D. Laureola L. sp. 510. Daphne lauréole
Fleurs vertes, odorantes, subsessiles, disposées au sommet des rameaux, dans la rosette terminale des feuilles, en petites grappes penchées de 3-8 fleurs ; bractées jaunâtres, concaves, ovales caduques. Périgone glabre, à tube plus long que le limbe, divisé en segments ovales et étalés. Baie ovoïde, noire à la maturité. Feuilles coriaces et persistantes, oblongues lancéolées, atténuées à la base, subsessiles, très-glabres, et luisantes, plus pâles en dessous. Sous-arbrisseau de 0,50-1" de hauteur, à rameaux nombreux redressés, d’un gris jaunâtre, très-souples. La lauréole jouit de propriétés analogues à celles du bois-gentil. FI. mars-avril.
Bois montueux, haies. Fagnolles, Choly, Monbliart, entre Huy et Liége, Awirs.
FAMILLLE XX. — ÉLÉAGNÉES Ros. Brown. prod. 350.
Fleurs régulières, hermaphrodites ou unisexuelles, diclines ou polygames. Fleurs mâles disposées en chaton, solitaires et sessiles à l’aisselle d’une bractée écailleuse ; périgone à 2 folioles libres opposées à l’axe et à la bractée, ou à 4 folioles soudées en tube court à la base et munies intérieurement de 8 glandes, dont 4 sont opposées et dont 4 alternent avec elles; étamines 4-8, dont la moitié alterne avec les divisions périgonales et dont l’autre leur est opposée; filets presque nuls; anthères introrses, biloculaires. Fleurs femelles ou hermaphrodites, à périgone tubuleux, libre, ventru, à limbe régulier, campanulé, 2-4-5 fide, à estivation imbricative; disque manquant quelquefois ou étendu en lame qui revêt le tube périgonal et vient former à la gorge du tube un anneau. Etamines insérées à la gorge du tube et sur le prolongement glanduleux du disque. Ovaire sessile, recouvert par le tube périgonal et entièrement libre , uniloculaire, uniovulé. Ovule renversé, inséré latéralement près de la base de l'ovaire et fixé à un funicule épais et dressé. Style terminal simple, allongé, aplati et stigmatifère sur un seul bord. Fruit indéhiscent, à une graine, recouvert par la base du périgone persistante, gonflée, charnue ou indurée et même presque osseuse, ombiliquée au sommet et nullement adhérente au fruit; épicarpe crustacé-membraneux ou cartilagineux. Albumen charnu. Embryon droit, axile ; cotylédons épais ; radicule dirigée vers le hile.
Bois brun jaunâtre, brun marron, à aubier blanc ou blanc jaunâtre, peu lourd, peu dur. Vaisseaux inégaux, isolés ou à peine groupés; ceux du bord interne assez gros, nombreux, associés à du parenchyme ligneux, formant une zone de tissu mou; décroissants jusqu’au bord externe où ils sont petits, rares, sans parenchyme, irrégulièrement
épars ou disposés entre eux de manière à ébaucher des zones cireulaires concentriques. Rayons fins. Accroissements très-distinets.
Hippophae L. gen. 1106. — Hippophaé,
Fleurs dioïques. Fleurs mâles disposées en châton court; périgone diphvlle ; étamines 4. Fleurs femelles axillaires, solitaires, à périgone tubuleux, à limbe dressé et bifide. Disque nul. Akène recouvert par le périgone devenu bacciforme.
H. rhamnoïdes L. sp. 1452. 7. rhamnoïde.
Fleurs verdâtres, naissant à la base des jeunes rameaux et formant par leur ensemble sur les branches de longues grappes étroites et interrompues. Baies d’un jaune orangé de la grosseur d’une pois. Feuilles lancéolées-oblongues , presque obtuses, entières, d’un vert grisâtre en dessus, d’un gris argenté et parsemées d’écailles rousses en dessous. Ar-brisseaux, quelquefois petit arbre dans les cultures, épineux, très-rameux, à écorce grisatre.
L'hippophae s’observe dans les dunes de la Flandre occidentale, on le propage pour fixer les sables. La souche donne naissance à des drageons qui s'étendent au loin.
FAMILLE XXI. — EUPHORBIACÉES. Juss. gen. 554.
Fleurs unisexuelles monoïques ou dioïques, tantôt pourvues d’une enveloppe florale et alors disposées en glomérules, en épis ou en grappes, tantôt dépourvues d’enveloppe florale et alors réunies dans un involucre commun, une fleur femelle centrale étant entourée de fleurs males réduites à une étamine et simulant par leur réunion une fleur hermaphrodite. Calice nul ou libre à 4-6 divisions à estivation valvaire ou imbricative. Fleurs mâles : étamines en nombre plus petit que les divisions florales, ou les égalant, ou indéfinies ; anthères biloculaires s’ouvrant en long. Fleurs femelles : ovaire sessile ou stipité, libre, à 2-3 loges qui renferment chacun on un deux ovules. Styles en nombre égal à celui des loges, tantôt libres, tantôt soudés. Fruit capsulaire, à 2-5 coques réunies autour d’un axe central et s’ouvrant souvent avec élasticité le long de la nervure dorsale. Graines réfléchies, à test crustacé, munies le plus souvent à l’ombilic d’une coroncule. Albumen charnu ; embryon orthotrope, placé dans l’albumen ; cotylédons plans ou un peu convexes ; radicule dirigée vers le hile,
Buaus Tourner. inst. 545. — Buis.
Fleurs monoïques jamais réunies dans un involucre commun. Calice muni de bractéoles, à 4 sépales inégaux et opposés en croix. Corolle nulle. Fleurs mâles : étamines 4, libres, anthères ovales. Fleurs femelles : styles 5, libres, persistants, épais, canaliculés en dedans; capsule à trois pointes, à 5 valves qui portent au sommet 2 pointes latérales résultant de la division des styles ; ces valves enveloppant trois coques intérieures coriaces et contenant chacune deux graines. Fleurs en glomérules axillaires.
B. sempervirens L. sp. 1594. Buis commun.
Fleurs petites, blanches, fétides, fasciculées à l’aisselle de presque toutes les feuilles dans les rameaux supérieurs. Anthères ovales sagittées. Capsule dure, réticulée à sa surface, ovoïde, à pointes courtes et divergentes. Graines noires, luisantes, oblongues-trigones. Feuilles opposées, persislantes, subsessiles, ovales ou elliptiques, entières, fermes, glabres, d’un vert foncé luisant en dessus, plus clair et presque mat en dessous.
Le bois de buis est un des plus durs et des plus homogènes connus; sou grain est fin, d'un jaune-citron uniforme, se coupe avec une grande netteté dans tous les sens et reçoit au beau poli. Il est recherché des tourneurs, graveurs et fabricants d’instruments de musique. Les feuilles contiennent 2,89 d’azote pour cent de matière sèche.
Bois montueux, rochers, coteaux arides. Vallée de la Meuse; Mariembourg, Dourbes; Chimay, Charleroi, Sous-la-Buissière, Montigny-sur-roc.
FAMILLE XXII. — CUPULIFÈRES, Acm. Ricu. Ann. 52 et 92.
Fleurs monoïques ; les mâles disposées en chatons cylindriques et plus rarement globuleux ; les femelles solitaires ou réunies 2-5,rarement plus dans un involucre, les involueres étant solitaires où groupés, quelquefois disposés en grappes ou renfermés dans un bourgeon écailleux. Fleurs mâles : involucre à 5-6 lobes membraneux et inégaux, muni en dehors et près du sommet d’une écaille bractéale. Etamines 5-56, insérées sur le réceptacle. Fleurs femelles : involucre uniflore, à limbe 3-4 fide ou 5-4 denté. Périgone à tube soudé extérieurement avec l’involucre, et intérieurement avec l’ovaire, à limbe 3-4 fide. Ovaire uniovulé, 4-loculaire à la base, supérieurement uniloculaire et biloculaire. Styles 1-2, très-courts; stigmates 2-4. Ovule dressé ou droit. Involucre fructifère (cupule) trèsaccru, foliacé, coriace ou ligneux, quelquefois hérissé d’épines, renfermant complètement le fruit et s’ouvrant en 4 valves, ou le renfermant incomplètement et alors ne l’entourant quelquefois qu'à la base. Fruit
indébiscent, uniloeulaire par avortement, ordinairement monosperme, à péricarpe coriace ou ligneux, surmonté du limbe du calice ou présentant au sommet une cicatrice qui le représente. Graine suspendue au testa membraneux ordinairement mince. Périsperme nul. Embryon renversé; cotylédons charnus-huileux, bilobés, sinués-mamelonnés. Radieule opposée au hile.
Arbres ou arbrisseaux à feuilles caduques ou marcescentes, plus rarement persistantes, alternes ou éparses, sinuées, dentées, lobées ou incisées, à nervures parallèles simples. Stipules libres, caduques. Chatons paraissant en même temps que les feuilles ou avant les feuilles, terminaux ou latéraux, solitaires ou groupés, dressés, pendants.
Cupule chargée d’épines, renfermant complétement le fruit 2 1 ? Cupule ligneuse ou foliacée ne renfermant jamais complètement Les Fe DELA EN PS AS ASE REA A PAL AB LES LA PE cu NA es D ST
Fruits trigones ; fleurs mâles en chatons globuleux pendants . . Fayus. Fruits arrondis, plans sur une face, convexes sur l’autre ; fleurs mâles en chatons allongés, cylindriques, dressés. . . . . Caslanea.
ou insérees à diverses hauteurs à la partie moyenne d’une
écaille bilobée soudée avec l’écaille bractéale. . 4 Cupule ligneuse; étamines insérées au fond d’un involucre à | 68
divisionsreiliées : : LM ON ANAL TUE NS, A OUR
Cupule campanulée irrégulièrement laciniée-dentée au sommel;
fleurs femelles renfermées dans un bourgeon écailleux . . . Corylus. Cupule unilatérale, trilobée à lobe moyen beaucoup plus grand
que les latéraux; fleurs femelles en grappes munies de brac-
| Cupule foliacée ; étamines insérées à la base de l’écaille bractéale
HORDE S Se de PR RS Si Le ee SES OR RES Fagus (Tourner. inst. 84, t. 551.). — Hétre.
Fleurs monoïques : les mâles en chatons globuleux, longuement pédoneulés, à écailles très-petites et caduques. Écaille bractéale campanulée; 5-6 divisions. Étamines 8-12 insérées au fond du périgone, sur un disque glanduleux, exsertes ; anthères biloculaires. Fleurs femelles 1-5, renfermées dans un involuere urcéolé subquadrilobé et soudé extérieurement à de nombreuses bractées linéaires et inégales. Périgone à tube soudé avec l’ovaire, et à limbe libre allongé et lacinié. Ovaire trigone, à 5 loges uni-biovulées. Styles 5, filiformes, stigmatifères. Involucre fructifère bte) capsuliforme, ligneux, à 4 valves, chargé d’épines molles ou coriaces (extrémité libre des bractées) renfermant complètement 1-5 fruits. Ceux-ci trigones, surmontés par les divisions piliformes du périgone, à une et rarement deux graines; péricarpe coriace, velu intérieurement. Cotylédons charnus, irréguliérement plissés en dedans, fortement cohérents.
Bois lourd, dur, à tissu fibreux dominant, associé à du parenchyme ligneux disséminé; vaisseaux égaux, petits, isolés, régulièrement disséminés, si ce n’est au bord externe où ils deviennent rares ; rayons inégaux, les uns larges, indéfinis, peu hauts, assez espacés, les autres très-fins, invisibles à l’œil nu. Couches régulièrement circulaires, concentriques, légèrement rentrantes au passage des gros rayons.
F. sylvatica L. sp. 1416. Hètre des bois, H. commun. — Beukenboom.
Arbre à écorce lisse, blanchâtre ou grisâtre. Feuilles pétiolées, ovales ou ovales oblongues, courtement acuminées, entières ou sinuées denticulées sur les ?/3 supérieurs ou même fortement et largement dentées ; ciliées sur les bords, glabres, d’un vert clair, brillant et presque semblable sur les deux faces, minces et coriaces; nervures médianes et nervures secondaires saillantes en dessous; celles-ci simples, parallèles, au nombre de 6-8 paires; les unes et les autres garnies, dans le premier âge, de longs poils soyeux (1). Pétioles et pédoncules pubescentssoyeux. Bourgeons fusiformes allongés, pourvus d’écailles nombreuses, imbriquées , presque distiques. La hauteur à laquelle le hêtre peut atteindre est d'environ 40 mètres, cependant il est rare d’en voir d’aussi élevés; son tronc varie en grosseur à l’âge de 5 à 400 ans entre cinq et six mètres de circonférence. Nous en avons mesuré plusieurs sur les bords du canal de Willebrouck, non loin du passage du chemin de fer de Bruxelles à Gand, qui avaient en moyenne 5,50 à 5,40 et dont l’âge était environ de 115 à 120 ans.
La tige toujours droite et bien cylindrique se maintient jusqu’à l'extrémité lorsque l’arbre s'est développé en futaie serrée; mais quand il se développe isolément ou en avenue, son tronc se ramifie à 10 ou 15 mètres en quatre ou cinq fortes branches qui prennent une direction étalée-ascendante, qui forment une tête ample, ovoïde ou arrondie suivant la distance qui existe entre les arbres.
Les pousses de l’année sont d’un vert olivâtre, couleur qui se maintient jusqu’au moment où des lichens viennent lui donner une couleur grisatre.
L’écorce dépourvue de son épiderme montre extérieurement une légère couche de suber, sous laquelle se remarque l’enveloppe herbacée recouvrant une couche de liber. Ces trois zones conservent pendant toute la vie de l’arbre leur principe vital; jamais il ne se développe
(1) Dans le Fagus syluatica les nervures supérieures d’une feuille correspondent aux dents, les autres aux sinus. Cette observation faite par M. A. De Candolle se trouve consignée dans les extraits des actes de la société helvétique des sciences naturelles, session du 22 août 1864, à Zurich.
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de périderme externe et par conséquent absence de rhytidome ou écorce morte. L'écorce s’élargit par l’interposition de nouveaux tissus. Certaines grandes cellules de la couche herbacée s’incrustent de substances minérales et deviennent en quelque sorte pierreuses.
Les bourgeons sont fusiformes, très-allongés, très-pointus, glabres et luisants. Ils se développent en très-grand nombre, mais beaucoup ne donnent naissance qu'à des pousses très-courtes, portant des feuilles qui semblent fasciculées. Ce mode de développement permet aux rameaux du centre de la cime, ainsi qu’à ceux qui prennent naissance sous le couvert, de produire un grand nombre de feuilles.
Les feuilles du hêtre produisent sur des sujets de 50 ans et à l’hectare, annuellement 11,600 kil. à l’état vert; 5,100 kil. desséchées à Pair; 4.560 kil. desséchées à 60°. Elles se décomposent lentement.
La fructification du hêtre ne commence que vers l’âge de 60 à 80 ans en massif, à 40-50 ans quand il est isolé. Les fainées abondantes n’ont lieu que tous les 5-6 ans.
La faine est d’une conservation très-difficile, même jusqu'au printemps suivant, il vaut mieux la semer à l’automne ou la stratifier. Le kilogramme en contient environ 5,500.
Le graines semées peu de temps après la récolte germent de bonne heure au printemps. La tigelle pousse environ sur une longueur d’un diamètre environ et présente deux cotylédons repliés irrégulièrement les uns sur les autres, se développant en deux larges feuilles opposées, charnues, réniformes, entières, vertes en dessus, d’un blanc soyeux en dessous.
Les premières années les jeunes plantes croissent lentement, environ un décimètre de hauteur annuellement; mais passé 5 ans, il prend son essor. Vers 40-50 ans, il parvient à son maximum d’allongement annuel; à 100 ans, l’arbre ne s’accroit plus sensiblement en hauteur. Les couches ligneuses sont 2-5 fois plus épaisses vers le sommet qu’à la base; c’est ce qui est cause que le tronc du hêtre a un diamètre qui varie peu de la base au sommet.
L’enracinement du hêtre est peu profond; il dépasse rarement 50 centimètres. Pendant les premières années le pivot s’allonge sans se ramifier ; mais au bout de 5 à 4 ans quelques racines latérales se développent et alors le pivot s’arrête dans son développement. Chez l’arbre complètement développé le volume de la racine est à celui de la tige et de la cime comme 1 : 5 environ.
Le bois est blanc quand on le coupe; il devient rougeâtre à l'air et passe au gris rougeâtre clair et uniforme lorsqu'il est sec; l’aubier est blanc. 11 a peu de souplesse, se tourmente et se gerce aisément, est sujet à la vermoulure et ne prend pas un beau poli ; soumis à des alternatives de sécheresse et d'humidité, il se conserve peu longtemps, mais il acquiert assez de durée sous l’eau où dans les lieux constamment humides.
La densité est très-variable; on peut donner comme moyenne le chiffres suivants :
Coupé en sève 0,822 à 1,04.
Desséché à l'air 0,64 à 0,84.
L'emploi le plus important du hêtre est de servir de combustible. Sa puissance calorifique a été prise pour unité par les principaux auteurs qui se sont occupés de cette matière, non qu’elle soit la plus élevée car celle du charme et du sorbier la surpassent, mais parce qu’elle est la mieux connue.
Le fruit du hêtre renferme dans sa graine une huile grasse, très-bonne pour la table et peu colorée, qui a le mérite de se conserver pendant plusieurs années sans roussir. Les graines, depouillées de leur enveloppe donnent de 15 à 17 °} de leur poids d’huile.
Bois, futaies, forêts, haies et pares de tout le pays.
Observation. Nous avons remarqué dans un bois à Peuthy (Brabant), un certain nombre de hêtres qui se feuillaient quinze jours plus tard que les autres bien que tous étaient plantés en drève et étaient par conséquent dans une même situation.Nos observations ont été faites pendant plusieurs années et toujours avons-nous vu ces mêmes retardataires. De Poederlé signale le même fait.
C'astanea Tourner. Inst. 584, t. 552. Chalaignier.
Fleurs monoïques. — Les mâles en glomérules entourés d’écailles et disposés en longs chatons filiformes interrompus. Écaille bractéale profondément 5-6 partite. Étamines 8-15, insérées à la base du périgone sur un disque glanduleux, exsertes ; anthères biloculaires. Fleurs femelles et parfois hermaphrodites entourées d’un involucre campanulé, uni-triflore, soudé extérieurement à de nombreuses bractées linéaires. Périgone à tube soudé à l'ovaire, à limbe supère et 5-8 fide. Étamines 5-12, ordinairement avortées. Ovaire à 5-6 loges uniovulées ou biovulées. Style très-court, stigmates en nombre égal à celui des loges. Involucre fructifère capsuliforme, ligneux, chargé d’épines subulées, fasciculées et divergentes, renfermant 1-5 fruits et s’ouvrant en 4 valves. Fruit (chataigne) ovoïde-trigone, subanguleux, à une graine, à péricarpe coriace. Cotylédons volumineux, charnus, farineux, plissés, fortement cohérents, recouvrant la radicuie.
Bois à tissu fibreux serré et à parois épaisses, subdivisé, dans chaque couche, par du parenchyme ligneux, en zones concentriques mal circonscrites et peu apparentes; vaisseaux inégaux, gros dans la zone interne, petits et groupés en lignes rayonnantes flexueuses, quelquefois rameuses, dans la zone médiane et externe. Rayons médullaires trèsminces.
C. Vulgaris Lam. dict. 1. 708. C. Vesca GarrTN. fruct. 4, p. 181. Faqus castanea L. sp. 1416. Chätaignier commun. — Oprechte kastanie-boom.
Arbre atteignant souvent de très-grandes dimensions, à branches étalées, à végétation très-rapide particulièrement depuis sa jeunesse jusque vers 50-60 ans ; doué d’une très-longue longévité.
Feuilles pétiolées, longues d'environ 2 décimètres, oblongues-lancéolées, acuminées, bordées de fortes dents cuspidées, qui correspondent aux nervures ; fermes, glabres et luisantes sur les deux faces ou pourvues en dessous, dans la jeunesse, de poils raides, appliqués ; d’un vert plus foncé en dessus qu’en dessous; à nervure médiane et nervures secondaires saillantes en dessous, ces dernières droites, simples, parallèles, nombreuses. Bourgeons n’offrant que deux écailles à l’extérieur, glabres, courtement ovoïdes, obtus, d’un vert jaunâtre.
Croissant isolément il forme une tête très-large, tandis qu’en massif la tige s'élève droite et à une grande hauteur pour se ramifier comme celle de nos chênes.
Le système radiculaire consiste en un pivot assez allongé et de nombreuses et fortes racines latérales.
L'écorce sur les jeunes pousses est d’un brun olivâtre, marquée de lenticelles allongées. Plus tard elle devient d’un gris argenté assez semblable à celle du chêne et reste lisse et brillante jusqu’à 15-20 ans. Vers cet âge un périderme interne s'organise par plaques dans l’épaisseur des feuillets du liber et repousse ceux-ci au dehors, sous forme de rhytidome épais, persistant, largement et profondément gereuré en longueur, de couleur brune assez foncée, qui rappelle complètement celui des vieux chênes.
La fructification du châtaignier varie suivant les endroits ou il croit et suivant les expositions. Isolé il peut commencer à donner quelques fruits vers 25 à 50 ans; cependant nous en avons vu porter fruit bien avant cet âge mais d’une manière très-irrégulière. En massif la fructification est plus lente.
Les cotylédons sont hypogés et se pourrissent après avoir été épuisés. Les feuilles chez la plante d’une année sont semblables à celles qui se développeront plus tard. La végétation est rapide dès les premières années quoique la reprise des replants soit assez lente.
Le châtaignier repousse très-bien de souche jusqu'à un âge assez avancé, il donne naissance à jets d’une végétation extraordinaire.
Le châtaignier n'existe en Belgique qu’à l’état subspontané. Il préfère les terrains siliceux. En France il n’est spontané que dans le midi et le centre.
Le bois est de même couleur que celui du chène; l’aubier en est également blanc et nettement tranché ; il a le même grain, les mêmes tissus,
mais non les rayons médullaires; les siens sont très-minces et par conséquent il n’est jamais maillé.
Le bois pèse, vert, 0,84; desséché à 60°, 0,58. Celui d’une tige de 70 ans, provenant de la Corse, a donné, complètement desséché à l’air,0,65.
Le châtaignier a une grande importance par son bois employé à différents usages, et surtout par son truit qui, dans plusieurs parties de la France, constitue la nourriture principale et quelquefois unique du pauvre. En Belgique, il n’a qu’un intérêt forestier; on le cultive en raspe dans les terrains siliceux et là où des sujets forts donnent du fruit il est loin d’avoir les qualités des belles variétés qui nous viennent du Luc.
Comme bois de chauffage, il parait inférieur au chêne avec lequel il partage l'inconvénient de pétiller au feu et de produire un charbon qui noircit rapidement.
Quercus Tourner. inst. 852, t. 549. — Chêne.
Fieurs monoïques. Fleurs mâles en châtons filiformes, interrompus, sans écailles bractéales. Involucre à 6-8 divisions inégales, ciliées. Étamines 6-10, insérées à la base du périgone sur un disque glanduleux, exsertes ; anthères biloculaires. Fleurs femelles solitaires, au centre d’un involucre accressent et composé de bractées écailleuses, imbriquées et soudées en une cupule. Tube du périgone soudé à l'ovaire; limbe supère, à 6 divisions ou obscurément denticulé. Ovaire à 5-4 loges biovulées ; style court, épais; stigmates en nombre égal à celui des loges. Cupule indurée-ligneuse, entourant seulement la partie inférieure du fruit, à bractées soudées dans presque toute leur longueur ou libres et étalées au sommet, molles et jamais épineuses. Gland ovoïde ou oblong, ombiliqué au sommet et mucroné par le limbe périgonal et le style, uniloculaire, à une graine par avortement; péricarpe coriace, luisant. Cotylédons plans-convexes, charnus-farineux, recouvrant la radicule.
Bois dur et lourd, d’un brun fauve à aubier blanc, en général nettement circonserit. Tissu fibreux, très-serré, à parois épaisses, de consistance presque cornée, partagé en zones concentriques, crénelées par du parenchyme ligneux, féculifère, de couleur plus claire. Vaisseaux inégaux; gros et serrés dans le bois de printemps, décroissant jusqu’au bois d'automne où ils sont petits et peu abondants ; rarement presque égaux ; groupés avec du parenchyme suivant des lignes rayonnantes ondulées. Rayons médullaires inégaux, les uns épais, longs ou indéfinis, hauts, assez espacés, produisant de larges moulures nacrées quand le débit du bois est fait dans une direction convenable; les autres très-petits et serrés. Canal médullaire pentagonal.
Pédoncules fructifères presque nuls ou à peine égaux aux pétioles ;
feuilles manifestement pétiolées. . . . . . . . . . Q.sessiliflora. Pédonceules fructifères cinq à six fois plus longs que les pétioles ;
feuilles très-brièvement pétiolées ou sessiles . . . . . . Q.pedunculata