IL.e Section. — ALSINÉES
Les sépales sont libres ou presque libres.
SAGINE. SAGINA L.
Calice à 4 sépales. Corolle à 4 pétales entiers, quelquefois nulle. Étamines et styles au nombre de 4. Capsule uniloculaire, à 4 valves entières ou fendues au sommet.
Toutes nos sagines sont des plantes très petites, (5 à 10 centimètres), à pédoncules axillaires, solitaires, filiformes.
sun OÙ $ 1.— Capsule à valves très déhiscentes, entières.
S. coucHéE. S. procumbens L. — Vivace, tout-à-fait glabre. Plusieurs tiges couchées, radicantes à la base, grêles, rameuses, à rameaux diffus. Feuilles linéaires, mucronées. Fleurs très petites ; sépales ovales-arrondis ; pétales blancs, aussi courts ou plus courts que le calice, quelquefois avortés. Pédoncules fructifères longs , d’abord courbés au sommet, puis entièrement droits. Capsules ovoïdes-globuleuses , un peu plus longues que le calice. — Mai - octobre. Pelouses fraiches, talus, murs, rochers. C.— N.2 Dans certaines circonstances la Sagine couchée cesse d’être une très petite plante ; ses tiges deviennent longues de 2 à 3 décimètres. Ce développement extraordinaire a surtout lieu lorsque la plante croît dans les fissures d’un rocher humide.
S. MARITIME. S. maritima Don. — Annuelle, entièrement glabre. Tiges nombreuses, déliées, brunâtres, plus ou moins rameuses , à moitié couchées et formant sur le sol une espèce de rosette. Feuilles linéaires, un peu épaisses, mutiques ou à peine mucronées. Fleurs fort petites, constamment apétales; sépales largement ovales, très obtus, passant du vert au brun. Pédoncules fructifères très longs, toujours droits. Capsules ovoïdes-globuleuses, couvertes par le calice. Graines anguleuses, un peu réniformes, légèrement striéeschagrinées, moins fines que celles de l'espèce précédente. — Print. Terres humides au bord de la mer. AR. Locmariaquer, Port-Louis (N), Carnac, Quibéron, Belle-ile (M. Lloyd).
S. APÉTALE. S. apetala L.— Annuelle. Tiges droites ou ascendantes, rameuses, très déliées, souyentchargées de quelques poils. Feuilles linéaires, mucronées, ci-
So —
liées à la base et quelquefois daus leur contour. Fleurs très petites; pédoncules pubescents, longs, droits, même après l’anthèse. Sépales ovales, les 2 extérieurs un peu mucronés; corolle nulle ou formée de pétales très petits, à demi-avortés. Capsules ovoïdes, dépassant à peine le calice. — Été. Lieux sablonneux frais, murs. AC.
Var. — dispar. Tiges couchées. Pédoncules généralement très courts. Quelques-unes des fleurs à cinq parties. — Pelouses sèches près de la mer. TR. Pointe de Gavyre, Quibéron.
S 2. — Capsule à valves peu déhiscentes, bifides.
S. DROITE. S. erecta L. Mænchia quaternella Ehr. — Annuelle, très glabre et de couleur glauque. Tige droite, grêle, simple ou peu rameuse, portant 1-3 fleurs ; quelquefois plusieurs tiges droites et ascendantes. Feuilles inférieures lancéolées-linéaires, les supérieures lancéolées. Fleurs très longuement pédonculées, petites, blanches ; sépales lancéolés, aigus, à bords scarieux ; pétales oblongs-lancéolés , minces , plus courts que les sépales. Capsules oblongues, un peu plus courtes que le calice. — Print. Pelouses sèches , sommet. des talus, dunes. TC. — N.2 cette plante croissant près des buissons, s’allonge et atteint quelquefois 2 décimètres et plus.
ELATINE. ELATINE L.
Calice et corolle de 3 ou 4 pièces. Étamines 3, 6 ou 8. Styles 3 ou 4, terminés chacun par un stigmate capité. Capsule à 3 ou #4 loges. Graines légèrement sillonnées en long, fortement striées en travers.
E. À six ÉTAMINES. Æ. hexandra DC. E. hydropiper - Aubry. — Plante très petite, annuelle, (PSS très
glabre. Tige couchée, radicante, fort rameuse. Feuilles pétiolées, oblongues. Fleurs axillaires , plus ou moins courtement pédonculées, très petites; 3 sépales un peu inégaux ; autant de pétales blancs, rosés au milieu ; 6 étamines et 3 styles. Capsules à 3 loges. Graïnes très petites, cylindracées, un peu courbées.—Été. Bords des étangs et des rivières. R. Pontivy (MmeCauvin, M. Lemée), Lorient, Ploërmel (N).
Obs. On ne cherchera peut-être pas en vain dans le département l'Elatine major Braun. et l'Elatine alsinastrum L. La première de ces espèces ressemble à l'Elatine hexandra par les parties de la végétation, qui sont seulement plus grandes; mais les fleurs se trouvent formées de 4 sépales et d'autant de pétales, de 8 étamines et de % Styles. Les capsules sont à 4 loges. Cette plante a été’ regardée par M. de Candolle: comme l'Elatine hydropiper L.; mais plusicurs botanistes émettent une cpinion contraire, et attribuent à la plante linnéenne des fleurs presque sessiles et surtout des graines en forme de fer à cheval. — L’Elatine fausse alsine est facile à reconnaître : c’est une petite plante annuelle, naissant au fond des eaux paisibles et peu profondes. Sa lige fistuleuse s'élève au-dessus de l’eau. Ses feuilles sont verticillées ; les submergées linéaires, les autres ovales-oblongues. Les fleurs, sessiles, trèspetites, blanches, ont leurs parties en nombre quaternaire. — Une élatine cueillie aux environs de Rennes et rapportée. par M. Degland à l'Elatine triandra Schkubr, en considération de ses fleurs à trois étamines, n’est peut-être qu'une variété à étamines réduites de l'Elatine hexandra. Dans les échantillons que j'ai pu observer, les fleurs sont, en général, assez bien pédonculées et le calice se compose de 3 sépales ; or VElatine triandra, d'après la phrase
Cu RE caractéristique admise, doit avoir des fleurs sessiles et un calice de deux pièces : £. floribus sessilibus tripetalis, staminibus tribus, calyce bisepalo.
SPARGOUTE. SPERGULA L.
Cinq sépales et autant de pétales entiers. Dix et quelquefois cinq étamines. Cinq styles. Capsule uniloculaire à 5 valves.
$ 1.— Feuilles munies de stipules scarieuses.
S. DES cHAMPS. S. arvensis L.— Plante assez petite ou petite, annuelle, poilue ou pubescente, un peu visqueuse. Tiges ascendantes , rameuses, dichotomes vers le haut. Feuilles comme verticillées, plus ou moins longues, cylindracées, gréles, ayant un sillon en dessous. Fleurs petites, blanches, un peu disposées en panicule lâche ; pédoncules longs, rétrofléchis après l’'anthèse ; sépales ovales-oblus , assez poilus , à bords scarieux ; pétales ovales, un peu plus longs que les sépales ; étamines presque toujours au nombre de dix. Capsule ovoïde plus longue que le calice. Graines globuleuses-comprimées , à peine bordées, noires, tantôt seulement chagrinées (S. arv. sativa), tantôt couvertes de papilles blanchâtres (S. arv. vulgars. S. vulgaris Reïch). — Mai - septembre. Champs, pelouses sèches , sables. C.—Dans les moissons, la spargoute des champs atteint parfois une longueur de 3 à 4 décimètres, tandis qu’elle est souvent naine sur les pelouses sèches.
S. À 5 ÉTAMINES. S. pentandra L.—Petite, annuelle, presque glabre , un peu rougeâtre au soumet. Tiges droites ou ascendantes, peu rameuses. Feuilles comme verlicillées, assez courtes, cylindracées, grêles, sans sillon en dessous. Fleurs petites, blanches, disposées
"ET 4 comme celles de l'espèce précédente, mais moins nombreuses ; sépales glabres, à bords scarieux ; pétales plus longs que les sépales ; étamines ordinairement au nombre de 5. Pédoncules fructifères rétrofléchis. Graines orbiculaires, noirâtres, lisses au centre, ponctuées vers les bords et entourées d'une membrane blanchâtre, fort large et plissée-striée. —Print. Champs sablonneux. TR. Belle-île (Mme Cauvin).
S 2. — Feuilles sans stipules.
S. NOUEUSE. S. nodosa L. — Petite ou très petite, vivace. Racine à fibres bien déliées. Tiges couchées dans presque toute leur longueur, peu rameuses, grêles, faiblement poilues, pauciflores. Feuilles linéaires-subulées, glabres; les radicales et les caulinaires très inférieures, assez longues, les autres courtes. Pousses axillaires fort petites, se confondant avec les feuilles et donnant plus d'apparence aux nœuds destiges. Fleurs médiocrement pédonculées, petites, blanches ; sépales ovales, oblus, glabres, sans nervures; pétales de moitié plus grands que les sépales. Capsules ovoïdes, aussi courtes que le calice. Graines très petites, ovoïdesanguleuses, brunes. — Été. Dunes, surtout dans les parties humides. AC.
- S. SuBuLÉE. S. subulata Swartz. S. saginoides Aubry. — Très petite, vivace, un peu poilue-glanduleuse. Tiges ascendantes, rameuses, grêles. Feuilles linéaires-subulées, bien mucronées. Fleurs très longuement et très finement pédonculées, fort petites, blanches; sépales ovales, obtus, légèrement pubescents ; pélales larges , mais aussi courts que les sépales; étamines souvent au nombre de cinq. Pédoncules fructifères se courbant au sommet, puis redevenant droits. Capsule ovoïde, plus longue que le calice, et contenant des graines semblables à celles de l'espèce
RE — précédente. — Cette plante a tout le port de la sagine couchée; aussi a-t-elle passé pendant longtemps pour une sagine accrue d’une cinquième partie. — Été. Pelouses près de la mer. AC. Vannes, Auray, Lorient etc. ; landes sablonneuses, humides. R. Baud, Ploërmel.
SABLINE. ARENARIA L.
Calice de 5 sépales. Corolle à 5 pétales entiers ou légèrement échancrés. Dix étamines, quelquefois un moindre nombre. Trois styles. Capsule uniloculaire, à 3 valves entières ou bifides au sommet.
$ 1.— Feuilles accompagnées de stipules; capsule à 3 valves entières.
S. ROUGE. À. rubra Walhbg. À. rubra var. a L. — Plante petite, annuelle. Tiges couchées, se redressant vers le sommet, rameuses, grêles, poilues ou pubescentes dans leur partie supérieure, souvent même un peu visqueuses. Feuilles linéaires très étroites, assez charnues, mais planes sur les deux faces, courtement mucronées, glabres ; stipules membraneuses, blanches , ovales-acuminées, souvent déchirées. Fleurs petites, rouges ou purpurines-bleuâtres, disposées en panicale dichotome , à ramifications souvent très allongées ; pédoncules médiocres, très ouverts après l’anthèse ; sépales lancéolés, scarieux sur les bords, : chargés de poils courts, glandulcux; pétales ovales, obtus, plus courts que les sépales. Capsules ovoïdes, ne dépassant pas le calice. Graines très petites, ovoïdescomprimées, un peu cunéiformes, granuleuses, à bords muriqués. — Mai--septembre. Terrains sablonneux. C.
S. MARINE. À. marina Roth. À. rubra var. b L. — Petite ou assez petite, annuelle, parfois vivace.
ma —
Tiges étalées, redressées près du sommet, rameuses, assez grêles, ordinairement pubescentes ou poilues, quelquelois pubescentes-visqueuses , rarement glabres. Feuilles assez longues, semi-cylindriques, charnues, convexes en dessous, courtement mucronées, poilues ou glabres; stipules membraneuses, ovales-acuminées. Fleurs petites, rougeâtres, disposées en panicule làche, rarement en panicule resserrée; pédoncules longs ou assez longs, déjetés après l’anthèse; sépales lancéolés, poilus-glanduleux , parfois glabres, toujours à bords scarieux ; pétales ovales, oblus, égalant les sépales, ou à peine plus courts. Capsules ovoïdes, presque toujours plus longues que le calice. Graines assez semblables à celles de la sabline rouge, un peu moins petites, un peu moins granuleuses-muriquées, et un peu plus comprimées. — Été. Rochers maritimes, terrains rocailleux près de la mer, dunes. C.
S. MOYENNE. À. media L. A. marginata DC. — Assez pelite, vivace, glabre. Racine longue et dure. Tiges en grande partie couchées, peu rameuses, assez grêles. Feuilles longues, égales aux entre-nœuds des tiges, semi-cylindriques, charnucs, mutiques ou à peine mucronées; stipules comme dans les deux espèces précédentes. Fleurs assez petites, rosées ou carnées, quelquefois blanches, disposées en panicule peu fournie; pédoncules longs, glabres ou pubescents, déjetés après l'anthèsc; sépales ovales-lancévlés, glabres ou légèrement pubescents, à bords scarieux ; pétales ovales, aussi longs que les sépales. Capsule ovoïde, beaucoup plus longue que le calice. Graines presque orbiculaires, lisses, entourées d'une membrane blanchâtre, striée ut dentée. — Été. Rives un peu fangeuses des bras de mer et des baies. AC.
M. Ji
$ 2.— Feuilles sans stipules; capsule à trois valves entières.
S. POURPIER. À. peploides L. Adenarium peploides Rafin. — Plante assez petite, vivace, très glabre, à longue racine rampante. Tiges ascendantes, rameuses, anguleuses, souvent stériles. Feuilles rapprochées, ovales, un peu aiguës, charnuces. Fleurs courtement pédonculées, assez petites, blanches, disposées en panicule ordinairement resserrée; réceptacle glanduleux; sépales ovales, épais; pétales obovales, plus longs que les sépales ; élamines insérées à la base du calice. Capsules presque globuleuses, contenant peu de graines ; celles-ci assez grosses, pyriformes, noires, légèrement ponctuées.— Été. Sables au bord de la mer. AC.
S. A FEUILLES MENUES. À. fenuifolia L. — Annuelle, très-pelite, lantôt glabre, tantôt poilue vers le haut, tantôt entièrement poilue et visqueuse. Tiges droites ou presque droites, rameuses, dichotomes, grêles, cylindriques. Feuilles subulées, trinervées. Fleurs nombreuses, médiocrement pédonculées, très petites, blanches ; pédoncules capillaires , dressés ; sépales lancéolés , très aigus, fortement trinervés, poilus; pétales oblongs, de moitié plus courts que les sépales. Capsules cylindriques, ne dépassant pas le calice. Graines très petites, orbiculaires-réniformes, assez épaisses, un peu chagrinées. — La plante couverte de poils glanduleux est sans doute l’Arenaria viscidula Thuil. — Mai-juillet. Région maritime, vieux murs, dunes. AR. Port-Louis, Gavre, Quibéron, etc. — Na: Le type de l'espèce doit, suivant quelques botanistes, offrir une capsule plus longue que le calice. Ce type n'a pas encore été {trouvé dans le Morbihan,
$ 3. — Feuilles sans stipules ; capsule à valves bifides ou à 6 dents.
S. SERPOLET. À. serpyllifolia L. — Petite, annuelle. Tiges ascendantes, rameuses, dichotomes , pubescentes. Feuilles très sessiles, petites, largement ovales, acuminées, hispides-ciliées. Fleurs assez courtement pédonculées , très petites , blanches, disposées en panicule très lâche ; sépales lancéolés, aigus, trinervés, hispides, plus longs que les pétales. Capsule ovoïde-conique, contenant de très petites graines globuleuses-comprimées, un peu réniformes, rugueuses, brunes. — Été. Les murs, les pelouses sèches. C.
Var. — macrocarpa (Lloyd). Capsule plus dure et beaucoup plus grosse que celle du type.— Cette variété est souvent naine (2 - 4 centimètres) ; elle atteint rarerement 7 à 8 centimètres. Dunes. AC.
S. DE MONTAGNE. À. montana L. — Vivace, pubescente. Tiges stériles longues, rampantes ; tiges fertiles courtes, ascendantes, pauciflores. Feuilles lancéolées, étroites. Fleurs longuement pédonculées, blanches, médiocres , mais grandes relativement à celles de la piupart des sablines ; sépales ovales-lancéolés, pubescents ; pétales ovales-arrondis, de moitié plus longs que les sépales. Pédoncules fructifères rétrofléchis. Capsules ovoïdes. Graines lenticulaires-réniformes, muriquées ou très rugueuses, noirâtres. — Mai, juin. Pelouses sèches , landes sablonneuses. TR. Port-Navalo (M. Aubry), Baden (M. Taslé).
S. TRINERVÉE. À. trinervia L. — Assez petite, annuelle, d'un vert pâle. Tige faible, grêle, pubescente, rameuse, à rameaux diffus, pauciflores. Feuilles bien pétiolées, ovales, aiguës, glabres, seulement ciliées,
à 3 ou 5 nérvures ; les très inférieures arrondies, mucronées. Fleurs longuement pédonculées, petites, blanches ; sépales lancéolés , aigus, à bords scarieux un peu ciliés, à carène hispide ; pétales obovales, très courts. Pédoncules fructifères penchés. Capsules presque globuleuses, beaucoup plus courtes que le calice. Graines lenticulaires-réniformes , à peu près lisses, noires, luisantes. — Mai --septembre. Talus humides , bois frais. AC.
STELLAIRE. STELLARIA L.
Calice de 5 sépales. Corolle à 5 pétales bifides. Étamines 10, rarement moins. Styles 3. Capsule uniloculaire à 6 valves.
S 1.— Sépales tout-à-fait libres.
S. MORGELINE. S. media Smith. Alsine media L. — Plante petite ou assez petite, quelquefois moyenne, annuelle, tendre. Tige couchée ou ascendante, très rameuse, offrant à chaque entre-nœud une ligne de poils alterne avec celle de l'entre-nœud voisin. Feuilles ovales, pointues, glabres, à pétiole cilié. Fleurs petites, blanches, disposées en panicule peu fournie; pédoncules longs, poilus, rarement glabres, étalés ou réfléchis après l’anthèse ; sépales oblongs, velus où glabres; pétales courts, très profondément bifides ; 3 à 10 étamines. Capsules ovoïdes-oblongues, égalant le calice. — Print., été, aut. Terrains cultivés, lieux buissonneux, bas des murs, sables. TC,
Var. — apetala. Point de corolle. — Cette variété se trouve surtout dans les sables humides.
S. HOLOSTÉE. S. holostea L. — Moyenne, glabre, vivace , à racine rampante. Tiges ascendantes, faibles,
ET peu rameuses , tétragones , avec les angles rudes, Feuilles très sessiles, lancéolées-acuminées , scabres sur les bords et sur la carène ; les florales aussi herbacées que les autres. Fleurs assez médiocres, élégantes, d'un blanc bien pur, disposées en panicule dichotome, très lâche; pédoncules fort longs, pubescents ; sépales lancéolés, glabres ou presque glabres, tout-à-fait sans nervures. Pétales obovales, semi-bifides, de moitié plus longs que les sépales. Capsule globuleuse. — Print. Haies, talus, buissons, bois taillis. TC.
S. GLAUQUE. S. glauca Wither. S. graminea var. b F — Moyenne, vivace, glabre et glauque. Tige ascendante, faible, rameuse, quadrangulaire. Feuilles lancéolées-linéaires, entièrement lisses ; les florales fort différentes, très courtes, plus aiguës, scarieuses. Fleurs longuement pédonculées , médiocres, blanches, en panicule très lâche et peu fournie; sépales lancéolés, aigus, trinervés, glabres ; pétales plus longs que les sépales, assez étroits et très profondément bifides. Capsules ovoïdes-oblongues, à peu près de la longueur du calice. — Été. Marécages, prairies très humides. TR. Environs de Baud, près de la rivière d'Evel (N). S. GRAMINÉE. S, graminea L.— Moyenne, vivace, glabre, d'un vert tendre. Tige ascendante, faible, rameuse, à # angles bien saillants, lisses. Feuilles lancéolées, étroites, aiguës, ciliées à la base, souvent un peu rudes vers le sommet ; les florales ou bractées courtes, très aiguës, scarieuses, ciliées. Fleurs longuement pédonculées, assez petites, blanches, en panicule dichotome, lâche, très rameuse et divariquée ; sépales lancéolés, aigus, fortement trinervés, glabres, un peu ciliés; pétales plus longs que les sépales, assez étroits et très profondément bifides. Capsules oblongues, dépassant souvent le calice. — Mai - août, Haies, buissons, prés secs. C.
ADR de $ 2. — Sépaies soudés à leur base.
S. DES FANGES. S. uliginosa Murray. S. aquatica Poll. Larbrœæa aquätica S1.-Hil. — Petite ou assez petite, annuelle, glabre etlégèrement glauque. Tiges couchées, rameuses, quadrangulaires. Feuilles oblongues-lancéolées , très veinées , ciliées à la base, un peu calleuses au sommet, quelquefois à bords ondulés. Fleurs longuement pédonculées, petites, blanches, formant diverses panicules latérales peu fournies ; sépales lancéolés, trinervés, glabres ; pétales étroits , très profondément bifides, plus courts que les sépales ; étamines adhérentes à la base du calice et comme périgynes. Capsules ovoïdes-oblongues , plus courtes que le calice. —Cette plante, dans certaines circonstances favorables, atteint une longueur de 5 à 7 décimètres. — Été. Bords des ruisseaux et des mares, fossés humides. C.
CÉRAISTE. CERASTIUM L.
. Cinq sépales et autant de pétales bifides ou échancrés. Étamines 10, rarement un moindre nombre. Styles 5. Capsule uniloculaire s'ouvrant au sommet en dix dents.
C. commu. C. triviale Link. C. viscosum L. ex Smith, DC. Duby; C. vulgatum L. ex Curt., Huds., Wild. —Plante assez petite, velue ou pubescente, d'une durée encore incertaine , mais paraissant plutôt vivace qu'annuelle. Tiges nombreuses , ascendantes et quelquefois radicantes à la base. Feuilles oblongues ou presque lancéolées, les inférieures atténuées en péliole; bractées un peu scarieuses. Fleurs petites, blanches, disposées en panicule dichotome peu fournie ; pédon- Cules devenant plus longs que les calices et s'écartant
les uns des autres ; sépales plus ou moins obtus, poilus,
æ d — à sommet scarieux et glabre; pétales non saillants ; capsules oblongues-cylindriques, faiblement courbées , plus longues que le calice. — Mai -- octobre. Champs, prés secs, talus, vieux murs. TC:
C. coxeLomËré. C. glomeratum Thuil. C. vulgatum L. ex Smith, DC., Duby. C. viscosum L. ex Curt., Huds., Wild.— Plante petite ou assez pelite, annuelle, velue, assez souvent visqueuse , d’un vert pâle. Tiges droites ou ascendantes. Feuilles tantôt arrondies, tantôt obovales, tantôt ovales, un peu pointues; bractées entièrement herbacées. Fleurs petites, blanches, disposées en glomérule bien fourni, devenant une panicule dichotome après la fécondation ; pédoncules plus courts que les calices ou de même longueur ; sépales lancéolés , très aigus, faiblement scarieux sur les bords et chargés de poils jusqu’au sommet ; pétales un peu plus longs queles sépales. Capsules cylindriques, courbées, de moitié plus longues que le calice.—Print.,
été, aut. — Bords des chemins, champs, prairies, dunes. TC.
Var. — apetalum. Tout-à-fait sans corolle. AR.
Na Le doute sur la plante de Linné rendait nécessaire l'emploi d’un nouveau nom spécifique pour cetteespèce et pour la précédente.
Obs. Le céraiste à courts pétales, cerastium brachypetalum Desp., se montre, comme le céraiste congloméré, avec des bractées herbacées et des sépales aigus, chargés de poils même au sommet ; mais les fleurs sont disposées comme celles du céraiste commun et les pédoncules deviennent plus longs que le calice. La plante est assez pelite, annuelle, velue, à poils longs, mous, nullement glanduleux. La tige, ordinairement droite et peu rameuse , est garnie de feuilles
oblongues. juge capsules sont cylindracées, sans courbure. — Cette espèce a été trouvée en Bretagne, mais vivant dans des bassins calcaires voisins de l’Anjou ou du Poitou.
C. À 4 ÉTAMINES. C. tetrandrum Curt.— Plante petite ou très petite (3--15 centimètres), annuelle, chargée de poils courts, plus ou moins glanduleux. Plusieurs tiges ascendantes , souvent rameuses, à rameaux écartés ; quelquefois une seule tige droite presque simple. Feuilles oblongues, rétrécies en pétiole, comme spatulées ; bractées ovales ou arrondies, herbacées, nullement scarieuses, soit sur les bords, soit au sommet. Panicule dichotome allongée, peu fournie. Fleurs petites, blanches, à # ou 5 parties; pédoncules plus longs que les fleurs, souvent même 2 à 3 fois plus longs, presque toujours dressés, rarement étalés ou réfléchis ; sépales lancéolés , aigus, hispides, à bords et sommet scarieux, glabres, non érodés-denticulés ; pétales plus courts que les sépales, rarement aussi longs. Capsules oblongues-cylindriques , dépassant le calice, droites ou peu sensiblement courbées, à 8 ou 10 dents. — Mai -- juillet. Dunes et prairies voisines de la mer. AC.
Obs. Cette espèce est contestée. Quelques botanistes la réunissent, soit au cerastium pumilum Curt., soit au C. aisinoides Lois. Mais le C. punuilum n'est, suivant Smith (fl. brit.), qu'une faible variété du C. semidecandrum L., et le C. alsinoides a manifestement de grands rapports avec la plante linnéenne qui vient d'être indiquée ; il en différerait seulement par les deux premières bractées tout-à-fait herbacées et par les autres bien moins scarieuses sur les bords. Faut-il, adoptant une opinion assez récemment émise, réunir les espèces en question sous le nom de cerastium
ss M varians ? Une telle réunion suppose que la consistance des bractées ne mérite guère d’être prise en considération dans le genre céraiste. Ce genre est pourtant très voisin du genre stellaire, et la consistance entièrement herbacée des bractées de la stellaire holostée est rec: nue comme un bon caractère, pour distinguer cette plaute de la stellaire glauque ou de la stellaire graminée. D'ailleurs, les bractées toujours herbacées du C. triviale et du C. brachypetalum ont servi pour bien déterminer ces espèces. Si le C. tetrandrum Curt. n’était qu'une variété du (. pumilum ou du C: alsimoides, il se rapprocherait parfois du type, il produirait, dans certaines circonstances , des bractées à bords un peu scarieux. Or, on ne le voit pas se comporter ainsi; il offre constamment des bractées tout-à-fait herbacées, même lorsqu'il croît au milieu des herbes et devient très eflilé. Quelques autres caractères se joignent à celui qui est tiré de la consistance des bractées et servent à confirmer l'espèce : la largeur des bractées est fort remarquable ; les pédoncules sont généralement dressés et cependant presque toutes les fleurs sont fertiles ; parmi ces fleurs les unes sont normales et les autres réduites à 4 parties ; les bords et le sommet scarieux des sépales restent entiers, ne deviennent pas érodés-denticulés ; enfin les graines sont un peu plus fortes et plus pettement ponctuées que celles du céraiste fausse-alsine et celles du céraiste à cinq anthères.
J'ai lieu de croire que le céraiste nain, C. pumilum Curt., indiqué par Mme Cauvin, comme croissant à Belle-Isle, est le C. tetrandrum qui vient d'être décrit.
Le C. alsinoides Lois. n’a pas été encore trouvé dans le département, et on ne peut guère espérer de l'y trouver.
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C. À 5 ANTHÈRES. C. semidecandrum L. — Plante petite ou très petite, annuelle, veluc-pubescente, parfois visqueuse. Plusieurs liges ascendantes , simples ou peu rameuses, quelquefois une seule tige droite. Feuilles inférieures oblongues, rétrécies en pétiole, les supérieures sessiles, ovales; bractées petites, à moitié scarieuses, s’érodant assez vite. Panicule ordinairement courte, peu fournie. Fleurs petites, blanches; pédoncules plus longs que les fleurs et presque tous réfléchis ; sépales lancéolés, en grande partie scarieux et généralement érodés-denticulés après l’anthèse ; pétales plus courts ou aussi courts que les sépales ; cinq étamines. Capsules oblongues- cylindriques, presque droites, dépassant plus ou moins le calice. — Print. Dunes, bords des champs voisins de la mer, AC,
Obs. Il est -probable que le céraiste aquatique, cerastium aquaticum L., existe dans le Morbihan. On peut même croire qu'il a été vu aux environs de Vannes par M. Aubry, et qu'il se trouve inscrit au catalogue de l’an IX sous le nom de Stellaria dichotoma. C'est une plante vivace, moyenne et quelquefois assez grande, vivant dans les terrains fangeux ou très humides un peu ombragés. Tige faible, couchée ou ascendante, un peu radicante, rameuse, anguleuse, pubescente dans sa partie supérieure, un peu visqueuse au sommet. Feuilles très inférieures pétiolées, ovaleslancéolées ; les autres sessiles, ovales en cœur, acuminées, toutes légèrement ondulées et presque glabres ; bractées herbacées. Panicule dichotome , souvent grande, divariquée. Fleurs longuement pédonculées, assez médiocres, blanches; sépales ovales, pointus, pubescenis; pétales plus longs que les sépales et profondément bifides. Pédoncules fructifères rétrofléchis. Capsule ovoïde-globuleuse n'excédant pas le calice, à
= 06 — valves déhiscentes jusqu’au milieu et bifides au sommet. — Été. — Comme la capsule du céraiste aquatique ne s'ouvre réellement pas en dix dents, ou, du moins, ne présente pas dix dents égales, quelques botanistes ont pensé que celte plante ne devait pas rester dans le genre céraiste. Elle est devenue le Walachium aquaticum Fries. L'utilité de cette innovation est aujourd'hui bien contestée.
Un autre céraiste, fort commun dans plusieurs parties de la France , mais très rare en Bretagne, n’a pas été trouvé dans le Morbihan. C'est le céraiste des champs, cerastium arvense L., plante assez petite, vivace, pubescente, à racine rampante, à tiges stériles couchées, à tiges fertiles presque droites, pauciflores, à feuilles lancéolées-linéaires, quelquefois oblongues. Les fleurs sont longuement pédonculées, assez médiocres, d'un blanc très pur, à corolle double du calice. Les capsules sont oblongues-cylindriques, un peu courbées. — Print., été. Champs pierreux où sablonneux.
Une plante qui paraît tout-à-fait étrangère à la Bretagne , l’holostée en ombelle, holosteum umbellatum L., a été mentionnée par M. Aubry comme se trouvant çà et là au bord de nos champs, et par Mme ÇCauvin, comme vivant dans les falaises de la presqu'ile de Rhuis et sur les murs du Port-Louis. Mais on cherche vainement cette plante depuis plusieurs années. — Le genre holosteum a pour caractère un calice à 5 sépales, une corolle à 5 pétales dentés, 3--5 étamines, 3 styles; enfin une capsule uniloculaire, à 3 valves bifides et s'ouvrant ainsi en 6 dents. L'espèce en question, holosteum umbellatum L.., est une plante printanière , petite, annuelle, un peu glauque , souvent multicaule , à tiges droites, simples,
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ou peu rameuses, pubescentes et légèrement visqueuses dans leur partie supérieure, à feuilles glabres, ovales-lancéolées ou même lancéolées. Les fleurs, longuement et inégalement pédonculées, petites, blanches ou rosées, forment une sorte d'ombelle terminale. Les pédoncules se réfléchissent après la fécondation. Les capsules sont oblongues-cylindriques et plus longues que le calice.
Famille XIV.°— LINÉES DC.
Calice persistant , à 4 ou 5 sépales à peine adhérents par la base ou soudés presque jusqu'au milieu. Corolle régulière à 4 ou 5 pétales, alternes avec les sépales et contournés en préfleuraison. Étamines # ou 5, séparées par des rudiments de filets staminaux , un peu soudés inférieurement avec ces filets, formant une sorte d'anneau et, ainsi, monadelphes à la base ; anthères à deux loges et à deux fentes. Ovaire supère, sessile ; 4 ou 5 styles bien distincts et autant de stigmates. Capsule à placenta central, à 8 ou 10 loges monospermes, à 4 ou 5 valves déhiscentes au sommet et devenant bifides. Graines pendantes, luisantes, généralement dépourvues de périsperme; cotylédons planes; embryon droit.— Herbes ou petits sous-arbrisseaux, à feuilles alternes, rarement opposées, entières et sans stipules.
N. Les botanistes paraissent assez disposés à sup-
primer cette famille, qui deviendrait une section des Géraniacées.
RADIOLE. RADIOLA Gmel.
Quatre sépales soudés presque jusqu’au milieu, bi-
EN fides ou trifides au sommet. Pétales, élamines, pistils aussi au nombre de 4. Capsule globuleuse, à 8 loges.
R. Faux-Lin. R. linoïdes Gmel. Linum radiola L. — Plante très petite, souvent de 2 à 3 centimètres, annuelle, glabre. Tige filiforme, très rameuse, à rameaux dichotomes plus ou moins étalés. Feuilles opposées, sessiles, ovales. Fleurs très nombreuses, fort inégalement pédonculées, extrêmement petites, blanches; pétales entiers, obtus, à peine pius longs que les sépales. Capsules mutiques.