FAMILLE XIII
ILICINÉES. BRONG.
Fleurs régulières, hermaphrodites ; calice gamosépale, persistant, à 4-6 divisions ; corolle de 4-6 pétales alternes, libres ou un peu soudés entre eux à la base ; 4-6 étamines alternes, à anthères introrses, biloculaires, longitudinalement déhiscentes. Ovaire bi-pluri-loculaire, chaque loge uniovulée, à placentation axile ; style nul ou très court ; stigmate en autant de lobes qu'il y a de lo^es. Nuculaine à 2 ou plusieurs noyaux monospermes ; crames à albumen charnu, abondant. — Arbrisseaux à feuilles simples, non stipulées, persistantes (1).
GENRE UNIQUE. — HOUX. ILEX, Lin.
Fleurs généralement tétramères ; calice petit, urcéolé ; corolle rotacée. — Arbrisseaux ou petits arbres à feuilles alternes, très coriaces, luisantes, persistantes, à nervation
(1) Les pétales des iliciaées sont souvent légèrement soudés entre MX par la base et forment une corolle gamopétale ; la place de celte bmille deTrait donc être parmi les gamopétales bypogynes ; mais outre que celte soudure n est pas constante, elle est toujours très pea étendue et toutes les autres afGnités maintiennent les ilicinées dans les dialypétales bypogynes.
^Z. 58 ILICINÉES.
Sennée, composée d'une nervure médiane dominante et e 6-10 paires de nervures secondaires peu apparentes, ^ irrégulières et rameuses.
^ V Bois. — Tissu fibreux très dominant, homogène, à pa-
1^ rois épaisses, mélangé de nombreux petits groupes de
r parenchyme ligneux, que l'on ne reconnaît ni à Toeil nu,
jv ni à la loupe, rayons rares, médiocrement épais, hauts de
!^; lra«n à 1«»°»,5, entre lesquels se trouvent d'autres rayons
très minces, que l'on ne discerna qu'au microscope; -, vaisseaux très fins, égaux, peu nombreux, formant un
cercle d'un seul rang au commencement de chaque couche, groupés 5-12 en séries simples, le plus souvent rayonnantes et uniformément distribuées dans tout le reste, où elles simulent une ébauche de réseau à mailles étirées dans le sens des rayons. Bois compact, dur, lourd, très homogène, dont les accroissements se distinguent difficilement, d'un blanc uniforme, sans différences entre l'aubier et le bois parfait, à maillures apparentes, assez nombreuses.
Houx commun. Ilex aquifolium. Lin.
Feuilles de 13-14 mois de persistance ; courtement pétiolées,
ovales ou elliptiques, aiguës, coriaces et épaisses, glabres, très
luisantes et d'un vert foncé en dessus, peu luisantes et d'un
vert pâle en dessous ; le plus souvent dentées-épineuses sur
les bords, parfois complètement entières, surtout sur les pieds
r Agés. Fleurs blanches, petites, axillaires, solitaires ou tasci-
^ culées, courtement pédonculées. Fruit charnu, globuleux et
ombiliqué au sommet, de la taille d'un gros pois, à 4 noyaux triangulaires; d'un rouge-corail à la maturité. — Arbuste ou
Ï)etit arbre à tige droite et élevée, ou diffuse et étalée, suivant es circonstances sous lesquelles il végète, à écorce lisse, verte sur les jeunes rameaux, grise sur les branches et sur la Y tige. Abondant dans certaines forêts, surtout des régions mon-
tagneuses peu élevées de France ; Algérie, répandu dans la région des Cèdres où il est commun çà et là. Flor., mai-juin. Fructif., août-septembre.
Taille. Le houx appartient à TEurope méridionale et
moyenne, à 1 Algérie et vient sur tous les sols, de préférence sur ceux qui ne sont point calcaires,
Souvu qu'ils ne soient pas marécageux. Il atteint ans quelques contrées (France centrale, Bocage vendéen, Corse surtout) les dimensions d'un arbre à tigB droite et à cime pyramidale, de 8 à 10 mètres de hauteur sur 0"*,50 de diamètre. En beaucoup
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d'autres lieux, sur les limites septentrionales de son aire d'extension, il ne constitue qu'un arbrisseau ou même un buisson bas et traînant.
Il croit ou au moins résiste longtemps sous le couvert, a une longévité considérable, une végétation lente ; il repousse bien de souche, supporte la taille très aisément en se maintenant très touffu et sert à faire d'impénétrables haies de clôture. La transplantation en est difficile.
Le bois de houx est lourd, dur, très homogène, Bob, finement maillé, blanc, brunissant au cœur par altération. Il convient pour une foule d'emplois : dents d'engrenage, outils, ouvrages de marqueterie et de tour ; est très recherché par l'ébénisterie pour faire des incrustations ; fournit des cannes d'une grande résistance ; il prend très bien la couleur noire, reçoit un beau poli et ressemble alors àl'ébène. Sa densité varie de 0,764 à 0,952. {Coll Éc. For.),
L'écorce primaire du houx se maintient long- Usages temps vivante, et renferme plusieurs principes immédiats : un principe amer cristallisable (ilicine), commun aussi dans les feuilles, du tannin, de la résine et une matière très visqueuse appelée glutine ou glu. Pour séparer cette dernière, on broie l'écorce dans un mortier, on l'abandonne ensuite à elle-même pendant une quinzaine de jours dans un lieu humide, puis on la lave à grande eau. On mêle alors au résidu de l'huile de noix et l'on obtient la
f[lu, avec laquelle on prend les petits oiseaux. Les ruits contiennent des acides, du sucre, de la pectine; ils sont violemment purgatifs.
Les habitants de la Forêt-Noire font, avec les feuilles desséchées du houx, une infusion qu'ils boivent en place de thé. Le maté, boisson si généralement employée dans le Paraguay et dans une f;rande partie de l'Amérique du Sud, se fait d'aileurs le plus souvent avec la feuille d'un végétal du même genre {Ilex paraguariensts. Saint-HiL).
accessoires.