‹ Flore forestièreChapitre 135 sur 295 · Busserole des Alpes. Arctostaphylos Alpina · texte numérisé non relu

Busserole des Alpes. Arctostaphylos Alpina

ÉRICINÉES. 227

subaiguës au sommet, denticulées dans leur moitié supérieure, réticulées sur les deux faces, vertes en dessus, plus pâles en dessous. Fleurs blanches, réunies 2 ou 3 au sommet des rameaux, naissant avant ou avec les feuilles. Baie globuleuse, de la grosseur d'un pois, d'un bleu-noirâtre, acidulée et âpre, rappelant la saveur du cassis. Tiges allongées, grêles, étaléesrampantes, à jeunes rameaux glabres. Haut-Jura, Alpes, Pyrénées. Flor., mai. Fructif., juillet-août.

2. Busserole officinale. Arctostaphylos officinalis. WiMM. ET Grab. ArbutiLs uvorursi. Lin. Arbousier raisind'ours ; Buxerole ; Arbousier traînant.

Feuilles persistantes, coriaces, courtement pétiolées, obovales, obtuses, très entières, vertes et luisantes, plus pâles en dessous, rappelant les feuilles de l'airelle candie ou du buis, mais à bords non enroulés en dessous. Fleurs blanc-rosé, en petites grappes serrées, terminales, naissant après les feuilles. Baie globuleuse, de la taille d'un pois, rouge, âpre. — Sousarbrisseau à tiges grêles, allongées, étalées-rampantes, radicantes. Régions montagneuses : Haut-Jura, Alpes, Pyrénées, les Corbières, causses de l'Aveyron (Abbé Coste), le Mézenc, la Lozère, Recey (Côte-d'Or). Flor., avril-mai. Fructif., août.

Section IL — Corolle persistante. Capsule.

(Feuille* petites, aciculaires, opposées ou verticillées par 5-5 ; bourgeons azillaires rares et le plus souvent distribués safis ordre, de sorte que la ramification est souvent éparse.)

GENRE III. — CALLUNE. CALLUNA. Salisb.

Calice 4-partite, pétaloïde; corolle beaucoup plus courte que le calice, campanulée, 4-flde, marcescente. Etamines 8. Capsule à 4 loges polyspermes, à déhiscence septicide. — Sous-arbrisseaux toujours verts, à feuilles très petites, opposées, imbriquées.

BoU. — Bois identique à celui des bruyères, ai ce n'est que les rayons sont égaux et tous extrêmement fins.

CaUune Bruyère. Calluna vulgaris. Salisb. Erica tni/garis. Lin. Bruyère commune.

Feuilles très petites, opposées et imbriquées-dressées sur 4 rangs^ linéaires-lancéolées, obtuses, prolongées à la base en deux appendices subulés; convexes en dehors, un peu concaves en dedfans, vertes, luisantes et généralement glabres. Fleurs roses, plus rarement blanches, disposées en longues grappes simples et lâches, terminant les rameaux ; entourées à la base de petites bractées qui semblent être le calice ; celui-ci scarieux, coloré, cache la corolle, qui est moitié plus courte. Cap-

228 ÉRIGINÉES.

suie globuleuse, velue. — Sous-arbrisseau tortueux, ramenx, s'élevant à 0",30-0',70, à écorce d'un brun-rougeâtre ; rameaux efDIés, nombreux, dressés. Très commun sur les sols siliceux, feldspathiques et schisteux découverts. Flor., juillet-septembre.

Aireelsulion. Cette plante, si connue sous le nom de bruyère, recouvre parfois à elle seule de vastes étendues de terrains ; elle est en sous-étage la compagne habituelle des pineraies ; sociale, éminemment envahissante, surtout aux expositions méridionales, elle indique par son abondance une terre épuisée que le couvert des arbres, la couverture des feuilles mortes ne garantissent plus depuis longtemps, et qui, sous Taction directe du soleil et des vents, a perdu sa fertilité.

La bruyère s'étend, en Europe, depuis les plaines basses jusqu'aux limites supérieures de la végétation forestière [et la dépasse même quelquefois], depuis l'Italie [et l'Espagne] jusqu'aux rivages delà mer Glaciale ; elle couvre indifféremment les sols les plus secs et les plus arides comme les sols marécageux et même tourbeux, qu'ils soient sablonneux, {granitiques, schisteux ou argileux, peu importe. On a considère généralement comme essentiellement silicicole ; il serait plus exact de la citer comme caractéristique des sols qui ne contiennent pas de calcaire.

La bruyère oppose de grands obstacles aux repeuplements par le couvert épais et immédiat qu elle Eroduit sur les jeunes plants, par ses racines nomreuses, bien moins abondantes et moins superficielles néanmoins que celles des myrtilles.

Les détritus de la bruyère sont lents à se transformer en terreau et celui-ci est toujours acide. Mélangés au sable siliceux, ils constituent la terre de bruyère.

Bois. Le bois a de trop faibles dimensions pour servir à

autre chose qu'au chauffage.

[Ce sous-arbrisseau sert à faire des balais.]

KRICINBES. 229

GENRE IV. — BRUYÈRE. ERICA. Lin,

Calice de 4 sépales libres ou soudés à la base, verts ou colorés ; longuement débordé par la corolle urcéolée, 4-dentée; 8 étamines; capsules a 4 loges polyspermes, dont la déhiscence est loculicide. — Sous arbrisseaux toujours verts, à petites feuilles aciculaires, verticillées par 3-5, dont les bords s'enroulent sur la face inférieure et y circonscrivent un espace triangulaire enfoncé ou simplement un sillon large ou étroit, d'égale dimension, qui paraît double ou simple, suivant que la nervure médiane est saillante ou effacée. Leur écorce passe de bonne heure à Tétat de rhytidome libérien brun-rougeàtre, fibreux et finement gerçure. Les bruyères appartiennent à l'ouest, au centre et surtout au midi de la France.

Bois. — Tissu fibreux extrêmement fin, à parois épaisses, mélangé de parenchyme ligneux y dessinant de très fines ondes concentriques (invisibles même à la loupe) ; rayons inégaux, les uns médiocrement épais, assez espacés, les autres très minces et rapprochés (indiscernables à l'œil nu) ; vaisseaux fins, égaux, isolés, uniformément répartis ou parfois un peu plus clairsemés dans la zone d'automne.

Bois à grain très fin et homogène, dur, lourd, rougeâtre dans l'aubier, passant au rouge-cramoisi terne à l'état parfait, finement et visiblement maillé, dont les accroissements annuels sont difficilement reconnaissablés.

A. Anthères plus ou moins saillantes.

B. Anthères à demi saillantes^ insérées sur le filet par la base. Fleurs portées par des pédicelles plus courts qu'elles, à corolle deux fois

aussi longue que large. . . B. de la Méditerranée. 1 B'. Anthères très saillantes.

Page 1