‹ Flore forestièreChapitre 162 sur 295 · FAMILLE XL · texte numérisé non relu

FAMILLE XL

SANTALACEES. R. BROWN.

Fleurs hermaphrodites ou dioïques ; périgone à 3-5 divisions, généralement persistant ; autant d'étamines, insérées à la base des divisions et leur étant opposées, à anthères biloculaires, longitudinalement déhiscentes ; ovaire infère, adhérent, uniloculaire, 2-4-ovulé. Fruit sec ou charnu, monosperme, ordinairement surmonté par le limbe persistant. Uraine albuminée.

GENRE UNIQUE. — OSYRIS. OSYRIS. Lin,

Fleurs dioïques; périgone à 3 divisions, persistant; 3 étamines, 3 stigmates. Fruit drupacé, à noyau monosperme. — Sous-arbrisseaux à feuilles persistantes, alternes, simples, entières, non stipulées.

Végétaux parasites de nombreuses espèces dicotylédonées, herbacées ou ligneuses, par leurs racines qui s'attachent à celles des autres plantes, les embrassent sur leur pourtour et s'y implantant, en se prolongeant à travers leur écorce et même dans leur corps ligneux, au moyen de suçoirs hémisphériques dont la taille varie depuis celle d'une tête d'épingle jusqu'à celle d'une cupule de gland.

Èoû. — Vaisseaux inégaux, les uns fins, formant une zone très étroite au bord interne; les autres solitaires, rares, très fins, uniformément disséminés, de plus en plus espacés vers le bord externe. Rayons médiocrement épais.

Osyris blanc. Osyris alba. Lin. Rouvet

Feuilles persistantes, alternes, presque sessiles, dressées, lancéolées-linéaires, aiguës, atténuées à la base, coriaces, vertes, entières, uninerviées. Fleurs petites, jaunâtres, odorantes, disposées latéralement vers le sommet des rameaux ; les mâles, pédicellées, réunies en petits faisceaux ; les femelles, solitaires et sessiles. Drupe de la grosseur d'un pois, rouge, peu charnue, se desséchant rapidement. — Sous-arbrisseau

LORANTHACÉES.

FAMILLE XLL

LORANTHACÉES. JUSS.

Fleurs régulières, dioïques ou hermaphrodites (espèces exotiques). Fleurs mâles : calice charnu, gamosépale, 2-4-partite ; étamines 4, introrses, diversement déhiscentes, opposées aux divisions du calice et parfois réduites aux anthères appliquées contre ces divisions; fleurs femelles : calice à 4 sépales écailleux, insérés sur le bord supérieur de Taxe floral, qui est creux et simule un ovaire infère adhérent, parfois nul (1); ovaire formé d'un seul carpelle 1-ovulé. Fruit charnu, mucilagineux, l-sperme. Graine sans épisperme, abondamment albuminée, contenant un ou plusieurs embiyons. — Végétaux parasites, toujours verts, à feuilles simples, entières, opposées, parfois écailleuses, non stipulées, dont les bourgeons terminaux, toujours florifères, sont précédés de 2 bourgeons axillaires et foliifères. Tiges dichotomes, à rameaux articulés.

Bois, — 8 rayons principaux partant de la moelle ; tous les rayons minces, égaux, mal limités, peu serrés, longuement prolongés dans le sens longitudinal. Tissu fibreux peu abondant, très serré, à parois extrêmement épaisses ; vaisseaux très fins, groupés entre eux, formant au milieu du tissu fibreux de nombreuses petites marbrures blanchâtres, qui dessinent le commencement de chaque couche et forment, dans Tintervalle des rayons, des bandes rayonnantes qui se confondent presque avec eux.

A. Anthères pluriloculaires, s'ouvrant par des

pores. Feuilles bien développées Gui. • 1

A'. Anthères 1-loculaires, transversalement

déhiscentes. Feuilles réduites à l'état

d'écaillés. Arceutobie . 2

GENRE I. — GUI. VISCUM, Toumef.

Fleur mâle : calice 4-fide, 4 étamines, dont les anthères, pluriloculaires, sessiles et appliquées sur les

(1) On a considéré jusqu'ici ce limbe comme représe ntant une corolle ; mais sa texture, l'opposition de ses lobes aux étamines dans les fleurs hermaphrodites de quelques loranthacées exotiques, prouvent qu'il représente véritablement un calice. (MM. Decaisne et Planchon.)

LORÀNTHACEES.

sépales, s'ouvrent par des pores nombreux ; fleur femelle ; 4 sépales, charnus, à base élargie, insérés sur le bord supérieur, légèrement 4-denté, d^n axe floral creux qui renferme Fovule.

Gui blanc. Viscum album. Lin.

Feuilles coriaces, persistantes, sessiles, oblongues^ obtuses, entières ; fleurs jaunâtres, sessiles, terminales et axillaires, en petits capitules. Fruit globuleux, blanc, translucide, à suc visqueux et sucré. — Sous-arbrisseau glabre, d'un vert-jaunâtre, à tiges dichotomes-articulées, croissant en parasite sur les arbres de toute espèce, sous forme de petites touffes arrondies. Toute la France, mais rare dans la région méditerranéenne ; très rare en Algérie. Flor., mars-avril. Fructif., aoûtnovembre.

Sution. Le gui croît sur tous les végétaux ligneux, feuil-

lus ou résineux, indigènes ou naturalisés, modifiant son port, sa nuance suivant les espèces qui le nourrissent. Il est particulièrement abondant sur le sapin et sur les arbres fruitiers des vergers, poiriers et pommiers surtout ; on le retrouve fréquemment sur les tilleuls, les peupliers, parfois sur les ormes, saules, alisiers, charmes, hêtres, robiniers, marronniers, rarement sur les épicéas (1), pins sysvestres, f)ins maritimes, etc. Il est extrêmement rare sur es chênes ; on Vy rencontre néanmoins dans les forêts de la France centrale, aux environs de Blois notamment. On Ta vu s'implanter sur la vigne et sur lui-même ou sur d'autres espèces (Loranthus) de sa famille.

Mode de La dissémination se fait de diverses sortes, le

propagaiioD. plus ordinairement par Tintermédiaire des oiseaux, qui sont friands de ses fruits, et particulièrement par celui de la grive draine {Turdus viscivorus.

(1) [Je ne nie pas sa présence sur les épicéas et les pins maritimes, mais il y est à coup sur fort rare ; je ne l'ai jamais vu sur ces arbres et il ne m'y a pas été signalé malgré les recherches que j'ai provoquées. Le gui est quelquefois très abondant sur le pin sylvestre, au moins dans les Alpes ; car ailleurs il paraît y être fort rare ; il s'y présente sous la forme qui a été décrite par Boissier et Reuter sous le nom de V, kucum; c'est ainsi qu'il se montre également en Corse sur les. pins laricios qui en sont souvent couverts].

LORANTHACÉES. 271

Lin.), qui, après en avoir mangé la pulpe, fixe les graines sur les branches, en se frottant le bec contre celles-ci pour s'en débarrasser.

Quelle que soit la position de la graine, la radi- PamiUsme. cule se dirige toujours vers Taxe de la branche, perce Técorce et se soude au corps ligneux. Le jeune plant, au bout de 2 ans, ne consiste encore qu'en 2 feuilles cotylédonaires ; ce n'est qu'à la troisième année qu'il produit de nouvelles feuilles et que parfois il commence à se ramifier.

L'enracinement du gui est composé de longues racines traçantes qui se développent dans la région corticale interne en suivant la direction des faisceaux fibreux. Ces racines en émettent d'autres sur tout leur parcours, lesquelles s'enfoncent dans la couche ligneuse encore molle en voie de formation, sans perforer, comme on le croit communément, les couches plus profondes et complètement formées des années précédentes. Dans les années suivantes, loin de s'allonger par l'extrémité, comme le font les organes de cet ordre, ces racines se développent par leur base à mesure que les nouvelles couches ligneuses de l'arbre s'organisent, de sorte que, par ce mode d'accroissement intermédiaire, elles restent toujours en relation avec la plante qu'elles doivent nourrir. Il résulte de là que l'âge d'une de ces racines correspond au nombre des couches ligneuses qu'elle traverse ; celui-ci peut aller jusqu'au chiffre 30 et même le dépasser.

On peut aisément se convaincre du fait en examinant un morceau de bois, du sapin par exemple, envahi par le gui, et s'assurer que les racines n'ont nullement perforé les couches ligneuses déjà constituées ; on voit, en effet, que dans chacune de ces dernières les faisceaux fibreux contournent les racines, qui étaient conséquemment développées lor6que le bois s'est organisé autour d'elles. Au bout d'un certain nombre d'années, ces racines, ainsi logées dans le corps ligneux, se dessèchent par leur partie la plus âgée d abord, c'est-à-dire par

272 LORANTHAGÉES.

rextrémité, et sont remplacées par d'autres, nées de la même manière sur de nouvelles racines traçantes. De la sorte, le gai a toujours ses organes d'absorption dans les portions jeunes et gorgées de matières nutritives des végétaux dont il s approprie les produits.

Les racines principales du gui sont non seulement traçantes, mais elles sont aussi drageonnantes ; un seul pied suffit avec le temps pour envahir la cime entière d'un arbre.

Le gui est bien véritablement parasite des arbres sur lesquels il s'implante ; il en absorbe la sève et exerce sur eux une action épuisante prononcée ; néanmoins, comme il est vert, il se pourrait que son parasitisme ne fût pas complet (1) et qu'il élaborât pour lui-même ou pour l'arbre dont il est solidaire quelques principes nutritifs. C'est, en tout cas, un végétal nuisible qui, par le couvert immédiat et constant qu'il produit sur les parties vertes, s'oppose à la bonne végétation ces arbres ; qui provoque sur les branches des empâtements et des bourrelets défectueux entravant la circulation de la sève [et déterminant, par suite, assez souvent, au-dessus d'eux une diminution de croissance] ; qui enfin détermine, particulièrement sur le bois de la cime des sapins âgés, un défaut dont l'origine est restée longtemps inconnue.

Ce défaut consisteen trous nombreux et profonds, disposés en séries parallèles, rapprochées, qui suivent la direction de toutes les inflexions de la fibre ligneuse et semblent, à première vue, provenir de fouilles exécutées par des pics ou mieux de galeries d'insectes. Ils sont tout simplement les cavités autrefois occupées par les racines du gui dont les tissus mous et spongieux se sont décomposés, quoiqu'on en trouve encore les débris plus ou moins reconnaissables dans l'intérieur. Usages. Le gui est, dans quelques contrées, très recherché

(1) [Cela paraît certain.]

LORANTHACÉES. — THYMÉLÉACÉES. 273

pour rengraissement du bétail et donne lieu, dans certaines parties des Vosges, à un petit commerce. Des ébrancheurs parcourent les sapinières et ne craignent pas d'escalader les arbres les plus élevés pour se le procurer. Dans le Perche, on estime qu'il améliore la qualité du lait ; on le fait manger au bétail, cru ou cuit.

L'enveloppe cellulaire verte et la pulpe des fruits servent à faire de la glu, analogue, mais préférable à celle du houx.

GENRE II. - ARCEUTOBIE. ARCEUTOBIUM. Bieb.

Fleur mâle : calice 2-4-partite; anthères implantées pp un très court filet sur les divisions du calice, 1-loculaires, transversalement déhiscentes. Fleur femelle : calice à limbe bidenté. Péricarpe s'ouvrant par une partie de sa base, tout en persistant sur le réceptacle, et expulsant la graine à une certaine distance par sa contraction.

Arceutobie de rozycèdre. Arceutobium oxycedri. Bieb. Gui de roxycèdre.

Feuilles opposées, réduites à de petites écailles; fleurs axillaires et terminales, disposées 1-3 à l'extrémité des rameaux, petites, jaunâtres. Fruit finalement pédicellé, ovoïde, verdâtre, de 2 mill. sur 1 mill. — Très petite plante ligneuse, de 1 décimètre de hauteur au plus, à tiges vertes, glabres, plusieurs fois dichotomes, formant des touffes serrées le long aes bi*anches et des rameaux du genévrier oxjcèdre et du genévrier commun, dans quelques localités des Basses-Alpes. Algérie. Flop., septembre-octobre. Fructif., décembre ae la même année.

Ce curieux parasite pousse, entre Técorce et le bois des végétaux sur lesquels il s'implante, de longues racines drageonnantes, de sorte qu'un pied, unique d'abord, envahit de proche en proche tout le végétal.

FAMILLE XLIL

THYMÉLÉACÉES. ADANS.

Fleurs hermaphrodites, plus rarement unîsexuées, à périgone régulier, tubuleux, 4-3-fide, le plus souvent pétaToïde ; étamines 8-10, les externes alternes avec les

274 THYMÉLÉACÉES.

divisions du calice, les internes opposées, insérées sur le périgone; à anthères introrses, biloculaires, longitudinalement déhiscentes. Ovaire libre, 1-loculaire, 1-ovulé; style simple ou nul ; fruit indéhiscent, sec ou charnu ; graine habituellement exalbuminée. — Sous-arbrisseaux ou herbes dont les feuilles sont simples, très entières, non stipulées, éparses, à nervation formée d*une nervure médiane dominante et de nervures pennées fines, fréquemment cachées par le parenchyme; dont les fleurs sont souvent élégantes, odorantes et les bourgeons revêtus d*écailles nombreuses, imbriquées et spiralées. Le liber en est fibreux, très tenace, feuilleté ; Vécorce, les feuilles et les fruits, quand ils sont charnus, contiennent des sucs très vésicants (garou).

Bois, — Tissu fibreux dominant, à parois peu épaisses ; rayons médiocrement serrés, égaux, très minces. Vaisseaux très fins, égaux; parfois quelques-uns plus gros, très espacés, au bord interne de chaque accroissement; groupes entre eux et avec du parenchyme ligneux en petits amas irréguliers, hiéroglyphiques, ou en bandes ondulées, rayonnantes-obliques, dendritiques qui ébauchent un dessin réticulé. — Ecorce interne et moelle vertes.

A. Drupe ; périgone caduc Daphné 1

A'. Akène, entouré du périgone persistant... Thymélée... 2

GENRE I. — DAPHNÉ. DAPHNE. Lin.

Fleurs hermaphrodites; périgone caduc, infundibuliforme, 4-flde; étamines 8, en 2 verticilles; style presque nul ; drupe charnue ou presque sèche, à noyau crustacé. — Sous arbrisseaux ou arbustes à bourgeons écailleux, à fleurs généralement très odorantes.

A. Feuilles herbacées, caduques.

B. Fleurs latérales, paraissant avant les feuilles, rouges, très rarement

blanchâtres D. Bois-gentil.. . 1

B* Fleurs terminales, en faisceaux, blanches D. DES Alpes ... 2

A'. Feuilles coriaces, annuelles ou persistantes.

B. Feuilles annuelles ; fleurs blanches,

en grappes composées, terminales. D. Garou 3

B'. Feuilles persistantes.

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