C. Cône luisant
D. Ecussons de la partie supérieure du cône prolongés en pyramides réfléchies, épisses, à faces convexes. Feuilles de 5-6 cent, de long, vertes, non
glauques P. de montagne, t
D'. Ecussons non prolongés en pyramides réfléchies.
E. Cônes de 5-8 cent, de long, d'un jaune-roussâtre, coni-
ques-aigus et arciués, à écussalement pyramidaux. Feuilles de 10-15
sons transversalement py
cent., épaisses, d'un vert
foncé P. Laricio 3
E'. Cônes de 8-14 cent, de long, d'un roux vif.
F. Ecussons presque plans, transversalement et finement carénés. Feuilles de 6-17 cent., grêles P. d'Alep 4
F*. Ecussons pyramidaux, très saillants, aigus, transversalement carénés. Feuilles de 10-25 cent ; P. marptime 5
B'. Cône gros, ovoïde, obtus, à maturation trisannuelle. Graines grosses, à aile très étroite et très caduque, revêtues d'un épisperme épais et ligneux. Feuilles assez grêles, de 8-15 cent P. Pinier 6
A*. Feuilles quinées, à gaînes cadu(]ues' ;
ecussons à protubérance terminale ;
écorce lisse et vive jusqu'à un âge
avancé, d'un gris-brun verdâtre.
B. Cône ovoïde-obtus, gris-brun mat,
à graines non ailées, revêtues d'un
épisperme épais et ligneux. Feuilles
de 6-12 cent., raides P. Cembro 7
B'. Cône grêle, cylindracé, arqué, brun mat, à graines longuement ailées, à épisperme crustacé. Feuilles de 6-8 cent., très grêles P. WEYMOtTH. . . 8
ABIÉTINÉES. 579
Section 11. — Pins à 2 feuilles.
Feuilles gémiDées, à gaine persistante ; écailles des cônes terminées par des écussons dont la protubérance est centrale. Ecorce gerçurée-lamelleuse et rougeâtre dès la jeunesse.
1 . Pin sylvestre. Pinus sylvestris. Lin. Pinus rubra. MiLL. Pin de Haguenau ; çin de Genève, de Riga, de Russie, d'Ecosse, de mâture. Sapin rouge du Nord ; pin blanc (Autriche).
Feuilles longues de 5-6 centimètres, étalées-dressées, glaucescentes, raides, aigués et piquantes, un oeu rudes sur les bords. Chatons mâles rosés ou jaunâtres, oblongs, de 6-8 millimètres; chatons femelles à bractées plus courtes que les écailles. Cônes solitaires, géminés ou ternes, brièvement pédoncules, réfléchis dès la première année, longs de 3-6 centimètres, oblongs-coniques et aigus, d'un gris-verdâtre ou brunâtre mat ; écailles à écusson plan ou prolongé, sur la face supérieure du cône en une pyramide étalée ou réfléchie, grêle, tronquée, à arêtes concaves. Graines petites, de 4 millimètres de long, elliptiques-aiguës, légèrement luisantes, les unes noires, les autres d'un gris-clair ; ailes 3 fois plus longues qu'elles, roussâtres, rayées de brunâtre. Embryon 5-6-cotylédoné. — Grand arbre, commun spécialement sur les sols sablonneux des plaines et des montagnes, où il forme seul ou mélangé des forêts considérables ; abondant à l'état spontané dans le massif montagneux du centre de la France, sur certains points des Pyrénées et des Alpes ; introduit presque partout par la culture. Flor., mai-juin. Fructif., septembre-octobre de la seconde année. Dissém., printemps suivant, 22 mois après la floraison. Le cône persiste 1 an ou davantage' après la chute des graines.
Le pin sylvestre est un arbre de grande taille, qui Taille, atteint 30 et môme 40 mètres d'élévation, mais dépasse rarement 4 mètres de circonférence et reste, à cet égard, bien en arrière du sapin et de l'épicéa. Elevé en massif, la tige en est élancée et complète- Port, ment dénudée jusqu à une grande hauteur, sans conserver de traces des anciens verticilles ; la cime, composée de branches et de rameaux verticilles, est d'abord pyramidale-aigué ; puis à un certain âge, toujours élevé, elle cesse de s'accroître en hauteur, développe quelques-unes de ses branches latérales et devient courte, plane, étalée, irréguliè-
580 ABIËTINÉES.
rement ramifiée. En liberté, le pin sylvestre s'élève peu et se maintient très branchu à une faible distance du sol.
liaces. Malgré la grande étendue de Taire qu'il habite
et la diversité des climats sous lesquels il se développe, le pin sylvestre ne s'est point autant modifié qu'on le dit communément. Les diverses races ou variétés qu'on a signalées dans cette espèce, telles que le pin rouge, le pin d'Ecosse, le pin de Riga, le pin de Haguenau, le pin de Genève, le pin d'Auvergne, etc., sont plutôt nominales que réelles, plutôt établies sur la provenance que sur des caractères véritables. Dans chacune d'elles, en effet, on rencontre des arbres à tiges élancées ou trapues, droites ou flexueuses, dont les écorces sont, dans les portions médianes ou supérieures du fût, d'un rouge d'ocre plus ou moins vif, dont les cônes, plus petits ou plus gros, sont régulièrement conformés, avec tous les écussons plans ou à peu près plans, ou plus ou moins obliques avec les écussons, du côté éclairé par le soleil, prolongés en pyramides ou même en longues et grêles apophyses, étalées ou réfléchies. La long leur des aiguilles, la durée de leur persistance tiennent bien moins à la race qu'au sol sur lequel les arbres sont implantés ; relativement allongées et durant 3-4 ans sur les sols fertiles, elles se raccourcissent au point de dépasser à peine les feuilles de l'épicéa (quelques pins de la Drôme, à Luc) et ne persistent pas au delà de 2 ans et même moins, dans les sols maigres et arides. La couleur des chatons mâles n'est pas davantage caractéristique ; généralement jaunâtres, ils peuvent être rouges dans leur première jeunesse, non seulement dans le pin rouge, mais aussi dans d'autres variétés. Quant aux qualités des bois, il est presque superflu d'ajouter qu'elles dépendent moins de la race que du climat ; que les pins de Riga introduits en France depuis plus d'un siècle n'y donnent pas de produits supérieurs à ceux de Haguenau, et, pas plus que ces derniers, n'y produisent ces belles
ABIÉTINÉËS. 581
mâtures qu'il faudra toujours aller demander aux climats septentrionaux.
On a cité souvent la rectitude ou la courbure de la tige comme inhérente à la race ; rien n'est moins exact en bien des circonstances. Si la tige du pin de Haguenau est flexueuse, comme on le lui reproche souvent, il faut bien plutôt l'imputer aux conditions sous lesquelles elle se développe, qu'à un défaut qui lui serait spécial. Dans les climats tempérés, les pins qui croissent en plaine, sur les sols maigres, sont sans cesse ravagés par une foule d'insectes : pyrales, hylésines, hylobes, etc., qui en détruisent les pousses terminales. Des pousses latérales se redressent, il est vrai, pour reconstituer la flèche de l'arbre, mais non sans faire un coude ou une courbe plus ou moins prononcée que l'âge n'efface jamais complètement. Les vents violents peuvent aussi, dans ces sols meubles, produire un effet identique ; en ébranlant, sans les renverser, les tiges des pins, ils leur donnent à diverses reprises des directions obliques qui, combinées avec celle des pousses nouvelles extrêmes, toujours verticales, déterminent des courbes variées à grands rayons.
Les pins qui croissent en sol fertile, maintenu frais par un couvert subordonné d'essences protectrices, et ceux qui se trouvent dans des climats rudes, n'ont rien à redouter des insectes, que de semblables circonstances écartent toujours. Ils se distinguent dans ce cas à leurs tiges droites et élancées, surtout quand un sous-sol rocheux offre à leurs racines un point d'appui convenable pour résister à l'effort des vents.
Rien doûc de plus instable que les races de pin sylvestre, rien de plus difficile à caractériser botaniquement ; elles se rencontrent souvent pêle-mêle dans la même forêt ; aussi ne chercherons-nous pas à les décrire et nous contenterons-nous, d'accord avec de Vilmorin (V Ecole forestière des Barres), de signaler les deux formes extrêmes qu'elles présen-
tent [encore est-il bon de faire observer qu'elles ne paraissent pas très stables quand on cherche à les reproduire par voie de semis.]
10 Pin sylvestre à branches redressées. Dans cette forme, la tige est élancée, les branches sont plus ou moins dressées, Técorce est d'un rouge d'ocre vif à peu de distance au-dessus du sol, les aiguilles sont allongées, glauques. Le pin de Riga à la tige droite, aux branches ascendantes, grêles et régulièrement verticillées, aux aiguilles droites et dressées, est le type le plus parfait de cette première forme ; le pin de Haguenau à tige plus trapue, moins droite, aux branches robusites moins régulièrement verticillées, aux feuilles plus longues, plus étalées, plus glau-. ques et souvent contournées, vient aussi s'y placer, mais au dernier rang.
2^ Pin sylvestre à branches étalées. Cette seconde forme, que des intermédiaires relient à la première, est, sans contredit, la moins recommanciable ; la tige, rarement droite, n'atteint que de médiocres dimensions et se ramifie en longues branches flexueuses, étalées horizontalement ; l'écorce en e^t
fjrise ou noirâtre, à peine rougeâtre vers le haut, es aiguilles en sont plus courtes, plus larges, disposées à l'extrémité des branches inférieures en petites touffes espacées ; les cônes sont plus petits, quelquefois un pQu luisants dans les formes les plus chétives. Le pin sylvestre désigné sous le nom de pin de Genève, quoiqu'à Genève il n'y ait point de pineraies, est le représentant de cette seconde forme, que Ton rencontre associée à la première dans les Cévennes, dans les Alpes de la Drôme, du Briançonnais, etc.
Quelque amoindrie que soit la valeur des races chez le pin sylvestre, il ne faudrait point cependant la méconnaître entièrement et se désintéresser de la
Srovenance des graines que Ton veut semer; loin e là. Les graines des contrées où les pins sont renommés pour leur beauté et leurs qualités, devront, sans contredit, obtenir la préférence sur
ABIETINËES.
celles des pays où l'espèce est chétive et mal conformée. Si môme les races locales méritent d'être propagées, on* s'évitera bien des déceptions en récoltant sur elles, après les avoir convenablement choisies, les graines destinées aux travaux de reboisement.
L'enracinement est assez variable : en sol léger Enracinement, et profond, le pivot se développe beaucoup et forme la partie essentielle de la racine jusque vers 30-40 ans ; passé ce terme, les racines latérales s'accroissent avec vigueur, mais ont aussi une tendance à s'enfoncer. Dans les terrains liants, au contraire, le
f)ivot s'arrête de très bonne heure et des racines atérales peu profondément situées ne tardent pas à le remplacer.
Le volume du bois de souche e^t en moyenne à celui de l'arbre coupé rez de terre comme 12 : 100.
La feuille du pin persiste au moins 3-4 années Gmven. dans la jeunesse, tout au plus 2-3 années à un âge avancé ; aussi le couvert diminue-t-il d'une manière sensible avec l'âge. D'abord assez complet, il devient très léger, et son action, déjà si peu eflScace pour protéger le sol, décroît encore rapidement en raison de la hauteur à laquelle la cime parvient.
Les détritus sont plus abondants qu'on ne pour- Feuilles, rait le croire tout d'abord ; ils produisent annuellement un poids de litière sensiblement égal à celui que donnent les forêts d'épicéas et de hêtres, c'està-dire un peu plus de 3,000 kil. de matière absolument sèche par hectare. Ils sont pour le sol de la forêt un excellent engrais, d'une décomposition lente cependant, en raison de la consistance coriace de la structure fibreuse des aiguilles et souvent aussi du 'manque de fraîcheur superficielle qui se fait sentir dans les forêts de cette essence. Dans les grandes plaines sablonneuses de la région du pin, cette litière, d'une valeur égale et même supérieure à celle du bois, est, malheureusement pour la forêt, très fréquemment enlevée par les habitants des
584 ABIÉTINÉES.
communes riveraines, dont les terres participent à la nature ingrate, au point de vue agricole, du sol des pineraies. On estime que le fumier de feuilles de pm sylvestre éouivaut à moitié de son poids de fumier de paille. {T. Hartig.) Écorce. L'écorce du pin sylvestre peut servir de type à
celle de tous les pins à 2 feuilles, pour la structure anatomique. Dans la première jeunesse, elle est revêtue d'un périderme tout superficiel, qui, dès 5-6 ans, se sépare en écailles minces ; en dessous se trouvent Técorce primaire et les canaux résinifères longitudinaux qui en dépendent, puis le liber, de nature entièrement cellulaire. Vers 8-10 ans, un périderme interne, gris-rougeâtre, s'organise d'abord à la surface des feuillets libériens, puis les envahit en plus grande partie et dessèche tout ce qui le recouvre, parenchyme et canaux. Ce périderme, composé de cellules à minces parois qui se déchirent aisément, forme des lames minces, nombreuses, mais peu étendues, extérieurement concaves, qui partagent le liber en plaques de forme correspondante. En même temps que le liber se fractionne, il se transforme et s'accroit en un parenchyme subéreux, sec et fragile, d'un rouge-brun assez foncé. De là résulte un rhytidome écailleux, gerçure en tous sens, mais surtout longitudinalement, qui, au pied des arbres; atteint une épaisseur consiaérable et prend une teinte rougeâtre ou gris-brun, suivant que l'activité de la végétation est plus ou moins grande et qu'elle provogue un dépouillement superficiel plus ou moins rapide. La faible portion interne du liber qui a conservé de l'activité contient des canaux résinifères rayonnants, mais ils y sont peu développés.
A une dizaine de mètres au-dessous du sol, la formation de l'écorce se modifie grandement dans un vieil arbre. Le périderme s'y organise en couches continues concentriques très minces et fait tomber le liber non modifié sous forme de feuillets membraneux, semblables à du papier. L'écorce alors ne
ABIÉTINÉES.
s'épaissit pas ; elle reste mince, lisse, brillante, d'un roux clair, d'autant plus vif que la végétation est plus vigoureuse.
La fécondité du pin est très précoce et Ton voit Fruciificaiion. des arbres isolés qui, à 15 ans, produisent déjà des cônes et de bonnes graines; cependant, dans les massifs, ce n'est guère que vers 50 ans et même au delà qu'elle se prononce. En général, on trouve au moins quelques cônes chaque année, mais il n'y a abondance que tous les 3-5 ans.
L'extraction des graines se fait soit à l'aide du Graine, soleil, soit préférablement au moyen de la chaleur artificielle, dans des étuves que Ton peut chauffer jusqu'à 38*^-44^, sans craindre d'altérer la vitalité des embryons. On arrose pour faciliter l'ouverture et l'on désaile au fléau plutôt qu'avec de l'eau, qui gonfle la graine et nuit à sa qualité. Un hectolitre de cônes donne en moyenne 1*'-1^,25 de graines ailées ; on en sépare environ 28-35 p. 100 d'ailes et de graines vaines. Les graines ailées se conservent plus longtemps que les autres.
La graine désailée ressemble beaucoup à celle de l'épicéa par la grosseur et par la forme, bien cju'elle soit çlus régulièrement arrondie et moins aiguë à la pointe ; elle se distingue aisément par la couleur et l'éclat.
Considérée en masse, elfe présente un mélange de graines blanchâtres et de graines d'un brun-noir ; elle est en outre légèrement brillante, tandis que la graine d'épicéa est d'un roux-brunâtre uniforme et mat. Il est vrai que l'on a teint quelquefois ces dernières en brun pour compléter leur ressemblance avec colles du pin, dont le prix est de 65-70 p. 100 plus élevé ; dans ce cas, l'aosence de graines blanchâtres ferait aisément reconnaître la fraude.
Il ne faut pas rebuter la semence de pin en raison
Germioalion.
Jeune plant.
et désailées dans un kilogramijie ; 71,000 dans un litre. La conservation en est possible pendant 3-4 ans ; néanmoins, quand elles sont vieilles, elles ont souvent Tinconvénient de ne lever que la seconde année, [et de produire des plants moins vigoureux]. Semée au printemps, la graine de bonne qualKé germe au bout de 3-4 semaines et produit 5-6 feuilles cotylédonaires, rarement plus ou moins. A leur centre s'élève une pousse presque toujours simple, dont les feuilles sont solitaires, planes, aiguës, glauques et denticulées sur les bords. Le jeune plant ne dépasse pas 5-6 centimètres au bout de Tannée, mais la végétation souterraine eii a été plus active et le pivot s'est enfoncé d'environ 18-22 centimètres . quand le sol est convenablement meuble. A la seconae année, la pousse qui se développe présente encore à la base quelques feuilles solitaires bien conformées ; mais peu à peu celles-ci se réduisent et, à une faible hauteur, elles n'apparaissent Elus que sous forme d'écaillés pointues, sèches et runes. C'est alors que se produisent, à l'aisselle de ces dernières, les feuilles géminées qui, désormais, seront les seules qui se développeront. Le pin se verticille de bonne heure, vers 3 ans, et prend immédiatement un accroissement rapide.
Teinpérameni. Le pin sylvestre est essentiellement un arbre de lumière ; il languit et succombe en peu de temps sous un couvert, même léger; il est rare qu'il reprenne sa vigueur une fois atteinte, quand on le dégage tardivement.
Le pin sylvestre occupe en Europe et en Asie une aire très vaste, formant de l'ouest à l'est une longue zone qui embrasse plus du tiers de l'hémisphère boréal, depuis Avila au nord-ouest de l'Espagne, sous le 7® degré de longitude occidentale, jusqu'au delà de la Lena, presque aux confins de la Sibérie d'Asie, sous le 130® degré de longitude orientale. La limite méridionale de cette aire atteint, vers le sud, la Sierra-Nevada, sous le 37® degré de latitude ; la limite polaire passe à peu de distance du
Aire d'habitation.
ABIÉTINÉES.
cap Nord, en Laponie, sous le 70® degré 20'. ( Willkomm. )
Dans cette aire, le pin sylvestre est très irrégulièrement distribué, diminuant du N.-E., où il constitue, seul ou mélangé, d'immenses forêts, au S.-O., où il ne se rencontre plus qu'à l'état de dissémination ou ne forme* que des massifs de faible étendue.
En France, le pin sylvestre croît spontanément dans les Alpes de la Savoie, du Daupniné et de la Provence jusque vers Menton, dans les montagnes de l'Auvergne, dans les Cévennes et dans les Pyrénées [son indiginat est douteux dans les Vosges françaises] ; il ne se rencontre ni dans les Ardennes, ni dans le Jura. Il est aujourd'hui à peu près partout cultivé, si ce n'est sur le littoral du S.-O., où le pin maritime le reinplace [et dans les plaines ou sur les coteaux du S.-E., où suivant les sols il est préférable de cultiver soit le pin maritime, soit le pin d'Alep].
Dans les portions septentrionales do son aire, le
§in sylvestre est un arbre de plaine qui, sous le 70** egré, ne dépasse pas 227 mètres d'altitude ; mais à mesure qu il s'avance vers le sud, il parvient à des hauteurs toujours plus considérables, 800-900 mètres dans les Vosges, 1,100 mètres dans l'Auvergne et les Cévennes, 1,600 mètres dans les Alpes du Dauphiné, 2,000 mètres dans les Alpes maritimes, 1,900-2,000 mètres dans les Pyrénées, 2,110 mètres dans la Sierra-Nevada. En même temps qu'il s'élève, il quitte les plaines e^les coteaux pour ne plus descendre spontanément au-dessous d'une certaine limite inférieure, que l'on peut estimer à 400 mètres environ pour les Vosges et l'Auvergne, 1,200 mètres pour les Pyrénées, 1,600 mètres pour la limite la plus méridionale, en Espagne.
Il est donc, pour une grande portion de son aire,
Sour toute la France, en particulier, une essence es régions montagneuses ; il y recherche les situations abritées contre les vents violents et s'y remarque
Altitude.
Station.
588 ABIÉTINËËS.
surtout aux expositions méridionales. C'est, sans contredit, Tarbre rustique par excellence, qui résiste dans le Nord à des froids de — 40° et s'y contente de trois mois de végétation ; qui vers le sud supporte des températures excessives de 35° avec un repos hivernal de 3-4 mois seulement. Contrairement à Tépicéa, qui aime les atnRsphères brumeuses et humides, les ciels nuageux, le pin sylvestre recherche un ciel pur, la lumière, les expositions éclairées.
Sol. En plaine, les sols sablonneux mélangés d'argile,
profonds, frais, sont ceux qui lui conviennent le mieux ; les terres compactes Jyi sont contraires. Il réussit même sur les sables purs, aux expositions les plus chaudes, là où aucune autre essence ne se maintiendrait, pourvu que le sous-sol contienne une humidité fondamentale qui, par les grandes sécheresses, remonte par capillarité et suffit à sa végétation ; il croît jusque dans les tourbières.
Les terrains calcaires des coteaux et des plaines lui conviennent peu, parce que, là, sol et sous-sol sont perméables et se dessèchent complètement en été ; mais, en montagnes, on le voit prospérer sur les grés, sur les granités, les basaltes, les schistes et les calcaires, manifestant une complète indifférence pour la composition minérale de la terre, dès qu il y rencontre la fraîcheur qui lui est nécessaire (1).
C'est une essence extrêmement précieuse, à titre transitoire ou définitif, pour repeupler les terres vagues, les versants aridies exposés au midi, pour reboiser les sols fbrestiers que d'imprudentes exploitations ont prématurément découverts et livrés à la bruyère qui les a envahis.
Lîois. L'aubier et le bois parfait sont nettement tranchés
(1) [Cette assertion est peuWtre un peu absolue, les wlcaires très compacts^ très durs, de même que les argiles compactes semblent ne pas lui convenir. C'est sans doute pour celte raison qu'il fait totalement défaut à l'état spontané dans le Jura français].
ABIÉTINÉES. 589
dans le pin sylvestre. Le premier, blanc ou blancjaunâtre, de mauvaise qualité, est d'épaisseur très variable suivant l'âge, le sol et les conditions de la végétation. Il abonde surtout dans les arbres qui croissent avec vigueur sur des sols gras, humiaes et compacts, et peut en constituer tout le corps ligneux jusqu'à un âge assez atrancé ; il est de moindre épaisseur chez les pins de végétation lente et d'âge élevé. On en compte 27 à 80 couches annuelles {Coli Ec, For.). Quant au bois parfait, le seul utilisable, il est rouge-rosé, rougeâtre ou rougebrunâtre. Les canaux résinifères sont nombreux, les longitudinaux plus apparents ; la térébenthine qu'ils contiennent est fluide dans l'aubier et s'écoule assez abondamment des incisions qu'on y pratique ; dans le bois parfait elle n'est plus représentée que par une résine brune qui s'est plus ou moins épanchée dans les tissus et leur assure une grande durée. Le pin sylvestre fournit les meilleurs bois connus pour la mâture, parce que, à des dimensions considérables, il réunit une élasticité et une légèreté suffisantes, une grande résistance, une durée prolongée. Mais il s'en faut qu'il réalise toujours les qualités requises pour cet emploi ; il ne les présente en effet qu'à la condition d'être droit, exempt de nœuds, formé d'accroissements annuels égaux, minces, parfaitement lignifiés dans leur zone d'automne, d être résineux pour avoir de la durée, sans l'être trop néanmoins, parce qu'alors il devient trop lourd et cassant. Les climats du Nord, avec leur période de végétation très courte, les jours très longs, la constance remarquable de leurs saisons, paraissent seuls capables de fournir des bois pour cet usage. Les constructions civiles et navales font un grand emploi du pin sylvestre, dont la durée égale celle des meilleurs bois feuillus ; on le débite en madriers, en planches très employées en menuiserie ; il est propre à la fente, fournit d'excellents Soteaux pour les lignes télégraphiques, des étais et es boisages pour les mines, etc., etc.
590 ABIÉTINEES.
La densité est extrêmement variable ; relevée sur de nombreux échantillons de toutes provenances, complètement desséchés à Tair libre, elle va de 0,405 à 0,828 {Coll. Éc. For.),
La diversité des qualités n'est pas moindre. Dans le Nord, aux limites de son aire, le pin végète avec une telle lenteur «que les accroissements n'en peuvent être discernés à Toeil nu ; le bois en est homogène, peu lignifié et peu résineux, très doux à travailler ; s'il manque de nerf et de dureté, il n'a point d'égal pour les travaux de menuiserie fine. Ainsi sous le 69® degré de latitude, le pin, même à l'âge de 250 ans, n'atteint pas plus de 0°*,33 de diamètre sur 14 mètres de hauteur; ses couches annuelles, y compris celles des premières années, sont très minces et ne mesurent en moyenne que imm 2 d'épaisseur. En s'éloignant des régions polaires, vers le 60® degré, il' s'accroît avec moins de lenteur, il se lignifie davantage, se charge d'une résine plus abondante et devient par ses dimensions et ses qualités un bois de construction de premier ordre, un bois de mâture sans rival. Dans les portions méridionales de son aire, ces excellentes qualités se perdent peu à peu ; si, là, il n'habite les grandes altitudes, il s'accroît dans la jeunesse avec une rapidité extrême ; mais sa végétation se ralentit de bonne heure, sa longévité s'amoindrit considérablement, il reste surchargé d'aubier, comme c'est l'ordinaire chez les arbres d'un développement exubérant et, s'il convient encore à bien des emplois, il ne possède plus rien des qualités exceptionnelles du beau sapin rouge du Nord.
La valeur calorifique du pin, comparée à celle du hêtre, offre pour des volumes égaux, les rapports suivants (Th. Hartirj) :
Bois de tige de 120 ans 0,85 : 100
Bois de tige de 80 ans 0,75 : 100
Bois de souche de 120 ans 1,15 : 100
C'est donc un combustible supérieur au sapin, à
ABIÉTINÉES.
Tépicéa, au mélèze. Il produit une chaleur vive, élevée, mais peu durable ; brûle avec une flamme claire et pétillante en dégageant surtout de la chaleur ascendante. Le charbon, autrefois employé dans les hauts-fourneaux pour la réduction des minerais, est en moyenne à celui du hêtre comme 0,75 ou 0,80: 100.
On ne résine généralement pas le pin sylvestre, Résinage. si ce n'est en délit. La résine s'accumule parfois en très grande abondance dans quelques parties de la tige et en imprègne complètement le bois, qui devient dur, lourd, presque translucide comme la corne. Les délinquants enlèvent tout ce bois, le réduisent en menues bûchettes et le vendent sur les marchés, sous le nom de bois gras, pour l'allumage du feu.
On retire cependant quelques produits résineux Goudron, des souches, où la résine est plus abondante que dans la tige. Il sufBt pour cela de les carboniser en vase clos dans les fours en maçonnerie, d'une construction spéciale. La résine se liquéfie, se mélange aux produits empyreumatiques de la distillation et s'écoule sur la sole du fourneau, pour, de là, arriver par un conduit particulier dans des récipients disposés à l'extérieur. On recueille de la sorte un produit visqueux et brun que l'on nomme goudron.
L'écorce du pin renferme de la fécule et sert, Produits dans les contrées du Nord, à la nourriture des accessoires, porcs et même en temps de disette, à celle des nommes.
On obtient avec les faisceaux fibreux, allongés et tenaces des aiguilles une matière appelée laine de forêt, qui sert à faire des couchages, de l'ouate, que l'on peut môme filer et dont on fabrique les tissus de toutes qualités, des plus grossiers aux plus fins, rappelant beaucoup les étoffes dites flanelles et finettes. On fait aussi avec ces aiguilles de la pâte à carton.
Les jeunes pousses sont quelquefois employées
592 ABIÉTINÉES.
dans le Nord, en place de houblon, pour la fabrication de la bière ; mais cet usage n'est pas spécial au pin sylvestre et beaucoup aautres résineux y sont propres.
Les cônes vides sont très recherchés dans Téco-
nomie domestique pour allumer le feu ; dans le
Wurtemberg, on les emploie avec succès au tannage
des peaux.
Dé^ts. La neiçe et le givre, retenus par les aiguilles sur
Maladies. ^^ ^jj^^ ^^g arbres, occasionnent souvent dans les
Ï)ineraies des dégâts considérables, en faisant fléchir es tiges et rompre les branches sous leur poids. Quelques champignons parasites envahissent et désorganisent les tissus des plants ou des arbres de cette essence, et en déterminent le dépérissement ou même la mort. La maladie des jeunes pins, connue sous le nom de rouille, est due à Tun d eux, VŒcidium pi ni, Pers,
Les plants de 2-5 ans, sans être infestés de parasites, sont fréquemment exposés à une affection que Ton nomme le rouge ou tout simplement la maladie; après un hiver bien rigoureux et par un beau soleil de mars, les aiguilles, jusque-là fraîches et vertes, se dessèchent et rougissent tout à coup, sans qu'en
f général le bourgeon central soit atteint. Cette maadie peut se renouveler plusieurs fois et, si rarement les plants succombent sous ses atteintes, ils en restent notablement débilités. Il suffit pour la déterminer de quelques journées chaudes qui portent Tair, même à 1 ombre, à des températures de 15*» et de 16^ au-dessus de zéro, alors que le sol encore refroidi de Thiver reste à une température inférieure à 5°. Dans ces conditions, la transpiration des feuilles devient active, Tabsorption des racines est nulle, le plant est atteint du rouge (1) [Ebermayer].
ABIKTINKES. 593
Les principaux insectes ennemis du pin sylvestre ont été signalés aux généralités du genre.
2. Pin de montagne. Pin us montaxa. Mill. Pin à crochets; pin suffin; pin cnn ; torche-pin ; suffis.
Feuilles dressées, serrées entre elles, d'un vert fonoé uniforme sur les deux faces, raides, droites ou courbées en faulx, accidentellement ternées dans la môme gaine, terminées en pointe courte et piquante, un peu moins longues que les feuilles normales du pin sylvestre. Chatons mâles très nombreux et rapprochés, longs de 10-15 millimètres, jaunâtres ; chatons femelles dressés, verticillés, opposés, plus rarement solitaires, violacés, à bractées légèrement saillantes. Cônes sessiles ou subsessiles, d'abord dressés, puis horizontaux, inclinés ou réfléchis à la maturité, variant du jaune-testacé au brun-noirûtre, toujours luisants, longs de 2-6 centimètres, très différents quant à la forme générale et la structure des écussons, que termine un large ombilic. Graines semblables à celles du pin sylvestre, à ailes deux fois aussi longues qu'elles. — Arbre ou arbrisseau des hautes régions montagneuses, à écorce de couleur sombre, gris-brun jusque dans la cime où rarement elle présente quelques teintes rougeâtres, à feuillage dru^ persistant 5 ans, d'un vert foncé, à bourgeons enduits de résine ; les latéraux verticillés sur la tige, opposés, solitaires ou nuls sur les branches q^ui en naissent, toujours nuls sur les rameaux, qui sont réduits au bourgeon terminal et s'allongent sans se ramifier ; jeunes pousses épaisses et très souples.
Var. a. Pin de montagne à crochets. Pins uncinata, Ramond. Cônes grands ou assez grands, obliques sur leur base, à écussons prolongés, du côté éclairé en pyramides obtuses et réfléchies, ayant la forme d'un capuchon, terminées par un ombilic excentrique. — Arbre de 16-25 mètres, à tige droite, unie, régulièrement verticillée, pyramidale-aigué, dégénérant en un arbrisseau dont les branches inférieures s'allongent dès la base, s'étalent en se redressant vers l'extrémité. Alpes de la Savoie, du Dauphiné et de la Provence ; forme des forêts étendues dans les Pyrénées ; se retrouve dans les lieux tourbeux du Jura et des Vosges.
Var. g. Pin de montcujne chêtif. Pintes pumilio. Hœnke. Cônes petits, assez réguliers et presque droits sur la base, à écussons semblables sur tout le pourtour, peu saillants, à ombilic le plus souvent un peu enfoncé et un peu excentrique.
rôle en cette occasion a été mis, pour la première fois, en évidence par MM. Vuillemin et Barlet, dans une note présentée à l'Académie des Sciences et insérée aux C. U. Séance du 17 février 1888].
ABIETINKES.
— Arbrisseau s'élevant à 2 mètres au plus, dont les branches basses, couchées et tortueuses, s'allongent beaucoup et se redressent vers l'extrémité ; prenant quelquefois la forme arborescente. Il est douteux que cette forme se rencontre en France, quoiqu'on l'ait citée aans le Jura et dans les Alpes, où probablement on a pris pour elle les pieds traînants de la variété précédente.
Var. Y- P^''^ rf^ montagne 3[u{iho, Pinus Mughus, Scop. Cônes petits, régulièrement ovoïdes-coniques, à écussons semblables sur le pourtour : ceux-ci marqués d'une carène transversale tranchante, à ombilic central, épineux. -— Arbrisseau traînant et étalé des Alpes orientales ae la Carinthie, du Tyrol, etc., qui probablement ne se trouve pas dans les limites de notre flore.
Port. Taille. Le pin de montagne à crochets, seule variété dont il va être question, présente dans son port la plus grande diversité. Tantôt il forme un arbre très droit, dont la cime, étroite, allongée, toujours aiguë, est composée de branches verticillées, grêles, couvertes d'un feuillage serré, d'un vert sombre, produisant un épais couvert. Il peut, sous cette forme, arriver, vers 160-200 ans, à 25 mètres d'élévation sur 1«»,40 de circonférence ; mais le plus souvent il reste en dessous de ces dimensions. Tantôt les branches de sa base, celles qui sont près du sol, se recourbent verticalement et, semblables aux branches d'un candélal)re, entourent la tige principale de tiges secondaires qui se verticillent comme elle et l'égalent souvent en hauteur. Il en résulte un buisson touffu, multicaule, qui reste vert dès le pied. Enfin dans d'autres circonstances la tige du pm de montagne à crochets reste très courte, tandis oue ses branches, devenues tortueuses, s'étalent au loin et, par leur entrelacement avec les voisines, forment de bas fourrés inextricables.
Enracinement L'enracinement est composé de plusieurs maltresses racines traçantes ; on n'y remarque pas de pivot principal.
Écorce. L'écorce est de môme structure que celle du pin
sylvestre, mais elle n'offre jamais dans les parties supérieures du fût ces minces feuillets d'un rouge d'ocre vif, qui se détachent constamment et carac-
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tériscnt cette dernière essence ; elle s'épaissit là comme à la base. Elle est en outre d'un gris-noirâtre uniforme et des vacuoles résinifères y sont abondamment disséminées.
Le jeune plant lève généralement avec 7 feuilles Jeune plant, cotylédonnaircs, 2 à 3 semaines après le semis de printemps. Le tempérament est robuste ; néan- Tempérament, moins le pin de montagne résiste mieux que le pin sylvestre à Taction du couvert et peut reprendre une belle végétation une fois qu'il a été dégagé.
Bien que la longévité soit élevée, la fructification FruciiGcaiion. se produit de bonne heure, vers 10 ans, et se maintient abondante et continue.
Le pin de montagne est répandu dans toute l'Eu- Aire et station, rope moyenne, dont il ne quitte pas les hautes régions montagneuses; il v parvient, dans les Pyrénées, à l'altitude de 2,500 mètres [il s'y rencontre très exceptionnellement à 1,150 dans les Pyrénées orientales où il est très commun, sa limite inférieure y est habituellement à 1,600™. (Fla/tault.)] Il ne descend jamais dans les plaines des régions septentrionales. Il habite une zone oui succède à celle du pin sylvestre et se confond dans ses limites supérieures avec celles du mélèze et du pin cembro.
Il croit sur tous les sols, qu'elle qu'en soit la com- Sol. position minérale, qu'ils soient secs, humides, marécajjeux ou même tourl)eux. Bien (|ue dans ces dernières conditions, la végétation en soit chétive et très lente, la forme le plus souvent défectueuse, traînante, ce n'est que sur les sols de cette nature qu'on le rencontre [presque exclusivement] dans le Jura et [toujours] dans les Vosges. Dans les Alpes et dans les Pyrénées, au contraire, il vient sur les terrains de toute nature, môme sur ceux qui sont secs ou seulement frais.
Des plures abondantes pendant la saison de végé- Conditions
iif.
linpoi'lance.
Bois.
Produits accessoires.
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froids les plus rigoureux et n*a pas besoin d'une somme de température d'été fort élevée.
Cette essence est loin d'être dépourvue d'intérêt; elle forme à elle seule dans les hautes régions des Pyrénées (Pyrénées-Orientales, Hautes-Pyrénées, Ariège et Haute-Garonne) (1) des forêts étendues. Elle peut être utilement employée dans les reboisements aux grandes altitudes, servir à créer des rideaux d'abri, à relever le niveau de la végétation forestière qui, en beaucoup de points, tend sans cesse à s'abaisser.
Le bois du pin de montagne ressemble beaucoup à celui du pin sylvestre dans les régions du Nord ; il a comme lui l'aubier blanc, le cœur rougeàtre clair ; les accroissements en sont minces, limités par une zone étroite de bois d'automne peu lignifié; il est peu lourd et peu dur, très doux à travailler, apte à la fente, fort recherché comme bois de construction, de travail et de feu. Les charpentes des bâtiments militaires de Mont-Louis, qui remontent à Louis XIV, sont en pin de montagne et en parfait état de conservation. La densité varie de 0,441 à 0,605 (Co//. AV. Fo7\).
La médecine populaire utilise, surtout en Allemagne, sous le nom de Baume des Carpathes, une térébenthine qui provient du pin à crochets et qui ressemble à celle du pin sylvestre.