C. Noyaux anfractueux ; drupe glabre ou
veloutée Pécher 2
C\ Noyau presque lisse ; drupe glabre et
luisante, non elïlorescenle Cerisier 3
A'. Feuilles convolulées, c'est-à-dire enroulées suivant leur longueur ; noyau presque lisse.
B. Drupe couverte d'une efïlorescence
glauque Primer 4
B'. Drupe veloutée Abricotier. , 5
136 AMTGDALÉES.
GENRE I. — AMANDIER. ÀMYGDALUS, Toumef.
Drupe oblongue-comprimée, à peine charnue, à noyau sillonné sur les faces ; leuilles condupliquées.
Amandier commun. Amyqdalus communis. Lin.
Feuilles à pétioles glanduleux, oblongues-lancéolées, obtusèment dentées, glabres, luisantes en dessus. Fleurs paraissant avant les feuilles, blanches ou roses, solitaires ou géminées le long des rameaux, subsessiles. Fruit velouté, vert à la maturité, à péricarpe irrégulièrement déhiscent. — Arbre de 8-12 mètres, à branches étalées, produisant chaque année deux générations de ramules nombreux, grêles, droits, flexibles, d'un vert clair et glabres. Originaire du Levant, de l'Algérie (1), où il forme un véritable bois dans les montagnes de l'Ouarensenis ; cultivé comme fruitier dans la région des oliviers et dans celle de la vigne ; subspontané et même assez rarement dans la première. Flor., février-mars. Fructif., aoûtseptembre.
Variétés. L'amandier commun a produit par la culture un
grand nombre de variétés de fruits, doux, amers, à coque dure, à coque molle, etc., dont l'amande seule est comestible et que tout le monde connaît. Bois. Le bois de cet arbre est remarquablement dur,
lourd et plein ; il prend un très beau poli ; mais il est extrêmement raide et fort disposé à se gercer et à se tourmenter. L'aubier est blanc, peu épais, nettement limité ; le bois parfait, brun-marron foncé et veiné, présente souvent cette particularité que la plus forte coloration de chaque couche correspond au bois de printemps. Les rayons sont médiocrement épais et produisent de fines et nombreuses maillures blanchâtres très apparentes. Il pèse 0,933- 1-141 (ColL Éc, For,),
Ce bois est employé en marqueterie ; il est très bon combustible.
^1) fMalirré l'abondance de l'amandier sauvaire en Algérie.
AMYGDÂLÉES. 137
GENRE II. — PÊCHER. PERSICÀ. Toumef.
Drupe globuleuse, charnue, succulente, glabre ou veloutée; noyau fortement anfractueux sur les faces; feuilles condupliquées dans le bourgeon.
Pécher commun. Persica vulgaris. Mill.
Feuilles à pétiole court, non glanduleux, lancéolées, aigument dentées ; fleurs d'un rose vif, paraissant avant les feuilles, solitaires ou géminées le long des rameaux, presque sessiles. Fruit charnu, succulent, jaunâtre, habituellement rouge sur une face, velouté (pêche) ou lisse et glabre (brugnon). — Petit arbre de 4-6 mètres^ à ramules lisses et glabres, effilées, verts ou rougeâtres. Originaire de la Chine ; cultivé en esfjalier ou en plein vent dans toute la France. FJor., mars. Fructif., aoûtseptembre.
Le bois du pécher ressemble beaucoup à celui de Tamandier, mais il est moins lourd, moins dur, moins coloré. Complètement desséché à Tair, il pèse 0,73 (ColL Éc. For,). Il est employé en ébénisterie et en marqueterie.
GENRE m. — CERISIER. CERASUS. Toumef,
Drupe globuleuse, glabre et luisante, sans eiHorescence glauque ; noyau à peu près lisse sur les deux faces ; feuilles condupliquées.
A. Fleurs fasciculées.
6.' Feuilles molles, pendantes, mollement velues en dessous; fruits
doux, sucrés C. Merisier 1
B*. Feuilles fermes, luisantes, glabres ; fruits acides C. a fruits acides. 2
A'. Fleurs en corymbes simples C. Mahaleb 3
A". Fleurs en longues grappes simples. C. a grappes 4
§ I. Fleurs fasciculées,
1. Cerisier Merisier. Cerasus avium. Moench. Pi-unus atîiuwi. Lin. Cerisier des oiseaux ; cerisier des bois ; cerisier sauvage.
AMTGDALÉES.
mais sortant de bourgeons dont les écailles ne deviennent jamais foliacées. Fruits globuleux, d'un rouge clair ou rouge noir, à saveur sucrée. — Grand arbre à tige droite, se prolongeant jusqu'à l'extrémité de la cime qui est pyramidale et dont la ramification peu abondante est formée par des rameaux divariqués-dressés, très souvent subverticillés comme ceux d'un sapin ; à écorce gris-satiné, s'enlevant par lanières circulaires ; à racines pivotantes, médiocrement drageonnantes. Disséminé dans les bois de toute la France, sauf dans la région des oliviers où il ne paraît pas exister à l'état spontané; Algérie, dans la région montagneuse. Flor., avril-mai. Fructif., juin-juillet.
Origine. Malgré quelques opinions contraires, qui assi-
gnent à ce cerisier l'Asie pour patrie, on s'accorde généralement à le considérer comme indigène. Il est disséminé dans la plupart des forêts, mais n'y constitue jamais seul de peuplements étendus. Taille. Le merisier peut, dans de bonnes conditions,
atteindre, vers Tâge de 65-70 ans, 20-23 mètres d'élévation sur l'",5S-2 mètres de circonférence. La Croissance, croissance en est assez active et, vers 40-50 ans, sa tige, à l'état d'isolement, égale au moins celle du hêtre en dimensions et en volume; mais sa cime produit moitié moins de bois de branches, et, passé ce terme, il reste bien en arrière de cette essence.
Enracinement. L'enracinement est puissant, composé de fortes et longues racines plus ou moins profondément enfoncées, quelquefois drageonnantes.
FructificaUon. La floraison est abondante chaque année; mais sa précocité l'expose aux gelées printanières et la fructification n'est pas constante et soutenue. Les
Germination, noyaux, semés dès l'été, germent au printemps suivant. Les jeunes plants se développent avec deux feuilles cotylédonaires entières, lenticulaires, et s'accroissent lentement dans les premières années.
Station et sol. Le cerisier n'est pas exigeant sur le choix du terrain et prospère encore là où d'autres essences languissent ; il préfère néanmoins les terrains frais ou
AMTGDÀLÉE8. 139
légèrement maillé et luisant, avec Taubier blanc, peu épais ; quand on le débite vert, il se colore vivement en rouge ocreux sur la section ; il est tenace, dur et lourd, et peut servir à de menues charpentes intérieures ; mais il s'altère rapidement à l'air. Sous l'action de l'eau de chaux, dans laquelle il est bon de le tenir plongé pendant 3-3 jours, ou de l'acide azotique, il prend une teinte d un rouge assez vif qui rappelle celle de l'acajou. Recevant bien le poli, il est employé par les ébénistes et les menuisiers pour la confection des meubles, surtout par les tourneurs qui en fabriquent des bois de chaises et de fauteuils ; les luthiers et tabletiers en tirent aussi parti : enfin, lorsqu'il est jeune, il fournit de bons cercles. La densité varie de 0,579 à 0,785 (Co//. Éc. For.).
D'après Wemeck, la puissance calorifique du cerisier de 60-80 ans est à celle du hêtre de 120 ans, l'un et l'autre à l'état sec: 78,3: 100 pour des poids égaux. C'est donc un combustible de médiocre qualité.
L'écorce contient 10 p. 100 de tannin, d'après Produits (îassicourt. accessoires.
Le cerisier merisier, fréquemment cultivé comme arbre fruitier, paraît être la souche de tous les cerisiers à fruits doux et sucrés guignes et bigarreaux ; c'est avec ses fruits que l'on fait le kirsch, dont le plus estimé s'obtient avec ceux du type sauvage ou peu modifié, de saveur sucrée-amère.
2. Cerisier à fruits acides. Cerasus acida. G.«:rtn. Prunuê Cerams. Lin,
Feuilles fermes, ovales-oblongues, acuminées, doublement dentées-glanduleuses, toujours glabres, luisantes, à pétiole le plus souvent non glanduleux. Fleurs fasciculées, paraissant avant les feuilles, sortant de bourgeons dont les écailles intérieures deviennent foliacées. Fruits globuleux, déprimés, rouges^ acides. — Arbre peu élevé, de 7-8 mètres, à tête arrondie, branches étalées, rameaux et ramules effilés, étalés
140 AMYGDALÉES.
Ce cerisier, originaire de TAsie-Mineure, a produit de nombreuses variétés ; il est considéré comme la souche de tous les cerisiers à fruits acides, tels que : cerises aigres, griottes, gobets, etc. Le bois est identique à celui du merisier, dont il se distingue par des taches médullaires brunes. {Nordlinger).
§ II. Fleurs en carymbes simples,
3. Cerisier Bfahaleb. Cerasus Mahaleb. Mill. Prumu Mahaleb. Lin. Bois de Sainte-Lucie ; Quénot ; Malagué.
Feuilles pétiolées, ovales-arrondies, courtement acuminées, un peu cordiformes à la base, finement et obtusément dentéesglanduleuses, glabres, fermes, luisantes sur les deux faces, plus claires en dessous. Fleurs paraissant avec les premières feuilles, blanches, très odorantes, disposées 4-6 en corymbes simples, dressés, légèrement feuilles à la base. Drupe petite, ovoïde-globuleuse, de la taille d'un pois, acerbe, noire. — Arbrisseau drageonnant, très rameux, à rameaux nombreux, étalés, dont l'écorce est d'un brun cendré luisant, circulairement zonée. Coteaux pierreux et rocheux des terrains calcaires dans une grande partie de la France. Manque complètement à l'état spontané dans l'Ouest au N. de la Charente-Inférieure, sauf dans la Seine-Inférieure où il est rare, dans le Nord et le Pas-de-Calais et aussi en Corse. Flor., mai. Fructif., juilletaoût.
Taille. Le cerisier mahaleb peut atteindre 3 ou 4 mètres
de hauteur et môme devenir un petit arbre de 10-
Sol. 12 mètres. Malgré ses faibles dimensions et la lenteur de sa croissance, il n'est pas dépourvu d'intérêt par Taptitude qu'il a de, prospérer dans les terrains calcaires les plus secs et jusque dans les fentes des rochers.
Bois. Le bois a les vaisseaux et les rayons fins ; les
premiers, à peine plus gros au bord interne, ont une tendance à se disposer suivant des zones concentriques qui subdivisent chaque couche annuelle. Il est dur, lourd, homogène, blanchâtre dans l'aubier, rougeâtre clair à Tétat parfait; d'un grain très fin et susceptible d'un beau poli ; les accroissements en sont peu distincts. Il a une odeur vive et agréable, qu'il conserve très longtemps et qui le fait reconnaître de suite. Il est employé pour de
AMYGDALÉES. 141
menus ouvrages de tour et d'ébénisterie. Les jeunes rameaux, lorsqu'ils sont droits, sont recherchés pour tuyaux de pipes ; [en Autriche on cultive l'espèce en vue d'obtenir ce produit].
La densité de ce bois varie de 0,836 à 0,842 [Coll. Éc. For.).
§ III. Fleurs en longues grappes simples.
4. Cerisier à grappes. Cbrasus Padus. DC. Prunus Padus. Lin. Putier ; Bois puant.
Feuilles grandes, pétiolées, à pétiole biglanduleux au sommet, obovales-acuminées ; finement et très aigument dentées, non glanduleuses, d'un vert sombre, glabres, un peu rugueuses et non brillantes en dessus, plus pâ es et même glau- ?ues et pubescentes aux aisselles des nervures en dessous, leurs blanches, odorantes, en longues grappes simples, cylindriques, pendantes, feuillées à la base. Drupes globuleuses, de la grosseur d'un pois, noires, acerbes. — Arbrisseau ou petit arbre de 8-10 mètres, à rameaux étalés, peu nombreux, presque verticillés, dont l'écorce, à peine zonée circulairement, est brune ou brun verdàtre. ponctuée de blanc sur les rameaux ; noirâtre, luisante et longitudinalement gerçurée avec Tâge sur la tige ; racines traçantes, drageonnantes. Bois humides du nord, du nord-est, de l'est et du centre de la France, particulièrement sur les terrains siliceux ou granitiques ; devient rare dans le midi ; commun néanmoins dans les Pyrénées; manque en Corse. Flor., mai. Fructif., juin.
Le bois de ce cerisier ressemble assez à celui du Bois, cerisier des oiseaux, mais Taubier en est plus abondant, le cœur d'un rougeâtre plus clair ; il exhale, ainsi que toutes les parties de la plante, surtout à l'état vert, une odeur désagréable.
Il pèse, complètement desséché à Tair, 0,637- 0,693 (Co//. ^c. For.).
On plante fréquemment le cerisier à grappes dans les jardins d'agrément.
GENRE IV. - PRUNIER. PRUNUS. Lin.
142 AMYGDALÉES.
celui des cerisiers par une coloration plus vive, des rayons plus épais, des maillures plus prononcées, une dureté et une densité supérieures.
A. Jeunes pousses glabres.
B. Fleurs fasciculées par 2-5. Fruit globuleux, jaunâtre, de la grosseur d'une prune de reine-claude P. de Briançon. 1
B'. Fleurs géminées ; fruit oblong, rou-
geâtre ou violet P. domestique. . 2
A'. Jeunes pousses pubescentes.
B. Fleurs le plus souvent géminées, à pédoncules pubescents-tomenteux ; truit globuleux, gros comme une prune mirabelle P. sauvage 3
B'. Fleurs le plus souvent solitaires, à
Kédoncules glabres ou à peine puescents ; fruit globuleux, bleuâtre, de la taille d'un pois à celle d'une petite cerise P. épineux 4
1. Prunier de Briançon. Prunus brioantiaca. Vill. Prunier des Alpes.
Feuilles largement ovales, acuminées, subcordiformes à la base, doublement et aigument dentées, luisantes et glabres, pubescentes en dessous sur les nervures ; stipules linéaires, glabres. Fleurs petites, subsessiles, paraissant avant les feuilles, par faisceaux de 2-5, le long des rameaux ; calice glabre en dedans. Fruit ovale-globuleux, jaunâtre clair, acide, de la grosseur d'une petite prune de reine-claude, à noyau presque lisse. — Arbnsseau de 2-5 mètres, recouvert d'une écorce d'un roux-brun, à rameaux étalés, non épineux, ramules lisses, glabres, verdâtres. Commun dans les Alpes, vers 1,500-1,700 mètres d'altitude, particulièrement dans le Briançonnais^ la vallée de l'Ubaye, la Maurienne et le Grésivaudan ; se retrouve dans les Alpes-Maritimes. Flor., mai. Fructif., septembre.
[Ce prunier est utilisé pour la formation de cordons dans les travaux de correction de torrents dans les Alpes.]
On retire des amandes de ce prunier une huile comestible légèrement amère, connue dans le pays sous le nom d'huile de marmotte. La densité au bois est de 0,922 {Coll. Éc. For.).
2. Prunier domestique. Prunus domestica. Lin. Feuilles elliptiques, aigués, crénelées-dentées, pubescentes
sur les deux faces, finalement glabres en dessus, légèrement
AMYGDALÉES. 143
rugueuses ; stipules linéaires, persistantes. Fleurs paraissant avant les feuilles, ordinairement géminées, à pédoncules pubescents; ])étales d'un blanc-verdâtre ; calice velu intérieurement. Fruit oblong, penché, rougeâtre ou violet, à noyau allongé, rugueux. — Arbrisseau ou arbre de 3-7 mètres, à rameaux étalés, ramules dressés, non épineux, ordinairement glabres. Racines traçantes, drageonnantes. Çà et là, haies et bords des bois en France et en Algérie. Flor., mars-avril. Fructif., juillet-septembre.
Ce prunier est très variable [il est originaire d'A- Origine, sie (sud du Caucase, Perse septentrionale, Anatolie], on ne le rencontre à l'état subspontané que dans le voisinage des vergers, jamais dans Tintérieur des forêts. On croit qu'il est la souche des pruniers cultivés à fruits allongés, plus ou moins revenus à leur type primitif par voie de semis naturels.
Le bois de ce prunier est lourd, dur, à grain fin, Bois, et se reconnaît aisément à une coloration prononcée d'un rouge-brun, veiné et nuancé de rouge-cramoisi ou de rouge-violacé. Il est employé pour ouvrages de tour, de menue ébénisterie; il était autreiois très recherché pour la marqueterie. Ses couleurs s'avivent par l'eau de chaux. Complètement desséché à l'air, il a pour densité 0,777-0,886 (Coll. Éc. For.).