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Saule herbacé. Salix herbagea. Lin

Feuilles très courtement pétiolées, ovales ou orbiculaires, obtuses ou légèrement échancrées à la base et au sommet, denticulées, glabres, vertes et luisantes sur les deux faces, réticulées en dessous. Chatons très petits, pauciflores, terminaux, accompagnés de 1-2 feuilles bien développées, à écailles d'un vert-jaunâtre, glabres ou légèrement ciliées ; les mâles à filets libres et glabres, anthères violacées ; les temelles à capsules ovoïdes-coniques, presque sessiles, glabres, vertes ou d'un brun -pourpré ; style court ; stigmates étalés, bifides, à divisions linéaires. — Très petit sous-arbrisseau à tronc très rameux, rampant dans la terre ou parmi les mousses, émettant des rameaux presque complètement herbacés, dont la partie extrême seule perce le sol. Régions élevées des montagnes, jusqu'à la limite des neiges perpétuelles : Alpes de la Savoie et au Dauphiné, Alpes Maritimes, Pyrénées, Mont- Dore. Flor., juin-juillet. Fructif., juilIet-aoùt.

GENRE II. — PEUPLIER. POPULUS. Toumef,

Chatons solitaires, provenant de bourgeons latéraux, jamais feuilles à la base, parfois terminaux et mixtes, paraissant avant les feuilles, finalement cylindriques et pendants, formés d'écaillés caduques, laciniées ou frangées sur les bords, dont chacune porte à son aisselle un périgone (?) sépaloïde, souvent pedicellé, en forme de coupe ou de cornet coupé obliquement sur les bords, qui donne insertion à 8-30 étamines toujours libres, à filets peu allongés et à anthères rouges, ou qui enchâsse jusqu'à moitié un ovaire sessile, à style presque nul, à 2 larges stigmates charnus, étalés, diversement lobés et contournés. Capsule 2- quelquefois 4-valve, polvsperme, analogue à celle des saules. — Arbres dioïques, le plus souvent de grande taille, à feuilles généralement aussi larges que longues, longuement pétiolées, à stipules étroites, membraneuses, caduques et à bourgeons revêtus d'un assez grand nombre d'ecailles imbriquées-spiralées.

Bois. — Identique à celui des saules, mais vaisseaux un peu plus gros, assez fins ou moyens, plus fréquemment groupés sur la section transversale au nombre de 2-7, en petites lignes rayonnantes d'un seul rang, présentant enfin au milieu du tissu fibreux une disposition générale qui produit un dessin moiré ou dendritique (voir par transparence sur une mince section transversale). Le bois des peupliers offre naturellement des pièces de plus grandes dimensions que celui des saules;

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les taches médullaires s'y observent parfois, mais moins abondamment.

Les peupliers appartiennent aux régions tempérées de rhémisphère boréal, où ils recherchent les stations fraîches ou humides, principalement les sols légers et fertiles qui bordent les rives des cours d'eau. Ils sont d'une très rapide croissance ; néanmoins quelques-uns d'entre eux parviennent à une grande longévité, plusieurs fois séculaire.

L'enracinement des peupliers est superficiel et s'étend en traçant à de grandes distances de leur

Sied; cette circonstance, jointe au besoin de lumière e leurs parties vertes, rend les peupliers plus propres à être plantés en avenues ou en bouquets isolés qu'à constituer des massifs véritables. Ils sont fréquemment exploités en têtards ou par voie d'émondage. Les souches des arbres exploités repoussent abondamment et vigoureusement ; les racines drageonnent avec une extrême facilité, surtout après l'abatage de l'arbre; toutefois ces drageons, d'une rapide végétation la première année, s'arrêtent souvent bientôt dans leur croissance et disparaissent. La disposition si prononcée des peupliers à tracer et à drageonner les rend redoutables pour les cultures dans le voisinage desquelles ils sont plantés Le couvert de ces arbres est généralement léger ; un phénomène connu sous le nom de décartation, contribue beaucoup à ce résultat : en octobre, un grand nombre de rameaux de 2 à 3 ans, souvent encore feuilles, se désarticulent d'euxmêmes et tombent sur le sol, sans qu'on puisse attribuer leur chute à l'action du vent.

Les peupliers sont très fertiles, fructifient de bonne heure et, chaque année, se couvrent abondamment de fleurs et de fruits ; mais les graines en sont rarement de bonne qualité et la reproduction par la voie du semis en est fort difficile.

La germination se produit au bout de 8-10 jours ; le jeune plant peut atteindre, dès la première année, 15 à 20 centimètres de hauteur et même davan-

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tage ; il prend un rapide essor dans les années qui suivent.

C'est particulièrement par boutures et plançons que Ton multiplie les peupliers. Ce procédé de reproduction est facile et certain pour les espèces mentionnées plus loin, mais il ne peut s'appliquer avec succès à toutes celles du genre.

L'accroissement en longueur des peupliers se prolonge pendant toute la saison de végétation, de sorte qu'en automne les extrémités des pousses sont encore herbacées et succombent sous l'atteinte des premiers froids. C'est pour ce motif que, le plus souvent, les rameaux manquent de bourgeon terminal.

Les peupliers sont au nombre des arbres qui nourrissent le plus d'insectes et qui en sont le plus maltraités. Ils ne sont point tous également exposés à leurs atteintes cependant ; tandis que le peuplier blanc est rarement attaqué, le tremble au contraire, le peuplier noir et sa variété pyramidale le sont très fréquemment. Ils résistent d'ailleurs assez bien aux ravages, auxquels ils opposent une vitalité remarquable. Ils n'ont rien à redouter des xylophages qui, vivant entre l'écorceet le bois, mettent à mort tant d'autres végétaux ligneux. Parmi les insectes les plus répandus, on peut citer :

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