivace. Racine fibreuse avec des rhizômes très grêles, irrégulièrement disposés , produisant des turions plus ou moins crochus. Tigesdroites, filiformes, cylindriques , molles, bien transparentes et comme transversalement eloisonnées ; gaine très mince, très serrée, peu distincte, à sommet nettement tronqué. Epi ovoïde-oblong , pauciflore , d’un vert pâle mêlé de brun, longtemps transparent ; écailles ovales , très

obluses , presque égales entre elles. Ovaire entouré. de . 4 à 6 soies, assez longues et très persistantes ; stigmales 3. Akène trigone, presque aussi large que long, mucroné , lisse et d'un jaune très pâle. — Dans ce Scirpe, comme dans les espèces précédentes , des tiges stériles sont mêlées aux tiges fertiles, — Juillet, août, Bord de la mer, dans les parties atteintes par le flux, C. — En notant ce Scirpe , il y a plus de 30 ans, je lui donnai le nom de franslucens, qui indiquait sa grande transparence. Dernièrement j'ai pu, grâce à M. Puel, docteur-médecin à Paris, rapprocher cette plante de celle qui est connue à Bayonne sous le nom de S. parvulus. L'identité m'a paru certaine. |

S. DES TOURBIÈRES. S. bæœothryon L. S, pauciflorus Light. — Petit, vivace, à racine fibreuse-rampante: Tiges droites, fertiles et stériles, grêles, cylindriques, striées ; gaine assez lâche , un peu obliquement tronquée, brunâtre. Epi court, oblong ou ovoïde, brun ou brunâtre, pauciflore ; écailles ovales, concaves, la première et la seconde plus grandes que les autres, embrassant l'épi, sans toutefois en atteindre le sommet. Ovaire muni de 4 à 6 soies très fines ; stigmates 3. Akène trigone , plus long que large, mucroné , à peine strié, d’un blanc jaunâtre, — Juin, juillet. Bord des étangs, endroits frais un peu tourbeux. R. Quibéron, Gâvre, Guidel {N,), Arradon (MM. Pontarlier et Taslé), ;

S. GAZONNaNT. S, cœspiiosus L. — Petit ou assez petit, vivace, à racine fibreuse , très touffue, à fibres assez. fortes, Tiges droites, grêles, cylindriques, striées , garnies à la base de plusieurs écailles ; gaîne terminée par une pointe foliacée , rudiment de limbe. Epi court, roux , pauciflore , embrassé par les deux écailles inférieures , celles-ci calleuses au summet ;€t la première égale à l'épi, ou même plus longue.que

Jai, Akène oblong-trigone, mucroné, brunâtre, entouré de soies assez longues. — Mai, juin. Landes marécageuses, bords tourbeux des étangs. TR. Théhillae, à la queue de l'étang du Petit-Rocher (M. l'abbé Delalande).

2, Tiges rameuses, feuillées ; ramifications terminées |. par un épi.

S. FLOTTANT. S. fluitans EL. — Assez petit ou moyen, vivace, à racine fibreuse, très fine, Tiges couchées où nageantes, radicantes à la base, grêles, flasques, bien rameuses, cylindracées, striées. Feuilles linéairesaiguës, très étroites, planes , à gaîne lâche. Epis petits, ovoïdes-oblongs, verdâtres ; écailles ovales, les deux inférieures plus grandes que les autres et embrassant une notable partie de l’épi. Ovaire nu; stigmates 2. Akène obovoïde-comprimé ; mucroné, blanchâtre. — Eté. Bords des mares, douves humides , marécages. C.

Var. — complanatus. — Tiges aplaties, plus feuillées. — Mêmes lieux. R. |

3. Tiges simples, peu ou médiocrement feuillées, à deux ou plusieurs épis agrégés.

S. séracé. S. setaceus L. — Petit ou assez petit, annuel, gazonnant. Tiges droites ou ascendantes , filiformes, striées. Feuilles sétacées, canaliculées; la florale dressée, dépassant bien les épis. Ceux-ci au nombre de 2 ou 3, latéraux en apparence, sessiles , ovoïdes, d’un brun purpurin mélé de vert et de blanc; écailles ovates , concaves. Point de soies autour de l'ovaire ; trois stigmates, Akène brun, oboyoïde-trigone, mucroné et marqué de côtes longitudinales. — Il'arrive assez souvent que les tiges, mal développées, n'offrent qu'un épi. La plante est: quelquelois si rabougrie qu'elle n’a que 2 à 3 centimètres de hauteur. — Eté, Bords des eaux, endroits très humides. AC.

S. DE savi. S. Savii Sebast. — Petit, annueël , trés gazonnant. Tiges très peu feuillées, droites ou presque droites, filiformes, striées. Feuilles sétacées, canaliculées, mais à limbe souvent très réduit; la florale caduque, ordinairement plus courte ou aussi courte que les épis, quelquefois un peu plus longue. Epis 2 ou 3, sessiles, ovoïdes , peints de brun purpurin , de vert et de blanc; écailles largement ovales , concaves. Ovaire dépourvu de soies ; stigmates 3. Akène globuleux-trigone, mucroné, très finement ponctué, d’un gris passant au noir. — Dans cette espèce, comme dans la précédente, les tiges n'offrent pas toujours 2 ou 3 épis. Lorsque l'épi est unique et que la feuille florale est tombée, la plante se rapproche par le port du scirpe épingle ou du scirpe fort petit; elle semble appartenir à la première section, Il en est de même, avant la chute de la feuille florale, lorsque celle-ci se trouve très réduite. Le Scirpe de Savi se montre aussi à l’état nain, c'est-àdire avec des tiges hautes seulement de 2 à 3 centimètres. — Eté. Pelouses au bord de la mer et des étangs salés, endroits très humides peu éloignés de la mer. C.

Var. — fallax. — Feuilles du bas de la tige, à limbe bien développé. Feuille florale beaucoup plus longue que les épis et très tardivement caduque. — Dans cet état, la plante a le port du Scirpe sétaté ; l'examen du frait est nécessaire pour la déterminer.— AR. Lorient, île de Groix.

Obs. On à fait rentrer dans le Scirpus Savu, le Scirpus leptaleus Koch, que M. Loiseleur Deslonchamps (f. gall. 1828) indique à Auray, à Montmorency et dans les Cévennes. L'auteur du Botanricon gallicum , M. Duby, ne parle de ce Scirpe que pour le mettre au nombre des espèces encore incerlaines (page 1012). La phrase caractéristique connue était

peu satisfaisante; elle n’attribuait aux tiges qu'un épi (spicis solitarus), et présentait l’akène comme triquêtre, lisse et d’une couleur tirant sur le blanc (fructu pallido triquetro lœvi). On reconnaitra peutêtre quelque différence entre la plante de notre littoral et le Scirpus Savi type.

S. jonc. S. holoschænus T. — Moyen ou assez grand, vivace, un peu glauque. Tiges nombreuses, droites, fermes, cylindracées, munies à la base de quelques gaînes pointues, colorées, et quelquefois d'une feuille assez complète, à limbe linéaire , roulé en dessus. Feuilles florales 2, l’une dressée, td: semi-cylindrique , piquante, paraissant une continua tion de la tige; l’autre plus courte, étalée. Epis 3-7, globuleux, latéraux en apparence, mêlés de brun ct de vert ; l’un d'entre eux toujours sessile, les autres fort inégalement pédonculés; écailles largement ovales, tronquées , un peu mucronées, ciliées; ovaire dépour vu de soies ; trois stigmates. Akène trigone, lisse, gris. Les gaines se déchirent à leur partie antérieure, mais d'une manière incomplète ; les bords en effet restent liés par des fibres transversales, — Eté. Lieux sablonneux humides. TR. Belle-Isie (M. Lloyd). Cueilli aussi dans cette île par M. Taslé, à F extrémité du bras de mer de Sauzon.

S. DES LACS. S. lacustris L.Vulgt Jonc des chaisiers. — Grand et quelquefois très grand, vivace, à racine très longuement traçante. Tiges droites, molles, cylindriques , munies inférieurement de quelques gaînes et même d’une feuille à limbe court canaliculé. Deux feuilles florales rapprochées , roides, canaliculées inférieurement ; la première dressée, peu lenguc ; la seconde très réduite et pouvant passer pour une bractée. Inflorescence en corymbe irrégulier, composé d'épis oblongs ou ovoïdes , bruns-jaunätres, en nom-

breux paquets; écailles ovales , très obluses et même échancrées, mucronées , frangées ; ovaire entouré de 3 à 6 soies; sligmates 3. Akène trigone, presque aussi long que large, mucroné, brun. — Eté. Marais, parties peu profondes des étangs, bords des rivières. C.

S. DE TABERNÆMONTANUS. S. Tabernæmontani Gmel. — Assez grand et quelquefois grand, glauque, vivace, à racine longuement traçante. Tiges droites, assez molles, cylindriques, munies inférieurement de 2 à 3 gaines pointues ct quelquefois d'une feuille à limbe court , linéaire-pointu ct roulé en dedans. Feuilles florales comme celles de l'espèce précédente. Epis oblongs ou ovoïdes , assez courts, d’un brun rougeûtre, disposés en paquets sessiles et médiocrement pédonculés formant un corymbe irrégulier, un peu ramassé; écailles ovales, échancrées , mucronées, frangées, généralement ponctuées-scabres ; ovaire entouré de quelques soies; stigmates 2. Akène bien plus long que large, obovoïde-comprimé, presque plan, d'un côté, convexe de l’autre, mucroné, d'un gris foncé. — Eté. Bords des étangs salés, marécages voisins de la mer. AC. — Plusieurs botanistes regardent encore celte plante comme une variété grêle et glauque da Scirpe des marais. Cette opinion semble peu fondée. Le fruit de l'espèce créée par Gmelia n'est pas seulement de moitié plus petit que celui de l'espèce linnéenne, il en diffère encore d'une manière notable par sa conformation. En cffet, il est obovoïde-comprimé, tandis que le fruit du Scirpe des marais est trigone à côlés inégaux, deux clliptiques, le troisième plus grand et presque orbiculaire. La couleur est aussi bien différente,

S. TRIQUÊTRE. S. triqueter L. — Grand ou assez grand, vivace. Racine longuement traçante, d'un brun jaunâtre. Tiges droites, triquêtres, à base garnie d’une

ou deux gaines et d'une feuille à limbe peu développé, linéaire-aigu, un peu large. Feuille florale unique, dressée, triquêtre, assez pointue. Epis ovoïdes, bruns, disposés en paquets sessiles ou presque sessiles et en paquets pédonculés formant ensemble un corsmbe irrégulier , latéral en apparence, bien dépassé par la feuille florale ; écailles ovales, concaves, échancrées , mucronées , frangées-ciliées ; ovaire entouré de quelques soies; deux stigmates. Akène obovoïde-comprimé, plan d'un côté, bien convexe de l’autre, mucroné, brunâtre. — Août, septembre. Marais salés, bords des rivières recevant l’eau de la mer. TR. Saint- Perreux (N;.

S. PIQUANTE. S. pungens Vahl. — Moyen ou assez grand et quelquefois grand, vivace, à racine longuement {raçante et d'un brun rouge. Tiges droites, souvent un peu tordues, triquêtres;. deux des faces planes, la troisième plus ou moins concaye. Feuilles 2 ou 3 au bas de la tige, linéaires, carénées, atténuées en pointe (rigonc, piquante, un peu rude sur les angles ; leur gaine demi-scarieuse , plus ou moins rougeâtre. Une feuille florale longue, dressée, triquêtre. Epis peu nombreux, 2-5, sessiles , ovoïdes, d'un brun clair, latéraux en apparence; écailles largement ovales, échancrées, fortement mucronées , frangées-ciliées ; anthères munies au sommet d’un appendice dentelé ; ovaire entouré de 3 soies courtes; stigmates 2. Akène globuleux comprimé, plan d’un côté, bien convexe de l'autre, mucroné, d’un brun foncé. — Marécages maritimes, bords des étangs salés et des bras de mer. R. Hennebont, Plouhinec [(N.), entre Etel et Gâvre (MM. Pontarlier et Taslé). | |

S. MARITIME. S. maritimus L. — Moyen ou assez grand , vivace , à racine tracante. Tiges droites, triquêtres, striées, rudes sur les angles, au moins

près du sommet. Feuilles assez nombreuses , longues , linéaires-aiguës , planes-carénées , à bords plus ou moins scabres ; les florales (2-4) rapprochées, fort inégales , scabres, la plus grande dressée ct paraissant la continuation de la tige. Epis plus ou moins nombreux , oblongs ct quelquefois allongés-cylindracés , roux , où d'un brun jaunâtre, disposés tantôt en un ou deux paquets sessiles , tantôt en paquets sessiles et paquets pédonculés ; écailles ovales, carénées , comme tridentées, à dent moyenne prolongée en pointe roiïde ; ovaire entouré de quelques soies ; trois sligmates. Akène obovoïde trigone , mucroné , d’un brun foncé. — Eté. Marécages maritimes , bords des étangs salés et des bras de mer. C.

Var. — lœvis. — Plus élevé et plus robuste que le type. Tiges et feuilles tout-à-fait lisses. — Rivage de la mer. TR. Rade de Lorient.

S. pes Bois. S. syloaticus L. — Moyen ou assez grand, vivace, à racine traçante. Tiges droites, triquêtres, lisses , bien garnics de feuilles. Celles-ci longues, linéaires-aiguës, larges de 10 à 15 millimètres, planes , à nervures et bords rudes ; les florales 3 ou 4, inégales, rapprochées en involucre. Inflorescence en corymbe décomposé , fort grand. Epis petits , ovoïdes d’un vert sombre, la plupart réunis au nombre de 2-4, quelques-uns solitaires; pédoncules anguleux, scabres ; écailles ovales , entières , mutiques ou à peine mucronées, concaves, carénées ; ovaire entouré de soies assez longues ct généralement au nombre de 6 ; stigmates 3. Akène ovoïde-triquêtre , mucroné, d’un blanc jaunâtre. — Mai-juillct. Bois humides, bords ombragés des ruisseaux. AC.

LINAIGRETTE. £ERIOPHORUM L.

Fleurs hermaphrodites constituant un où plusieurs épis ; écailles presque égales, imbriquées en tous sens, Ovaire entouré de soies généralement très nombreuses, très fines , lisses, accrescentes , dépassant longuement les écailles après la fleuraison ; style allongé , terminé par 3 stigmates. Akène trigone, mutique ou courtement mucroné.

L. ENGAÎNÉE. E. vaginaltum L. — Plante assez petite ou moyenne, vivace, à racine fibreuse , très touffue. Tiges droites, grêles , cylindracées en grande partie, trigones vers le haut, munies au-dessus des feuilles de 2 ou 3 gaines distantes à sommet bien dilaté. Feailles très étroites , roides , triquêtres, à bords scabres. Point de feuilles florales. Un épi terminal dressé, ovoïde-oblong , multiflore ; écailles ovales-lancéolées , d'un gris noirâtre , les inférieures sans fleur ; anthères allongées-linéaires. Soies blanches , aussi longues ou un peu plus longues que l’épi. Akène obovoïde-trigone, brunâtre. — Print. Marais tourbeux. TR. Elven , près de la tour (M. Taslé;.

L. A FEUILLES ÉTROITES. E. angustifolium Roth. E. polystachyum Aubry. — Plante moyenne ou assez grande, vivace, à racine traçante. Tiges simples, droites, grêles, cylindracées, trigones au sommet, médiocrement feuillées. Feuilles linéaires, canaliculées-carénées, atlénuées en pointe triquêtre, un peu scabre ; les florales au nombre de 2 à 4 et fort inégales, rapprochées en involucre. Epis 4-7, rarement 2 ou 3, solitaires, inégalement pédonculés, ovoïdes-oblongs; pédoncules presque toujours simples, ancipités, très lisses, plus ou moins dressés, enfin penchés ; écailles ovales-lancéolées, d’abord. vertesrougeâtres avec les bords blancs, puis brunes à sommet

blanchâtre. Soies blanches, bien plus longues que l’épi. Akène ovoïde-trigone, d’un brun foncé. — Printemps. Marécages tourbeux. C.— Lorsque cette plante s'élève a 8-9 décimètres, ce qui est rare, la tige produit quelquefois, vers les trois quarts de sa hauteur, un rameau ou pédoncule très long portant un épi. Alors, aussi, il arrive parfois que l'un des pédoncules du corymbe se divise vers le haut et présente deux épis.

La Linaigrette à larges feuilles, Eriophorum latifolium Hop. E. polystachyum L?, n’a point été trouvée dans le Morbihan. Elle diffère de l'espèce précédente par Sa racine non traçante ou peu visiblement traçcante ; par ses feuilles plus courtes, plus larges , lancéolées-linéaires , planes en grande partie, scabres aux bords ; par les pédoncules chargés d’aspérilés ; par les écailles d'un vert noirâtre , et par les soies un peu moins longues. — Print. Même station.

L. eRÈLE. E. gracile Koch. — Plante assez petite ou moyenne, vivace, à racine traçante. Tiges droites ou tombantes, très grêles, obscurèment trigones. Feuilles très étroites, canaliculées inférieurement , du reste triquêtres , à peine rudes aux bords ; une ou deux florales, fort courtes ou même réduites à l’état

de bractées. Epis 2-%, petits , dressés ou faiblement

penchés ; pédoncules courts, rudes , tomenteux ; écailles ovales , nerveuses , d’un vert rougeàtre. Soies médiocrément longues. Akène triquêtre, étroit , grisâtré.— Mai, juin. Marais. TR. Théhillac, près de la limite du département (M. l'abbé Delalande).

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