Cladonia Hoffm
Thalle foliacé à la base, du moins dans le très jeune âge, et désigné par quelques auteurs sous le nom de prothalle, donnant naissance à des tiges (podétions) simples et évasées supérieurement, en pavillon d’instrument de musique (scyphus) ou rameuses et atténuées au sommet.
Le prothalle ou thalle foliacé persiste dans plusieurs espèces; il disparaît de bonne heure chez d’autres. La face supérieure est d’un vert plus ou moins glauque; l’inférieure est ordinairement d’un beau blanc. — Le thalle fruticuleux est représenté par des tiges simples ou rameuses, comme il vient d'être dit, désignées sous le nom de podétions, lesquels sont tubuleux contrairement à ceux des Slereocaulon. Le podétion est n4, lorsqu'il est dépourvu de folioles thallines; il est squamuleuxæ dans le eas contraire. Les folioles thallines sont de petites écailles de la nature du thalle, s’insérant sur toute la hauteur du podétion. Le podétion est subulé, lorsqu'il se termine en pointe aiguë; — scyphylère, lorsqu'il se termine en seyphus (en forme d'entonnoir, de pavillon d’instrument), f. 8. — Si des podétions naissent sur un point d’un autre, sur le bord du seyphus prineipalement, le podétion primaire est dit prolifère (f. 8, in). Si le seyphus (pavillon) ne donne pas de prolifications, il est simple. La prolification est marginale, si des podétions naissent sur la circonférence du scyphus (p); elle est centrale, si les podétions partent du centre; enfin la prolification est latérale, si les podétions naissent sur un point quelconque de la tige primaire (in). Le bord du seyphus peut être entier, digilé (garni de dents allongées disposées en forme de doigts), radié (pourvu de dents allongées non digitées). — Les apothécies des Cladonia sont terminales, globuleuses, brunes, fauves ou rouges, creuses, assez souvent réunies en groupe (confluentes, c), ou isolées (solitaires), situées à l'extrémité des podétions cylindriques subulés et digités, ou sur le bord de la circonférence quand les podétions sont élargis en seyphus. Dans ce dernier cas, elles sont sessiles, si elles sont appliquées sur le bord du seyphus (&, b); elles sont pedicellées (p) au contraire, si un pédicelle les surhausse du bord du seyphus. — Sur la terre nue ou parmi les mousses, rarement à la base des troncs d’arbres.
Le genre Cladonia est facile à distinguer de tout autre; il n’en est plus de
même pour les espèces.
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+ Prothalle nul (excepté dans le très jeune âge). Podétions atténués au sommet, : non seyphyfères, complètement dépourvus de folioles thallines et jamais pulvérulents. à
A. Rameaux stériles recourbés au sommet, rameaux fertiles dressés, CL. rangiferina.
B. Rameaux stériles dressés au sommet, terminés par 2-5 dents aiguës, courtes. CL. uncialis:
++ Prothalle persistant, foliacé, quelquefois très développé (Cl. endiviaefolia); où bien podétions souvent squameux, ou pulvérulents, ou couverts de Jolioles thallines.
A. Extrémité des podétions élargie en scyphus ouvert, ou aisselles des ramifications perforées chez les espèces à podétions rameux. 3 * 4. Podétions allongés, subdichotomes, cortiqués, nus ou parsemés de folioles, à
aisselles simplement perforées . . . MMA CL A fur Ca 2. Podétions trapus, décortiqués, COUVErts de. Dotitos folioles thallines très rapprochées, à aisselles béantes . . . . . . . Cl squamosar
B. Extrémité des podétions élargie en SCYDRUS fermé par une membrane, OU
aisselles des ramifications perforées chez les espèces à podétions non scyphyférés: L. : 1. Apothécies brunes.
a. Prothalle très développé, persistant, de grande taille, à folioles laciniées.
Podétions peu développés, naissant ordinairement sur les sinus des lobes du
thalle.
aa. Thalle foliacé, très robuste, dépourvu de cils . . . CL. endiviaefolia« bb. Thalle foliacé, moins robuste, garni de cils noirs . . . CL. alicornis:
b. Thalle beaucoup moins développé, à folioles plus petites. Podétions hab
tuellement grands, naissant à la base du thalle. aa. Prothalle à peu près nul. Podétions allongés, grêles, glabres, conco lores; les uns subulés, stériles, les autres scyphyfères, facilement
prolifères . . . ee LU Os a ROSE eee SU Let U TES bb. Podétions scy piyfres, souvent squameux, verruqueux, nettement granuleux . . . SR TS er ner TE ER CL D Qt TEE 2. Apothécies d’un beau rouge. È a. Thalle foliacé de la base pulvérulent en dessous . . . . . CL. digitatam
b. Thalle foliacé de la base non pulvérulent en dessous. aa. Scyphus larges, turbinés. -
* Podétions glabres : 2 22, 00..." "Cl coccifets
* Podétions pulvérulents . . . 127,2 LL. 'pleurois
bb. Scyphus peu développés et Ne Ients 2,01; macilentans
CI. rangiferina Hoffm. (Lichen du renne). — Thalle nul. Podétions très rameux, cylindriques, légèrement perforés aux axes, jamais pulvér lents; variant du gris cendré au blanc jaunâtre, Rameaux divariqués, à pointes à divisées et radiées, recourbées au sommet, à l'exception des fertiles. =
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Apothécies d’un brun noir ou fauves. Rarement en fructification. Plante très variable, — Var. vulgaris Schaer. Podétions très rameux. (3-7 cent. de long), gris cendré, à pointes d’un brun noirâtre. — Vur. gigantea ACh. Podétions robustes (12-15 cent.), d’un blanc cendré-bleuâtre, velouté, à ramifications nombreuses au sommet. — Var. sylvatica Ach. Podétions (8-12 cent.) relativement crêles, en touffes compactes, d’un blanc jaunûtre ou d’un jaune paille; aisselles largement perforées. Il y a d’autres variétés intermédiaires. — Dans les endroits secs : bois, bruyères, forêts. C., surtout dans l’Ardenne.
Cl. uncialis Fr. — Thalle nul. Podétions (3-10 cent.) en touffes très serrées jusqu’au sommet, d’un beau jaune paille brillant, parfois un peu verdâtre, médiocrement perforés aux aisselles, à ramifications stériles dressées, se divisant en 2-6 rayons étoilés terminés par des dents noires très courtes et très pointues, — Apothécies petites, carnées étant jeunes, brunes en vieillissant, Presque toujours stérile. — Parmi les mousses, sur les rochers ombragés et humides. AR. Ard.
CI. furcata Hoffm. — Thalle très pen développé ou nul. Podétions de 3-8 cent., parfois 15, en touffes assez lâches, d’un brun verdâtre ou d’un gris cendré, rarement jaunâtres, nus où parsemés de folioles, à aisselles légèrement perforées. Rameaux grêles, allongés, divergents, subdichotomes; dernières ramifications stériles, atténuées, à pointes foùrchues divergentes. — Apothécies petites, subglobuleuses, rouges ou brunes.— Plante très variable, diffère surtout par des podétions nus ou munis de folioles. — Dans les bois, les bruyères, mélangé aux mousses. C. Ard., AR. ailleurs.
CI. squamosa Hoffm. — Thalle persistant ordinairement, à folioles étroitement laciniées, à lobes crénelés. Podétions de 4-10 cent., cendrés ou d’un blane verdâtre, couverts de folioles thallines plus ou moins nombreuses, souvent décortiqués, à aisselles largement ouvertes, dentées et prolifères. Rameaux provenant en partie de prolifications plusieurs fois répétées; dernières ramifications stériles, bifurquées, atténuées; les fertiles radiées et disposées en forme de cils. — Apothécies petites, convexes. d’un brun rouge ou pâle. Très variable : Var. squamosissima Fr., remarquable par le thalle ordinairement bien développé, et ses podétions littéralement recouverts de folioles thallines d’assez grandes dimensions. Parmi les mousses, sur les rochers, dans les bois. G. Ard., AC., AR. ailleurs.
CI. endiviaefolia Fr. — Thalle frès développé, glauque vert supérieurement, blanc en dessous, fortement lacinié, imbriqué, dépourvu de rhizines et de cils; lobes crénelés, erispés. Podétions petits, rares, cylindriques, peu scyphyfères, naissant sur les sinus des lobes du thalle. — Apothécies petites, brunâtres ou carnées, solitaires ou confluentes. Gette espèce est même reconnaissable quand elle est dépourvue de podétions. — Sur les rochers et les collines sèches. G. Cale., R.? ailleurs.
CI. alicornis Ach. — Thalle ressemblant au précédent, mais plus pelit,
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bordé çà et là de petits bouquets de cils noirs ou blanchâtres. Podétions courts, naissant sur le sinus des lobes, à seyphus é/argis, finement crénelés en crête au bord, souvent prolifères. Sur les collines siliceuses. AR.? Ard.
CI. gracilis Hoffm. — Thalle nul ou presque nul. Podétions allongés, pouvant atteindre jusque 15 cent. de haut., cortiqués, glabres, concolores dans toute leur étendue, simples ou rameux, nus ou parsemés de folioles thallines; rameaux stériles subulés, rameaux fertiles scyphyfères; scyphus élégants, dentelés, prolifères. — Apothécies brunâtres, sessiles ou pédicellées, confluentes, rarement solitaires. — Variable : Var. vulgaris Koerb!, grêle, dépourvu de folioles thallines. — Var. macroceras FIk. Podétions allongés, épais, sans folioles, plus rameux, d’un vert pâle, à pointe plus foncée. — Sur la terre : bois et bruyères.
CI. pyxidata Ach. (f. 8). — Thalle plus ou moins membraneux, à folioles crénelées, d’un gris verdâtre en dessus, blanches en dessous. Podétions de 1-5, souvent 2 ou 3 cent., presque toujours scyphyfères, granuleux-verruqueux dans le type, couverts sur toute leur surface d’une poussière d’un gris verdâtre dans la sous-espèce CL. fimbriata Hoffm. Seyphus turbinés, à marge crénelée, souvent prolifères. Apothécies brunes ou fauves, parfois un peu pédicellées, souvent sessiles et confluentes. Espèce extrêmement polymorphe : a) Var.neglectaFIk. Folioles basilaires peu développées. Podétions allongés. Var. pocillum Fr. Thalle plus développé, membraneux. Podétions rares, moins développés. Apothécies confluentes.
Sous-espèce : CI. fimbriata Hoffm. Podétions couverts d’une fine poussière: Seyphus ordinairement cylindriques sur une certaine longueur, puis s’élargissant en forme de coupe : a) Var. tubaeformis Ach. Podétions cylindriques, allongés (3-5 cent.) Scyphus à bord entier ou peu crénelé. — b) Var. prolifera Ach. Podétions scyphyfères à prolifications marginales plusieurs fois répétées. — c) Var. cornuta FIk. Podétions croissant en touffes épaisses de 2-8 cent. de hauteur, blanchâtres, simples ou peu rameux, subulés el stériles, longuement recourbés. Il existe encore plusieurs variétés intermédiaires; la dernière n'appartient presque plus au C!. fimbriata. — Sur la terre : dans les bruyères, pied des rochers, bois, pelouses, etc. C.
CI. digitata Hoffm. — Thalle assez développé, à folioles larges, d’un vert jaunâtre en dessus, blanches en dessous et pulvérulentes généralement. Podétions atteignant rarement 4 cent., pulvérulents au sommet, scyphyfères, ordinairement dépourvus de folioles thallines. Seyphus étroits, à prolifications marginales courtes donnant un aspect digité très caractéristique. Les prolifications peuvent être latérales. — Apothécies rouges, petites et solitaires, ou plus grandes et confluentes. — A la base des troncs d'arbres. R.
CI. coccifera Schaer. — Thalle à folioles squameuses, jaunâtres en dessus, d’un blanc jaunâtre en dessous. Podétions (1-3 cent.) glabres ou granuleuæ, côtelés, d'un gris verdâtre, généralement pourvus de folioles thallines. Sey-
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phus réguliers, peu prolifères, à bord entier. — Apothécies rouges, pédicellées etconfluentes.— Collines et rochers siliceux. AG. Ard., AR., R. ailleurs.
CI. pleurota FIk. — Podétions de 2-4 cent., pulvérulents, dépourvus de folioles thallines. Scyphus larges, à bord entier ou peu crénelé, souvent recourbé en bas. — Dans les endroits desséchés des tourbières. RR?
CI. macilenta Hoffm. — Thalle peu développé, à folioles petites, crénelées, ou bien formé de quelques écailles arrondies. Podétions de 1-3 cent., pulvérulents, d’un jaune brun à la base, blanchâtres au sommet, dépourvus de folioles, grêles ou très peu divisés. Scyphus nuls ou irréguliers, très peu développés. — Apothécies rouges, terminales, globuleuses, confluentes, rarement solitaires. — Variable : Var. bacillaris Ach. Podétions cylindriques ou subulés en assez grande partie, {rès simples, parfois recourbés. — Apothécies tubereuleuses débordant le podétion. — Sur la terre : bruyères, sapinières, bois, rochers. AR. Ard., R? ailleurs.
CI. papillaria Hoffm. — Cette espèce diffère de toute autre par le thalle non foliacé, mais granuleux-crustacé, blanc ou gris. Podétions courts, élargis en massue, érès fragiles, peu rameux, à rameaux non divisés au sommet. — Apothécies petites, d’un brun roux. — Var. molariformis Ach. Podétions plus allongés, rameux, à rameaux courts, presque fastigiés. — Apothécies solitaires. — Sur la terre maigre : bruyères, bois. R.
Tribu V. — CÉTRARIÉES.
Les Cétrariées sont rares en Belgique; c’est pour ce motif que nous ne les avons pas signalées dans l'analyse. Nous en dirons toutefois un mot à propos du Lichen d'Islande (Cetraria Islandica) bien connu en pharmacie. — Cette tribu fait la transition des Lichens fruticuleux aux Lichens foliacés. Le thalle est souvent à lanières, — ou étroites, canaliculées et dressées, — ou assez larges et appliquées sur le support. Dans ce dernier cas, sa face supérieure est, comme chez les Ævernia, dissemblable de l’inférieure. Les apothéeies sont léeanorines, marginales.