C. Feuilles vertes sur les deux faces
D. Feuilles obtuses, tronquées ou même échancrées au sommet ; brillantes et glabres sur les deux faces, avec quelques poils aux aisselles, en dessous A. glutineux . 2
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D'. Feuilles obtuses ou subaiguês, pubescentes ou légèrement to-
menteuses en dessous A. pubescent . 3
C. Feuilles blanchâtres et pubescentestomenteuses en dessous; aiguës
ou acuminées A . blanc 4
B'. Bourgeons aigus; cône de la grosseur d'une noix ; nervures secondaires rameuses, feuilles cordiformes et glabres A. cordiforme. 5
§ I. Chatons mâks sortis dès V automne, en inflorescences non feuillées; chatons femelles ne paraissant qu'au fyrintemps, en inflorescences feuillées à la base. Fruit à aile membraneuse,
1. Aune vert. Alnus viridis. DC, Àlnus ovata. Schrank. Àlnaster viridis, Spach, Àunâtre.
Feuilles largement ovales, arrondies ou légèrement cordiformes à la base, aiguës ou obtuses, finement et irrégulièrement dentées, d'un vert peu foncé et peu brillant en dessus, en dessous d'un vert plus clair, ponctuées de fines glandes résinifères ; hérissées de poils sur les nervures et à leurs aisselles ou tout à fait glabres (Àlnus suaveolens, Requien). Chatons mâles ascendants ou un peu inclinés, solitaires ou par deux à la base des feuilles de l'extrémité des rameaux. Cônes à écailles à peine ligneuses ; fruit obovale, à ailes membraneuses, égales à la graine, presque semblables à celles du fruit du bouleau pubescent. — Arbrisseau à tiges dressées ou couchées, de 1-4 mètres de hauteur sur 10-15 centimètres de diamètre à la base, à écorce longtemps lisse et d'un gris-brunâtre, devenant ensuite rugueuse, subéreuse, à jeunes pousses glabres, sillon nées-anguleuses ; bourgeons glabres, sessiles, aigus. Régions élevées des Alpes de la Savoie, du Dauphiné, de la Provence (Mont-Viso, la fiérarde, forêt des Ayes, Lautaret, Revel, glaciers ds Valgaudemar, de Champsaur, d'Oysans; Mulacé au-dessus de Menton, etc.) ; hautes montagnes de la Corse (Monte Coscione, Renoso, Grosso, Campolite, Incudine, Niolo ; forêt de Vuldionello, etc.). Flor., avril-juin. Fructif., juillet-août.
Aireeisution. L'aune vert s'avance vers le nord jusqu'au 71® degré de latitude et entoure d'une ceinture presque continue, à travers l'Europe, l'Asie, TAmérique, les contrées les plus froides de l'hémisphère boréal. Espèce des régions basses, dans les limites les plus
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régions montagneuses. Il appartient, en France, à la région alpine, où il est le compagnon du pin cembro, du pin de montagne, du mélèze et du rhododendron [qu'il dépasse en altitude].
L'aune vert recherche les sols siliceux, frais ou Sol. humides ; [il paraît éviter les calcaires ;] il réussit sur les pentes les plus rapides, où il est très propre à fixer le sol et à le garantir contre les affouillements et les éboulements.
Le bois qui ne contient point, comme celui des Usages, autres espèces d'aunes, de larges et faux rayons, est de trop faibles dimensions pour avoir de l'importance; cependant il sert au chauffage dans quelques parties des Alpes, où cet arbrisseau est assez abondant.
§ II. Chatons mâles et femelles réunis en une seule inflorescence, nue à la base et dégagée du bourgeon dès l'automne. Fruit à aile nulle ou épaisse et coriace.
S. Aune glutineux. Alnus glutinosa. G^rtn. Betulu, Àlnus. Var. a. Glutinosa, Lin, Aune commun ; Vergne.
Feuilles çlus ou moins visqueuses, péliolées, obovales ou suborbiculaires^ obtuses, tronquées et le plus souvent échancrées au sommet, habituellement cunéiformes à la base, à bords entiers sur le tiers inférieur, puis au-delà très irrégulièrement et doublement dentées ou crénelées ; à 6-9 paires de nervures secondaires ; insertion peu régulière, Va environ ; dessus d'un vei*t brillant foncé, généralement glabre ; dessous d'un vert brillant plus clair, finement glanduleux^ avec les aisselles garnies de faisceaux de poils ferrugineux, qui se retrouvent sur la nervure médiane, à la base des nervures secondaires, sur le pétiole et, quelquefois, sur les jeunes pousses. Bourgeons gros, ovoïdes, renflés, obtus, glabres et glauques, visqueux, stipités, munis de 2 ou 3 écailles ; cône vert, puis brun-noirâtre. Samare de forme générale pentagonale, légèrement convexe, brun-rougeûtre brillant, à aile plus étroite que la graine. — Arbre de taille moyenne, quelquefois grande, à écorce brune, gerçurée, écailleuse ; commun dans les forêts humides et au bord des eaux de toute la France ; se retrouve en Corse et en Algérie. Flor., très printanière, février-mars. Fructif., fin de septembre-mi-octobre. Dissémination en automne ou au printemps, suivant les climats, les expositions, la température de l'année.
Var. a. Denticulata, Regel, A, elliptica, Requien, Feuilles presque toujours également denticulées, obtuses, rarement
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échancréesau sommet, à peine poilues en dessous aux aisselles. — Corse, à l'embouchure de la Solenzara.
Var. p. Laciniata, Willd. Feuilles pennatifldes, à lobes aigus, entiers ou crénelés. Fréquemment planté dans les jardins, ainsi que quelques autres variétés peu importantes (1).
Taille. Port. L'aune glutineux est plutôt arbre de taillis que de futaie ; aussi est-il rare de le rencontrer de pied franc et d'un âge avancé ; dans des conditions très favorables, il peut cependant atteindre 30-33 mètres de hauteur sur 0™,50-l mètre de diamètre ; mais ces dimensions sont exceptionnelles. La ramification, très variable, rappelle parfois assez bien celle du chêne rouvre. En taillis, il forme des cépées vigoureuses, dont les brins, droits, eflSlés, divergents et fort élevés forment un cercle qui s'agrandit à chaque exploitation tandis qu'il s'évide au centre par la pourriture et la transformation en terreau des souches des révolutions précédentes. On cite des cépées de ce genre qui mesurent plus de 7 mètres de circonférence à la base, portent jusqu'à 11 rejets hauts do 24 mètres, sur 1"»,15 à 1°*,50 de tour. La longévité dépasse rarement 100 ans.
Écorce. L'écorce des jeunes pousses est lisse, d'un vert-
brun, pourvue de glandes résinifères et de grandes lenticeiles espacées; dès la seconde année, l'épiderme s'enlève en feuillets minces, blanchâtres, et fait place à l'enveloppe subéreuse, lisse et d'un vertolive, qui se maintient jusque vers 15-20 ans. A cet âge, un périderme inférieur s'or^nise, sous forme de plaques, en dessous des couches les plus anciennes du liber; celles-ci, repoussées au dehors, développent un tissu cellulaire brun, dur, irrégulièrement distribué, et constituent à la surface
(1) [Ce ne sont pas les seules formes qu'on puisse rencontrer ; j'en ai vu d'autres en Corse et en Algérie. Dans ce dernier pays en particulier, l'aune glutineux se présente généralement, au moins en Kabylie, exclusivement sous une forme qui n'est pas sans rappeler surtout par son bord denticulé la variété a, avec un pétiole remarquablement court.]
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un rhytidome d'un brun-noirâtro, divisé en plaques larges et aplaties. L'écorce forme 15-18 p. 100 du bois de petites dimensions, 10 à 15 p. 100 du bois de 15 à 30 centimètres de diamètre.
L'enracinement de l'aune varie autant que sa Enracinement ramification, et dépend des sols. Il est d'autant plus traçant que le terrain est plus humide. On estime que dans un arbre de pied franc, coupé à 0"°,30 du sol, le bois de la souche et des racines forme 10-15 p. 100 de la masse. Cette proportion est nécessairement plus forte dans les taillis.
On trouve souvent sur les racines encore grêles de l'aime des excroissances en forme de tubercules, de la grosseur d'un œuf [au maximum], qui ressemblent à des broussins et sont dues au parasitisme d'un champignon ( Woronin),
Les bourgeons de l'aune sont faciles à distinguer Bourgeons, aux caractères donnés plus haut ; sur les pousses robustes, ils sont assez souvent accompagnés d'un sous-bourgeon, qui reste à l'état d'œil dormant.
L'aune glutineux repousse bien de souche et Rejeis. produit des rejets d'origine préventive qui partent de la surface du sol ou d'un peu au-dessous ; il ne drageonne pas. Ces rejets sont robustes, et, pendant assez longtemps, ils produisent chaque année deux générations de rameaux ; leur fragilité ne permet pas de les marcotter aisément.
La production foliacée de l'aune est une des plus Feuillage, faibles ; l'hectare, bien peuplé, produit en moyenne 9,300 kil. de feuilles fraîches, se réduisant par la dessiccation à l'air libre à 4,000 kil., et à 3,300 kil. par une dessiccation parfaite. Ces feuilles peuvent recouvrir 4 fois j la surface de production (T. Hartig).
La floraison de l'aune suit de près celle du cou- Fruciificaiîon. drier et précède d'au moins deux mois la foliaison. En liberté, cet arbre fructifie vers 15-20 ans, en massif vers 35-40 ans ; il produit annuellement ou tous les 2-3 ans.
sn^'
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Germinalion.
Aire d'babiution.
Station.
mares qui tombent naturellement sont les meilleures, parce que ce sont celles des parties moyennes du cône, les plus complètement développées; on
Eeut en compter 60-70 p. 100 de bonne qualité, •orsque les cônes sont cueillis et que le fruit en est extrait par chaleur artificielle, qui doit être modérée, on n'en peut pas espérer, au maximum.
Elus de 30-40 p. 100 qui soient aptes à germer. Le ilogramme en contient 1,270,000.
Le fruit conserve assez longtemps sa vitalité, parfois au delà de trois ans ; cependant, plus on tarde à semer, moins les chances de succès sont grandes et moins les jeunes plants obtenus sont vigoureux.
La germination se fait 3 à 5 semaines après le semis de printemps ; le jeune plant reste petit la première année, mais, en bon sol, il mesure 0",50 à O'^^eO de hauteur au bout de deux ans.
L'aune commun s'étend vers le nord jusqu'au 61* ^t au 62® degré de latitude ; il gagne même le 65* en Suède, à la hauteur du golfe de Bothnie. Vers le sud, sa limite équatoriale connue part du nord oriental de la Caspienne, sous le 39* degré, passe
f)ar l'Asie-Mineure, la Grèce, la Sicile, pour gagner 'Algérie jusqu'à l'Atlas (36^ de latitude), et de là traverser l'Espagne à la hauteur du 38® degré. [En France, il s'élève jusqu'à une hauteur de l,700mètres dans les Pyrénées-Orientales.]
Quoiqu'il croisse le plus fréquemment sur les sols siliceux, il ne parait point que la nature minéralogique de la terre exerce une grande influence sur les stations de l'aune commun, car on le rencontre aussi sur les terrains calcaires [et même la culture l'a introduit] sur la craie blanche de la Champagne. L'action prépondérante est évidemment ici 1 humidité. L'aune commun est, en effet, l'arbre du bord des eaux, des plaines basses, humides, marécageuses et même tourbeuses, l'arbre des vallées qu il remonte en pénétrant dans les montagnes jusque dans la région du sapin. Néanmoins, le séjour trop prolongé des eaux stagnantes à la surface du sol lui
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est préjudiciable. Ses jeunes pousses succombent parfois sous les atteintes des gelées printanières.
Le bois de Taune commun est rougeâtre clair, Bois, sans distinction d'aubier et de bois parfait ; il se reconnaît fort aisément aux faux rayons dont il a été déjà parlé, lesquels déterminent quelques grandes et longues maillures généralement très clair-semées, puis aux taches d'un rouge-brun que forment de petites plaques de tissu subéreux parallèles aux accroissements. Ce bois, assez lourd et assez dur, est ordinairement rangé, pour sa valeur, dans la catégorie des bois blancs ; complètement desséché à Tair, il a, pour densité, 0,444 à 0,662 (Coll. Éc. For. ).
L'aune, par ses dimensions, pourrait devenir Usages, propre aux constructions, mais il se pourrit presque aussi rapidement que le hêtre et le bouleau quand il est soumis aux alternatives de sécheresse et d'humidité; employé à couvert, il peut fournir des chevrons et des pièces de menue charpente ; à une humidité constante et sous l'eau, il acquiert une durée presque égale à celle du chêne et sert avantageusement pour travaux hydrauliques, conduites d'eau, boisages de puits et de mines, etc. On en fabrique différents ustensiles de ménage, des meubles communs, de la boissellerie, de la saboterie, etc. C'est un bois mou, doux, très cassant, qui se gerce et se tourmente beaucoup.
T. Hartig, en comparant la valeur calorifique Valeur du bois d'aune de 20 ans, desséché à l'air et d'une calorifique, densité de 0,42, à celle du hêtre de 30 ans, également desséché et pesant 0,72, a obtenu les résultats suivants :
Poids égaux.
Plus Laul degré de chaleur ..j --^2 loS \ Z Durée delachaleureroissanie.j ^^^^ «J ; JJJ Duréedetachaleurdécroissaniel Jf^^"!! \t l \^
Vol. égaux.