‹ Flore élémentaire des cryptogamesChapitre 8 sur 195 · IV. — CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

IV. — CHAMPIGNONS

L’embranchement des champignons sera suffisamment bien interprêté, lorsque nous aurons dit que, outre les fongosités bien connues de tout le monde, les moisissures en font aussi partie, ainsi que les ponctuations ë jaunätres, rougeàtres ou plus souvent d'un brun noirâtre faisant des saillies plus ou moins apparentes sur les branches et les feuilles vivantes ou mortes.

1 Lestiges des Lemaneu et des Batrachospernum croissant dans les cours d'eau sont cependant d’un aspect brun-noirâtre, et gelatineux dans le second genre (voir Floridees, chapitre « Algues »).

2 Nous ne nous occupons pas ici des espèces microscopiques ou presque microscopiques (Diatomées, Desmidiées, etc.), ni des Algues marines dont les formes sont des plus variées et le tissu de consistance cartilagineuse à l’étatsec. On trouvera des définitions générales sur ces différents ordres et familles dans le chapitre réservé aux Algues.

3 11 ne faut pas confondre les Champignons épiphytes avec les excroissances que les insectes produisent en introduisant leurs œufs dans les parties tendres des vegé-

taux (feuilles, fleurs, jeunes tiges). Un peu d'observation suffit pour distinguer ces deux genres de production.

EMBRANCHEMENT LL. — MUSCINÉES.

Cryptogames cellulaires ayant souvent des traces de vaisseaux dans la tige, privées de racines nourricières, ordinairement munies de feuilles entièrement cellulaires; parfois feuilles nulles et frondes en forme d’expansions vertes, foliacées, non gélatineuses, à épiderme souvent fourni de stomates. Fructification : capsule polyspore se développant sur la plante adulte et résultant d’une fécondation par anthérozoïde et oosphère.

A. Capsule munie d’un opercule, rarement indéhiscente ou s’ouvrant en 4-6 valves conniventes au sommet. Élatères nulles. Feuilles vertes, non lobées, souvent aiguës au sommet, généralement nerviées.

4. Tige non munie de rameaux simples, courts et agglomérés en tête au sommet. Capsule très souvent bordée de dents après la chute de l'opercule, ou bien dents- nulles au péristome et plante petite, rarement capsule se déchirant irrégulièrement ou s’ouvrant en 4-6 valves conniventes au sommet. . Mousses.

2, Tige molle munie de rameaux simples, courts, agglomérés en tête au sommet. ,

Péristome nul. Feuilles d’un vert pâle ou glauque, parfois blanchâtres ou rougeûtres, toujours énerves. Plantes ordinairement en fortes touffes ou en tapis étendu, croissant dans les marais et les montagnes humides . . . Sphaignes.

B. Capsule jamais munie d’un opereule, s’ouvrant en 2 ou plusieurs valves ; souvent 4, mais non conniventes au sommet, parfois, mais rarement, se déchirant irrégulièrement et cachées alors plus ou moins dans la fronde. Spores souvent accompagnées d’élatères et donnant naissance à un prothalle lobé. Muscinées à tiges rendues aplaties par la disposition des feuilles, lesquelles ne sont pas fortement aiguës et peuvent être lobées, ou simplement tiges réduites à une expansion VOTE TOLACÉR MEN ER RO UE RE TN CE ESS HÉpATIQUES:

Classe I — MOUSSES.

Anatomie et Physiologie.

Prothalle ou protonéma. — Le prothalle des Mousses ressemble à une petite algue filamenteuse, munie de grains de chlorophylle, formée de plusieurs cellules se cloisonnant à angles droits 1. Le protonéma est une algue qui accuse l’attachement indéniable des Muscinées à l’embranchement primordial.

On se rend parfaitement compte du prothalle en faisant germer des spores

1 C'est-à-dire que les cloisons sont perpendiculaires à l’axe du filament confervoïde.

sur du sable humide et maintenu dans cet état. On peut même suivre le développement du protonéma sous la lentille du microscope en déposant une ou plusieurs spores sur le porte-objet préalablement humecté.

La spore est formée de deux membranes; par l’effet de l’humudité, l’interne s’allonge en brisant l'enveloppe externe, prend une forme cylindrique; ce travail étant encore en voie de formation, une cloison partage cette cellule naissante et forme la deuxième unité de vie, la deuxième cellule. Le développement se poursuit mais seulement sur la deuxième cellule qui, à son tour, se cloisonnera et donnera naissance à la troisième. Gelle-ei, par un cloisonnement et un développement de l'extrémité, procurera de la même manière la quatrième, etc. Après un certain développement du prothalle, il survient, à l'intersection de certaines cellules, des rameaux se formant et se développant de la même manière que l’axe primaire, jusqu’à ce que celui-ci et ses ramifications aient atteint sous cette forme leur maæimam de croissance. Arrivé à ce point le protonéma produit plusieurs plantes, plusieurs Mousses.

Après un certain développement du prothalle, il se forme, à divers endroits de celui-ci, des nodosités composées de plusieurs cellules agrégées, se divisant ensuite et produisant un axe, une tige, des feuilles; la partie de ces nodosités en contact avec le sol développe des poils rhixoïdes à cloisons obliques et dépourvues de chlorophylle, ce qui permet de les distinguer — au microscope — du protonéma qui est formé de cellules chlorophylleuses

t à cloisons perpendiculaires. Ces poils simulent des racines, comme le mot rhixoïde l'indique d’ailleurs.

Dans les espèces annuelles, les racines s’observent facilement; mais dans les Mousses vivaces elles disparaissent de bonne -heure et sont remplacées par des racines adventives se développant le long de la tige et des rameaux en garnissant ceux-ci d’un tissu feutré, parfois épais et désigné sous le nom de tomentum ou feutre radiculaire. Certaines Mousses cependant sont à peu près dépourvues de racines et de {omentum, l'Hylocomium triquetrum, VA. squarrosum, l'Hypnum purum, ete.; elles empruntent, par la tige et principalement par les feuilles, la nourriture qui leur est nécessaire.

Tige. — La tige des Mousses est généralement cylindrique; elle est trigone ou comprimée dans quelques espèces. Des coupes longitudinales et transversales montrent qu'elle est formée — du moins en est-il ainsi dans la majorité des espèces — 4) d'une zone externe corticale à cellules rondes, petites, serrées; b) d'une deuxième zone à cellules longues, presque fibreuses: €, enfin, dans quelques genres, d’une zone médullaire ou centrale correspondant à la moelle chez les végétaux supérieurs. Ces deux ou trois zones différentes sont fortement adhérentes et à cellules PÉrpRérIqUes enchevêtrées.

La tige des Mousses peut être réduite à un ou deux tee elle peut atteindre Om60 à 1m de longueur, dans la Fontinale, par exemple. Le plus

grand nombre des espèces offrent, pour cet organe, des longueurs de 002 à 012, La ramification de la tige a une haute importance; elle partage même les Mousses en deux grandes sections : les Acrocarpes et les Pleurocarpes. Ges subdivisions de la tige sont dues à la position des fleurs femelles.

Chez les ACROCARPES (PI. I-1) où Les fleurs sont terminales, il se développe immédiatement au-dessous de la fleur femelle un ou plusieurs rameaux ou innovalions (i), nommés ainsi parce qu’ils renouvellent la plante. En effet, après la fructification et la dissémination des spores, la partie inférieure périt et fournit cette terre noire que l’on rencontre sous les mousses, particulièrement celles recouvrant les rochers. Une des utilités de ces humbles végétaux consiste done dans le fait de former un humus nouveau en empruntant les éléments à l'atmosphère.

Si la Mousse acrocarpe est annuelle, il va de soi qu’elle ne donnera pas d'innovations; la fructification terminée, son rôle est accompli, mais en revanche ses spores nombreuses iront au loin remplacer au eentuple celle qui n’est plus.

Dans les Acrocarpes, on conçoit que la tige et les innovations sont presque toujours dressées, C’est ce qui les fera distinguer au premier coup d'œil des PLEUROCARPES (PI. [-2), où La fleur femelle s’insère latéralement sur la tige et les ramifications de celle-ci. Les Pleurocarpes souvent couchées, décombantes, sont munies de rameaux faisant avec l'axe de la plante un angle plus ou moins ouvert. Ghez les Pleurocarpes la partie inférieure disparaît,

forme aussi un terreau, mais le fragment de la tige qui a fleuri et porté des.

fructifications survit un plus grand nombre d'années, ce qui explique les dimensions généralement plus fortes des espèces de cette dernière division.

Feuilles. — Les feuilles des mousses, comme celles des arbres verts, persistent assez longtemps. L'hiver a sur elles peu d'influence.

A part le genre Leucobryum qui semble, par son appareil végétatif, avoir un certain voisinage avec les Sphaignes, les feuilles des Mousses sont formées d’une seule couche de cellules. (C’est ce qui facilite leur étude au microscope.)

Leurs formes sont comprises entre le l{ancéolé-linéaire et l'orbiculaire, c'est-à-dire entre la ligne et le cercle. Elles sont toujours, à simple vue et souvent à la loupe, simples et très entières; au microscope, elles offrent dans bien des espèces des dents au sommet ou sur tout le pourtour. Les formes les plus souvent rencontrées sont : ovales, obovées, oblongues, spatulées, lancéolées, linéaires; formes qui s’allient entre elles et donnent lieu aux dénominations : ovalés-oblongues, lancéolées-linéaires, ete. Le sommet des feuilles se termine de différentes manières : il peut être aigu, acuminé, mucroné, apiculé, obtus, tronqué, rétus.

Les feuilles sont {oujours sessiles, jamais elles ne sont opposées, ni

verticillées ; leur disposition est rarement distique 1 (Füissidens), quelquefois tristique (Fontinulis), 2/5 (Sphaignes), 3/8 (Funaria), 513 (Polytrichum commune), 13/34 (Polytrichum formosum), ete. Sauf les deux premières dispositions, les autres sont confondues sous la désignation vague d’éparses. Les feuilles sont presque toujours concaves ou carénées, parfois sillonnées, plissées et même ondulées ; leur surface est lisse ou papilleuse. Leur direction dépend généralement de l’état sec ou humide de la plante. Celles qui dirigent leur sommet d’un même côté sont dites homolropes ou homomulles. Il n’est pas inutile de dire qu’en humectant un échantillon sec de Muscinées, ilreprend le port vivant.

Nervure. — Les feuilles sont munies d’une nervure, quelquefois très eourte ou peu distincte, mais le plus souvent s'avançant jusqu’au milieu de la feuille, le dépassant, s’'évanouissant sous le sommet, atteignant celui-ci ou se prolongeant en forme de mucron ou de poil. Lorsque la nervure dépasse le sommet, elle est dite excurrente, et, dans ce cas, si la partie prolongée de la nervure est longue, elle porte le nom de poil et la feuille est dite pilifère. Ge poil peut être brun, blanc, où hyalin, entier où denté. La nervure varie également par son épaisseur et sa largeur. Dans certaines acrocarpes, elle occupe presque tout le revers des feuilles et peut même être canaliculée ou lumellée, où enfin munie d’autres appendices. — La nervure est souvent visible à la loupe, parfois à l’œil nu.

Oreillettes. — Sous la lentille du microscope, on distingue également dans bon nombre d’espèces, à la partie inférieure et de chaque côté de la nervure ou de l'axe de la feuille, une surface plus ou moins triangulaire, à tissu cellulaire plus lâche, souvent coloré (jaunâtre) et désignée par les bryologues sous le nom d’oreillelte. Dans ce cas il y en a deux à chaque feuille. On les yoit à la loupe lorsqu'elles sont bien prononcées,

Dents. — Outre le tissu cellulaire qui diffère selon les espèces, on observe assez souvent des dents sur le limbe, surtout vers le sommet; la feuille est dite alors dentée. Ces dents sont généralement sur un rang; certains Mnium, toutefois, en présentent sur deux rangs, et elles sont dites bisérices. Le même genre Mnium nous offre encore l'exemple des feuilles marginées, c'est-à-dire bordées de cellules différentes sous le rapport de la forme et aussi de la coloration.

Tissu cellulaire. — Sous un grossissement de 200 à 500 diamètres, rien n’est comparable à l'élégance, à la richesse du tissu des feuilles des Muscinées et la variété ne le cède en rien à la beauté.

Les cellules sont compactes ou diaphanes; leur forme varie à l'infini : elles sont heæagonales, quadrangulaires, rhomboïdales, arrondies, linéaires,

1 Sur deux rangs, rendant la tige comme une feuille composèe-pennée, à folioles très rapprochées.

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