‹ Flore forestièreChapitre 130 sur 295 · FAMILLE XXX · texte numérisé non relu

FAMILLE XXX

VACCINIÉES. DC.

Fleurs hermaphrodites, régulières ; calice adhérent à Tovaire, à limbe 4-5-denté, quelquefois entier; corolle périgyne, urcéolée ou campanulée, à 4-5 lobes alternes avec les divisions du calice ; étamines en nombre double des pétales, insérées avec la corolle, à anthères biloculaires, s'ouvrant par 2 pores terminaux; 1 style; ovaire infère, à 4-5-loges pluri-ovulées, placentation axile. Baie polysperme, graine albuminée. — Petits sousarbrisseaux à feuilles simples, alternes, dont la nervation est pennée-réticulée ; à racines très rameuses, longuement rampantes et drageonnantes, pourvues d'un chevelu très délié et très abondant; généralement sociaux et envahissants, caractéristiques des sols siliceux, granitiques, schisteux et des terres acides, dites terres de bruyère, qu'ils contribuent à former par leurs principes astringents.

Bois à vaisseaux abondants, fins, éfiraux. entourés de

VA.CCINIÉES. 219

GENRE I. — AIRELLE. VACCINIUM. Lin.

Tige dressée ; corolle urcéolée et campanulée.

A. Feuilles dentées, caduques, vertes.

Fleurs solitaires. Fruits bleus, douxsucrés. Rameaux anguleux A. Myrtille. . 1

A*. Feuilles entières ; fleurs en grappes ; rameaux arrondis.

B. Feuilles caduques, très glauques ; fruits

bleus, doux-sucrés A. uligineuse. 2

B*. Feuilles coriaces, persistantes, luisantes ; fruits rouges, acidulés A. Canche — 3

1. Airelle Myrtille. VAcaNiuM Myrtillus. Lin. Raisin des bois ; Bluet ; Mauret ; Lucet ; Aires ; Aïons ; Cousinier (Nord).

Feuilles caduques, vertes, ovales-aigjuës, dentées. Fleurs solitaires penchées ; calice à limbe entier ; corolle urcéolée, d'un blanc-verdâtre et rosé. Baie dressée, d'un noir-bleu, [très rarement blanche], couverte d'une elflorescence glauque ; douce et sucrée. — Sous-arbrisseau de G", 50 de hauteur au plus, très glabre, à rameaux verts et anguleux, pourvu de racines très longuement traçantes, drageon nan tes, formant à la surface du sol un lacis très serré de fibrilles et de chevelu . Régions montagneuses, surtout aux expositions froides, humides : Vosges, Jura, Auvergne, Alpes et Pyrénées ; disséminé en plaine, en régions de collines et de basses montagnes dans l'Ouest, de Nantes à Paris, dans la Côte-d'Or, dans Saôneet-Loire, dans le Nord, etc., mais ne dépasse pas à ces basses altitudes le Morvan méridional ; Corae, vers les sommets. Flor., mai. Fructif., juillet-août.

Le myrtille est une plante sociale très envahis- Station et sol. santc, exclusivement silicicole et forestière, qui forme des tapis très serrés à la surface des terrams schisteux, granitiques et sablonneux que des massifs interrompus ne protègent plus suffisamment, mais qui, tout en étant en voie d'appauvrissement, contiennent encore des matières organiques et n'ont point perdu toute fraîcheur. On le rencontre aussi sur des sols tourbeux, sur la tourbe pure elle-même. Si le myrtille s'observe parfois sur des formations calcaires, il faut l'attribuer à l'existence en ces lieux d'une mince couche de terreau tourbeux, comme il

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s'en produit dans les hautes régions montagneuses des Alpes et du Jura, sous Tinlluence d'une basse température et d'une humidité permanente.

L envahissement d'un sol par le myrtille est l'indice certain que le moment le plus propice pour la régénération naturelle est dépassé, que ce sol se dégrade et que bientôt, si l'on n'y porte remède, il perdra toute fraîcheur et toute fertilité ; le myrtille devient dans ce cas le précurseur de la bruyère, dont l'abondance est l'expression d'un appauvrissement complet.

Les réensemencements sont singulièrement entravés par le myrtille qui, par l'épais et impénétrable lacis [formé très près de la surface du sol par] ses racines, les bas fourrés de ses tiges, s'oppose à la germination et surtout à l'enracinement et au développement des jeunes plants.

Produiis Les baies de myrtille, connues sous le nom de

accessoires, brimbelles (pouriot, Saône-et-Loire ; cousines, Nord), se mangent crues ou cuites et servent à la préparation de différentes conserves ; distillées, elles fournissent l'eau de myrtille, liqueur alcoolique appréciée, équivalente au kirsch obtenu des cerises; on les emploie aussi pour donner de la couleur aux vins routes. Elles sont l'objet d'un petit commerce dans les localités où elles abondent. On les recueille,

{)articulièrement dans les Vosges, en passant sur es fourrés d'airelles une sorte de râteau ou de peigne dont les dents sont assez rapprochées pour retenir entre elles les brimbelles, qui vont se réunir dans un petit auget placé sur le dos de l'instrument.

Les tiges de l'airelle myrtille servent à faire des balais.

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