‹ Flore forestièreChapitre 64 sur 295 · Ajonc d'Europe. Llex europ.eus. Lix. Landier; Jonc marin · texte numérisé non relu

Ajonc d'Europe. Llex europ.eus. Lix. Landier; Jonc marin

Feuilles aciculaires, persistantes, d'un vert cendré, portant à leur aisselle un rameau toujours te nui né eu épine. Fleurs solitaires ou géminées, d'un jaune clair, grandes, accompagnées de bractéoles largement ovales-aiguës; calice jaunâtre, couvert de poils mous, semi-élalés; corolle à carène droite, évidemment plus courte que les ailes. Gousse de 15-20 mill. sur *»-7, très velue-soyeuse, brune; au.x trois quarts cachée dans le calice, contenant 3-6 graines olivâtres, échancrées à ronibilic qui est ovale. — Sons-arbrisseau de 1 mètre à 1",50, à tige irrégulière, revêtue d'une ccorce grise, longitudinalement gerçurêe; à rameaux et ranuiles dressés, verts, sillonnés, velus; tout héris.sé d'épines raides et divergentes,, formant un buisson robuste, très touffu, toujours vert. Terrains siliceux vagues et landes de la France centi-ale et occidentale de Hayon ne à Boulogne; çà et lu dans le reste de la France. Flor., avril-juin. Fructif., ét^ de la lloraison.

L'ajonc d'Europe est extrêmement commun dans toutes les landes sablonneuses de TOuest et dans les sols siliceux du centre de la France, où il couvre souvent à lui seul de vastes étendues de terrains vagues ; on le retrouve çà et là disséminé sur d'autres parties de la France, mais il s'y maintient difficilement et n'y est probablement pas indigène. Les jeunes pousses forment un excellent fourrage, lorsqu'elles sont hachées.

Le bois, d'un blanc jaunâtre veiné de brunâtre très clair au cœur, sanp aucun lustre, est dur, lourd, 0,905-0,972 {CoIL Éc, For,) .11 donne un très bon combustible pour le chauffage des fours et mérite quelquefois d'être cultivé pour cet usage. On en forme des haies excellentes, impénétrables, d'une taille facile.

Cette espèce présente une variété à floraison estivale, à fleurs plus petites, qui a été décrite comme une espèce distincte sous le nom 6!Ulex Gallil Planchon (1) ; on la rencontre à proximité de la mer en Bretagne. UU. Armoricanus est une forme de même ordre intermédiaire à beaucoup d'égards entre la première et le type.]

2. Ajonc nain. Ulex nanus. Lin. Bruyère jaune. Vignot (Manche).

Plus petit que le précédent dans toutes ses parties; feuilles et rameaux épineux qui naissent à leur aisselle beaucoup plus grêles et plus serrés; d'un vert luisant. Fleurs de moitié moindres, d'un jaune foncé avec l'étendard veiné de rouge, pourvues de bractéoles proportionnellement plus petites, ovalesoblongues. Calice à pubescence peu serrée, courte, exactement appliquée; caréné courbée, plus large et un peu plus longue que les ailes. Gousse de 8-9 mill. sur 5, égalant le calice; graines non échancrées, à ombilic orbiculaire. — Arbrisseau de 0",50, à rameaux velus, diffus, couchés ou ascendants, à épines très nombreuses et grêles et à racine rampante. Landes de l'Ouest, de Rayonne jusqu'en Bretagne; forêt de Tronçais dans le Centre; çà et là dans le reste de la France ; s'avance vers l'Est jusqu'à Lyon et la Haute-Saône. Flor., juillet-octobre. Fructif., année qui suit la floraison.

(1) Voir Godron.^u//. Soc. bot,, XXVI, 1879, p. 303.

3. Ajonc à petites fleurs. Ulex parviflorus. Pourr. Ajonc de Provence.

Voisin (le l'ajonc d'Europe pour le port et la coloration d'un vert cendré, de l'ajonc nain pour la petitesse des fleurs, calice légèrement pubescent, à poils courts et couchés; corolle non veinée, dont la carène est droite, plus large et plus longue que les ailes. Gousse dépassant le calice, à graines non échancrées, à ombilic orbiculaire. — Sous-arbrisseau intermédiaire entre les deux premiers du genre pour la taille, mais ne pouvant être considéré comme leur hybride, puisqu'il ne se rencontre point parmi eux ; à épines robustes, feuilles courtes, tiges presque glabres, racine non rampante. Lieux stériles à sol siliceux du littoral delà Méditerranée, d'où il s'élève jusqu'au sommet des Albères (Pyrénées-Orientales). Flor., avril. Fructif., mai. Refleurit en automne.

GENRE m. — SPARTIER. SPARTIUM. Lin.

Calice persistant, fendu dans toute sa longueur, en forme de spathe. Etendard grand, dressé ; ailes étalées, carène de 2 pétales libres. Style courbé au sommet. Gousse linéaire oblongue, comprimée, polysperme, à graines non earonculées. — Sous-arbrisseaux non épineux, à rameaux allongés, fistuleux, jonciformes, à feuilles unifollolées, à fleurs jaunes.

Bois. — Comme celui des sarothammes, mais à canal médullaire assez développé.

Spartier d'Espagne. Spartium junceum. Lin. Genêt d'Espagne.

Feuilles rares, très espacées, subsessiles, à une seule foliole oblongue-lancéolée, glabres en dessus, parsemées en dessous de petits poils appliqués. Fleurs grandes, jaunes, suaves, solitaires, formant une sorte de grappe lâche à l'extrémité des rameaux. Gousse de 60-80 mill. sur 7, finement rebordée sur les deux sutures; presque glabre, noire et luisante à la maturité, contenant 12-18 graines ovoïdes, jaunâtres, luisantes. — Arbrisseau de 2-4 mètres de hauteur et même plus, à tige dressée, rameuse; à rameaux dressés, allongés, cylindriques, comoressibles, finement striés, d'un vert glauque, à peine feuilles. France méridionale, y compris la Corse; Algérie. Flor., mai-juillet.

Le spartier d'Espagne est fréquemment cultivé Usages. comme arbrisseau d'ornement, en raison de Tabondance et de l'odeur suave de ses fleurs. Le liber en est très fibreux et l'on retire de celui des ramules une matière textile de bonne qualité, dont on fait

de la toile ou des cordes, suivant sa finesse. C'est une ressource d'autant plus précieuse que cet arbrisseau croît dans les terrains les plus secs, où la culture du chanvre et du lin est impossible [cette industrie est particulièrement développée en France dans les environs de Lodève]. Les pousses servent de liens dans le jardinage et donnent un assez bon fourrage. Les graines, comme celles de la plupart des genêts, sont purgatives.

Bois. Le bois a les rayons égaux, très minces ; les vais-

seaux égaux, fins, groupés avec le parenchyme ligneux en courtes lignes hiéroglypniques qui ébauchent un dessin réticulé; les accroissements annuels assez visibles. Aubier et bois parfait distincts, le premier blanc, le second jaune brunâtre ; bois satiné, pesant 0,912 à 0,923 {ColL Éc. For.),

GENRE IV. — SAROTHAMNE. SAROTHAMNUS. Wimmer,

Calice persistant, campanule, bordé de 2 lèvres courtes, divariquees, la supérieure faiblement 2-dentée. Etendard redressé, style très long, enroulé sur lui-môme cm fortement courbé ; stigmate terminal ; gousse oblongue, comprimée, polysperme, à graines caronculées. — Sousarbrisseaux non épineux, à feuilles 3-foliolées, dont Tindice d'insertion est f- ; à fleurs jaunes.

Bois, — Structure semblable à celle de Taionc, mais vaisseaux plus petits, moins inégaux, quoique la zone de printemps soit néanmoins plus poreuse que celle d'automne, offrant sur la tranche, par leur réunion avec le parenchyme ligneux, un dessin réticulé à traits plus fins, circonscrivant des mailles plus petites et souvent incomplètes. Accroissements annuels assez apparents, sans distinction d'aubier et de bois parfait.

A. Feuilles inférieures pétiolées. 3-folioles ; les supérieures sessiles, unifoliolées S. commun 1

A'. Toutes les feuilles pétiolées et 3-foliolées S. ARBORESCENT . 2

A". Toutes les feuilles sessiles, 1-foliolées. S. purgatif 3

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PAPILIONACÉES. 98 j

Feuilles inférieures pétiolées, 3-folioIées, à folioles eîlipti- 1

ques ou obovales, pubescenles surtout eu dessous ; feuilles |

supérieures unifoliolées, sessiles. Fleurs grandes, de 20 mill. j

de long, glabres, jaunes, axillaires, solitaires ou géminées, à î

carène courbée, obtuse ; style velu inférieurement, enroulé en i

ressort de montre, élargi supérieurement. Gousse comprimée, de 40-45 mill. sur 8, noire, fortement ciliée sur les deux sutures, à 8-12 graines olivâtres, luisantes. — Sous-arbrisseau

de 2-3 mètres, à tige irrégulière, recouverte d'une écorce lisse, i

d'un gris verdûtre et à ramules nombreux, dressés, allongés, i

souples, verts, cannelés-anguleux ; bourgeons très petits, d'un I

brun verdâtre, bi-écailleux et bilobés. Eminemment silicicole et social ; répandu dans presque toute la France depuis les plaines jusqu'aux régions montagneuses moyennes. Cependant il ne paraît pas exister dans la région de l'olivier, sauf à l'île de Porquerolles (Legré) et en Corse où on le rencontre dans quelques localités au bord de la mer ; il n'est pas sur qu'il y soit spontané; il a été certainement semé sur les sables maritimes de Calvi. Flor., mai-juin.

Le sarothamne commun est, dans le langage or- Station. I

dinaire, le genêt par excellence et, bien que les exigences de la nomenclature lui aient depuis longtemps déjà imposé le premier de ces noms. Fusage persiste à lui maintenir son ancienne dénomination. Extrêmement commun sur les terrains vagues siliceux, fcldspathiques et schisteux, il envahit les

sols forestiers découverts, accuse leur appauvris- î

sèment, mais non leur stérilité comme la bruyère, j

et devient [quelquefois] funeste aux jeunes peuple- |

ments [provenant de semis] sur lesquels il forme d'épais fourrés. Dans plusieurs parties de la France

(Bretagne, Ardennes, etc.), on le laisse se dévelop- j

per librement sur les terrains improductifs et au bout de quelques années on y pratique Técobuage ; les cendres qu'il abandonne permettent d'obtenir

une récolte de graminées, de seigle particulière- j

ment. I

Le bois du genêt à balais, blanc verdâtre ou jau- Bois, |

nâtre, se colore au centre d'un beau brun-marron, i

veiné. Il pèse 0,793-0,798 {ColL Éc\ Fo/\), donne • !

une flamme vive et claire et convient très bien au chauffage des fours. Les ramules servent à faire des balais, L'écorce fournit des cordes grossières ;

toute la plante enfin renferme du tannin et peut être utilisée sous ce rapport.

2. Sarothamne arborescent. Sarothamnus arboreus. Webb. (1) Genêt arborescent.

Feuilles toutes pétiolées et 3 foliolées, même les florales ; fleurs plus petites que dans l'espèce précédente, longues de 15-17 mill., a carène droite; style glabre, enroulé sans former le cercle complet, non élargi" au sommet. Gousse glabre ou presque glabre, noire, luisante, à graines noires, mates. — Arbrisseau de 2-4 mètres, et môme petit arbre à tige dressée très rameuse, à rameaux sillonnés verts et glabres sur les côtes, grisâtres-tomenteux dans les sillons. Coteaux des Pyrénées-Orientales où il est très rare, Algérie. Flor., juin.

3. Sarothamne purgatif. Sarothamnus purgans. Gr. et GoD. Spartium purgans. Lin. Genista purgans. DC. Genêt purgatif ; Genêt gnot.

Feuilles très petites, rares, toutes sessiles, 1-foliolées. Fleurs beaucoup plus petites que dans les espèces précédentes, de 12-14 mill. de long, axillaires, solitaires et formant une grappe nue au sommet des rameaux ; carène un peu courbée ; style glabre, arqué, non enroulé ni élargi à l'extrémité. Gousse'de 20-23 mill. sur 5-7, noire, un peu velue, à graines olivâtres, luisantes. — Sous-arbrisseau de 4-6 décimètres, à tige dressée, très rameuse, dont les nombreux rameaux sont dressésrapprochés, cylindriques, striés, à raies alternativement vertes et glabres ou grises et tomenteuses, à peine feuilles, nus inférieurement. Lieux secs, découverts et montueux de la France centrale et méridionale, où il est souvent très commun, dépasse un peu la limite des forêts au Canigou. Manque en Corse. Flor., mai-juin.

GENRE IV. — GENÊT. GENISTA. Lin.

Calice persistant, tubuleux, à 2 lèvres non divariquées, dont la supérieure est divisée en deux lobes jusqu'à la base, rinférieure 3-dentée ; étendard étroit, le plus souvent non redressé. Carène droite; style courbé au sommet,

(1) [La forme française rapportée ici à cette espèce en a été séparée par Webb, sous le nom de S. Catalaunicus. Elle existe aussi dans le nord de l'Espagne et se distingue par sa gousse un peu plus étroite pubescente pendant la jeunesse, glabre ensuite, tandis que chez ïarboreus elle reste pubescente, par ses bractéoles plus étroites que le pédicelle. En admettant qu'elle mérite d'être distinguée spécifiquement, c'est dans tous les cas une espèce singulièrement affine du S. arboreus].

PAPIUONACÉES. 97

stigmates obliques. Gousse allongée, comprimée, graines pourvues ou non de caroncules. — Sous arbrisseaux épineux ou inermes, l*3-foliolés, à fleurs jaunes. Bois identique à celui des sarothammes.

A . Feuilles inférieures unifoliolées.

B. Rameaux non épineux.

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