VI. Insectes rongeant les racines
Intérieurement.
Hylobe du sapin {Hylobius abietis. Sch.). La larve, qui est apode, vit dans les souches et les racines et les perfore de ses. galeries.
Hylêsine mineur {Hyïesinus cunicularius.
Erichs.). Larves apodes, rongeant la face interne de Técorce sans former de galeries.
Extérieurement.
Otiorhynque noir (Otiorynchus ater. Herbst.). Larve blafarde, apode, rongeant les racines des jeunes plants.
Des Hannetons d'espèces diverses, sous forme de vers blancs, arqués, hexapodes, et la CourtUière commune ou taupe-grillon, rongent aussi les racines des jeunes plants d'épicéas, comme celles de tous les autres végétaux.
ABIÉTINÉES. 555
GENHE III. — MÉLÈZE. LARIX. Toumef.
Feuilles molles et caduques, solitaires sur les pousses qui s'allongent, fasciculées sur celles qui ne se développent pas et restent tuberculiformes. Chatons mâles et femelles terminant de très courts rameaux latéraux de 2-6 ans et provenant de bourgeons qui ne se distinguent pas à Tavance de ceux à feuilles ; les mâles, globuleux, a anthères biloculaires, lonffitudinalement déhiscentes ; les femelles, dressés, entourés à la base d'une rosette de feuilles et pourvus de bractées oblongues, brusquement
[)rolongées en une pointe longue et étroite qui déborde es écailles. Cônes dressés, petits ; écailles peu nombreuses, minces et ligneuses, lâchement imbriquées, persistantes, égalant ou débordant les bractées qui ne se sont point accrues; maturation annuelle. Ramification éparse, non verticillée.
Bois, — Aubier blanc, bois çarfait brun-rougeâtre ; canaux résinifères abondants, visibles à rœil pu.
Mélèze d'Europe. Larix europ.ca. DC. Pimis Larix, Lin.
Feuilles molles, d'un vert gai, longues de 2-3 centimètres, solitaires et spiralées ou fasciculées, caduques. Chatons mâles globuleux, d'un jaune-verdàtre ; chatons femelles, dressés, d'un rouge-violacé, offrant immédiatement plus de moitié de la taille que le cône atteindra, à écailles petites, bractées oblongues, échancrées et denticulées au sommet, prolongées en une pointe longue, étroite, verte. Cônes ovoïdes-oblongs, longs de 3-4 centimètres, solitaires, dressés ou horizontaux, d'un gris-brunâtre presque mat, formés d'un petit nombre d'écaillés minces, rhomboïdales, tronquées ou échancrées av sommet, lâchement imbriquées, à bords g*ouvent réfléchis au dehore, finement striées sur le dos, toujours glabres, égalant ou débordant les bractées, qui ne se sont point accrues. Graines petites, obovées, plus ou moins tronquées, d'un gris-jaunâtre très clair, luisantes sur une face, mates sur l'autre, à ailes 2 fois aussi longues qu'elles, roussâtres ; embryon 5-7-cotylédoDé. — Arbre de grandes dimensions, formant des forêts dans les Alpes de la Savoie, du Dauphiné et de la Provence, à la limite supérieure de la région des arbres verts. Flor., juin (bien plus précoce, avril, lorsqu'il est cultivé dans la plaine). Fructif., automne de l'année de la floraison. Dissémination, printemps suivant.
Le mélèze est un grand arbre à tige droite, élan- faîl*®-
ABIÉTINÉES.
Port.
.Enracinement.
Feuillage.
Fructification .
de plus grandes dimensions; Tun d'eux, dans le Valais, a le tronc tellement gros que 7 hommes suffisent à peine pour en embrasser la partie inférieure ; il est sans branches jusqu'à une hauteur de 17 mètres et dépasse 50 mètres de hauteur totale .; en Silésie, un mélèze mesure 54 mètres d'élévation et 3'",30 de circonférence à hauteur d'homme.
La cime de cet arbre est étroitement et longuement pyramidale-aiguë, formée de branches grêles, étalées ou réfléchies, redressées à l'extrémité, non verticillées ; les rameaux en sont nombreux, effilés, minces, généralement pendants. Dans les mélèzes qui ont crû en massif, le volume des branches et des rameaux n'est que le sixième du volume total, souche comprise.
L'enracinement se fait par plusieurs racines principales obliquement et profondément enfoncées, desquelles partent un grand nombre d'autres petites racines plus ou moins traçantes ; le pivot véritable s'est oblitéré dès les premières années. Le volume réel du bois de souche et de racines est au volume total comme 10 ou 11 : 100.
Le premier feuillage du mélèze, au printemps, ne consiste guère qu'en feuilles fasciculées ; un mois après seulement se produisent les feuilles solitaires et les jeunes pousses qui déterminent l'accroissement en hauteur ; ce feuillage ne forme qu'un couvert assez léger. Le tempérament est robuste.
La fécondité du mélèze est précoce, surtout lorsqu'il est cultivé dans les régions tempérées ; mais les graines en sont alors vaines et ce n est qu'à l'âge moyen qu'il fructifie régulièrement. Les cônes s'ouvrent quelquefois dès l'automne, plus constamment au printemps suivant, et persistent sur l'arbre plu-
ABIÉTINÉES. 557
la ramasser à Taide d'un balai dans les plis de terrain où les vents Tont réunie. On la récolte aussi en gaulant les branches en cette saison et en la recueillant sur des draps placés au pied de Tarbre. Cette graine est de qualité supérieure à celle qui a été extraite des cônes par une chaleur artificielle.
L'extraction de la graine offre certaines difficultés ; si l'on dépasse quelque peu la température nécessaire (15**-17*'), la résine que les cônes renferment devient fluide et en agglutine les écailles pour toujours,
La graine du commerce ne contient que 34-45 p. 100 de semences de bonne Qualité et cette proportion est souvent bien moindre encore. On peut en faire l'épreuve en la mettant dans Teau ; les meilleures graines tombent au fond, presque toutes celles qui flottent sont vaines. Deux circonstances expliquent ce déchet : la première est l'épaisseur de Tépisperme, qui, en rendant les graines vaines presque aussi lourdes que celles qui sont pleines, ne permet pas de les séparer à l'aide du van ; la seconde est fa petitesse des cônes du mélèze, laquelle modifie singulièrement et dans un sens défavorable la proportion entre les semences de bonne qualité de la portion moyenne de tout fruit de ce genre et celles, mal conformées et généralement mauvaises, qui proviennent de la base et de l'extrémité. Lorsque la graine est fraîche, il en faut, suivant qualité, 128,000-193,000-205,000 pour 1 kilogramme ; 62,000 pour 1 litre; elle germe alors rapidement, Germînaiion. au bout de 3-4 semaines. Elle peut se conserver 3-4 ans, mais dans ce cas il lui faut d'autant plus de temps pour germer qu'elle est plus vieille ; le
Klant ne lève alors qu'à la 2® et même à la 3® année. I est bon, dans les régions inférieures où l'on cultive le mélèze d'en faire macérer la graine pendant 10-15 jours dans de l'eau avant de la semer au
{)rintemps ; l'imbibition et le ramollissement de 'épisperme facilitent et accélèrent beaucoup la germmation.
358 ABIÉTINÉES.
,k Jeune plant. Le jeune plant lève avec 5-7 feuilles cotylédo-
I naires, ordinairement 6, et produit immédiatement
^ une pousse à feuilles solitaires non dentées (celles
F ^ des plants d'épicéas et des pins le sont sur les
^ bords). D'abord très petit et grêle, il mesure à la fin
^ de Tannée, dans de bonnes conditions, 10-12 centi-
^, : mètres de hauteur ; son pivot s'est enfoncé de 10-
1 25 centimètres, suivant les sols. Il atteint 0™,60 à
1 mètre d'élévation dès l'âge de 2-3 ans. Écorce. L'écorce du mélèze a les plus grandes analogies
avec celle des pins, tant par sa surface gerçuréeécailleuse que par la structure et le mode d'accrois- ^ sèment ;• elle présente cependant quelques particu-
"p larités qui lui sont propres.
h- Dès la première année un périderme très mince
J^ se produit dans la région moyenne de l'écorce pri-
? ; maire, en dessous des canaux résinifères qui, tout
superficiels qu'ils sont, périssent et disparaissent. Dans lé parenchyme inférieur, qui a conservé sa vitalité, s'organisent alors de nombreuses vacuoles résinifères, dont l'accroissement en largeur est remarquable. L'écorce reste ainsi, à peu près lisse et grise, jusque vers 20 ans ; mais, à cet âge, un périderme interne se développe, en lames souvent épaisses et d'un rouge cramoisi, dans les feuillets du liber qui se transforme en une sorte de liège sec et brun d un accroissement rapide. L'écorce se gerçure alors, devient écailleuse et atteint parfois au pied des arbres une épaisseur extraordinaire, qui, dans les stations élevées, va jusqu'à 0",30. Il n'y faut plus chercher d'autres organes résinifères actifs que les canaux rayonnants du liber, dont les dimensions sont d'ailleurs assez grandes. Aire L'aire d'habitation du mélèze coïncide avec la
d*habiuiion. direction des hautes montagnes de l'Europe centrale ; elle forme une bande étroite dirigée ae l'O.- S.-O. à l'E.-N.-E., depuis les Alpes-Maritimes et les Alpes du Dauphiné jusqu'aux Carpathes du Nord et du Sud, sur une longueur d'environ 20**, du 3^ au 23® degré de longitude. Sa limite méridionale atteint,
ÂBIÉTINÉES. 5S9
au^essus de Nice, le 43® degré 50' ; sa limite septentrionale ne dépasse pas dans les Carpathes le 50* degré de latitude, de sorte que cette essence reste confinée aux régions montagneuses élevées des latitudes moyennes sans s'étendre comme l'épicéa dans les plaines du Nord. Elle n'y trouverait sans doute pas la somme de température de 1672** audessus de. zéro qui lui est nécessaire pendant la période de végétation. L'épicéa, sous ce rapport, est moins exigeant et se contente de 1450".
Le mélèze ne se rencontre en France à l'état Suiion. spontané que dans les Alpes de la Savoie, du Daupniné et de la Provence, où il apparaît vers 1,000 mètres dans le Nord, 1,200 mètres dans le Sud et
f)arvient jusqu'à [2,500] mètres; il s'élève ainsi avec e pin cembro aux limites extrêmes de la végétation forestière, jusque dans la région des pâturages alpestres.
Les conditions de végétation sont : une somme de température moyenne annuelle d'au moins 1**, d'au plus S^ ; un repos d'hiver de 4 mois au minimum. (Willkomm.)
Les situations abritées contre les vents âpres et secs des hautes régions sont recherchées par le mélèze, qui d'ailleurs se contente de tous les sols, calcaires, dolomitiques, schisteux, siliceux, pourvu qu'ils soient suffisamment frais, meubles et profonds. L'espace, la lumière lui sont indispensables ; l'état de massif lui est contraire ; aussi les forêts de cette essence sont-elles toujours très claires, couvertes d'un beau gazon, régulièrement pâturé ou fauché. [Il aide même à la reconstitution des pâturages ruinés par des abus de jouissance.]
On a cherché à répandre le mélèze en dehors de sa région naturelle, jusque dans les pays de plaines ou de coteaux. Il y végète avec une vigueur remarquable dans la jeunesse, mais il présente de bonne heure les indices d'une caducité prématurée; le bois en est, dans ce cas, d'une médiocre qualité, [pour l'essence, il n'en rend pas moins de grands
560 ABIÉTINÉES.
services pour différents usages, notamment pourfaire des perches à houblons].
Bois. Le bois du mélèze a un aubier blanc-jaunâtre
très apparent, nettement limité, composé de 6-20 couches qui forment en général une zone très mince, surtout chez les vieux arbres, en raison de l'excessive lenteur de leur végétation ; le bois parfait est rouge-brun, veiné par les côtes de bois d'automne qui sont de couleur plus foncée. Il contient, comme celui des pins, de nombreux et gros canaux résinifères très apparents ; une abondante résine Timprègne. Complètement desséché à Tair et d'origine spontanée, il pèse 0,557-0,668 ; cultivé dans les montagnes inférieures ou les régions de collines, il ne pèse plus que 0,456-0,531 {Coll Éc. For.).
Usages. Le mélèze est le chêne de montagne ; son bois est
Tun des plus précieux que produisent nos forêts ; sa complète lignification, sa grande richesse en résine lui assurent une durée très prolongée, en même temps que la régularité et la minceur des accroissements, alternativement formés de zones molles et dures, lui communiquent une résistance et une souplesse remarquables. Il ne se gerçure pas, n'est point attaqué par les insectes et convient aux constructions civiles, hydrauliques et navales (mâture et bordage). En Russie, on l'emploie même à la membrure des vaisseaux, et un navire retiré de la mer du Nord, où il était submergé depuis plus de 1,000 ans, avait encore du bois de celte espèce parfaitement sain et tellement dur qu'il résistait aux outils les plus tranchants. On en fabrique des bardeaux, du merrain et des tonneaux qui ont l'avantage de laisser très peu évaporer les liquides, des échalas d'une durée presque indéfinie, des tuyaux pour la conduite des eaux, etc.
Le bois de mélèze du Briançonnais a la fibre souvent entrelacée et noueuse ; c'est la conséquence de l'émondage qu'on lui fait subir ; de nombreux rameaux repoussent tout le long de sa tige et forment une cime très étroite, qui rappelle celle du peuplier d'Italie.
ABIÉTINÉES.
Comme bois de chauffage, le mélèze a Tinconvénient de pétiller et de lancer beaucoup d'éclats, plus encore que les autres bois résineux ; à cela près, il a une puissance calorifique assez élevée, qui est à celle du hêtre comme 80 : 100. Le charbon qu'on en obtient est de bonne qualité, préférable à celui du pin et de l'épicéa.
La térébenthine est assez abondante dans le liber du mélèze et cependant ce n'est pas de l'écorce qu'on la retire. On l'extrait de la région ligneuse itioyenne, où une infiltration de la surface vers le centre l'accumule abondamment, surtout au pied des arbres.
On connaît des procédés divers d'extraction ; le suivant est pratiqué, dans le Valais, par des Lombards qui en parcourent les forêts chaque année.
On ouvre, avec une tarière de 3 centimètres de diamètre, à 0",60 du sol d'abord, en remontant ensuite jusqu'à une hauteur de 3-4 mètres, plusieurs trous légèrement inclinés de bas en haut et dirigés vers le cœur de l'arbre, mais sans l'atteindre. L'opération se fait pendant la belle saison ; les trous se pratiquent de préférence du côté du midi, sur les chicots des anciennes branches. On munit leur orifice de gouttières en bois ou en écorce et l'on place au-dessous un àuget. Un arbre peut rapporter en moyenne 85-100 grammes de térébenthine par an et cela pendant 40-50 années de suite, si 1 on a soin de reboucher exactement les trous pour l'hiver ; ce chiffre peut aller jusqu'à 2S500 {Mai^" chancl).
Contrairement aux faits observés dans la pratique du résinage des pins, il paraît que les mélèzes ainsi traités perdent toute leur valeur comme bois de construction et ne conviennent plus qu'au chauffage. Cette anomalie apparente peut se justifier par la méthode usitée, qui consiste à soutirer du cœur de
Valeur calorifique.
Résiu^lge.
ABIÉTLNÉES.
Produits accessoires.
Ennemis.
notable diminution d'accroissement ou par une certaine évaporation d'essence et un dépôt proportionnel de résine dans Jes tissus. ;
Dans le Tyrol méridional, on s'y prend différemment. Au printemps, on ouvre au pied des arbres déjà forts, et jusqu'à leur centre, un trou horizontal de 3 centimètres de diamètre ; si l'arbre est sur une jpente, on choisit le côté qui regarde la montagne. On bouche Torifice avec un tampon de bois, enfoncé avec force. La térébenthine s'amasse dans la cavité pendant Tété et à l'automne on la retire avec une cuiller d'une forme particulière, après quoi on replace le bouchon. Au bout d'un an on extrait une nouvelle quantité de térébenthine et ainsi de suite chaque année. {Hugo Mohl.)
Ce procédé est infiniment moins productif que le
f)récéaent, mais il ménage bien plus les arbres et 'on n'a point remarqué qu'il nuisit à la qualité de leur bois. ( Wei^sely!)
Le résinage n'est point pratiqué, au moins régulièrement, dans les forêts françaises des Alpes ; il est à désirer qu'il n'y soit point introduit.
La térébenthine du mélèze est connue sous le nom de térébenthine de Venise ; on en extrait de l'essence et différents autres produits. Elle est réputée plus pure et de meilleure qualité que celle que l'on retire des pins.
Les feuilles du mélèze excrètent une substance résineuse particulière, qui se solidifie sous forme de petits grains blanchâtres et que la médecine utilise, comme purgatif, sous le nom de Manne de Briançon.
L'ôcorce jeune sert au tannage et dans quelques États de l'Allemagne la culture du mélèze a pris une certaine extension en raison de l'excellente qualité de ce produit ; elle est aussi employée à la teinture en brun.
UHylobe noté, les Bostriches curvidenté, tupographe, du mélèze et liseré, V Hy lésine Jaune-orun (voir Epicéa et Sapin) vivent sur le mélèze, mais,
ÂBIÉTINÉES.
sans s'y multiplier en grand nombre et y commettre de notables ravages ; ceux-ci sont presque entièrement dus à de petites larves de Pyrales, de Teignes et de Tenthrédmes.
A. DÉGÂTS EXTÉRIEURS SUR LES BOURGEONS, LES FEUILLES ET LES JEUNES POUSSES.
Chenilles à 46 pattes.
Pyralegrisedu mélèze ( Tortrixpinicolana, Zett, ). Petite chenille vivant au centre des jeunes faisceaux de feuilles, qui se dessèchent et rougissent.
Teigne du mélèze (Tinea laricella. Hubn.). Très petite chenille mineuse, creusant, en y pénétrant ou du dehors, la moitié supérieure des aiguilles, laquelle se flétrit et se dessèche.
Fausses chenilles à 20 pattes.
Némate du mélèze {Nematus laricis. Hartig, ) et Némate d'Erichson {Nematus Ertchsoni, Hartig.). Les larves de ces tenthrédines vivent sur les jeunes pousses et en rongent les aiguilles complètement.
Pucerons piquant et suçant les aiguilles.
Kermès du mélèze (Chermes laricis. Hartig.). Puceron couvert d'une abondante eflflorescence laineuse et blanche, piquante et faisant couder les iiiguilles vers leur milieu.
B. DÉGÂTS INTÉRIjEURS.
Teigne des pousses du mélèze {Tinea lœcigatella. H.). Chenille à 16 pattes creusant les jeunes pousses.
Pyrale de Vécorce du mélèze {Tortrix zebeana. Ratz.). Chenille à 16 pattes vivant sous Técorce et produisant sur les jeunes tiges ou les rameaux des tumeurs avec épanchement de résine.
GENRE IV. — CÈDRE. CEDRUS. Link.
Feuilles persistantes, coriaces, tétragones, piquantes, éparses et solitaires sur les pousses qui s'allongent, faseic^lées sur celles qui restent tuberculiformes. Chatons
564 ABIÉTINÉES.
terminant les rameaux de ce dernier genre et entourés à la base de feuilles fasciculées ; les mâles assez gros, ovoïdes, jaunâtres, à anthères biloeulaires, longitudina* lement déhiscentes ; les • femelles, dressés, à bractées courtes et non accrescentes. Cône gros, ellipsoïde oa ovoïde, dressé, à écailles nombreuses très étroitement imbriquées, larges, minces et arrondies sur les bords, finalement mais difficilement caduques. Maturation bisannuelle. Graines irrégulièrement triangulaires, largement ailées, contenant de la térébenthine ; embr^'on 9cotylédoné. Ramification non verticillée.
Bois. — Bois brunâtre, avec Taubier blanc nettement tranché, dépourvu de canaux résinifères, mais contenant cependant une térébenthine abondante qui lui donne une odeur aromatique prononcée et très persistante. Accroissements très distincts, rappelant ceux du sapin.
Cèdre du Liiban. Cedrus Libaxi. Barrel. Pinus cedrus.
Lin (1).
Feuilles fasciculées, longues de 12-15 millimètres ; feuilles solitaires, vertes, unicolores, de 25-40 millimètres. Chatons mâles longs d'environ 5 centimètres, ovoïdes, dressés, jaunâtres ; chatons femelles, de même taille, naissant généralement vers le haut de la cime, d'abord pourpres, i)uis jaunâtres, à bractées obovales, très courtes, érosées-denticulées ; écailles suborbiculaires, irrégulièrement dentées sur les bords. Cônes ellipsoïdes ou çylindroïdes, déprimés au sommet, longs de 4 7,-12 centimètres, larges de 4-7, plus ou moins courtementel fortement pédoncules, bruns et mats à la maturité ; écailles se resserrant sous l'action de la chaleur, s'écartant et finissant par se désarticuler sous l'influence de l'humidité. Graines longues de 10-15 millimètres, ayant la forme de celles du sapin, et, comme elles, renfermant^ sous l'épisperme, des vésiculef remplies d'une térébenthine très limpide ; d'un testacé clair, un peu luisantes, accompagnées d'une aile mince, roussàtre, largement triangulaire, du double plus longues qu'elles.
Var. a. Argenté, Victor Rermi (2). Feuilles plus courtes, généralement arquées et conniventes, de sorte que les faisceaux
(1) [Pour toutes les additions et les modifications que j'ai fait subir au texte primitif relativement à cet arbre, j'ai utilisé,
ABIÉTINÉES. 565
qu'elles forment sont presque globuleux ; ayant une teinte glauque argentée en dessus, due à 2 raies blanches bien marquées. Cime en cône moins ouvert à la base que celle du type, à branches plus inclinées vers le sol.
Grand arbre à tige trapue, non verticillée, à longues branches horizontales, densément ramifiées dans un même plan ; cultivé en France, spontané en Algérie. Flor., septembre-octobre. Maturation à l'automne de la 2' année. Dissémination, automne-fin de l'hiver et même seulement printemps-été de la 3* année (1).
Arbre de très fortes dimensions, atteignant 40 Taille. Port, mètres d'élévation, 9 mètres et même plus de circonférence à la base; dont la tige est trapue et puissamment ramifiée en branches robustes, très longues, non verticillées, horizontales ou légèrement relevées, s'étalant en larges palmes très planes densément feuillées sur la face supérieure (2) et formant par leur ensemble une vaste cime conique à couvert épais, dont l'envergure dépasse quelquefois 100 mètres sur les arbres isolés. La perte de la flèche est souvent irrémédiable et arrête l'accroissement en hauteur. [Cette flèche toujours plus ou moins courbée dans la jeunesse, beaucoup moins toutefois chez le cèdre de l'Atlas que chez ceux du Liban et surtout de l'Himalaya, finit chez l'arbre âgé par prendre une direction horizontale, et donne par suite, d'après un procédé analogue à celui qui sera décrit plus loin pour le pin Laricio, à la cime une forme tabulaire très caractéristique.]
La 1» ngévité est très prolongée et s'élève au moins à 2,000 ans.
L'enracinement se fait par de robustes racines Enracinement, pivotantes et traçantes.
L'écorce, d'abord lisse et d'un brun-grisâtre, se Écorce. gerçure vers 20-30 ans et tombe par plaques ; puis
(1) [En Algérie, la dissémination se fait assez régulièrement sous l'influence des premières pluies d'hiver. En France, il y a plus d'irrégularité et la première date donnée ici peut même être devancée],
(2) [Ceci s'applique exclusivement aux arbres isolés ou développés dans des forêts très claires ; en massif, les branches restent courtes et assez égales].
Fructiiicalion .
Extraction de la graine.
Persistance des feuilles et couvert.
Tempérament et traitement.
ABIÉTINÉES.
elle présente un rhytidome brun, gerçuré-écailleux, dû à de très courtes et très minces lames de périderme, d'un gris-roux clair, qui s'interposent dans les couches extérieures du liber, dont les tissus se sont transformés en une espèce de liège sec, d'un rouge-brun, constamment repoussé au dehors sous formes d'écaillés peu étendues. On y observe de très nombreuses vacuoles résinifères.
Le cèdre (cultivé) commence à fructifier vers [30- 40] ans, mais peu abondamment [la fructification a lieu en général chaque année, tout en étant faible parfois]. Le cône contient, en moyenne, une centaine de graines.
Pendant longtemps on n'a su obtenir celles-ci qu'avec beaucoup de difficultés, en perforant et détruisant l'axe du cône avec une tarière. On sait maintenant qu'en plongeant ce cône dans l'eau froide pendant 24-36 heures, les écailles s'écartent et même se désarticulent sous le moindre effort, pourvu qu'il soit parfaitement mûr. Les craines ne souffrent pas de cette immersion si on a le soin de les exposer à un soleil modéré pour les faire sécher.
Le jeune plant lève avec 8-10, généralement 9 feuilles cotylédonaires ; il dévebppe un enracinement profond, mais il est d'une transplantation extrêmement difficile.
[La persistance des feuilles du cèdre qui, dans les Indes est de 3 à 5 ans, ne paraît pas en général dépasser 3 ans dans l'Atlas.
Cette persistance relativement faible et une ramification moins serrée que celle du sapin lui donnent un couvert qui, tout en étant assez épais, l'est moins que celui de cette dernière essence avec laquelle il présente de grandes analogies dans ses allures forestières.
Arbre de montagnes méridionales, le cèdre craint les trop grands froids. Si à l'état adulte, il n'a pas à en souffrir dans ses pays d'origine, il est endommagé par les grands hivers du nord de la France ;
ABIÉMNÉËS. 367
celui de 1879-1880 a même fait périr la plupart des arbres de cette espèce dans le nord-est de notre pays. Son jeune plant, même en Algérie, craint un peu le froid, si il n'est pas recouvert par une couche suffisamment épaisse de neige. C'est une raison pour ne pas le découvrir trop tôt ; il supporte d'ailleurs très bien le couvert pendant les premières années ; mais sa croissance lente durant 3 ou 4 ans reste telle si on ne le découvre pas progressivement, au bout de ce laps de temps.
La régénération naturelle se fait très bien, en bon sol, et sous un climat suffisamment humide, mais à condition qu'on fasse la coupe d'ensemencement assez sombre; cette dernière condition, nécessaire partout, est spécialement importante dans les endroits où, comme cela est sur plusieurs points de l'Atlas, le sol et surtout le climat sont un peu secs pour l'espèce.
Si le cèdre supporte très bien l'état d'isolement, ou à tout le moins de forêts très claires quand il y a été amené de très bonne heure, ce qui lui convient le mieux, au point de vue de son maintien et de la production, est le massif, même assez serré. Quand il a cru ainsi jusqu'à l'état de haut perchis et à fortiori à celui de jeune futaie, il est très imprudent d'y pratiquer des coupes exagérées ; non seulement, comme cela vient d'être dit, on compromet la régénération, mais on expose les arbres à sécher et on ouvre la porte à de redoutables invasions de coléoptères, qui pour être différents des xylophagcs, ennemis de nos conifères européens, ne produisent pas des effets moins désastreux. Indépendamment de la perte actuelle on peut amener des déboisements auxquels il est plus difficile de remédier que ce n'est le cas pour nos forêts européennes en pareille occurence.]
Le cèdre, que l'on croyait relégué sur le mont Pairie. Liban et représenté par quelques vieux arbres seulement, forme de vastes forêts dans l'Asic-Mineure, sur le Taurus, et dans l'Afrique septentrionale, sur
568 ABIÉTINÉES.
l'Atlas. Il est môme très répandu sur les hauts plateaux de TAsie centrale, dans THimalaya, où| il a été décrit sous le nom de Cèdre Deodara (Cedrus Deodara. Roxb.), qui s'applique bien plutôt à une variété locale du cèdre du Lioan qu'à une espèce franchement caractérisée. [Il en est de même pour le cèdre d'Algérie qui a été souvent dénommé C. Atldtitica Mail, et se distingue surtout chez les jeunes sujets par ses feuilles plus courtes, son aspect plus rigide.] C'est en tout cas un arbre des régions montagneuses qui, en Algérie, se maintient dans une zone comprise entre 1,400 et 1,800 mètres, où la neige persiste généralement de décembre en mai. Il fut introduit en France par B. de Jussieu en 1734 ou 1736, et bien que, comme la plupart des végétaux alpestres, il redoute les gelées, surtout dans sa jeunesse, il s'y est naturalisé et il y fructifie, fiois. A la couleur près, le bois de cèdre ressemble assez
à celui du sapin ; il est comme lui dépourvu de canaux à résme, mais il a une odeur aromatique vive et caractéristique, qu'il doit à une décrétion abondante résinifère ; il est en outre brun ou brun-jaunâtre, avec l'aubier blanc bien tranché et assez abondant (25-50 couches). L'homogénéité en est plus grande, parce que le bois d'automne est moins lignifié, tandis que le bois de printemps l'est davantage; la fibre en est plus courte, le grain plus fin et plus doux, susceptible d'un poli plus parfait. Si par ces motifs le cèdre est inférieur au sapin pour la résistance, l'élasticité et, par suite, pour les constructions, il ne laisse pas que d'être un bois de premier ordre, dont les excellentes qualités ont été reconnues de tout temps par les anciens comme par les Arabes de nos jours, qui, le mettant en œuvre depuis longtemps, ont pu en constater la bonté. Mais pour mériter sa réputation, il doit avoir crû spontanément dans son aire et dans sa station. Aux hautes altitudes qu'il habite, la
ABIÉTINÉES.
déterminent la production de couches annuelles minces, égales, dont le bois d'automne, bien lignifié, représente environ le auart de l'épaisseur totale. Dans ces conditions, la densité s'élève et va, à l'état de complète dessiccation à l'air libre, de 0,606 à 0,808 {ColL Éc. For,) ; le bois parfait, bien constitué, se distingue nettement de l'aubier par la coloration brun-jaunâtre qui lui est propre. A ces qualités incontestables le cèdre joint, sinon l'incorruptibilité, tout au moins une très grande durée, qu il doit à la térébenthine qui l'imprègne ; celle-ci, en revanche, lui communique une odeur tellement vive et pénétrante, qu'elle devient souvent insupportable.
Tout autre est le bois du cèdre cultivé en dehors de sa région naturelle, dans les plaines et les coteaux de la France continentale. Sous un climat plus doux, mais plus variable, ce bois est formé d'accroissements très larges, inégaux, dont la zone d'automne est mal lignifiée et ne représente qu'une faible portion de l'épaisseur totale, le 1/18 seulement sur un échantillon provenant, de Nancy; ce bois est mou, léger, 0,45 (ColL Éc.For.), à peine coloré, sans odeur sensible ; il ne présente plus aucune des qualités qui caractérisent l'espèce spontanée.
La rapidité de croissance du cèdre cultivé est telle, qu un arbre de cette espèce, planté dans un parc de Seine-et-Marne, mesurait, à l'âge de 125 ans, 7 mètres de circonférence à 2 mètres du sol.
Le cèdre est un mauvais bois de chauffage, qui passe vite au feu et pétille beaucoup ; dont le charbon noircit promptement.
Il peut fournir de la térébenthine et se trouve soumis au résinage, qui se pratique probablement comme celui de I épicéa (1).
Valeur caloritique.
Résinage.
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Tribu IL — Pins. — Chatons mâles agglomérés à la hase des pousses de Vannée ; anthères buoculaires, longitndinalement déhiscentes; chatons femelles, très petits, axillaires, solitaires, opposés ou verticillés au sommet des mêmes pousses, imrnédiatement en dessous du bœirgeon terminal ; cônes à écailles persistantes, ligne^ises, épaissies à l'extrémité en une sorte d'écusson souvent pyramidal, surmonté d'une protubérance mutique ou mucronée ; à bractées toujours oblitérées. Graines assez régulièrement avoides-déprlmées, non tronquées comme le sont la plupart de celles des abiétinées de la première tribu, à aile caduque. Maturation 2, rarement. 3-annuelle. Feuilles allongées, réunies à la base par 2, S ou 5 dans une gaine écailleuse.
GENRE V. — PIN. PIN US. Touimef.
Mêmes caractères que ceux de la tribu.
Arbres à ramification verticillée sur la tige, sur les branches et sur les rameaux, à cime pyramidale-aiguë, s^étalant ou s*arrondissant plus tard.
Bois. — Canaux résinifères longitudinaux gros et nombreux, disposés dans la zone médiane et dans la zone externe de chaque couche, apparente à Fœil nu ; canaux rayonnants, en relation avec les rayons médullaires, souvent aussi visibles. Aubier blanc, abondant ; bois parfait allant du rouge tendre au rouge-brun, parfaitement tranché, veiné par les côtes du bois d'automne qui sont plus fortement colorées. Accroissements annuels très distincts.
Feuilles. Les feuilles de pins sont de deux sortes. Les unes,
feuilles primordiales, n'apparaissent généralement que dans la première jeunesse ; elles sont solitaires, spiralées, raides, insensiblement effilées en pointe aiguë, planes et denticulées sur les bords. Mais dès la seconde année celles-ci cessent généralement de se produire, ou plutôt elles se réduisent à des écailles sèches, triangulaires-aiguës, à Taisselle desquelles s'organisent et se développent immédiatement de prompts bourgeons dont les écailles membraneuses, étroitement imbriquées, forment une gaîne persistante ou caduque et dont Taxe, très réduit, s'arrête après avoir produit un nombre limité de feuilles, 2, 3 ou 5, qui sont entièrement
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différentes des primordiales et constituent les feuilles définitives.
Les feuilles engaînées des pins appartiennent en réalité à un très court rameau axillaire qui rappelle les rameaux tuberculeux, surmontés de feuilles fasciculées, des cèdres et des mélèzes ; seulement, chez ces derniers, les bourgeons qui produisent les faisceaux naissent à Taisselle de feuilles normalement développées, ils sont irrégulièrement disséminés, n'ont point un développement inmédiat et ils conservent leur extrémité active pendant plusieurs années, de sorte que le nombre de leurs feuilles n'est point rigoureusement limité.
Les aiguilles des pins forment, lorsqu'elles sont rapprochées, un cylindre complet et se touchent par des faces planes ; chacune d'elles a donc la section transversale avec la face externe ou inférieure convexe et, suivant qu'elles sont engaînées par 2-3 ou 5, la forme de J, ^ ou | de segment de cylindre. Lorsque ces aiguilles sont détruites, par des chenilles ou par des hannetons par exemple, peu de temps après leur développement, elles sont fréquemment remplacées par d'autres semblables, qui sortent d'entre leurs tronçons, à la condition toutefois que le petit axe qui les a produites n'ait point été rongé par les insectes. Plus tard, cet axe perd toute vitalité et semblable remplacement devient impossible.
Quelques espèces de pins, le pin pinier et le pin d'Alep entre autres, présentent pendant assez longtemps et indifféremment sur un même rameau des aiguilles définitives, engaînées, ou, à leur place, des ramules allongés, couverts de feuilles primordiales solitaires, spiralées et denticulées, dont les aisselles sont généralement stériles.
Il n'est pas rare de voir chacun des rameaux rac-
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Couvert. La durée de persistance des feuilles des pins est
loin d'être prolongée comme chez les sapins et les épicéas ; elle décroît en outre à mesure que les arbres avancent en âge ou que la végétation est moins active ; elle va de 2 à 5 ans. Le feuillage est, en conséquence, clair, le couvert [souvent] léger, surtout chez les vieux arbres.
Tempérament. Les pins sont des arbres sociaux [généralement], de tempérament très robuste, avides de lumière, qui no comportent point Tétat de massif serré ; [il y a toutefois sous ce rapport des différences notables d'espèce à espèce], il leur faut de l'espace pour développer en largeur une cime qui ne peut rester feuillée sur une grande hauteur ; aussi est-il indispensable de le leur ménager, sans quoi Ton s'expose à ne produire que des arbres grêles, qui ploient sous leur propre poids ou sous celui de la * neige et du givre, et à voir chaque année les peuplements se clairiérer d'eux-mêmes par la mort d'arbres dont la cime est insuffisamment constituée.
Ramilicaiion. Le plant se verticille de bonne heure, vers la seconde ou la troisième année. Chez les jeunes arbres, la cime est pyramidale-aiguë, régulièrement verticillée, parce qu'il ne se produit jamais chez les pins de ces bourgeons disséminés qui troublent parfois la ramification des sapins et surtout des épicéas ; plus tard l'accroissement en hauteur se ralentit et s'arrête sur la tige principale, tandis qu'il se maintient actif sur les Drancnes qui, dès lors, s'étalent en une ample cime arrondie, rappelant la forme d'un parasol [mais ici encore il y a des différences notables entre les espèces.] Bois. Le bois des pins est généralement supérieur à
celui des sapins et des épicéas ; il est plus dur, plus dense, plus nerveux et surtout plus durable ; il doit ces qualités à une lignification plus complète et
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les partager ; il est de la pire Qualité, très exposé à la pourriture et à la vermoulure. Cette relation d'ailleurs n'est point spéciale aux pins ; elle s'observe chez la plupart des végétaux ligneux, où l'on constate que les espèces qui fournissent les bois parfaits les plus estimés sont aussi celles qui produisent l'aubier le plus mauvais [parce que] la substance qui incruste les premiers et leur donne toutes leurs qualités se trouvait représentée dans le second sous forme fermentescible et assimilable.
Les pins ne sauraient supporter, sans succomber rapidement, le (Couvert auquel résiste si longtemps le sapin ; ils exigent dès l'origine une insolation directe et constante ; aussi leur végétation se poursuit-elle dans des conditions sensiblement égales et leur bois est-il d'une structure plus uniforme, quant à l'épaisseur des couches annuelles.
La térébenthine des pins est formée de proportions très variables d'essence et de résine suivant les espèces.. Lorsque l'essence abonde, on voit s'écouler de l'arbre exploité une térébenthine très fluide, très volatile, mais l'on retrouve à peine de la résine dans son bois desséché. Si l'inverse a lieu, 1* térébenthine est visqueuse et laisse après la dessiccation une résine abondante qui incruste et durcit les tissus, les protège contre les causes de destruction, leur assure une valeur calorifique supérieure. Le pin cembro, le pin de montagne et surtout le pin WeymoUth sont dans le premier cas ; le pin sylvestre, le pin Laticio et le pin maritime, dans le second.
La floraison des nins n'est pas suivie d'une fécon- Fruciiticaiion. dation immédiate ; les tubes polliniques ne parviennent à tout leur développement et ne l'opèrent qu'au mois de juin de l'année suivante. Jusque-là, les cônes sont restés très petits, sans s'accroître ; mais, à pp,rtir de ce moment, ils grossissent rapidement et ils parviennent à toutes leurs dimensions dans le courant de l'année même ou de celle qui sui%
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Ennemis. Les pins sont de toutes les essences celles qui nourrissent parmi les insectes le plus grand nombre d'ennemis ; dans toutes les périodes de leur vie, de leur naissance à leur dépérissement, ils ont à en redouter les atteintes. Ils ne sont point, il est vrai, attaqués par des xylophages qui, pour Tétendue des dégâts, puissent être comparés au bostriche typographe de Tépicéa, mais ils succombent souvent sous les ravages tout aussi funestes des chenilles et des fausses chenilles, qui les dépouillent parfois entièrement de leurs organes foliacés.
Les espèces qui vont être signalées, quoique plus spéciales au pin sylvestre, attaquent aussi ses congénères.