‹ Flore forestière de BelgiqueChapitre 37 sur 47 · pedunculata Euru. are. n° 77. Chène pédonculé · texte numérisé non relu

pedunculata Euru. are. n° 77. Chène pédonculé

Arbre élevé à cime composée de quelques grosses branches principales plusieurs fois coudées. Feuilles brièvement pétiolées ou subsessiles, obovales, oblongues, se retrécissant insensiblement jusqu’à la base, toujours formée de deux petites oreilles échancrées et contournées ; sinueuses au pennatilobées, à lobes entiers, irréguliers, arrondis, obtus, mutiques; de consistance herbacée, d’un vert clair mat ou à peine luisant en dessus, un peu glauques en dessous, toujours entièrement glabres sur les deux faces, même aux aisselles des nervures. Fruits agrégés ou épars vers le sommet d’un long pédoncule cinq à six fois plus long que le pétiole. Cupule hémisphérique, plus ou moins embrassante, à écailles planes-apprimées, relativement peu nombreuses, largement triangulaires et émoussées à l'extrémité, brunes et glabres ou très-faiblement et courtement grisätres-tomenteuses. Glands ordinairement ovoïdes.

Bois.

Les deux espèces que nous venons de décrire étaient considérées par Linné comme ne constituant qu’un seul et même type. Cette manière de voir est celle que M. Gay a développée dans son beau travail sur les chênes (1), et M. Alph. Decandolle, dans son étude sur

(1) Ann. des se. nat., série 4, v. 6.

l'espèce à l’occasion d’une révision de la famille des Cupulifères (1), arrive aux mêmes conclusions que M. Gay. « Le travail minutieux, dit M. Alph. Decandolle, auquel je me suis livré sur les formes des chênes, m'a causé sur un point une véritable satisfaction, celle d’être arrivé par une voie lente, mais précise, à l’opinion de Linné touchant l'unité spécifique de notre chêne commun, Quercus robur (2. »

Si nous ne nous sommes pas rallié à la manière de voir de MM. Gay et Decandolle, ce n’est pas que nous soyons bien édifié sur les deux formes spécifiques que nous avons admises; au contraire, nous reconnaissons avec ces auteurs la difficulté de trouver des caractères fixes alors que l’on compare entre eux un grand nombre d'échantillons récoltés sur un même sujet ou sur des sujets différentss mais des études plus complètes nous sont commandées avant de formuler notre opinion qui penche du reste beaucoup vers celle des deux auteurs cités.

Les caractères que l’on peut tirer de la longueur des pétioles pour distinguer les Quercus sessiliflora et pedonculata sont de bien peu de valeur. Ainsi, sur un même rameau de Q. pedunculata avons-nous observé à la base des feuilles manifestement sessiles ; tandis qu’au sommet le pétiole acquérait une longueur de 8 à 10 millimètres ; au contraire, chez le Q. sessiliflora, nous avons constaté des pétioles variant entre 1 et 5 centimètres. Cette dernière remarque est du reste conforme à ce que dit M. A. Decandolle « rien de .plus commun dans les chênes que la variation de 1 à 5 dans la longueur du pétiole sur le même rameau'5). »

Nos échantillons d'herbier n’ont fait que confirmer, en partie, une autre assertion de M. De Candolle qui dit que « sur une dizaine d’échantillons en fruits du Quercus robur pedunculata var. vulgaris, un varie de 6 lignes à 18; sur deux échantillons de la variété sessiliflora ambigua, l’un varie de 2 à 7 lignes, l’autre de 5 à 9; sur 25 échantillons de la variété sessiliflora communis, un varie de 5 à 10 lignes ; sur 20 de la variété sessiliflora lanuginosa un varie de 2 à 8 lignes, un autre de 0 à 6 lignes (4). »

Voilà donc les caractères de longueur des pétioles et des pédoncules, considérés comme propres à limiter les deux formes, qui varient singulièrement de l’une à l’autre.

Ce ne sont pas ces deux seuls caractères qui varient dans les deux formes qui nous occupent. M. Mathieu dit: « Il est impossible de se figurer les innombrables modifications du chène rouvre (l’auteur admet les deux espèces) suivant les climats, les expositions et les sols, si on ne

(1) Bibl. univ. Arch. des sc. phys. et nat. de Genève, liv, de novembre 1862. (2) Ibid. p. 25.

(3) Ibid., liv. de novembre 1862, p. 8.

(4) Ibid., p. 14.

les a observées soi-même avec attention et sur une grande échelle. Elles offrent, principalement sur les terrains secs et calcaires, une véritable anarchie. Les inflorescences, les cupules, les glands, les feuilles et jusqu'aux écorces présentent successivement des caractères qui, dans bien des genres, seraient, sans contredit suffisants pour distinguer des espèces nouvelles ; mais ici leur inconstance est telle et ils se fondent si bien les uns dans les autres qu’il a été impossible, jusqu’à présent, de les employer utilement, même pour reconnaitre les variétés avec une certitude suffisante (1). »

Une forme remarquable, très-voisine du @. sessiliflora, est le Q. pubescens Willd. considérée par certains auteurs comme espèce et par d’autres comme simple variété du Q. sessiliflora. On la rencontre dans certaines parties du Hainaut, quoique rarement, et M. Crepin l'indique dans la province de Namur. Elle se distingue à ses feuilles tomenteuses sublaineuses dans le jeune âge et plus ou moins pubescentes en dessous à l’âge adulte.

Suivant M. Mathieu (2) le bois du Q. sessiliflora est un peu plus lourd que celui du chêne pédoneulé et sa puissance calorifique est également un peu plus considérable. D'après Hartig la pesanteur du bois de chêne est très-variable ; elle est en moyenne de 0,925 à l'état vert; 0,786, desséché à l'air; 0,596, complétement desséché à l’étuve.

L’écorce, chez nos chènes, présente un liber qui s'accroit activement pendant toute la vie et vers un certain âge il se produit dans ses feuillets extérieurs des lames nombreuses de périderme qui déterminent la mort de l'enveloppe subéreuse et de la couche herbacée et forment un rhytidome épais, noirätre, plus ou moins profondément et largement gercuré.

Les chiffres suivants donnent une idée générale de la teneur en tannin des écorces et de quelques autres organes des chênes.

L'écorce entière d’un vieux chêne (Q. pedunculata) . 6,5 p. °l LP ah 4 (D 0 RNA ER AlT CRT ONE A UE 4 DedberincEt cu ér Que Ole: LOI OT ME Le liber d’un jeune chêne . :. . . : . . . 16 Es noix detpalle tot -#1eutrert A0 URL NME RUE 26

1 faut suivant Hermbstaedt pour tanner 0,50 kil. de peau desséché :

kil 3,27 de jeune écorce.

2,02 de fruits.

2,58 de feuilles.

Les glands, semés à l'automne, germent au printemps en quelques semaines. La radicule apparaît la première sous forme d’un long pivot

(1) Flore forestière, p. 342 et 245.

(2) Marmeu, F1. forestière, p 24.

simple qui s'enfonce dans le sol; 8 jours après seulement la jeune tige se dégage et s'élève dans l’air en produisant immédiatement des feuilles alternes et caractéristiques ; les cotylédons sont hypogés. Le jeune chêne peut acquérir à la fin de la première année 1-2 décimètres de hauteur.

La racine, chez les vieux chênes, est constituée par un pivot, plus 6 à 8 ramifications, lesquelles finissent par l'emporter sur le pivot qui ne tarde pas à s'arrêter dans sa croissance.

Les souches, même âgées, se maintiennent longtemps; elles donnent pendant une longue suite d’années des rejets vigoureux. Le bois de souches et de racines, en coupant à 0,50 du sol, est de 14-17 °}, du volume total.

La puissance calorifique du bois de chêne est à celle du hêtre comme 85 : 100. La vieille écorce, au contraire, a une puissance calorifique trèsélevée, qui est à celle du bois de hêtre comme 108 : 100.

Le charbon de chène est estimé; il est en poids à celui du hêtre comme 91 : 100.

Les glands sont très-recherchés des pores; aussi dans les localités où les bois de chênes existent, a-t-on soin d’y mener ces animaux pour se repaitre de ces fruits. Depuis plusieurs années les glands toréfiés ont été conseillés comme succédané du café.

Corylus. Tourner. inst. t. 547. Coudrier.

Fleurs monoïques; les mâles en châtons cylindriques, compactes, à écailles en bractéoles imbriquées. Étamines 6-8, insérées à diverses hauteurs à la partie moyenne d’une écaille bilobée qui est soudée endehors avec l’écaille bractéale correspondante ; filets très-courts ; anthères unilobées, barbues au sommet, s’ouvrant par une seule fente longitudinale. Fleurs femelles renfermées dans un bourgeon écailleux, à écailles entières, les écailles inférieures du bourgeon stériles, les supérieures fertiles, donnant chacune naissance à un ou deux involucres à leur aisselle. Involucre uniflore ou biflore, accrescent, velu, campanulé, irrégulièrement bi-trilobé, à lobes laciniés. Calice à tube soudé avec l'ovaire, à limbe très-petit, denticulé. Ovaire à deux loges uniovulées; styles 2, filiformes, à surface stigmatifère. Cupule foliacée, un peu charnue à la base, campanulée dans sa partie inférieure, ouvert et irrégulièrement lacinié-denté au sommet, contenant un seul fruit. Fruit (noisette) ovoïide ou oblong, uniloculaire et monosperme par avortement; péricarpe ligneux, lisse, à endocarpe fibreux. Graine à testa membraneux, mince, présentant d’un côté les fibres rameuses du raphé et de la chalaze. Cotylédons plans d’un côté, convexes de l’autre, débordant la radicule.

Bois entièrement blanc, semblable à celui du charme, mais demidur et demi-lourd seulement avec des zones ligneuses, régulièrement

circulaires. Fibres entremélées de cellules ligneuses, abondantes. Vaisseaux égaux, petits, disposés en séries rayonnantes de 2-16, à peu près uniformément répartis ou un peu plus serrés dans la zone interne. Rayons médullairesinégaux ; les uns très-fins, les autres gros et bauts, formés de rayons très-minces, alternant avec des lames de tissu fibreux, dépourvues de vaisseaux. On remarque souvent au milieu de ce bois de petites trainées d’un tissu cellulaire, particulier, rougeûtre.

C. Avellana L. sp. 1417. Coudrier noisetier. — Hazelnoteboom ou Hazelaar.

Arbrisseaux rameux dès la base, dont les jeunes pousses sont hérisées de poils glanduleux, rougeâtres. Bourgeons courts, ovales-arrondis, presque obtus, recouverts de plusieurs écailles imbriquées-spiralées , un peu frangées sur les bords. Feuilles pétiolées, obovales-orbiculaires, dont la plus grande largeur correspond au 5/4 de la longueur, brusquement acuminées , cordées à la base, doublement dentées, quelquefois sub-trilobées au sommet, vertes, presque concolores, couvertes sur Îles deux faces, dans la jeunesse, de longs poils mous; à peu près glabres plus tard, si ce n’est aux aisselles inférieures, à nervation habituellement formée de six paires de nervures pennées. Chatons mâles, sessiles, pendants, commençant à paraitre à la fin de l’automne avant la chute des feuilles, et se développant aux premiers jours du printemps, avant l'apparition des feuilles.

F1. janvier-avril. Fr. fin de septembre. — Bois, haies.

Le coudrier peut atteindre 4 à 5 mètres d’élévation et forme ordinairement un gros buisson dont les maitresses branches finissent par se couronner. Des jets droits, vigoureux, et très-allongés se développent de la souche ou de la racine. Si on a soin de les couper on peut obtenir des noisetiers à tige et formant petit arbre dont la tête est très-étalée.

La fructification a quelque importance vers l’âge de dix ans, mais les sujets ne donnent une abondante récolte qu'à la condition que l'air et le soleil puissent les frapper de tous côtés ; en massifs, il n'y a que les pieds de Ja lisière qui donnent du fruit d’une manière normale; ceux du centre ne fructifient que tous les 5-4 ans.

L’enracinement chez la jeune plante consiste en un pivot, qui est couvert de chevelu et qui s’allonge jusqu’à l’âge de trois ou quatre ans; passé cette période, il se développe plusieurs racines latérales dont l’une d’elle prend le dessus.

L’écorce, sur les jeunes branches, est d’un gris mat, puis d’un brun rougeñtre, marquée de lenticelles assez abondantes, couverte de finesmembranes qui proviennent de l’exfoliation de l’enveloppe subéreuse. Cette écorce devient ensuite d’un gris argenté rougeûtre et reste lisse,

en présentant une disposition à s’enlever par lanières circulaires comme celle des cerisiers. On y trouve alors les trois zones : enveloppe subéreuse, couche herbacée et liber. Ce n'est qu'à un âge avancé qu’il se développe un périderme intérieur, résistant, dans les feuillets du liber et que celui-ci repousse au dehors, forme un rhytidome gerçuré écailleux, que l’on n’observe habituellement qu’à la base des plus vieux pieds. Cette écorce contient 2,70 ‘/, de tannin.

Le bois de noisetier pèse 0,92 à l’état vert; 0,545 à l’état sec. La puissance calorifique, mesurée par l’eau évaporée, est à celle du hêtre comme 90 : 100.

Le noisetier mérite peu de figurer dans la liste des essences forestières, bien que des observations précises aient montré que son produit en matières ligneuses est assez considérable dans les terres qui lui conviennent. On ne le voit guère composer de petits bois, et d’un autre côté il est peu avantageux comme raspe et en mélange, parce qu’il ne supporte que difficilement le couvert des arbres touffus.

On l'utilise pour confectionner des cercles qui sont de bonne qualité. On en fait également des meubles rustiques dont la conservation est prolongée.

L'aspinas L. gen. n. 1075 part. — Charme.

Fleurs mâles en chatons cylindriques, à écailles bractéales imbriquées. Étamines 6 à 15 ou plus, insérées à la base de l’écaille braétéale ; filets très-courts ; anthères unilobées, barbues au sommet, s’ouvrant par une seule fente longitudinale. Fleurs femelles en grappes munies de bractées petites caduques qui donnent chacune naissance, à leur aisselle, à deux involucres pédicellés. Involucre uniflore, foliacé, accrescent, trilobé. Calice à tube soudé avec l'ovaire, à limbe denticulé. Ovaire à 2 loges uniovulées ; styles 2, filiformes, à surface stigmatifère, sondés à la base. Capsule foliacée-mambraneuse, veinée, réticulée trilobée, à lobe moyen beaucoup plus grand que les latéraux, embrassant le fruit qu’il cache en dehors. Fruit ovoïde-comprimé, marqué de côtes longitudinales, surmonté du limbe du calice, uniloculaire-et monosperme par avortement : péricarpe ligneux. Cotylédons plans d’un côté, convexes de l’autre, débordant la radicule.

Arbre plus ou moins élevé, à bois dur, lourd, compacte, entièrement blanc. Tissu fibreux homogène, fortement épaissi, entremélé de cellules ligneusces ; vaisseaux presque égaux, petits, disposés 2-7 en séries rayonnantes, à peu près uniformément répartis, si ce n’est sur la zone externe où ils manquent. Rayons médullaires inégaux.

C. betulus L. sp. 1416. Charme commun, charmille. — Haagbeeck ou Wielboom. |

Arbre plus ou moins élevé à branches étalées, à écorce d’un gris cendré, lisse, très-mince, à tige peu régulière, creusée longitudinalement de larges cannelures arrondies peu profondes ; bourgeons ovoïdesaigus. Feuilles pétiolées, ovales ou oblongues, aiguës ou acuminées, arrondies ou un peu cordées à la base, doublement dentées, peu luisantes, glabres et vertes en dessus, d’un vert un peu plus pâle et faiblement pubescentes près des nervures en dessous ; limbe paraissant gaufré entre les nervures secondaires qui sont saillantes, droites, parallèles, au nombre de 10 à 15 de chaque côté. Chatons paraissant en même temps que les feuilles ou un peu avant les feuilles. Chatons mâles pendants, latéraux, ordinairement solitaires, portés sur les rameaux de l’année précédente. Les femelles solitaires, terminant les rameaux de l’année précédente, un peu lâches et pendantes à la maturité.

La fructification commence vers l’âge de 20 ans; elle est parfois trèsabondante.

Il faut 25000 à 50000 glands de charme pour un kilog. Semés en automne, quelques-uns de ces fruits germent au printemps suivant, la plupart à celui de la seconde année.

Le jeune charme paraît avec deux feuilles cotylédonaires ovales, entières, un peu charnues, très-faiblement pétiolées. La végétation est lente.

L’enracinement est très-variable. Le jeune plant a une forte racine pivotante dont l'importance est en raison de l’ameublissement du sol. Plus tard des racines latérales l’emportent sur le pivot qui ne tarde pas à s'oblitérer. Le bois de souche et des racines équivant à 20-24 °/, du bois superficiel.

Le bois de charme est très-facile à reconnaitre à ses accroissements irréguliers, flexueux, à sa couleur blanche, à son poids, à sa dureté; seul parmi les bois durs, il présente des rayons trés-prononcés dans le sens de la fibre ligneuse. Il est plus lourd que le hêtre dans le rapport de 119 : 100; desséché à l’air, il pèse, en moyenne, 0,696.

La valeur calorifique du bois de charme dépasse celle du hêtre de 3, 5°. Il n’est pas employé comme bois de construction vu son peu de durée ; il est excellent pour le charronnage, pour les mécaniques. Dans la carbonisation du bois de charme sec, on a obtenu un charbon qui faisait 50, 2 °/, du volume et 51 */, du poids du bois employé.

Le feuillage est recherché par le bétail et peut rendre des services dans certains cas. D’après Hartig, l’hectare, à 12 ans, peut en donner près de 16,000 kil. à l’état vert, qui se réduisent à 4,100 kil. par la dessication à l’air. Son écorce peut être utilisée pour la teinture en jaune et même pour le tannage des peaux. Les glands contiennent une huile douce qui rappelle, au gout, celle de la noisette.

Bois, haies, Flor. Avril-Mai. Fruit. Juillet-Août.

FAMILLE XXII. — SALICINÉES. Acu. Riom. élem. bot. éd. 6, p. 626.

Fleurs dioïques, les mâles et les femelles solitaires à l’aisselle de bractées, disposées en chatons cylindriques, plus rarement oblongs. Ecailles entières, incisées ou laciniées. Disque persistant réduit à une ou deux glandes nectarifères occupant la base des organes sexuels (Salix) ou en forme de capsule entourant l’ovaire ou donnant insertion aux étamines (Populus). Fleurs mâles : Étamines 2-12 ou plus; filets filiformes, libres ou soudés dans une étendue variable; rarement deux étamines soudées dans toute leur longueur; anthères bilobées, à lobes paralièles s’ouvrant longitudinalement. — Fleurs femelles : calice nul, ovaire sessile ou pédicellé, non soudé avec le disque, uniloculaire ou incomplètement biloculaire; placentas pariétaux, linéaires, courts; ovules nombreux, ascendants, réfléchis; style indivis, quelquefois presque nul; stigmates 2, émarginés, bifides ou bipartites, plus rarement entiers. — Fruit petit capsulaire, ovoïde-conique ou fusiforme, polysperme, à déhiscence loculicide, s’ouvrant du sommet à la base en 2 valves qui s’enroulent en dehors et portent les graines à leur base.

Graines très-petites, ascendantes, à testa membraneux, entourées de longs poils soyeux ascendants qui naissent au niveau du hile. Périsperme nul. Embryon droit à cotylédons oblongs, plans d’un côté, convexes de l’autre. Radicule dirigée vers le hile.

Arbres ou arbrisseaux. Feuilles caduques, alternes ou éparses, entières ou dentées, rarement lobées, pétiolées ou atténuées en pétiole; stipules libres, foliacées ou membraneuses, persistantes ou caduques, souvent nulles. Chatons paraissant en même temps que les feuilles ou avant les feuilles, naissant de bourgeons particuliers, solitaires, sessiles ou terminant des ramuscules latéraux.

Ecailles des chatons entières. Disque réduit à 1-2 glandes;

ébamines 2-54 Din TER AE AE An Br PES 7 rrr Ecailles des chatons incisées ou laciniées. Disque en forme de cupule;; étaninesSan12 00 NE LOTS SES Do ri ae

Saliæx Tourner. inst. t. 564.

Chatons cylindriques ou ovoïdes, redressés, paraissant avant ou avec les feuilles; écailles à bords entiers, offrant à leur base interne 1 ou 2 glandes ; 2-5 étamines libres ou soudées plus ou moins complètement entre elles, à anthères biloculaires, ou 1 ovaire libre, sessile ou pédicellé, surmonté d’un style allongé ou presque nul et de 2 stigmates entiers ou bifides. Arbrisseaux, sous-arbrisseaux ou arbres à feuilles allongées, entières ou dentées, à bourgeons revêtus d’une seule écaille, complètement embrassante et close de toutes parts, laineuse intérieurement.

Bois mou, poreux, léger, blanc ou rougeñtre. Tissu fibreux à fibres larges et à parois minces, mêlé de parenchyme ligneux dispersé et sans relations avec les vaisseaux. Vaisseaux dominants, presque toujours isolés ou rarement groupés 1-5 ensemble, uniformément répartis. Rayons très-minces, égaux. Canal médullaire pentagonal. On observe cà et là de petits amas de tissu cellulaire, qui forment des taches ou lignes brunes disséminées.

Les Saules de la Flore belge forment une série d'espèces qui, de la taille d’un petit buisson à branches étalées sur le sol, s'élèvent aux dimensions d'un grand arbre.

Leur écorce présente dans son organisation d’assez nombreuses modifications, suivant les espèces que l’on observe. Tantôt le liber s’accroit avec activité; des lames de périderme s'organisent dans ces feuillets extérieurs, font périr et tomber l'enveloppe herbacée et donnent naissance à un vhytidome brun, persistant, longitudionalement gercuré. Cette modification peut se produire de bonne heure et constituer une écorce épaisse, largement crevassée, rappelant celle du chêne ou du tilleul, ou ne survenir qu'à un certain âge et former une écorce plus mince, plus superficiellement gereurée. Tantôt, au contraire, leliber ne se développe qu'avec lenteur et emploie 5-4 ans pour organiser une seule de ses couches; il ne devient plus le siège d’une formation péridermique interne et l'enveloppe herbacée qui le recouvre reste toujours vivante. Deux cas se présentent alors : vers 8-10 ans, il se forme un périderme dans l'épaisseur du parenchyme vert et lécorce, lisse et gris-verdâtre jusque-là, s’écaille en lames à peu près comme celle du platane, ou bien le périderme reste toujours superficiel, l'écorce, semblable à celle du hètre, s’épaissit peu et se maintient unie jusqu'à un âge avancé.

La coloration de la jeune écorce varie singulièrement chez une même espèce, le Marceau, par exemple.

La végétation des Saules est excessivement rapide pendant les premières années, mais se ralentit de bonne heure.

La plupart des espèces ont une racine plutôt traçante que pivotante.

Le bois des Saules est mou, léger et la plupart du temps il est impossible de le distinguer spécifiquement; il est tantôt blanc (Saule fragile, viminal, etc.), tantôt rougeûtre (Saule blanc, Marceau, cendré, etc.).

Les Saules fournissent un médiocre combustible qui brüle trèsrapidement avec une flamme vive et claire, mais en produisant un coup de feu d’une haute température.

L'écorce est riche en principes astringents et dans les contrées du nord de l’Europe, où le chène fait défaut, on l'utilise pour le tannage. On peut aussi en extraire des matières tinctoriales jaunes,

rouges, brunes ou noires; enfin elle contient une essence oxygénée amére, cristallisable, la Salicine, qu'on a essayée, mais sans grands succès, comme succédané de la quinine.

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