‹ Flore du MorbihanChapitre 138 sur 156 · AVOINE. AVENA L · texte numérisé non relu

AVOINE. AVENA L

Epillets biflores ou pluriflores, disposés en panicule. Glumes inégales, ventrucs-carénées. Chaque fleur à glumelle inférieure multinervée, terminée par, deux dents subulées ou par deux soies, munie, à son milieu ou au-dessus , d'une arêle généralement genouillée et en partie tordue; la glumelle supérieure plus petite et dépourvue d'arête. Ovaire souvent poilu au sommet ; styles presque nuls ; stigmates longs, plumeux. Cariopse cylindracée-pointue, à sillon plus ou moins profond. — Dans les épillets pluriflores, la dernière fleur est quelquefois stérile.

A.3JAUNATRE, À. flavescens L. — Moyenne ou assez grande, vivace, à racine touffue un peu rampante. Chaumes droits ou faiblement ascendants, grêles, glabres ct lisses. Feuilles linéaires-aiguës, assez molles, pubescentes où poilues, à ligule très courte et tronquée. Panicule oblongue, à rameaux courts; un peu flexueux , étalés pendant la fleuraison. Epillets assez petits, biflores, rarement triflores , d’un vert jaunâfre Juisant, quelquefois d’un violet très pâle ; glumes moins longues que les fleurs, fort inégales, très aiguës, l'infériéure moins longue et moins large que la supérieure , et n'ayant qu’une nérvure; axe de l'épillet un peu velu, à poils courts ; glumelle inférieure de chaque fleur convexe-cnrouléc, finement bidentée au sommet,

aristée un peu au-dessus da milieu; arête longue, gcnouillée-réfléchie. Ovaire tout-à-fait glabre. — Juin, juillet. Prairies, coteaux , lieux buissonneux. AC. sur le littoral; R. dans l'intérieur.

A. CULTIVÉE. À. sativa L. — Assez sal de® ou même grande, annuelle. Chaumes droits, assez robustes, glabres et lisses. Fcuilles longues, linéaires-aiguës, un peu larges, rudes, à gaine lisse, à ligule courte et tronquée. Panicule ampie, pyramidale, lâche. Epillets grands, biflores , verdâtres, pendants, au moins après la fleuraison ; glumes peu inégales, plus longues que les fleurs , acuminées, lisses, à 7-11 nervures ; axe de lépillet très peu poilu ou seulement poilu à la base de la première fleur ; glumelle inférieure de chaque fleur carlilagineuse en très grande partie, rude vers le haut, bidentée au sommet, munie à son milieu d’une arête très longue , genouillée et tordue ; double carène de la glumelle supérieure pubescente-ciliée. Ovaire plus ou moins poilu. — Juin, juillet. Cultivée en grand et offrantdiverses modifications ou variétés dues à la culture: la plante est plus ou moins grande, plus ou moins vigoureuse suivant qu’elle a été semée à la fin de l’automne ou dans le cours du printemps; les épillets se trouvent quelquefois réduits à une fleur fertile, quelquefois ils acquièrent une troisième fleur ; les glumelles sont(tantôt blanches ou jaunâtres , tantôt brunes ou noires ; la glumelle inférieure de la dernière fleur perd souvent son arête, et parfois aucune des fleurs n’est aristée : À. sativa hyemalis, — vulgaris, — uniflora, — trisperma, — alba, — nigra, — submutica, — mutica. Plusieurs auteurs regardent l’Avoine cultivée comme originaire de l’îte Juan-Fernandès, située dans la mer du Sud ; quelques-uns lui donnent pour patrie, soit la Perse, soit le nord de l'Europe.

A. »'Ontenr. À. Orientalis Schreb. Vulgt Avoine de

Hongrie, Avoine à grappes. — Cette espèce diffère de la précédente par sa taille un peu plus élevée ; par sa panicule étroite, unilatérale, simulant une grappe; par ses épillets seulement étalés, point pendants. Les glumes sont aussi un peu plus longues, à 5-9 nervures, et les deux dents apicilaires sont souvent accompagnées de 2 autres petites dents. — Juillet. Cultivée dans quelques localités et se montrant quelquefois parmi l'avoine commune. |

Obs. La culture de l’Avoine courte, Avena brevis Roth, et de l'Avoine nue, Avena nuda L., n’a été qu'essayée dans le département. — L'Avoine courte offre une panicule médiocre, lâche, unilatérale. Les épillets, généralement triflores, n'ont guère qu'un centimètre de longueur. Les glumes sont aiguës, assez inégales , et la plus grande dépasse à peine les fleurs. Les glumelles inférieures sont, comme celles des deux espèces précédentes , cartilagineuses et à moitié rudes, mais elles sont en outre chargées vers le haut de quelques poils roides ; leur arête est genouillée et tordue. La semence mûre reste aussi renfermée dans les glumelles. — L’Avoine nue est caractérisée par une panicule assez étroile et presque unilatérale; par des épillets généralement triflores, assez longs; par des glumes moins longues que les fleurs ; par les glumelles. inférieures herbacées-membraneuses , fortement nervées à partir de la base et munies chacune d’une arête droite ou seulement courbée, nullement tordue. L'axe de l’épillet est glabre. A la maturité, les deux glumelles de chaque fleur se séparent , et la graine tombe.entièrement nuc.

A. FOLLETTE. À. fatua L. Vulgt Averon, folle-avoine. — Grande, annuelle. Chaumes droits, assez robustes, glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës, un peu larges , scabres , quelquefois ciliées près de la base, à

gaine lisse où presque lisse, à ligule très obtuse, éro-

dée.… Panicule ample, lâche, pyramidale. Epillets

grands, biflores ou triflores, verdâtres, pendants ;

ylumes peu inégales , plus longues que les fleurs, acu-

minées, lisses, à 7-9 nervures; axe de l'épillet très

velu ; glumelle inférieure de chaque fleur cartilagi-

neuse, dure, bidentée au sommet, finement lubercu-

leuse, couverte en partie de poils roides, ct munie à

son milieu d'une arête très longue, genouillée et tor-» due; glumelle supérieure courtement ciliée sur sa

double carène. Ovaire velu. — Juin, juillet. Champs, : dans les moissons. AC.

A. RUDE. À. strigosa Schreb. — Grande ou assez grande , annuelle. Chaumes droits, glabres ct lisses. Feuilles linéaires-aiguës, assez larges, scabres, à gaine lisse ou presque lisse , à ligule courte, très obtuse , érodée ou déchirée. Panicule allongée, lâche, un peu unilatérale. Epillets grands, biflores, verdâtres, un peu luisan(s, pendants à la maturité; glumes assez inégales, égalant à peu près les fleurs, très aiguës , à 7-9 nervures rudes; axe de l'épillet presque glabre; glumelle inférieure de chaque fleur cartilagineuse , glabre , terminée par deux soies, et munie à son milieu d’une arête très longue, genouillée et tordue ; glumelle supérieure à nervures ciliées. Ovaire poilu. — Juin, juillet. Champs cultivés , surtout parmi les céréales. . AC.

DANTHONIE. DANTHONIA DC. :

Epillets de 3-6 fleurs, Ja dernière souvent stérile ou mème rudimentaire. Glumes un peu inégales, ventruescarénées. Chaque fleur parfaite à glumelle inférieure ventrue, bifide au sommet el pourvue d’une arête ou -rudiment d’arête naissant du fond de la fissure ; glumelle supérieure beaucoup plus petite, mutique.

Ovaire glabre ; styles2, courts; stigmates plumeux. Cariopse ovoïde-comprimée, sans sillon. — Panicule peu fournie.

D. TOMBANTE. D. decumbens DC. Triodia decumbens R. Br. Festuca decumbens L.—Assez pelite ou moyenne, vivace. Chaumes ascendants ou inclinés, assez durs, glabres, à peine rudes au sommet. Feuilles longues , linéaires, un peu poilues , rudes vers le hauf; ligule remplacée par des cils nombreux, très rapprochés ; poils en pinceau à l'entrée de la gaîne. Panicule formée par 6-10 épillets; rameaux courts, dressés. Epillets assez grands, verdàtres ou violacés ; glumes un peu pointues, glabres, luisantes, à carène rude ; l'inférieure aussi longue que les fleurs ou même un peu plus longue ; axe de l’épillet veta au point d'insertion de chaque fleur; glumelle inférieure large, cartilagineuse, poilue aux bords, et munie d'une arête rudimentaire qui la fait paraître trifide ; glumelle supérieure à carènes pubescentes-ciliées. — Juin, juillet. Bords des champs humides, landes, taillis, lieux buissonneux. C.

KEULÉRIE. XOELERIA Pers.

Epillets de 2-5 fleurs , toutes fertiles. Glumes nawiculaires, aiguës, inégales, F'inférieure plus courte. Chaque fleur à glumelle inférieure entière ou échancrée, mucronée ou courtement aristée ; glumelle supérieure à sommet bidenté. Ovaire glabre ; styles très © courts, stigmates plumeux. Cariopse oblopgue sans | sillon. — Panicule spiciforme. f

K. A crèTE. X. cristata Pers. Aira cristata L. sp. Poa cristata L. syst. — Assez petite, rarement moÿenne,'. vivace, gazonnante. Chaumes droits ou presque droits, . assez roides, pubescents. Feuilles courtes , linéairesétroites, planes ou pliées-enroulées, poilues et pubes-,

centes ou seulement pubescentes, rarement presque glabres , un peu slauques, à ligale très courte et tronquée. Panicule allongée, compacte , quelquefois interrompue à la base ; rameaux très courts, étalés pendant la fleuraison. Epillets assez petits, biflores ou triflores, argentés-verdâtres, luisants. Glumes un peu moins longues :que les fleurs, presque glabres , à carène ciliée-scabre ; glumeile inférieure entière, très aiguë ou même mucronée, glabre , à carène un peu rude ; glumelle supérieure un peu plus courte, à nervures ciliées. — Les gaines des ancicnnes feuilles se détruisent sans produire des filaments.— Mai, juin. Sables maritimes. AC.

Notre plante a été rapportée par quelques botanistes à la Keulérie blanchâtre, Kæœleria albescens DC. f1. fr. suppl. p. 269, espèce qui se distinguerait de la Keulérie à crête par unc {aille au moins de moitié plus courte (15-18 centimètres), par les chaumes entièrement ou presque entièrement couverts par les gaines des feuilles; par les feuilles un peu glauques, enroulées, lorsqu'elles sont sèches; enfin, par une panicule blanchâtre-argentée, et non bigarréc de vert et de blanc. Il faut reconnaître que notre plante n'attcint pas toujours 18 centimètres et qu’elle s'élève rarement à 3 décimètres ; mais {out végétal qui se fixe dans les dunes éprouve une diminution de taille. Si les chaumes sont parfois entièrement ou presque entièrement engainés , is sont plus souvent nus dans leur moitié supéricure. On trouve même quelquefois, sur une souche commune, des chaumes nus en grande partie et des chaumes couverts par les gaines, ce qui permet de croire que les uns sont bien développés, tandis que les autres n'ont pas recu tout leur développement. L’enroulement des feuilles, lorsqu'elles deviennent sèches, ne semble pas un caractère important ; il appartient d’ailleurs, suivant Kœler, Descriptio gram., à l'an-

cienne espèce, au Paturin à crête des auteurs : folia sicca convoluta aut complicata, et ferè setacea. La couleur moins verte, un peu glauque des feuilles peut n'être due qu'au voisinage de la mer. Quant à la panicule, elle offre toujours, avant et pendant la fleuraison, un mélange de vert et de blanc argenté ; c'est en vieillissant qu’elle perd une de ses couleurs, qu'elle devient tout-à-fait blanchâtre. Ces considérations m'ont condait à ne voir dans la plante de nos dunes que la Keulérie à crête. Mon opinion à cet égard est aussi celle de M Lloyd, flore de la Loire-Inférieure , p. 301. Notre plante, au reste, peut mériter d’être inscrite comme variété : K. cristata littoralis, où même X. cristata albescens , si l'espèce créée par M. De Candolle cessait d'être admise.

IV. Epillets multiflores, rarement biflores, disposés en panicule ou en grappe. Glumes beaucoup plus courtes que l'assemblage des fleurs. Glumelles supérieures bicarénées.

PHRAGMITE. PHRAGMITES Trin.

Epillets de 3-7 fleurs, la première mâle, les autres hermaphrodites et entourées de longs poils. Glumes carénées , aiguës très inégales, l’inférieure plus petite. Chaque fleur à glumelle inférieure étroite, acuminéesubulée ; à giumelle supérieure beaucoup plus courte. Ovaire glabre ; styles 2, longs ; stigmates en forme de goupillon. Cariopse oblongue, sans sillon. — Panicule bien développée,

P. commun. P. communis Trin. Arundo phragmites L. Vulgt Roseau à balais. — Grand ou même très grand, vivace, à racine longuement rampante. Chaumes droits, fermes, glabres et lisses, quelquefois des rejets couchés. Feuilles lancéolécs-acuminées, dures , glabres,

un peu glauques , à bords scabres et coupants ; ligule remplacée par des poils très serrés, Panicule ample et bien fournie, souvent un peu penchée ; rameaux presque lisses, les inférieurs munis à la base d'un faisceau de poils. Epillets médiocres , violets-argentés, passant au roux et devenant soyeux par le développement des poils qui entourent les fleurs ; glumes trinervées, à peu près lisses, l'inférieure de moitié plus courte ; glumelle inférieure cenroulée, trois fois plus longue que la supéricure; celle-ci rétuse, à nervures ciliées. — Août, sea: Bords des eaux, marais, douves très humides. C

Var. — minor. — Chaumes moins élevés et feuilles moins larges, à bords roulés en dessus. Panicule médiocre et quelquefois très réduite, toujours dressée. Epillets roux même avant l’anthèse, et n'offrant généralement que trois fleurs. — Lieux pierreux humides près de la mer et rochers maritimes. AR.

DACTYLE. DACTYLIS L.

Epillets de 3-5 fleurs, disposés en paquets et ceuxci en panicule. Glumes inégales , carénées, acuminées, à côtés inégaux, l’un convexe, l’autre un peu concave. Chaque fleur à glumelle inférieure naviculaire, plurinervée , munie au sommet d'une arête courte; glumelle supérieure presque aussi longue , à sommet bidenté. Ovaire glabre:; styles 2, courts; stigmates plumeux. Cariopse ellipsoïde, un peu comprimée, à sillon presque nul.

D. PELOTONNÉ. D. glomerata L. — Plante moyenne, assez grande ou même grande, vivace, à racine fibreuse. Chaumes droits ou presque droits, glabres, plus ou moins rudes au sommet. Feuilles linéaires-aiguës, scabres, à gaine un peu comprimée, rude et quelquefois poilue, à ligule oblongue, bientôt déchi-

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