SENEÇON. SENECIO L
Involucre double ; le rang extérieur peu régulier, l'intérieur à folioles égales presque toujours tachées au sommet. Réceptacle plane, sans paillettes. Akène
sillonné, terminé par une aigrette caduque, à poils simples, mous et blancs.
S. JacoBéE. S. Jacobæa L.— Moyen ou assez grand, bisannuel, ordinairement presque glabre et d’un vert foncé, quelquefois légèrement cotonneux-blanchâtre. Racine tronquée. Tige droite, médiocrement rameusecylindracée , striée, souvent rougeûtre. Feuilles ovalesoblongues ou oblongues dans leur forme générale; les inférieures péliolées, lyrées ; les supérieures sessilesauriculées , pinnatipartites ou pinnées, à divisions ou folioles assez obtuses, profondément et irrégulièrement découpées, à découpures un peu lobées ou dentées, parfois entières. Rameaux floraux dressés, et corymbes rapprochés , formant ensemble un grand corymbe terminal. Capitules médiocres, d'un beau jaune; involucre cylindrique, un peu campanulé, à folioles extérieures courtes et en très petit nombre (2-4), à folioles
intérieures nombreuses , lancéolées, un peu navict- Jaires; demi-fleurons à languette elliptique-linéaire, étalée, enfin roulée en dehors. Akènes de la circonférence glabres ou presque glabres ; les autres hispides ou très scabres; aigrette courte: — Été. Bords des! chemins et des champs, prés, bois, talus. TC.— La Jacobée, lorsqu'elle croît dans des lieux ombragés, n'a souvent qu'une tige simple et qu'un corymbe peu fourni. Dans certaines circonstances, les feuilles sont médiocrement découpées et les demi-fleurons offrent une languette trois fois plus longue que l'involucre.
S. AQUATIQUE. S. aquaticus Huds.— Moyen, quelquefois assez grand, bisannuel, à racine tronquée. Tige droite, médiocrement rameuse, cylindracée, fineihent striée, glabre ou làchement et légèrement cotonneuse, presque toujours d'un rouge violet. Feuilles glabres ou presque glabres ; les inférieures pétiolées, ovales ou ovales-oblongues, crénelécs, quelquefois faiblement lyrées; les supérieures sessiles-auriculées, lyrées où pinnatipartites, à divisions latérales oblongues ou linéaires, dentées, à division terminale grande, ovale, grossièrement dentée ou même lobée. Rameaux floraux divergents ; corymbes écartés. Capitules assez médiocres, d’un beau jaune; involucre campanulé, à folioles extérieures 2 ou 3, courtes, linéaires, à folioles intérieures nombreuses, lancéolées, presque planes ; demi-fleurons comme ceux de l'espèce précédente. Akènes glabres ou presque glabres; aigrette courte. — Il faut sans doute rapporter au Seneçcon aquatique le Senecon charnu, Senecio doria Aubry. On ne trouve que dans les provinces méridionales le Senecon Doria de Linné.
Var. —erraticus. — Tige très rameuse, à rameaux divariqués. Feuilles plus grandes, plus découpées; les
supérieures à division terminale médiocre. Fleurs plus petites. $. erraticus Bertol.
Eté. Bords des eaux, fossés humides, marécages, AC.
S. pes go1s. S. sylvaticus L. — Moyen, quelquefois assez grand, annuel, pubescent, un peu fétide. Tige droite, rameuse au sommet, cylindracée, striée. Feuilles blanchâtres en dessous, pinnatipartites, à divisions inégales, généralement étroites, lobées ou dentées. Corymbe bien fourni; capitules assez petits, jaunes ; involucre cylindrique, légèrement pubescent, à folioles extérieures peu nombreuses, courtes, appliquées, à folioles intérieures allongées ; fleurons grêles ; demifleurons à languette courte, roulée en dehors dès l’anthèse. Akènes velus-scabres, de couleur grise.
Été. Taillis, lieux sablonneux ou pierreux. AC.
Obs. Le Senecon visqueux, S. viscosus L., très voisin du Seneçon des bois, paraît étranger au Morbihan. Il est couvert de poils courts et visqueux. La tige se termine par un corymbe lâche. L'involucre a ses folioles extérieures assez longues et non appliquées. Les akènes sont glabres et bruns. — Été. Terrains sablonneux.
S. commun. S. vulgaris L.— Assez pelit ou moyen, annuel, tendre, glabre ou légèrement floconneux. Tige droite, rameuse, fistuleuse. Feuilles inférieures rétrécies en pétiole ; les supérieures demi-embrassantes, auriculées ; toutes un peu épaisses, pinnatipartites, à divisions plus ou moins profondes, écartées, inégalement dentées. Corymbes irréguliers, peu fournis ; capitules assez petits, jaunes, flosculeux par avortement, très rarement radiés et alors à rayons fort courts, roulés ; involucre cylindracé-conique, glabre, à folioles extérieures assez nombreuses, courtes, apprimées, à
folioles intérieures linéaires, aiguës, les unes et Îles autres noires au sommet. Akènes sillonnés , pubescents. — Il fleurit presque toute l'année. Terrains cultivés ou incultes, sables, décombres, vieux murs. TC.— Dans les dunes, il est ordinairement nain et très floconneux, à feuilles un peu plus découpées, à capituies peu nombreux ; à folioles extérieures de l'involucre presque entièrement noires.
J'ai vu ce Seneçon avec des capitales giobuleux et formés de demi-fleurons stériles. Le réceptacle était laineux, et les rudiments d'akènes se terminaient par une forte aigrette, à poils contournés-pliés ou changés en écailles. — Champ cultivé, Lorient.
TUSSILAGE. TUSSILAGO L.
Involucre simple, à folioles égales, oblongues-obtuses, un peu membraneuses. Réceptacle légèrement convexe, sans paillettes. Fleurons souvent stériles ; demi-fleurons sur plusieurs rangs, à languette linéaire. Akène oblong-cylinäracé ; aigrette à poils simples, très fins et très blancs.
T. pas D’ANE. T. farfara L.— Piante vivace, à racine longuement rampante, à fleurs naissant avant les feuilles. Celles-ci toutes radicales, assez grandes, pétiolées, cordiformes, plus ou moins anguleuses, dentées , cotonneuses-blanches en dessous, glabres et d'un vert gai en dessus, avec les bords rougeâtres. Hampes petites ou assez pelites, droites, cotonneuses, notablement écailleuses et terminées par un capitule médiocre, jaune, penché avant l'anthèse. Demi-fleurons très étroits. Akènes glabres. — Février-avril. Pentes humides, bas des rochers. TR. Hennebont, Plæmeur.
Obs, Le genre Pétasite, Petasites Tourn. , est assez gc-
néralement rétabli. Il comprend les Tussilages de Linné, à capitules flosculeux et presque dioïques, qui présentent souvent en même temps des fleurons réguliers et des fleurons tronqués obliquement ou demi-fleurons imparfaits. — Le Pétasite commun, Petasites vulgaris Desf., Tussilago petasites L., a été trouvé en Bretagne près de quelques habitations rurales. Il est surtout remarquable par ses feuilles très grandes, cordiformes et doublement dentées. Quelques hampes, de grandeur moyenne, garnies d'écailles lâches, portent des fleurs rougeâtres en grappe ovale ou oblongue.— A chercher dans le Morbihan.
$ 2.— Capitules flosculeux, très rarement radiés à demi-fleurons stériles.
BIDENT. BIDENS L.
Involucre à folioles lâches, en deux rangées. Réceptacle assez plane, garni de paillettes. Fleurous tous hermapbhrodites , entourés quelquefois de demi-fleurons stériles. Akène terminé par 2-3 arêtes roides ct persistantes. — Feuilles opposées.
B. PENCHÉ. B. cernua L.— Plante assez petite ou moyenne, annuelle. Tige droite, plus ou moins rameuse , rarement simple, cylindracée, striée, chargée de quelques poils rudes. Feuilles sessiles, un peu connées, lancéolées , lâchement dentées en scie et glabres. Capitules terminaux solitaires, assez médiocres, flosculeux , jaunes, presque toujours penchés, entourés de bractées foliacées ; folioles de l'involucre ovalesoblongues, scarieuses, jaunâtres, très rayées de noir; les extérieures plus grandes. Akènes cunéiformesanguleux , généralement à 4 arêtes; angles et arêtes
chargés d’aiguillons recourbés.—Fin de l'été. Bords des ruisseaux , marécages, fossés. C.
Var.— radiata. Coreopsis bidens L. — Capitules radiés. — Mêmes stations. R.
Obs. Suivant la plupart des botanistes, le Bident nain, Bidens minima L. , n’est que le Bident penché, arrêté dans son développement et réduit à une tige simple que termine un capitule dressé.
B. TRIFOLIOLÉ. B. tripartita L.— Plante moyenne, annuelle, glabre. Tige droite, rameuse , obscurément tétragone, striée. Feuilles pétiolées , trifoliolées ou tripartites, à folioles ou divisions lancéolées, inciséesdentées, l'intermédiaire plus grande. Capitules terminaux, solitaires, médiocres, dressés, toujours flosculeux, jaunes, entourés de bractées foliacées; folioles de l’involucre presque égales, ovales-lancéolées, un peu jaunâtres, à stries noires très rapprochées. Akènes oblongs-cunéiformes, assez anguleux, généralement biaristés ; angles et arêtes chargés d'aiguillons recourbés. — Juillet- septembre. Petites mares, fossés, bords des ruisseaux et des étangs. C.— Dans les lieux trop desséchés, la plante ne prend pas tout son accroissement et se montre avec des feuilles simples, lancéolées, incisées ou seulement dentées. S'il arrive que ces feuilles garnissent une tige simple, portant un seul capilule, on a une plante qui se rapproche bien du Bident nain, 2. minima L.
DIOTIS. DIOTIS Desf.
Involucre hémisphérique , imbriqué. Réceptacle convexe, garni de paillettes. Capitules formés de fleurons à tube comprimé, ailé, doublement éperonné ; les éperons appliqués sur l'ovaire. Akène nu.
D. TRÈëS-BLANCHE. D. candidissima Desf. Otanthus maritimus Link. Athanasia maritima L. Santolina tomentosa Lam.— Plante assez petite, quelquefois moyenne, vivace, entièrement tomenteuse, à duvet d'un beau blanc. Racine très longue, tortueuse. Tiges nombreuses , ascendantes, rameuses, à rameaux dressés. Feuilles rapprochbées , sessiles, oblongues, dentées, étalées. Corymbe terminal resserré, peu fourni; capitules courtement pédonculés, très médiocres, d'un jaune d’or ; folioles de l'involucre tomenteuses en dessus, oblongues; réceptacle à paillettes obtuses, laineuses au sommet ; partie inférieure des fleurons devenant spongieuse. Akènes glabres. — Aoùût-octobre. Sables maritimes. AC.
TANAISIE. TANACETUM L.
Involucre hémisphérique, imbriqué. Réceptacie convexe, sans pailleties. Fleurons extérieurs plus grêèles que ceux du centre et seutement à 3 lobes. ahène couronné par une membrane.
T. commune. T. vulqare L.— PI. assez grande, très aromatique; vivace, à racine rampante. Tige droite, peu rameuse, cylindrique, striée, glabre ou chargée de quelques poils. Feuilles plus ou moins poilues, 2 fois pinuatipartites, à dernières divisions finement incisées ou dentées : les caulinaires demi-embrassantes , auriculées. Corymbe terminal compacte, parfois quelques corymbes rapprochés ; capitules médiocres, assez planes, d’un jaune brillant; involucre glabre, à folioles oblongues un peu scarieuses. Akènes pertagones-0bconiques, glabres, à couronne très courte, presque entière. — C’est probablement une plante naturalisée. — Juillet-septembre. Bords des champs et des che-
mins, surtout près des habitations. AR. Lorient , Pontivy, Belle-île, etc.