‹ Flore forestièreChapitre 204 sur 295 · Aune blanc. Alnus incana. DC. Betula Alnus. Var. 0. Lin · texte numérisé non relu

Aune blanc. Alnus incana. DC. Betula Alnus. Var. 0. Lin

Feuilles ovales-aiguës ou légèrement acuminées, finement, doublement et aigument dentées en scie ; dessus d'abord pubescent, puis glabre, d'un vert peu foncé ou peu ou point brillant, à peine çlutineux ; dessous gris-blanchâtre, pubescenttomenteux, ainsi que les jeunes pousses ; nervures latérales au nombre de 10-15 paires. Cône vert, puis brun, un peu plus gros que celui de l'aune glutineux, paraissant plus serré, parce que les écailles y sont d'une part plus nombreuses et d'une autre part beaucoup plus élargies au sommet, bien que plus minces et moins distinctement 5-lobées. Fruit déprimé, pentagonal, d'un rouge-brun, légèrement luisant, à aile presque aussi large que la graine, plus grand que celui de l'aune glutineux. — Arbre à écorce lisse, d'un gris-argenté. Jura et Alpes, d'où il descend le long des cours d'eau qui ont leur source dans ces montagnes. Flor., février-mars, plus précoce de 8 jours que celle de l'aune commun. Fructif., septembreoctobre. Dissémination, automne ou printemps.

Port. Taille. L'aune blanc n'atteint généralement point les dimensions de l'aune commun, dont au reste il

BÉTULACÉES.

Ëcorce.

Rejets.

Drageons.

Aire d'habitation.

rappelle le port, quoique la ramification en soit plus serrée, le feuillage plus touffu et conséquemment le couvert plus complet. Il ne se rencontre guère en France qu'à Tétat de cépées de taillis.

L'écorce reste lisse et d'un gris-argenté pendant longtemps et ne se gerçure légèrement qu'à un âge avancé.

Cet arbre a, dès la jeunesse, une remarquable propension pour drageonner, même à une grande distance de la souche mère, sans qu'il soit nécessaire de l'y provoquer par l'exploitation ; il repousse abondamment et vigoureusement de souche, se marcotte avec facilité et peut même être reproduit de boutures. Ces aptitudes, jointes à celle de croître en montagnes, rendent l'aune blanc très précieux dans les travaux de reboisement, pouf fixer les terres en pente et les défendre contre les affouillements.

L'aire d'habitation de l'aune blanc est très développée ; elle s'étend sur les régions septentrionales, moyennes et parfois même méridionales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique. En Europe, elle s'élève vers le nord, en Scandmavie, jusquau delà du 70* degré, pour ensuite suivre à peu près le cercle polaire dans la Russie d'Europe et d'Asie ; elle parvient assez loin vers le sud à la faveur des montagnes et, par les Apennins, elle gagne les parties méridionales de l'Italie.

Arbre de plaine dans les latitudes élevées, l'aune blanc ne se rencontre à l'état vraiment spontané en France que dans les régions montagneuses du Jura et surtout des Alpes, d où il descend par les cours d'eau qui y naissent dans les parties inférieures des vallées du Rhône, de l'Isère, de la Drôme, de la Durance et du Var. On l'y rencontre encore en bon état de végétation à de hautes altitudes, 1,800 mètres et au oelà (environs de Barcelonnette, de Briançon).

L'aune blanc recherche les sols humides ou frais Sol et station qui bordent les cours d'eau ; il abonde dans le lit

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des torrents des Alpes, sur leurs cônes de déjection, mais moins exclusif à cet égard que son congénère l'aune commun, il se maintient sur les terres relativement sèches des versants. Il est généralement considéré comme essence calcicole, opinion que justifient sa fréquence dans les Alpes, sa présence dans le Jura, son exclusion des Vosges, du plateau central et des Pyrénées.

Bois. Le bois d'aune blanc ressemble entièrement à

celui de Faune commun pour la structure et la coloration ; il en a les qualités et les emplois ; toutefois il n'est point cassant comme ce dernier et il peut servir à faire des cercles de futailles. Sa densité à l'état sec varie de 0,468 à 0,510 {Coll. Éc. For,).

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