C. Richard
Sporanges solitaires, ordinairement semblables, quelquefois de deux sortes, sessiles ou presque sessiles, situés à l'aisselle des feuilles caulinaires ou disposés en épis terminaux fouiilés. — Plantes vivaces, à tige rameuse et souvent dichotome, à feuilles très petites, persistantes.
LYCOPODE. LYCOPODIUM L.
Sporanges de même sorte, uniloculaires, déhiscents, s'ouvrant par une fente transversale. Spores extrêmement fines, cohérentes par quatre.
L. onpé. L. inundatum L. — Tige courte ou assez courte, rampante, peu rameuse, dure; un ou deux rameaux fructifères , simples, dressés. Feuilles disposées sans ordre, mais très rapprochées , lancéolées-li- . néaires, très entières, pourvues d’une nervure. Epis terminaux solitaires, renflés, à bractées presque semblables aux feuilles, seulement un peu dilatées à la base et quelquefois bidentées. Sporanges bien. plus courts que les bractées. — Fruct. Juillet -octobre. Bords des étangs, marais, R. Environs de Vannes (M. Bourassin); Plaudren (M. Taslé); Saint-Dolay, Fhéhillac (M. l'abbé Delalande). — Ce Lycopode figure dans le catalogue de M. Aubry, mais aucune localité n'es indiquée. L'auteur se borne à dire que le Lyeopode inondé est plus commun dans le département que ie Lycopode à massues. Cela paraît douteux.
L. A massues. L. clavatum F.. Vulgt. Oublie, herbe d'oubli. — Tige plus ou moins longue, atteignant quelquefois un mètre, bien rameuse, rampante, très dure. Feuilles disposées sans ordre, mais {rès rapprochées et quelquefois comme verticillées, roides, lancéolécs-linéaires, un peu dentées, terminées par une soie et presque sans nervure. Rameaux fructifères dressés ,'amincis, pen feuillés, ordinairement bifurqués ou trifurqués vers le haut , à divisions terminées par un épi cylindracé; bractées ovales-acuminées, dentées-érodées, pilifères, jaunâtres, trois fois plus longues que les sporanges. — Eté, automne. Forûts, bois montucux, coteaux ombragés. R. Lanvaux cet Camors (M. Aubry); Languidic (N), Pluméliau {M. l'abbé Delalande).
Fam. XCIX°. — EQUISETACÉES Richard.
Sporanges tous de même sorte, membroneux, déhiscents, disposés circulairement par 6-9 à la face inférieure d'écailles verticillées, stipitées, peltées. Spores très nombreuses, munies de 4 filets hygrométriques en croix. — Plantes herbacées, vivaces, à racine articulée, rampante ; à liges aussi articulées, fistuleuses, simples ou offrant des verticilles de rameaux au niveau des articulations ; à feuilles rudimentaires verticillées, soudées entre celles dans une grande partie de leur {ongueur , ct constituant ainsi des gaines dentées.
On nomme élatéres les filcts qui accompagnent les spores.
PRÊLE. EQUISETUM L.
Ecailles colorées, disposées en verticilles nombreux, rapprochés ou très peu espacés , formant au sommet de la tige ct quelquefois de ccrtains rameaux une sorte
d'épi ou chaton. Sporanges oblongs, s'ouvrant du côté intérieur. Spores globuleuses ; élatères élargis.et granuleux au sommet.
P. pes cHamPs. Æ. arvense L. — Tiges fertiles précoces, assez courtes (15-25 centimètres), très simples, droites , lisses, d’un brun rougeâtre ; gaînes lâäches , évasées , blanchâtres inférieurement , brunes vers le haut, à 8-12 dents relativement grandes, lancéolées , très aiguës. Tiges stériles assez tardives , souvent ascendantes eu tombantes, plus longues et plus grêles que les fertiles, bien sillonnées, rameuses en grande parlie, à rameaux nombreux , ordinairement simples, tétragones, rudes, d'un vert pâle; gaînes moins longues et moins lâches que celles des tiges fertiles. Epi oblong-cylindrique, à écailles très brunes, à sporanges blanchâätres. — Fruet. Avril, mai. Champs humides. C,
P. Des marais. Æ. palustre L. — Tiges fertiles et stériles conformes, médiocrement rameuses, rarement simples, droites, grêles, cannelées, vertes ; gaînes lâches, verdâtres, à 6-8 dents ovales-lancéolées, brunes avec les bords blancs ; rameaux généralement simples , dressés, très anguleux. Epi cylindracé , enfin assez lâche, à écailles noirâtres. — Des rameaux plus forts que les autres produisent quelquefois un épi. — Fruct. Eté. Marécages. TR. Kervran, entre Etel ct’le Port-Louis (N).
P. pes BouRBIERS. Æ. limosum L. — Tiges fertiles et stériles conformes, tantôt simples, tantôt plus ou moins rameuses, droites, assez fortes, sillonnées, vertes; gaînes assez courtes, apprimées, verdâtres, à 15-20 dents lancéolées, noirâtres ; rameaux nambreux, courts ou longs , plus ou moins ouverts, généralement simples, anguleux. Epi d'abord ovoïde ou oblong très obtus, enfin oblong-cyliadrique, à écailles d'un vert noirâtre. — C’est bien rarement que l'on
voit un épi au sommet des rameaux. Les tiges, commé celles des espèces précédentes, se détruisent à la fin de l'automne, ne passent pas l'hiver. — Mai-août. Bord des eaux tranquilles, marais. TC.
M. Aubry (cat. an X) indique trois Prêles dans Île Morbihan, savoir : la Prêle des fleuves, E. fluviatile , la Prêle d'hiver, E. hyemale , la Prêle des marais , E. palustre. On peut croire que les deux premières espèces ont été indiquées par erreur, au licu de la Prêle des champs et de la Prêle des bourbiers ; car celles-ci sont communes ou assez communes dans le département , tandis que la recherch® des deux autres y cest vainémént faite depuis un grand nombre d'années. — La Prêle des fleuves, E. fluviatile Smith, E. telmateya, Ehrhard , offre, come la Préle des champs, deux sortes dé tiges, les unes fertiles, précoces, assez courtes , très simples , à gaines lâches , les autres stériles , longues , rameuses , à gaînes plus petites, serrées; mais, dans la Prêle des fleaves, les tiges sont épaisses , d’un blanc rougeâtre ou d’un blanc d'ivoire; les fertiles sont composées d'articles courts, munies par conséquent de gaines nombreuses , et ces gaînes sont amples, campanulées, à 20-30 dents longucs, acuminées-subulées. L'épi est robuste, allongé. — La Prêle d'hiver, vulgairement nommée Prêle des tourneurs, se rapproche de la Prêle des bourbiers, E. limosum , par la conformité des tiges fertiles et stériles et par l'état apprimé des gaînes ; mais elle s’en distingue bien par ses tiges d'un vert glauque, chargées d’aspérilés et persistantes pendant l'hiver ; par ses gaînes noires à la base et au sommet, blanchâtres du reste ; par ses dents à moilié scarieuses et en partie caduques; par son épi court, apiculé. — Cette Prêle se plaît surtout dans les bois très humides et dans les grands marais. +
NE, — Fam. C° — FOUGÈRES Juss.
Sporanges disposés en groupes à la face inférieure . des feuilles, où formant, par l'imparfait développement de la feuille quidles porte, soit un épi, soit une panicule. Spores très fines et nombreuses dans chaque sporange. — Plantes vivaces, toujours herbacéesacaules dans nos climats. Feuilles tantôt simples , tantôt très diversement découpées, généralement roulées en crosse avant leur développement, souvent chargées de petites écailles brunes ou brunâtres.
Pour beaucoup de botanistes, les fougères n'ont point de feuilles proprement dites, mais des rameaux garnis d'appendices foliacés (frondes). Les groupes de sporanges ont recu le nom de sores. Leur forme est très variée. Les sores sont nus ou recouverls par une membrane nommée endusie. — Très souvent les sporanges sont pourvus d’un anneau articulé, élastique , destiné à faciliter leur ouverture.
LT. Sporanges en épi ou en panicule.
OPHIOGLOSSE. OPHIOGLOSSUM L.
Epi linéaire, distique, à sporanges sessiles, rapprochés, coriaces, dépourvus d'anneau, uniloculaires , s'ouvrant régulièrement en deux valves perpendiculaires à l'axe.— Jeunes feuilles non roulées en crosse.
O. commun. O. vulgatum L. Vulgt. Langue de serpent, herbe sans couture. — Petite plante à racine fibreuse, à fibres rapprochées. Deux feuilles soudées par les pétioles : l’une stérile, ovale ou ovale-oblongue, entière, mince, à nervures très fines, anastomosées ; J'autre contractée, linéaire-étroitec, même dans sa partie stérile, qui peut passer pour le support de l'épi. Celui-ci beaucoup plus court que le faux support et ter-
miné par une pointe. — Fruct. Mai-juillet. Prés très humides, marécages un peu ombragés. TR. Environs de Vannes (M. Aubry); prairie au bord de l’Oust, peu loin du Roc-Saint-André (N.); les vignes à l'embouchure de la Vilaine et à Sarzeau, où elle forme de larges touffes (M. Taslé). — Cette plante n’est peutêtre qu'assez rare, comme le dit M. Aubry; mais, généralement entourée d'herbes plus grandes, elle échappe aux regards les plus attentifs,
OSMONDE. OSMUNDA L.
: Panicule plus ou moins ramifiée, à sporanges briévemeni pédicellés, presque globuleux, membraneuxréticulés, un peu gibbeux , dépourvus d'anneau, uniloculaires, s'ouvrant avec régularité en deux demivalves.—Feuilles très découpées, roulées en crosse avant leur développement.
O. royaLe. O. regalis L. Vulet. Fougère fleurie. — Souche épaisse produisant plusieurs feuilles, les unes stériles, lesautresfertiles, toutes bien pétiolées, dressées, longues de 6 à 12 décimètres, bipinnées, à folioles oblongues-lancéolées, plus ou moins nettement crénelées-dentées, rarement entières, obliquement tronquées à la base. Panicule généralement grande, comprenant ou remplaçant les divisions supérieures de la feuiile dont elle dépend. Sporanges distribués en paquets globuleux, aliernes, souvent rapprochés. — Dans les feuilles fertiles, la portion changée en panicule offre quelquefois des folioles qui ne sont pas entièrement déformées et qui portent des sporanges sur les bords. — Fruct. Eté. Marais, bois très humides, bord des eaux, fossés des prairies. AC.
IT. Sporanges placés à la face inférieure des feuilles , pourvus d'un anneau ef s'ouvrant irrégulièremnt.
POLYPODE. POLY PODIUM L.
Sporanges en groupes orbiculaires , tout-à-fait nus, épars ou disposés par séries.
P. commun. P. vulgare L. Vulgt. Polypode de chêne. Plante médiocre, quelquefois assez petite, à rhizôme traçant, un peu charnu, chargé d'écailles. Feuilles longaement pétiolées , dressées, oblongues-lancéolées dans leur circonscription, pinnalipartites, à divisions alternes , très oblongues, quelquefois lancéolées, finement dentées ou presque entières; pétiole non écailleux. Sores en deux séries parallèles à la nervure moyenne de chaque division.— Les feuilles deviennent ovales dans leur circonscription, lorsque leurs divisions s’allongent, ce qui a rarement lieu. — Fruct. Presque toute l'année. Vieux murs, pieä des arbres, talus ombragés. TC.
Var. — serratum. — Feuilles à divisions lancéoléeslinéaires , bien-dentées en scie. R.
Obs. M. Aubry a mis au nombre des plantes du Morbihan le Polypode des Grisons, Polypodiumrhæticum L. Cette fougère aurait été trouvée dans les bois humides du Nédo et de Trédion. Une erreur est ici très probable : M. Aubry a pu prendre pour le Polypode en queslion une variélé de la fougère femelle qui en a toute la forme, au dire des auteurs.
CÉTÉRACH. CETERACH C. Bauh.
Sporanges en groupes oblongs ou linéaires, dépourvus d’indusie, mais entremélés d'un grand nombre d'écailles scarieuses. |
C. orricinaL. C. officinarum Wild. Asplenium Ceterach L. Grammitis Ceterach Swartz.— Petite plante à racine fibreuse , touffue. Feuilles nombreuses, courtement pétiolées , plus ou moins divergentes, étroites, pinnatipartites, à divisions alternes, ovales ou ovalesoblongues, très obtuses, entières, tout-à-fait couvertes en dessous par les sores et par les écailles ; celles-ci d’abord argentées, puis roussâtres , toujours brillantes ; pétiole et rachis écailleux. — Fruct. Juinoctobre. Vieux murs, rochers humides. TR. Auray (M. Toussaint) ; château de l'Ile sur la Vilaine (MM. Taslé et Pontarlier).
DORADILLE. ASPLENIUM KL.
Sporanges en groupes oblongs ou linéaires, pourvus chacun d’une indusie latérale s'ouvrant d'un côté, de dedans en dehors. — Les sores se réunissent souvent à la maturité.
D. mariTimE. À. marinum L. — Plante assez petite ou moyenne, à racine fibreuse, touffue, brune. Feuilles assez nombreuses , pétiolées dressées , lancéolées dans leur circonscription, pinnées, à folioles ordinairement alternes, quelquefois opposées, ovales-oblongues, un peu trapéziformes, rarement allongées, plus ou moins obliques à la base, dentées ou crénelées , à crénelures dentées; pétiole brun, lisse, à base entourée d’écailles lancéolées-subulées, noirâtres. Groupes de sporanges oblongs-linéaires, parallèles entre eux sur chaque foliole, obliques à la nervure moyenne, rarement confluents à la maturité. — La longueur des feuilles est très variable ; elle atteint quelquefois # à 5 décimètres. Dans les folioles crénelées , la première crénelure du côté supérieur s'accroît souvent et semble une orcillette. On a indiqué comme caractère de cette espèce un petit nombre de sores par toliole. Cela n’est qu'exceptionnel , car le plus souvent chaque
foliole offre 9-12 sores. On en trouve 14-18 sur les folioles allongées, c'est-à-dire longues de 4 à 5 centimètres et larges de 7 à 9 millimètres. Les crénelures de ces folioles se changent quelquefois en lobes. —
Fruct. Eté, automne. Fentes des rochers maritimes. AR. Vannes (Desf. ex DC.), mais on ne l'y rencontre
plus; Baden au bras de mer d’Auray, Quibéron, Belle- Ile, Groix (N.); Houat, Hædic (l'abbé Delalande); Saint-Gildas (M. Taslé). — J'ai vu cette fougère croissant entre les pierres d'un mur de puits, maïs le puits, situé au village de Rosnaro en Crach, est assez voisin de la mer. |
D. pozyrric. À. Trichomanes L. Vulgt. Capillaire. — Petite ou assez petite plante, à racine fibreuse, toufue , noirâtre. Feuilles nombreuses , plus ou moins élalées, courtement pétiolées, lancéolées-linéaires, pinnées, à folioles opposées , rarement alternes, petites, tantôt largement ovales, tantôt ovales-oblongues très obtuses , crénelées-dentées, à base tronquée ou cunéiforme ; pétiole presque glabre, rachis très grêle, lisse, d’an brun noir el luisant, à rebord mince et denticulé. Groupes de sporanges oblongs-linéaires , obliques à la nervure moyenne de chaque foliole et généralement confluents à la maturité ; indusie blanchâtre. — Fruct. Mai-septembre. Murs humides, surtout ceux des puits, rochers ombragés. C.
D. RUE-DES-MURAILLES. À. ruta muraria L. Plaite petite ou même très petite, à racine fibreuse , touffue, noire. Feuilles assez nombreuses, longuement pétiolées , plus ou moins étalées, triangulaires-ovales dans lear circonscription, bipinnées, à folioles petites, assez écartécs, un peu coriaces , obovales-cunéiformes ou largement ovales, dentées et quelquelois lobées ; pétiole grêle, lisse, verdàtre. Groupes de sporanges linéaires , 2-4 sur chaque foliole, bientôt confluents et couvrant la face inférieure de la foliole à la matu-
rité; indusie blanchâtre. — Fruct. Presque toute l’année. — Vieux murs, rochers. AR. Luscanen , près Vannes, Auray, tour d'Elven, Ploërmel, etc.
D. noire. A. adianthum-nigrum L. Vulgt Capillaire noir. — Plante assez petite, à racine fibreuse, noire. Feuilles assez nombreuses, dressées , longuement pétiolées , triangulaires-lancéolées dans leur circonscription, vertes-noirâtres et luisantes en dessus, bipinnées et quelquefois tripinnées inférieurement , à folioles ovales-lancéolées ; presque rhomboïdales, incisées-dentées ou pinnatilobées à lobes dentés au sommet ; pétiole lisse et d'un noir luisant. Groupes de sporanges rapprochés, presque linéaires , obliques à la nervure moyenne de chaque foliole, enfin confluents et couvrant la face inférieure des folioles, au moins en grande partie; indusie brunâtre. — Les feuilles sont généralement très aiguës. Les folioles sont rapprochées de l'axe et comme dressées ; elles sont un peu coriaces. — Fruct. Juin-septembre. Vieux murs, fentes de rochers, lieux rocailleux couverts. C.
Var. — oblusum. — Feuilles d'un vert moins sombre que celles du type, ou même d'un vert jaunâtre , à folioles moins rapprochées de l'axe, obovalescunéiformes, très obtuses, généralement opaques ; rachis élargi, ainsi que ses ramifications. — Murs, rochers découverts. R.
D. LANCÉOLÉE. A. lanceolatum Smith. — Plante assez petite, rarement moyenne, à racine fibreuse, noirâtre. Feuilles assez nombreuses, dressées, longuement ou assez courtement pétiolées , oblongues-lancéolées dans leur circonscription, bien vertes en dessus, bipinnées, à folioles ovalesouovales-oblongues, tantôt seulement dentées , tantôt pinnatilobées à lobes dentés ; - pétiole lisse ou peu écailleux, d’un brun verdâtre. Groupes de sporanges peu nombreux sur chaque foliole, placés près des bords, oblongs ou
même oblongs-linéaires, mais prenant bientôt tüné forme arrondie, plus ou moins confluents à la maturité. — Cette fougère offre quelquefois des feuiltes stériles simplement pinnées, à folioles ovales pinnatilobées, à lobes dentés. Les feuilles bien fertiles ne restent pas ordinairement planes ; elles se recoquillent plus ou moins. C’est seulement entre les rochers ombragés qu'on trouve la plante avec des feuilles longues de 3 à 4 décimètres. — Fruct. Eté, automne. Vieux murs, rochers humides. A l'intérieur du département R. Sur le littoral. C.
ATHYRION. ATHYRIUM Roth.
Sporanges en groupes ovales, pourvus chacun d’une indusie plus ou moins réniforme, s’ouvrant latéralement de, dedans en dehors.
Ce genre se distingue à peine du genre doradille ; quelques botanistes le suppriment.
À. FOUGÈRE-FEMELLE. À. filix-fæmina Roth. Polypodium filix-fiemina 1. Aspidium filix-fæmina Swartz. Asplenium filix-fæmina Bernh. — Plante assez grande ou même grande, d’un vert gai. Souche épaisse, à fibres rapprochées, nombreuses. Feuilles assez longuement pétiolées, dressées, ovales-lancéolées et très aiguës dans leur circonscription , bipinnées, à folioles minces , oblongues-lancéolées , pinnatipartites ou pinnatilobées, à lobes obtus, entiers ou dentés au sommet; pétiole nu ou seulement un peu écailleux inférieurement ; rachis grêle, très lisse. Groupes de sporanges disposés en deux séries parallèles à la nervure de chaque foliole, quelquefois assez nombreux et alors confluents à la maturité ; indusie érodée en son bord libre. — Fruct. Juin- septembre. Bord des. Caux ; douves humides , marécages ombragés. C..
Var. — fallax, Athyrium acrostichoideum Bory.
— 17183 — Polypodium Leseblii Mérat. — Plante moyenne, à feuilles courtement pétiolées, lancéolées dans leur circouscription , bipinnées, à folioles deux ou trois fois plus petites que celles du type, pinnatilobées , à lobes généralement entiers, souvent roulés en dessous.
Groupes de sporanges toujours bien confluents à la maturité. — Mêmes lieux. AC.
ASPIDION. ASPIDIUM KR. Brown.
Sporanges en groupes arrondis, épars ou disposés en séries, pourvus chacun d’une indusie orbiculaire , exactement pellée, fixée par un support central au milieu du groupe, et libre dans son contour.
A. ANGULAIRE. À. angulare Kit. Polystichum angulare Presl. — Moyen ou assez grand, à souche épaisse, à racine fibreuse, touffue. Feuilles assez longuement ou brièvement pétiolées , dressées , roides , lancéoléesacuminées dans leur circonscription, bipinnées, à folioles très courtement mais nettement péliolulées , presque toujours un peu poilues en dessous, ordinairement ovales-oblongues , quelquefois oblongues-lancéolées, rarement ovales , lobées-auriculées à la base du côté supérieur, el du reste inégalement dentées en scie, à dents terminées en pointe assez dure; pétiole très garni d'écailles, ainsi que le rachis commun et les rachis partiels. Groupes de sporanges épars ou presque en deux séries, ordinairement confluents à la maturité, quelqdefois encore bien distincts. — Les folioles sont tantôt rapprochées, tantôt assez distantes. — Leur longueur est un peu variable : elles atteignent souvent un centimètre et sont parfois de moitié plus courtes. La formation de l'oreillette les rend (ronquées à la base et les fait paraître un peu courbées. La première foliole supérieure de chaque rachis partiel est généralement plus grande que les autres folioles ; son
oreillette, plus détachée, peut passer pour une division ; la dent qui suit devient quelquefois un lobe.
On trouve aussi, mais rarement, la foliole en question pinnatilobée dans sa partie inférieure. — Fructif. Juin-septembre. Talus ombragés, coteaux boisés , bord des haies, rochers humides. C.
Obs. Beaucoup d'auteurs n’accordent pas le titre d'espèce à la fougère qui vient d’être décrite ; ils en font une variété de l’Aspidion à aiguillons, Aspidium aculeatum Sw., Polypodium aculeatum L., Polystichum aculeatum Roth. Cependant notre plante, quoique commune et vivant dans des stations diverses, n'offre point de retour au prétendu type. Son caractère essentiel peut être faible, mais il est constant. Dans l'Aspidium aculeatum, les feuilles sont roiïdes , et les lolioles, presque rhomboïdales , sont plutôt atténaées en coin à la base que véritablement pétiolulées ; les dents se terminent par une pointe fort dure. Les premières folioles seules sont un peu auriculées ; les autres offrent, en place du lobe, une petite dent droite ; quelquefois la première foliole supérieure de chaque rachis partiel est scule munie d'une oreillette bien formée. En ne considérant que le pétiolule ou support des folioles, on distingue suffisamment les deux espèces : s’il est cylindracé, on a l’Aspidium angulare; s'il est élargi et sensiblement décurrent , on a l'Aspidium aculeatum.
POLYSTIC. POLYSTICHUM Roih.
Sporanges en groupes arrondis, épars ou disposés en séries, pourvus chacun d’une indusie orbiculaireréniforme , fixée par un support correspondant à l'échancrarce ; bords libres. L
D. A PETITES POINTES. P. spinulosum DC. Aspidium spinulosum Sw. Polypodium cristatum Aubry. —
Moyen et quelquefois assez grand , à souche épaisse, à fibres longues et nombreuses. Feuilles plus ou moins longuement pétiolées, dressées, ovales-lancéolées ou oblongucs-lancéolées dans leur circonscription, bipinnées, à folioles lancéolées-pinnatipartites, à divisions pelites, oblongues , incisées-dentées , à découpures mucronées ; pétiole et rachis peu ou médiocrement écailleux. Groupes de sporanges petits, rapprochés et pourtant encore un peu distinets à la maturité. — Les ramifications du rachis commun (frondes partielles ou folioles primaires) sont ascendantes, et les deux premières sont plus courtes que les quatre ou six ramifications suivantes. — Quelques botanistes modernes , partageant l'opinion de M. Aubry, voient dans la fougère dont il s’agit le Polypodium cristatum L.; ils pensent en conséquence que le Polystichum spinulosum doit être nommé Polystichum cristatum. Mais l'opinion que le Polystichum callipteris DC. répond à la plante de Linné est assez généralement admise et semble préférable. — Fruct. Eté, automne. Bois humides, endroits buissonneux frais. R. Le Nédo en Plaudren , Trédion en Elven (M. Aubry), bois de la tour d'Elven (M. Taslé), Ploërmel (N).
Var. — dilatatum. Aspidium dilatatum Sw. Polypodium dilatatum Hoffm. — Feuilles ovales-acuminées dans leur circonscription et même un peu triangulaires, moins dressées que celles du type, ordinairement longucs de 3 à 4 décimètres, quelquefois d’une longueur double et, alors, presque tripinnées : ramifications du rachis bien ouvertes, nullement ascendantes ; les deux premières souvent plus longues ou aussi longues que les 4 ou 6 ramifications suivantes, et à folioles du côté inféricur bien plus développées que celles du côté supérieur. Groupes de sporanges assez peu nombreux et restant généralement très distincts. Quelques indusics anormales presque lu-
nulées se montrent sur les feuilles amples, à peu près tripinnées. Dans certaines circonstances peu favorables à la nutrition de la plante, les feuilles sont rabougries, longues seulement de 18 à 25 centimètres, à folioles ovales ou ovales-oblongues, incisées-dentées, n offrant qu'un petit nombre de sores. — Le nom spécifique imposé par Hoffman, nom maintenant appliqué à la variété du Polystic à petites pointes, ne paraît pas dû au développement plus grand de certaines folioles , mais au fait que le rachis se dilate sensiblement à la naissance des ramifications. Ce caractère, il faut le dire , n'a point le mérite d’être particulier à la variété ; on le trouve aussi dans le type. — Eté, automne. Lieux frais plus ou moins ombragés, bas des murs et des rochers humides. PC. Vannes (M. Taslé), Auray, Lorient, Baud, Ploërmel (N). J'ai vu cette fougère fixée au mur d’un puits en la commune de Guidel; cllé s'était bien déveloñpée. |
P. FOUGÈRE-MALE. P. filix-mas Roth. Aspidium filixmas Sw. Polypodium filix-mas L. — Assez grandou quelquefois grand, à souche épaisse, traçante. Feuilles nombreuses , plus ou moins longuement pétiolées, dressées , ovales-lancéolées dans leur circonscription , pinnées, à folioles étalées ou très ouvertes , rarement ascendantes, lancéolées, plus ou moins allongées, pinnatipartites , à divisions oblongues, très obtuses, crénelées inférieurement, puis dentées, entièrement glabres ou un peu poilues sur les bords; pétioleet rachis écailleux. Groupes de spuranges assez forts, généralement disposés en deux séries sur la moitié ou les deux tiers inférieurs de chaque division des folioles , longtemps bien distincts, enfin contigus ou confluents. — Les feuilles ont moins de largeur, lorsque les folioles sont ascendantes ; leur fôrme générale est alors oblongue-lancéolée. Elles deviennent quelquefois presque bipinnées par le manque de parenchyme entre les
divisions très inférieures des folioles ; mais ces divisions , à l'exception des deux premières, un peu plus grandes que les autres, adhèrent à la côte moyenne par toute leur base. Les sores”sont parfois bleuâtres. — Fruct. Juin-septembre. Lisières des bois, talus cou-
verts, douves, lieux buissonneux frais, bords des haies. C.
Var. — minutisorum. — Feuilles moins longues que celles du type. Groupes de sporanges petits et restant distincts à la maturité. Indusies très minces, comme dilatées , souvent sinueuses ou érodées et se recouvrant quelquefois par les bords. — On trouve cette variété avec des folioles à divisions peu dentées et bien tronquées au sommet. — Bois frais, talus humides , douves. AR.
— — abbrediatum. P. abbreviatum DC. Feuilles dé 2 à 3 décimètres. Groupes de sporanges petits ; 1-3 à la base de chaque division des folioles, — Vieux murs, talus. AR.
: P. oréorrèrE. P. oreopteris DC. Aspidium oreopteris Sw. — Moyen ou assez grand , à souche épaisse , à fibres en touffe. Feuilles pétiolées, dressées, oblongues-lancéolées dans leur circonscription , parsemées en dessous de points glanduleux, à folioles étalées , cu très-ouvertes, lancéolées-pinnatipartites , à divisions oblongues , entières, glabres ; pétiole plus ou moins écailleux ; rachis glabre ou presque glabre ; premières paires de folioles bien distantes , courtes ou même rudimentaires. Groupes de sporanges petits, bientôt privés de leur indusie, encore un peu distincts à la maturité, formant sur les divisions des folioles deux lignes placées chacune près de l’un des bords. — Eié, automne. Coteaux pierreux boisés, fentes de rochers humides. TR. Environs de Pontivy,
notamment dans une grande carrière près de la route du Guémené (N).
SCOLOPENDRE. SCOLOPENDRIUM Smith.
Sporanges en groupes linéaires ou très oblongs, droits, parallèles entre eux , un peu obliques relativement à la nervure moyenne de la feuille et placés entre deux veines provenant de cette nervure. Deux indusies membraneuses, fixées latéralement dans toute leur longueur , l’une au bord inférieur du groupe, l'autre au bord supérieur. — Suivant la plupart des auteurs, les deux indusies dénotent la réunion de deux jeunes sores. Elles ne sont peut-être que les pièces d'une iodusie s'ouvrant longitudinalement par son milieu.
S. OFFICINALE. S. officinale Smith. Asplenium scolopendrium L. Vulgt Langue de cerf. — Plante ordinairement moyenne, quelquefois assez petite, quelquefois assez grande, à racine fibreuse et touffue. Feuilles assez nombreuses , pétiolées , plus ou moins dressées , lancéolées , échancrées en cœur à la base, du reste entières, planes ou légèrement -ondulées, fermes , glabres, à l'exception de la côte moyenne un peu poilue; pétiole plus ou moins écailieux. Sores généralement linéaires et d'inégale longueur. — Les feuilles se développent parfois d'une manière anormale : on en (rouve qui ont deux échancrures profondes près du sommet ; d'autres se bifurquent vers le haut et deviennent même dichotomes ; d’autres sont inciséescrépues. Cette dernière déformation n'a point élé observée dans Ie Morbihan. — Fruct. Eté, automne. Murs humides, surtout ceux des puits, rochers très ombragés, endroits pierreux quelquefois arrosés. C.
BLECHNE. BLECHNUM Smith.
Sporanges en deux groupes linéaires, continus, longitudinaux, droits, parallèles, ne joignant pas les
bords de la découpure qui les porte et rapprochés de la eôte moyenne. Indusie membraneuse, fixée dans toute sa longueur au bord extérieur du groupe ct libre du côté intérieur.
B. en éPr. B. Spicant Roth. B. boreale Sw. Osmunda Spicant L. — Plante ordinairement moyenne, quelquefois assez pelile, rarement assez grande, à souche épaisse, à fibres fasciculées , dures. Feuilles nombreuses, les unes stériles, les autres fertiles, dressées, assez roides, lancéclées-étroites dans leur circonscription , pinnatipartites ou presque pinnées , glabres ; les stériles presque toujours très courtement pétiolées, à divisions ou folioles rapprochécs, oblongucslinéaires ou lancéolées-linéaires, bien veinées ; les fertiles plus longues, mieux pétiolées, à divisions ou folioles assez distantes, linéaires-aiguës, étroites. Sores atteignant presque le sommet des découpures.— Dans toutes les feuilles, les divisions ou folioles très inférieures sont fort courtes et même rudimentaires. Le pétiole est méaiocrement écailleux ct quelquefois presque entièrement glabre. J'ai vu ie rachis se bifurquer vers le haut ; mais ce fait rare a été remarqué chez plusieurs autres fougères. — Fruct. Eté. Bois humides, marécages ombragés, bords des ruisseaux, douves. C.
PTÉRIDE. PTERIS L.
Sporanges en lignes marginales continues ct protégées par une indusie membrancuse, naissant du bord replié, soit de la feuille, soit de chaque découpure du dernier ordre, lorsque la feuille n’est pas simple.
P. AIGLE-IMPÉRIAL. P. aquilina L. Vult fougère commune. — Grande ou assez grande, à racine très longuement tracante. Feuilles pétiolées, dressées,
roides, amples, triangulaires-ovales dans leur circonscription, tripinnées, à folioles assez coriaces, ordinairement. poilues ou pubescentes en dessous , les unes lancéolées-linéaires, entières, les autres lancéolées-pinnatilobées ou pinnatipartites, à découpures très rapprochées, oblongues ou lancéolées ; rachis tout à fait glabre; pétiole robuste, plus ou moins long, dépourvu d'écailles, bien enfoncé dans la terre et noirâtre inférieurement, à faisceaux ligneux rapprochés en certain nombre et présentant, par suite d’une coupe, oblique, l’image de l'aigle armorial à deux têtes. La racine coupée obliquement offre aussi cette image, avec plus ou moins de netteté. — Fruct. Juillet-septembre. Terrains incultes ou laissés au repos, bord des talus , bois , landes. TC.
On trouve quelquefois entre les pierres des vieux murs et dans les fentes humides des rochers, une forme assez remarquable de la fougère qui vient d'être décrite , forme qui paraît due à l'influence de la station. Le rhizôme devient superficiel en grande partie et n'offre pas, coupé obliquement, l’image de l'aigle à deux têtes. Les feuilles sont assez courtes et forment une sorte de touffe. Elles sont bipinnées, à folioles pinnatipartites ou seulement pinnaïilobées , à découpures ovales ou oblongues, obscurément dentées, assez minces et à bords non repliés en dessous. Ce dernier fait résulte sans doute de leur stérilité. Le pétiole , qui est souvent fort court et toujours assez grêle, présente généralement, comme le rachis, quelques poils ou fines écailles. — La plante est mentionnée comme variété par Smith, fl. brit. ; il la rapporte au filix saxatilis ramosa maritima de Plukenet.
ADIANTHE ADIANTHUM L.
Sporanges en groupes plus où moins courts , distincts, placès chacun sur une indusie margioale, bientôt repliée en dessous ct devenant presque coriace.
À. CAPILLAIRE. À. capillus-veneris L. Vulgt Capillaire de Montpellier. — Assez petit, à souche allongée, écailleuse. Feuilles longuement et finement pétiolées , bipinnées , rärement tripinnées , à folioles bien pétiolulées, largement obovales ou arrondics-cunéiformes, irrégulièrement lobées, très veinées , minces et lisses ; pétiole non écailleux , luisant et d’un rouge noirâtre ; rachis filiforme à rameaux capillaires. Giridses de sporanges oblongs-linéaires , parfois très courts, bordant le sommet des lobes de la foliole. — Fract. Eté. Rochers humides. TR. Belle-Isle. (MM. Bourassin, De la Pylaie , Taslé).
Fam. CI°. — CHARACÉES L. C. Richard.
Cette famille n’a pas encore une place bien fixée dans le règne végétal. Malgré la contexture toute celluleuse des plantes dont elle se compose, on l’inscrit généralement à la fin de la classe des Endogènes cryptogames, C'est une sorte de passage aux végétaux cellulaires. Les Characées, au reste, sont des plantes aquatiques, submergées , à fibres radicales très fines ; à tiges faibles, cylindriques-tubuleuses, articulées, dépourvues de feuilles ; à rameaux conformes, verticillés au niveau des articulations.
Organes reproducteurs de deux sortes (sporanges et anthéridies) se montrant ensemble sur les rameaux du même individu, ou séparément sur ceux de deux individus différents. Sporanges ovoiïdes ou presque globuleux, constitués par deux tuniques, l’externe membrancuse-transparente et continue, l'interne coriace-opaque et formée en général de cinq lanières roulées en spirale; spore unique, à granules très nombreux , siriés. Anthéridics globuleuses, presque toujours d'un beau rouge, se montrant avant les sporanges el contenant, avec une substance mucilagi-
neuse, huit corps cylindriques entourés de filaments cloisonnés. |
Les plantes de cette famille sont dites monoïques, lorsque le même individu porte des sporanges ct des anthéridies ; elles sont dites dioïques, lorsque les sporanges se voient sur un individu et les anthéridies sur un autre.
CHARAGNE* CHARA L.
Plantes généralement monoïques. Organes reproducteurs placés le long des rameaux, au côté intérieur. Sporanges solitaires entre 3-6 (ordinairement #4) ramuscules ou bractées , eL couronnés par 5 dents saillantes. Anthéridics solitaires, une au-dessous de chaque involucre formé par les bractées. — Tiges opaques ou peu transparentes, fragiles après la dessicalion , souvent incrustées de sels calcaires ; articles constitués, au moins les inférieurs, par un tube central et par un rang de tubes étroits disposés en spirale ; rameaux fructifères simples.
C. misP1DE. C. hispida L.— Moyenne et quelquefois assez grande , annuelle, grisâtre ou glauque, couverte de papilles obtuses et munie en outre de petits aiguillons. Tiges un peu grosses , sillonnées-tordues ; rameaux verlicillés par 8-10, généralement un peu dressés et infléchis. Sporanges ovoïdes , blanchâtres ou verdâtres, dépassés par les bractées , et à stries nombreuses. — Fruct. Mai-août. Etangs et mares saumâtres. AR. Plæmeur, Plouhinec, Etel, Quibéron (N).
Var.— decipiens. €. tomentosa auct.— Moins roïde que le type, un peu tomenteusc, dépourvue. d’aiguillons où n’en ayant qu'un très petit nombre. — Même station, R. Plouhirec , Etel (N).
C. FÉTIDE. C. fœtida. AI. Braun. C. vulgaris Smith. — Assez petite où moyenne, gazonnante au fond de
l'eau, peut être vivace, grisâtre, très puantle, Tiges grêles, striées, un peu tordues ; rameaux verticillés par 6-8, assez ouverts, à derniers articles plus longs que les autres et formés d’un seul tube. Sporanges ovoiïdes, brunâtres ou jaunâtres, généralement bien dépassés par les bractées et nettement striés , à stries nombreuses.— Printemps, été. Mares, étangs, canaux, bords des rivières. C.
C. FRAGILE. C. fragilis Desv. C. capillacea Thuil. —Assez pelite, rarement moyenne, annuelle, roide, très fragile, verdâtre, un peu fétide. Tiges filiformes, légèrement striées et seulement peu transparentes ; rameaux verlicillés par 7-10, capillaires, plus ou moins dressés, quelquefois presque connivents, assez régulièrement articulés, et les articulations inférieures seules fertiles. Bractées tantôt plus courtes, tantôt plus longues que les sporanges; ceux-ci ovoïdes ou presque globuleux , à dents bien saillantes, à stries nombreuses, — Fruct. Printemps , été. Eaux tranquilles. AR. Hennebont, Ploërmel(N.), Hæœdic (l'abbé Delalande). |
C. NOIRCISSANTE. C. nigrescens (N.)— Petite ou assez petite, annuelle, d'un vert foncé passant au noir ; odeur à peu près nulle. Tiges très grêles , striées , cevenant opaques en noircissant; rameaux verticillés par 6-8, filiformes , assez régulièrement articulés, à premières articulations seules fertiles. Sporanges égalant ou dépassant les bractées, ovoïdes-globuleux , non striés ou très obscurément striés, jaunâtres. — Été. Eaux stagnantes. TR. Ile de Groix, près du village de St.-Tudy (N.)
Obs. J'ai cueilli, il y a bien des années, dans des mares voisines de la mer, une charagne que j'aurais rapportée à la charagne fétide, bien que plus grêle et moins puante, si elle m'avait offert des sporanges audessus des anthéridics; mais elle ne possédait que ces
— 79% — derniers organes. Plus tard je trouvai à l'intérieur du département une charagne à peu près semblable, mais ne portant que des sporanges. Je songeai d'abord à créer avec les deux plantes trouvées une espèce dioïque; à la réflexion, j'abandonnai mon idée ; des recherches nouvelles me parurent désirables , et je ne me suis pas trouvé à lieu de les faire. — Dans la plante cueillie à l'intérieur, les sporanges sont peu écartés, ovoïdes, nettement striés, brunâtres et dépassés par les bractées.
NITELLE. NITELLA Agardh.
Plantes monoïques ou dioïques. Organes reproducteurs assez diversement placés sur les rameaux. Sporanges solitaires ou agrêgés, non couronnés ou peu sensiblement couronnés. Anthéridies solitaires, placées chacune , dans les espèces monoïques, au-dessus d'un sporange solitaire, ou d’un groupe de sporanges.— Tiges bien transparentes , nettement striées , flexibles même après la dessiccalion, quelquefois un peu incrustées de sels calcaires; articles constitués par un seul tube ; rameaux stériles, généralement simples et non articulés, les fertiles bi-trifurqués ou même plus divisés.
N. TRANSPARENTE. À. translucens Coss. et Germ. Chara translucens Pers.— Moyenne ou assez grande, monoique, annuelle, d’un vert gai et luisant. Tiges assez grêles, à rameaux verticillés par 6-8, très obtus, mais souvent comme mucronés; verticilles inférieurs bien écartés; les supérieurs plus ou moins rapprochés el les derniers agglomérés en forme de capitule. Sporanges souvent réunis par 3, ovoïdesglobuleux à 5-7 stries.—Été. Eaux tranquilles ou peu courantes. AC.
N. rLExIBLE. NN. flexilis Agardh. Chara flexæilis L. — Assez petite, rarement moyenne, monoïique, annuelle, bien verte et luisante. Tiges gréles, très
flexibles ; rameaux légèrement comprimés, les fructifères courts et seulement bi-trifurqués. Sporanges comme ceux de l'espèce précédente.— Été. Eaux tran. quilles pures. AC.
Obs. La Nitelle transparente | Chara translucens Pers.) n’est peut-être qu'une forme plus grande et un peu plus robuste de la Nitelle flexible (Chara flexilis L.) MM. Decandole et Duby ne balancent pas à les assimiler, On maintient à présent leur séparation, mais on ne paraît pas s’entendre.sur le caractère vraiment différentiel. Suivant quelques auteurs, les sporanges de la N. flexible seraient solitaires. J'ai toujours vu dans notre plante des sporanges agrégès. La véritable Nitelle flexible nous manquerait-elle ?
N. menue. NN. tenuissima Coss. et Germ. Chara tenuissima Desv.—Petite ou même très petite, monoïque, annuelle, gazonnante, d'un vert foncé. Tiges filiformes, à rameaux fructifères rapprochés, très divisés, à divisions très fines, en éventail. Sporanges fort petits, solitaires, presque globuleux, à 6-8 stries.—Les capitules formés par le rapprochement des rameaux sont enduits d’une substance mucilagineuse. — Été. Eaux tranquilles ou courantes peu profondes. AC.
N. A FRUITS AGRÉGÉS. N. syncarpa Coss. et Germ. Chara syncarpa Thuil. — Petite ou assez petite, dioïque, annuelle, d’un vert gai et luisant. Tiges diffuses, très grêles ; verticilles fertiles, à rameaux courts, peu divisés , aigus, plus ou moins agglomérés. Sporanges généralement réunis au nombre de 2-%4, ovoïdes, tuberculeux au sommet, marqués de 5-7 stries et devenant noirs vers la maturité. —Fruct. Mai-juillet, Mares. R. Lorient, Quibéron (N).