‹ Flore du MorbihanChapitre 26 sur 156 · Pétales entiers · texte numérisé non relu

Pétales entiers

G. À FEUILLES RONDES. G. rotundifolium L. — Plante assez petite ou moyenne , annuelle, velue-pubescente, un peu visqueuse. Tiges ascendantes ou couchées. Feuilles longuement pétiolées, molles, arrondies-réniformes , découpées en 5 ou 7 lobes, eux-mêmes lobés ; les lobes du premier ordre profonds et assez larges ; ceux du second ordre courts , ovales ou oblongs, quelquefois crénelés ou dentés. Pédoncules biflores , moins longs que les feuilles. Fleurs assez petites, rougeâtres ; sépales lancéoliés, courtement aristés, velus; pétales oblongs , dépassant beaucoup les sépales. Carpelles lisses, chargés de poils courts, droits; arêtes pubescentes en dehors. Graines finement réticulées, brunâtres. — Été, aul. Terrains pierreux, bas des murs. R.-Vannes, Lorient, Quibéron, eic.

G. LuISANT. G. luciduwm L.— Plante assez petite, annuelle, plus ou moins rougeâtre. Tiges ascendantes, rameuses, fragiles , glabres. Feuilles pétiolées , un peu hispides en dessus, glabres en dessous, luisantes , arrondies-cordiformes ou réniformes , à 5 divisions peu profondes , trilobées , à lobes courts , crénelés ou dentés. Pédoncules biflores , légèrement pubescents, plus longs que les feuilles. Fleurs assez petites, rouges ; calice pyramidal, anguleux, glabre, formé de sépales ovales-lancéolés , aristés, ridés en travers ; pétales plus longs que le calice et à limbe obovale. Carpelles rugueux , pubescents au sommet ; arêtes scabres dans leur partie supérieure. Graines glabres et lisses, d'un jaune rougeâtre. — Été. Coteaux couverts, talus frais, rochers humides. AC.

G. nerBe-A-RoserT. G. Robertianum L.— Plante assez petite ou moyenne, annuelle, un peu hispide, plus ou moins rougeâtre, assez fétide. Tiges ascendantes, rameuses , faibles. Feuilles longuement pétiolées , ternées ou quinées, à folioles pinnatipartites, à divisions oblongues , les unes lobées ou dentées, les autres entières. Pédoncules biflores, plus longs que les feuilles. Fleurs très médiocres, rouges, rarement blanches ; sépales lancéolés, aristés, poilus, rougeâtres; pétales de moitié plus longs que le calice, à limbe obovale. Carpelles oblongs -cylindriques, réticulés , ridés , ordinairement glabres, quelquefois un peu pubescents ; arêtes glabres dans la moitié de leur longueur. Graines glabres et très lisses, brunes. — Mai-octobre. Haies, bois, rochers, talus. C. —Ce Géranion se montre parfois dans les fissures des rochers maritimes, avec des rameaux effilés, à peine feuillés et avec des fleurs nombreuses, toutes stériles par l'avortement des élamines.

Var.— purpureum. G. purpureum Vill.— Tiges assez courtes. Feuilles plus petites et moins découpées que celles du type. Corolle moins rouge, purpurine, dépassant à peine Île calice. — Rochers, lieux pierreux frais. TR. Lorient, Hennebont. — Il faut peut-être rapporter à cette variété le G. robertianum à fleurs blanches , trouvé par M.me Cauvin aux environs de Pontivy.

ERODION. ERODIUM L'Hér.

Sépales égaux. Pétales un peu inégaux. Dix étamines monadelphes à leur base, alternativement fertiles et stériles; les premières munies d'une glande nectarifère. Arêle des carpelles roulée en spirale à la maturité et presque toujours poilue en dedans.

E. À FEUILLES-DE-CIGUË. Æ. cicutarium L'Hér. Gerarium cicutarium L.— Plante assez petite ou moyenne, plus ou moins velue, annuelle, à racine fusiforme, blanche. Tiges ascendantes ou couchées, rameuses. Feuilles pinnées, à folioles sessiles, ovales ou oblongues, une fois, rarement 2 fois pinnatipartites , .à divisions profondes, les unes lobées ou dentées, les autres lancéolées, entières ; stipules ovales-acuminées, parfois ciliées. Pédoncules très longs, muitiflores. Fleurs assez petites, purpurines ; sépales oblongs, mucronés , à pointe terminée par 2 ou 3 soies ; corolle au moins double du calice. Carpelles allongés ; obconiques, hispides, à dépressions lisses ; arêtes fort longues, scabres en dehors. Graines brunes, glabres et lisses. — Été. Champs sabionneux , prés secs, vieux talus. AC.

Var.— prœcox.—Tiges très courtes, presque nulles. Feuilles étalées en rosette, ordinairement peu poilues, à folioles assez courtes, à divisions rapprochées. Pé-

— 120 — doncules courts, en apparence radicaux, portant 2-4 fleurs. Corolle purpurine bien plus longue que le calice. — Print. Pelouses sèches, sables. C.

—— parviflorum. — Tiges tantôt très courtes , tantôt de 2 à 3 décimètres, rameuses, velues ou pubescentes , plus ou moins visqueuses. Feuilles presque bipinnées , chargées de poils souvent aplatis ou glanduleux. Pédoncules longs, pauciflores. Fleurs petites, rougeâtres , rosées ou blanches ; corolle égale au calice ou seulement un peu plus grande. Graines très brunes, moins allongées que celles du type et de la variété précédente. — Les tiges bien développées sont demiligneuses à la base. Les folioles sont quelquefois un peu pétiolulées. — Été, automne. Dunes. C.

E. musqué. E. moschatum Wild. Geranium moschatum L.— Plante assez petite ou moyenne, annuelle, pubescente , un peu visqueuse, à odeur de musc. Tiges ascendantes, rameuses. Feuilles pinnées, à folioles sessiles ou très courtement pétiolulées, tantôt ovales, incisées-dentées, tantôt oblongues, pinnatipartites, à divisions Jobées-incisées. Stipules largement ovales, à peine acuminées. Pédoncules très longs, multiflores. Fleurs assez petites, purpurines; sépales oblongs, mucronés, à pointe nue au sommet; pétales un peu plus longs que les sépales. Cinq des filets staminaux bidentés à la base. Carpelles allongés, obconiques, hispides, à dépressions chargées de tubercules; arêtes très longues, scabres. Graines allongées, brunes, glabres et lisses. — Été. Bords des chemins, pied des murs, pelouses fraîches. Région maritime. AC. Intérieur , R.

Var. — subacaule, — Tiges très courtes, presque nulles. Feuilles étalées en rosette. Pédoncules plas

courts que les feuilles, ou à peine plus longs, parfois pauciflores. — Avril, mai. Dunes. TR. Gavre, le Kernevel près de Lorient.

— — depauperatum. — Tiges couchées, très rameuses , dures à la base. Feuilles légèrement pubescentes, à folioles peu nombreuses, très courtement pétiolulées , oblongues incisées-dentées. Pédoncules uni ou biflores, parfois triflores, généralement plus courts que les feuilles. Odeur de musc très faible. — Été. Dunes. TR. Le Kernével.

E. maritime. E. maritimum Smith. Geranium maritimum L.— Plante petite ou assez petite, vivace, velue ou pubescente, blanchâtre. Racine assez grêle, rameuse, dure, brune. Tiges couchées, rameuses. Feuilles longuement pétiolées , ovales en cœur , lobées, à lobes plus ou moins profonds, incisés-dentés ; stipules lancéolées, aiguës. Pédoncules uniflores ou biflores. Fleurs petites, ici apétales ; calice pubescent , à sépales elliptiques, mucronés, à pointe pilifère. Carpelles allongés, hispides , à peine 4 fois plus courts que larête ; celle-ci à peu près glabre à la face interne, scabre en dehors. Graines oblongues, glabres et lisses, d’un brun foncé. — Mai-septembre. Terrains pierreux près de la mer. TR. Vieilles-presses en Crach (N); île de Groix (M. Lloyd). — L'Erodion sans corolle, Erodium apetalum Rich. de V.nes, Bull. soc. phylom. 1827, trouvé et souvent cueilli aux environs de Josselin, n'est que l'Erodion qui vient d'être décrit. On rapporte avec peine à une espèce maritime une plante qui se montre à 12 lieues de la mer, dans un terrain non salé; mais il-faut pourtant admettre l'identité, quand l'observation ne vient pas fournir un bon caractère distinctif. On ne peut voir ce caractère dans l’absence de la corolle, car, au dire de Linné, l’Erodium

maritimum est souvent privé d’une partie de ses pétales, ce qui annonce que la corolle n’y est pas un organe bien essentiel. Au reste, la plante cueillie près de la mer, à Crach et à Groix, est aussi dépourvue de corolle. Serait-ce une variété particulière à l’ouest de la France? Je ne le pense pas; car divers botanistes, en décrivant l'Æ. maritimum, ne disent rien de sa corolle. Suivant Smith, elle est carnéc; elle est rougeâtre suivant quelques autres auteurs.

Fam. XX.°— OXALIDÉES DC.

Calice persistant, à 5 sépales égaux. Coroïle régulière, caduque, formée de 5 pétales alternes avec les sépales et roulés en spirale avant l'épanouissement. Dix étamines hypogynes, souvent monadelphes à la base; anthères biloculaires. Ovaire supère; 5 styles; autant de stigmates simples ou divisés. Capsule anguleuse à 5 loges polyspermes, et à 5 ou {0 valves déhiscentes par les angles. Graines à tégument charnu; périsperme charnu contenant un embryon droit. — Plantes herbacées ou ligneuses, à feuilles presque toujours alternes et ordinairement composées. |

Na Cette famille pourra bien redevenir une section des Géraniacées.

OXALIDE. OXALIS L.

Sépales tantôt libres, tantôt un peu soudés par la base. Pétales onguiculés , quelquefois un peu cohérents entre eux au-dessus de l'onglet. Étamines légèrement monadelphes à la base, alternativement grandes et petites. Capsule ovoïde ou allongée, à cinq angles. Feuilles souvent ternées.

O. pRGITE. O. stricta L.— Plante assez petite, bisannuelle, légèrement poilue, presque glabre. Racine

stolonifère. Tige droite, simple dans sa partie inférieure. Feuilles assez longuement pétiolées, ternées, à folioles larges, en cœur renversé, à échancrure médiocre. Point de stipules. Pédoncales le plus souvent biflores, aussi longs que les feuilles ; pédicelles étalés pendant l’anthèse, puis dressés. Fleurs assez petites , jaunes ; pétales entiers, obtus. Capsules allongées, un peu poilues, devenant glabres, à loges polyspermes. — Été. Champs cultivés. TR. Belle-ile (M.me Cauvin) ; Quibéron (N).

O. cornicuLÉE. ©. corniculata L.— Petite ou assez petite, vivace, poilue-pubescente, grisâtre. Racine fibreuse. Tige rameuse dès la base, couchée et souvent radicante. Feuilles longuement pétiolées, stipulées, ternées, à folioles obcordiformes, bien échancrées:; stipules courtes, adnées au pétiole. Pédoncules pauciflores, généralement moins longs que les feuilles ; pédicelles comme en ombelle, écartés, réfléchis après la fructification. Fleurs très médiocres, jaunes; pétales échancrés. Capsules très allongées, pubescentes, à loges polyspermes. — Été, Aut. Bas des murs, jardins, champs. AC.

O. oserrze. O. acetosella EL. — Petite, acaule, à souche écailleuse , rampante. Feuilles longuement pétiolées, assez poilues, ternées, à folioles largement obcordiformes , faiblement échancrées. Pédoncules grêles, uniflores, ordinairement plus longs que les feuilles et poilus-pubescents. Fleurs médiocres, blanches ou carnées, un peu penchées; pétales ovalesoblongs, très obtus, rayés. Capsules ovoïdes, presque glabres, à loges dispermes. — Print. Bois humides, bords ombragés des prairies. AC.

— 12% — Sous-Classe IT. — CALYCIFLORES,

Calice d’une seule pièce plus ou moins découpée. Pétales libres ou soudés entre eux. Réceptacle se confondant avec la base du calice, qui semble ainsi produire la corolle.

Fam. XXL.°— CÉLASTRINÉES Brown.

Calice à 4-6 divisions imbriquées en préfleuraison. Corolle régulière à 4, 5 ou 6 pétales. Etamines en même nombre que les pétales, alternes avec eux, et plus ou moins nettement insérées sur une protubérance annulaire du réceptacle. Ovaire simple, supère ; un style; un stigmate à 2-5 divisions. Fruit assez variable, le plus souvent une capsule anguleuse, pluriloculaire, plurivalve. Périsperme charnu, quelquefois nul ; embryon droit. — Végétaux ligneux, à feuilles alternes ou opposées, simples ou rarement ailées, à fleurs gégénéralement verdâtres.

FUSAIN. EVONYMUS L.

Calice à 4-6 divisions planes. Corolle à 4-6 pétales, Autant d'étamines nettement insérées sur la partie éminente du réceptacle. Capsule à 3-5 loges monospermes, à 3-5 valves et à cloisons médianes. Graines plus ou moins arillées,.

F. »'Europe. E. europœus L. — Arbrisseau de 2 à % mètres, droit, glabre, à bois cassant, un peu jaunâtre, à écorce lisse, verte, à jeunes rameaux quadrangulaires. Feuilles opposées , pétiolées, ovaleslancéolées , acuminées, finement dentées. Pédoncules axillaires, longs, comprimés, dichotomes ou seulement divisés au sommet en 2 ou 3 pédicelles uniflores. Fleurs petites, d’un blanc verdâtre, toutes ou presque toutes

à 4 parties; divisions du calice très obtuses ; pétales oblongs. Capsules obtusément anguleuses , déprimées au sommet, rougeàtres, ordinairement à 4 loges. Graines blanches, complètement entourées par un arille orangé. — Mai, juin. Haïes, talus, bois. AC.

Obs. Le genre Houx, lex L., prenait place jadis dans la famille des Célastrinées. Il en a été extrait à raison de sa corolle véritablement monopétale.

Fam. XXII. — RHAMNÉES Brown.

Calice tubuleux à 4 ou 5 lobes; ceux-ci valvaires dans le bouton et caducs après l’anthèse. Corolle régulière, quelquefois nulle ; 4 ou 5 pétales fort petits, souvent concaves. Etamines 4ou 5, périgynes opposées aux pétales ; anthères biloculaires. Ovaire tantôt supère tantôt infère ou semi-infère; un style, 2 à # stigmates. Fruit charnu ou sec, bi ou pluriloculaire, à loges monospermes. Graines sans arille ; périsperme chernu , rarement nul: embryon droit ; cotylédons larges et minces.— Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux à feuilles presque toujours alternes, à fleurs généralement verdàtres.

Page 1