PINS A DEUX FEUILLES
Pin sylvestre (Pinus syh'estris).
Caractères du pin sylvestre (P. syhestris). — Arbre de grande taille, atteignant 3o°^ à f[0^ de hauteur.
Feuilles un peu glauques, de 5'^'^ à 6^™ de longueur, fasciculées par deux dans les gaines.
Cône conique, mat, à écussons plans ou prolongés sur la partie supérieure du cône en pyramides étalées ou légèrement réfléchies à faces concaves.
Maturation bisannuelle.
Graines largement ailées, petites (5°^^^ à 6°^°^ de long).
Enracinement variable avec le sol, mais généralement superficiel.
Essence de lumière. Tempérament robuste.
Couvert léger.
Croissance rapide.
Essence prenant son maximum de dimensions, en France, vers loo à I20 ans et souvent s'altérant au cœur vers i3o à lOO ans.
Aire géographique, climat, station. — Climat tempéré. Altitude de 4oo"^ à 5oo^ en moyenne en France. On le trouve dans les Vosges, le Plateau Central, les Alpes, les Pyrénées.
On peut le rencontrer en Europe depuis l'Espagne jusqu'en Norvège, aux Balkans, en Sibérie orientale, dans le Caucase et le Turkestan.
La surface considérable de son aire explique la diversité de ses races, et la variabilité des qualités de son bois.
Sols. — Le pin sylvestre n'aime pas, en général, les sols calcaires.
C'est la moins exigeante de toutes les essences, en ce qtii concerne la nature minéralogique du terrain, l'eau et l'inimus.
C'est aussi la plus rustique : elle réussit sur tous les sols même les plus pauvres, sur les sables purs, aux expositions les plus chaudes, en plaine ou eu coteau.
Races. — Il faut distinguer plusieurs races de pin sylvestre, intéressantes à étudier; nous citerons :
G FLORE FORESTIKRE GENERALE DU GLODE.
10 Le pin sylvestre commun de Haguenau [P. s. Haganensis).
11 possède les caractères du type commun de plaine. Il réussit sur tous les sols, mais préfère ceux qui sont un peu frais. Les plus mauvaises terres lui conviennent, pourvu qu'elles soient assez profondes. Les terrains même tourbeux ne lui so-.it pas nuisibles.
-2^ Le pin sylvestre de Riga (P. s. Rigensis).
Tronc très droit et très élancé, atteignant quelquefois plus de 3o^ de hauteur. Excellent pin de mâture.
Écorce presque lisse, rougeâtre.
Branches peu développées.
Feuilles courtes.
Cônes à écailles fortement mucronées.
Jeunes plants ayant en hiver, sur la face supérievire des feuilles, une teinte jaunâtre caractéristique, nullement due à un état maladif.
3° Le pin sylvestre d'Ecosse {P. s. Scotica).
Fût également très droit. Cime assez large.
Extrêmement rustique. Race voisine de la précédente,
4*^ Le pin sylvestre d'Auvergne {P. s. Arvernensis).
C'est une race spontanée dans le Velay et le Forez, à fût très droit, vigoureux, élancé. Elle est constituée de manière è résister à la neige et aux vents violents; la tige ne s'écrase pas et ne se courbe pas en montagne comme celle du pin sylvestre de plaine ou de Haguenau. C'est une variété d'élite qu'il importe d'introduire dans le Plateau Central, entre 6oo°^ et 1/400°^ d'altitude.
Les caractères généraux de ce pin comparé au pin sylvestre de plaine sont les suivants :
Pin sylvestre de plaine. Pin sylvestre d'Auvergne.
Ramification.
\ à angle aigu avec le tronc. à angle droit avec le tronc et
/ moins fournie.
i longucs,larges, d'un bleu glauque, courtes, étroites, vertes, formant
Feuilles | des plumets à lextrémité des
' rameaux.
( allongés. globuleux, avec les écussons des
Cônes écailles rabattus comme chez le
' pin à crochets.
I région supérieure de teinte saii- région supérieure couleur ocre
■gçpyçç I monée ne tranchant pas nette- clair, tranchant nettement avec
j ment avec le rhitidome épais le rhitidomc écailleux blan-
' inférieur. châtre du bas de la tige.
Bois. — Le pin sylvestre possède un aubier blanc el un bois parfait rougeâtre, 1res distincts l'un de l'autre.
Le bois parfait est seul utilisable pour l'industrie.
Sa densité varie de o,4o5 à 0,828 suivant les provenances.
Les canaux résinifères sont très nombreux; ceux qui sont longitudinaux sont î«rès visibles.
Produits. — C'est un excellent bois de mâture.
Le bois du Nord, qui a des qualités exceptionnelles, est débité en madriers c en planches pour la menuiserie.
On utilise le pin sylvestre pour les étais de mines, les poteaux télégraphiques, les perches à houblon, les traverses de chemins de fer.
GYMNOSPERMES OU RESINEUX. 7
Il pourrait donner une bonne pâte à papier; mais, jusqu'à présent, les taches de résine, qui subsistent après la préparation, ont fait restreindre la fabrication aux papiers d'emballage. Nous avons indiqué le moyen pratique de se débarrasser de cette résine, en traitant la libre de bois par ralcool dénaturé ou bien par la vapeur d'eau et la soude.
Le chauffage et le charbon fournis par le pin sylvestre sont supérieurs à ceux du sapin, du mélèze et de l'épicéa; ce chauffage est spécialement recherché par la boulangerie ; on écorce le bois pour faciliter ?a conservafion.
Le gemmage a été tenté en Sologne; mais la quantité de résine extraite n'est pas suffisante pour une exploitation rémunératrice.
De la distillation des souches on peut retirer une sorte de goudron, constitué par la résine mélangée aux produits de la distillation.
Emploi cultural. — Le pin sylvestre est précieux pour le reboisement des sols les plus maigres.
On peut l'employer soit seul, soit en mélange avec le pin maritime. Dans ce dernier cas, le pin maritime ayant tout d'abord une croissance plus rapide que le sylvestre, c'est sur ce maritime que l'on fera porter les jDremières éclaircies.
Le pin sylvestre, étant une essence de lumière, pousse bien en plein découvert; on l'utilise, en montagne notamment, pour introduire le sapin pectine dans sa station; il fournit au sapin, essence d'ombre, le couvert indispensable pendant les premières années.
Il est aussi très utile pour la constitution des peuplements de chêne. Sous son couvert léger, le chêne s'installe facilement, et ses jeunes plants sont ainsi protégés contre le soleil et les gelées.
Insectes nuisibles. — Peuvent s'attaquer aux feuilles les chenilles des espèces suivantes :
Sphinx du pin, Noctuelle pitiiperde, Lasiocampe du pin, Liparis Moine, Bombycex pinivore. Géomètre du pin, Lydes bleue et champêtre, Lophyre du pin.
UHylobe du sapin et le Pissode noté sont des coléoptères s'en prenant aux jeunes tiges et aux rameaux.
Fréquemment, un petit coléoptère, VHylésine piniperde, suit le canal médullaire des jeunes pousses.
Dans les bourgeons et les jeunes pousses on peut voir les chenilles des Pyralcs des pousses et des bourgeons, et de la Pyrale double.
Entre l'écorce et le bois se tiennent parfois les larves apodes de plusieurs espèces d'Hylésine, ou bien celles du Bostriche sténographe.
L'intérieur du bois peut contenir le Bostriche liséré, cfui trace de petites galeries noirâtres, et le Sirex jouvenceau, dont les larves creusent des galeries irrégulières et arrondies.
Au collet des jeunes plants, la larve apode de VHylobe du sapin peut creuser des galeries isolées et irrégulières.
Les insectes que nous venons d'énumérer s'attaquent à toutes les espèces du genre pin.
Pin de montagne iPinus monta na Mill.).
Caractères du pin de montagne. — Arbre pouvant atteindre 20™ à 20°^ de hauteur sur i"^,io à i'^,3o de circonférence à la base.
La variété principale, le pin de montagne à crochets {P. uncinata Ram.), a les feuilles un peu moins longues que celles du pin sylvestre et recourbées le plus souvent en crochets,
La cime n'est généralement pas étalée comme celle du pin sylvestre; il a l'appa-
8 FLOIVE FOnESTlERE GENKUALE DU GÎ.Or.i:.
rence d'un candélabre, les branches de la base étant recourbées vers le haut, et 'constituant des sortes de tiges secondaires qui entourent la tige principale: il en résulte que la neige n'est pas retenue sur les rameaux; de plus, les deux feuilles étant écartées l'une de l'autre contribuent encore à la laisser passer.
Les cônes très petits ont S'""- à li.""' de longueur sur 2"^™ à 2"^"*, 5 de largeur; ils sont luisants, ovoïdes; les écussons de la partie supérieure du cône sont prolongés en p^Tamides épaisses, réfléchies, pourvues d'un mucron avec une pointe aciculaire (crochet).
Aire géographique, climat et station. — ■ Essence des climats secs et froids.
On la trouve partout en montagne, en France, entre 1200™ et 2200™ d'altitude dans les Alpes, entre 1200™ et 25oo™ dans les Pyrénées. Elle occupe la zone immédiatement supérieure à celle du pin sylvestre.
Elle s'étend sur les montagnes de l'Europe centrale et occidentale, depuis l'Espagne et l'Italie jusqu'en Allemagne et aux Carpathes.
Sols. — Le pin de montagne pousse bien dans tous les sols, même dans les terrains constamment humides; on le trouve sur les sommets des Vosges et du Jura en terre tourbeuse et même marécageuse.
Races. — Outre la variété à crochets (P. uncinata), on'doit citer deux autres variétés intéressantes :
Le pm chétif {Pinus pumilio Haenke), arbrisseau de 2°^ environ de hauteur, à écussons munis d'un ombilic un peu enfoncé et excentrique ;
Le pin Mugho {Pinus Mughus Willd.), arbrisseau traînant des Alpes orientales de Carinthie et du Tyrol, à écussons marqués d'une carène transversale tranchante et d'un ombilic central épineux.
Bois. — ■ Bois analogue à celui du pin sylvestre du Nord, c'est-à-dire à aubier blanc et cœur rougeâtre.
Densité variant de 0,441 ^< o,6o5.
Croissance lente mais égale jusqu'à un âge avancé; par suite accroissements annuels minces et constants.
Produits. — • Bon bois d'industrie.
Très bon chauffage.
Facile à travailler et apte à la fente.
Térébenthine trop fluide pour faire l'objet d'un gemmage rémunérateur. Dans l'Europe centrale, cette térébenthine est souvent utilisée en médecine populaire sous la dénomination de Baume des Carpathes.
Emploi cultural. — • Le pin de montagne est excellent pour les reboisements sur tous les sols de montagnes, à toutes les expositions, entre 1600™ et 2000'" d'altitudf.
Il résiste admirablement aux froids les plus rigoureux et à la neige qu'il laisse passer entre ses feuilles et ses branches.
Son utilité est remarquable pour créer des rideaux d'abri aux grandes altitudes et pour relever la limite supérieure de la végétation forestière.
Pin laricio (de Corse), Pinus laricio {Corsica).
Caractères. — Le pin laricio (de Corse) ou laricio proprement dit constitue, par ses caractères physiques et végétatifs, ime espèce véritable tout à fait difl'orente du pin laricio noir, ou pin noir d'Autriche. Ce pin laricio proprement dit est im bel arbre pouvant atteindre l\5^^ de hauteur sur 5^ de circonférence à la base.
GYMNOSPERMES OV RESINEUX. 9
Tige plutôt cylindrique que conique.
Couvert très léger.
Enracinement généralement faible, d'abord pivotant, puis traçant.
Longévité très grande. Le maximum de ses qualités est atteint vers 200 à 3oo ans.
Feuilles fasciculées par deux, longues de lo"-' ù lo'"', d'un vert foncé.
Cônes luisants, d'un jaune roussàtre, étalés, de 5'"* ù 8"*" de longueur sur 3' "' environ de largeur.
Graines petites, ovales, aiguës à la base, de 5°''^^ ù 7""^ de longueur, munies d'une aile de 10"^"^ à 20"^°^
Aire géographique, climat, station. — Climat tempéré.
Altitudes de 800"^ à 1 5oo"'* en Corse,
On trouve cette essence dans toute l'Europe centrale et australe, jusque dan? TÂsie occidentale, particulièrement en Espagne, en Corse, en Calabre.
Sols. — Le Laricio est, comme le Sylvestre, de préférence calcifuge, mais il peut réussir sur certains sols calcaires des Alpes et de la Champagne pouilleuse.
Il affectionne les terrains argileux, graveleux, un peu frais, résultant de la décomposition des granités, et de préférence les terres siliceuses profondes.
Races. — Parmi les variétés, il faut citer les suivantes :
Le pin laricio de Calabre {Piniis laricio calabrica), arbre de première grandeur, à tronc droit, à tête pyramidale bien fournie, croissant sur tous les sols, même sur les calcaires secs, remarquable par sa cime étroite, allongée, aiguë, par ses feuilles ténues et longues, par les écailles et apophyses de son cône plus allongées que dans le type ordinaire.
Le pin laricio des Pyrénées (Pinus laricio pyrenaïca), qui se distingue par ses feuilles peu épaisses, disposées en plumet vers le bout des jeunes pousses, et qui est excellent pour le reboisement des montagnes calcaires des Pyrénées.
Le pin laricio des Géhennes ou de Saltzmann [Pinus laricio cebennensis, vel Saltzmanni, vel Monspeliensis), arbre peu élevé, à jeunes pousses jaunâtres, à feuilles fines et souples, longues de 12'™ environ, à cônes un peu plus gros, longs de 8"", à cime diffuse étalée et à branches liorizontales sur des sols calcaires peu profonds, mais reprenant en bon sol profond la cime pyTamidale aiguë du laricio de Corse.
Le pin laricio de Caramanie (Pinus laricio caramanica Spach, vel païlasiana Endl.), arbre petit, mais à branches très fortement développées dans le sens latéral, à feuilles épaisses, de 12*^'° de longueur, à cônes moins gros que le précédent, habitant les montagnes calcaires de la Tauride,
Bois. — Aubier blanc, abondant, de qualité inférieure.
Bois parfait de couleur variant du rouge rosé au rouge brun.
Canaux résinifères bien ^^isibles.
Tissus imprégnés d'une quantité considérable de résine.
Croissance lente.
Longévité très grande.
Il faut 200 à 000 ans poiu* produire assez de bois parfait.
Mais ce bois est trop chargé de résine, à fibres trop courtes, trop lourd pour qu'il puisse être utilisé comme mâture.
Densité variant de 0,014 à 0,891.
Produits. — Il donne im bon bois de construction et de travail, d'excellentes traverses, des échalas et des i:>erches, du bois de chauffage un peu inférieur à celui du pin sylvestre.
On a essayé le gemmage du laricio; mais en raison de sa lente croissance, il ne
lO FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLOBE.
donne qu'un rendement insuffisant. De plus, les défauts des bois gemmés en général ont encore accentué les siens : croissance plus lente, bois plus lourd, plus fragile, plus difficile au débit.
Emploi cultural. — Essence très améliorante pour le sol, en liaison de l'abondance de ses feuilles et de ses détritus.
Utile à employer dans les reboisements exposés à la dent du lapin qui attaque rarement les jeunes plants.
Pin noir d'Autriche (Pinus laiicio austriaca vel nigricans)
Caractères, — Essence de grande taille, à fût moins élancé et moins élevé que le pin laricio de Corse, introduite en i834 en France et naturalisée.
Feuilles généralement raides et droites dès le jeune âge, d'un vert sombre presque noir, au lieu d'être étalées, frisées et d'un vert simplement foncé comme chez le laricio de Corse.
Branches longues et fortes, horizontales, donnant à la cime une forme arrondie, déprimée au sommet à l'âge adulte.
Couvert épais.
Cônes d'environ 5''" de longueur seulement.
Racines latérales vigoureuses pénétrant entre les fissures des roches.
Espèce très rustique, et à tempérament robuste.
Aire géographique, climat, station. — Climat tempéré.
Altitudes de aSo"^^ à i3oo™.
Arbre constituant de vastes forêts dans les montagnes de Styrie, de Dalmatie, de Hongrie, de Croatie, et en Autriche, au sud de Vienne, où il est gemmé, et où il se régénère naturellement, notamment dans le W ienenvald.
Sols. — Le pin noir est de préférence calcicole, aimant les sols calcaires, légers, secs, pierreux ou fissurés, contenant au moins 5 pour loo de carbonate de chaux.
Bois. — • Végétation plus rapide et accroissements annuels plus larges que chez le laricio de Corse.
Bois noueux et difficile à ti^availler. A l'état vert il pèse 0,900; après dessiccation complète 0,572.
Produits. — Le pin noir fournit de menues charpentes, des perches et du bois de travail qui est inférieur à celui du pin sylvestre, en raison de son manque de ténacité et d'élasticité.
Chauffage de qualité inférieure.
Le gommage, qui est pratiqué aux environs de Vienne, donne moins de térébenthine que le pin maritime.
Emploi cultural. — - Il est excellent pour le reboisement des rochers calcaires fissurés et des sols calcaires les plus arides, jusqu'à 1200^^ et même i4oo°^ d'altitude dans les Alpes françaises.
Il possède une grande vigueur, une remarquable rusticité; sa transplantation est plus certaine que celle du laricio de Corse.
Son enracinement puissant lui permet de constituer des rideaux d'abri contre les vents. C'est à ce titre qu'il peut être employé utilement pour reboiser les falaises calcaires.
Contrairement au laricio de Corse, le pin noir est exposé à la dent du la^nn.
Ses feuilles et ses détritus abondants en font mie essence particulièrement améliorante.
Exploité à courte révolution, il fournit, grâce à la raj^idité de sa croissance, une énorme quantité de chauffage.
GTUNOSPëRMES ou RESlNEf X. I I
Pin rouge {P. mbra Michx. vel resinosa Soland.).
Caractères. — Grand arbre, à écorce d'un brun rouge; il peut atteindre 3o™ de hauteur.
Tronc droit et uni; branches fortes, étalées ou pendantes et relevées à leur extrémité, constituant d'abord une large pyramide, puis formant à l'âge adulte une cime arrondie.
Feuilles fasciculées par deux, rarement ternées, finement denliculées, canaliculées, longues de 12"" à i5'"'", d'un vert foncé, luisantes, minces, molles et flexibles.
Chatons mâles cylindriques, d'un brun rosé, de 2'°^ de longueur environ.
Cônes petits, ovoïdes, nombreux, de 4'"'" à 5"" de longueur sur 3"" de diamètre, obliquement dressés, brièvement pédoncules; écailles d'un gris cendré ou rougeâtre, à protubérance centrale petite, enfoncée, non mucronée.
Graines très petites et mouchetées.
Rustique.
Voisin du pin laricio, mais ayant les feuilles plus minces et les cônes plus petits.
Aire géographique, climat, station. — C'est une essence de l'Amérique du Nord, habitant toute la Nouvelle-Angleterre, jusqu'au Minnesota, spécialement la Pensylvanie et la région voisine du lac Saint- Jean.
Sols. — Sols pauvres. Plaines sablonneuses. Terrains secs. On le trouve aussi èur la tourbe.
Bois. — Bois rouge pâle, d'un gi^ain fin, léger, dur, avec aubier mince jaunâtre et souvent presque blanc. Très résineux, très solide, très durable.
Produits. — Bois très apprécié dans les constructions et les ponts, employé dans les pilotis, la fabrication des mâts et des chevrons. Ecorce parfois utilisée pour le tannage des peaux. On retire de ce pin, spécialement de ses racines, par combustion à l'étouffé, une résine estimée pour le goudronnage des vaisseaux.
Emploi cultural. — - Essence utilisable en Amérique pour le reboisement des collines sèches.
En Europe, ses plants sont délicats.
Pin densiflore (Pinus densijlora Sieb.).
Caractères. — Arbre moyen, de i5™ à 20°^ de hauteur, très commun dans tout îe Japon.
Tronc droit, lisse, à écorce rouge d'ocre, se détachant par plaques, à branches «talées, grêles, verticillées par 3 à 4.
Feuilles fasciculées par deux, longues de 12'""^ à 10"" environ, d'un vert sombre.
Chatons mâles de 5"'" à 7' "' de longueur.
Cônes petits de 3'™ à 4"" de longueur sur 2"™ à 3'"' de largeur.
Graines petites, anguleuses, mouchetées.
Aire géographique. — Habite le Japon entier.
Reste chétif et végète très lentement en Europe, probablement en raison de i'état hygrométrique insuffisant.
Pin des temples {Pinus Thunhergii Parlât, ^el Massoniana Endl.).
Caractères. — Grand arbre atteignant 3o™ de hauteur au Japon, sa station naturelle.
Ecorce grise.
«i FLOI\E FOBESllliRE GENERALE DU GLOBE.
Branches étalées, dressées, parfois tordues et pendantes.
Feuilles par deux, longues de lo*^™ environ, raides, droites et quelquefois 1 ordues.
Chatons mâles cylindriques, arqués, longs de ^"'^ à 3'"'":
Cônes obliquement pendants, ovoïdes, petits, longs de iV" à o"" à écailles larges de i'="', minces, avec une apophyse peu saillante, pourvue au centre d'un petit mucron obtus.
Graines très petites de o™'^^ euA iron de longueiu". surmontées d'une aile elliptique de i5™™.
Aire géographique. — Tout le Japon,
Sols. ■ — Pousse dans les sols les plus secs, notamment dans les sables, à la condition de trouver une atmosphère humide.
Affectionne le climat maritime.
Emploi cultural. — - Très utilisé comme brise-vents et pour reboiser les sables des dunes.
On le plante liés fréquemment autour des temples et des sépultures, où il se luêle, parla laille, aux formes les plus diverses, comme avissi à la nanification.
Sa végétation est ordinairement trop lente pour qu'il soit utilisé comme essence forestière proprement dite.
Pin de Banks (Piniis banksania Lambert).
Caractères. — • Arbre de taille peu élevée, dépassant rarement lo™ de hauteur, mais de dimensions très variables avec le sol et le climat, en un mot très plastique.
Branches courtes, horizontales ou ascendantes,
Ecorce d'un rouge brun foncé.
Feuilles fasciculées par deux, ordinairement longues de 2"" à 4*^"» épaisses, raides, canaliculées en dessus, aiguës, d'un vert foncé.
Chatons mâles d'un jaune brunâtre, subcylindriques.
Cônes abondants, petits (2'"\5 à 5"" de longueur), ordinairement disposés par paires, d'un gris cendré, souvent opposés, très durs, ayant l'apparence de petites cornes, persistants, et ne laissant échapper leurs graines qu'après plusieurs années; les écailles ont une apophyse peu saillante présentant au centre une petite dépression discolore.
Graines très petites, d'un brun noir, côtelées.
Aire géographique, climat, station. — Habite l'Amérique du Nord, du Canadaau Maine. En Europe, craint les sécheresses de Vêlé.
Sols. — Croît sur des sols quelconques, sableux ou marécageux, même rocheux, sur les terrains les plus arides situés en haute montagne.
Bois. — Sa croissance est très prompte dans la jeunesse, ci se ralentit ensuile. Son boiô est léger, à grain serré, d'un brun clair avec aubier épais presque blanc» En Californie le pin de Banks arrive à de grandes dimensions.
Produits. — Aux Etats-Unis on le débite en madriers pour le pavage des quais. On l'utilise pour les clôtures des chemins de fer, quelquefois pour les traverses et les poteaux télégraphiques.
Emploi cultural, — Petit arbre précieux par sa reprise facile et par les services qu'il pevit rendre dans le reboisement des sols les plus pierreux et les plus pauvres en montagne comme en plaine. Résiste bien aux froids, mais les grandes sécheresses d'été en font périr un certain nombre; en France il donne des résultats iïiférieurs à ceux du pin sylvestre.
r.YMXOSPEllMi:S ou IlKSiXliLX. I3
Pin d'Alep (Pùms halepensis Ait.)
Caractères. — Arbre de port et de taille très variables suivant le climat et le sol, atteignant au maximum i5"^ à 20°* de hauteur, branchu et feuille dès la base jusqu'à 12 ans environ, puis formant une tige grêle, flexucuse, à cime étalée, avec des branches redressées au sommet.
Vers l'âge de 5o ans, il ne dépasse pas, généralement, i:i"^ environ de hauteur sur I™ de circonférence à la base.
Feuilles fasciculées par deux, quelquefois trois, quatre ou cinq, de 6 ™ à 17'™ de longueur, minces, d'un vert foncé.
Chatons mâles par 3o à 4o, disposés en faisceaux rougeâtres.
Cônes luisants, de 8"=" à i^"^"^ de longueur sur 3"" à o''"*' de largeur, d'un roux vif, pendants, à écussons presque plans, transversalement et finement carénés, avec au centre un petit mucron discolore.
Graines petites et brunes, à aile longue de 2'""', 5.
Essence de lumière.
Enracinement variable, tantôt pivotant, tantôt traçant, suivant les terrains.
Aire géographique, climat, station. — Région méditerranéenne, du Portugal en Egypte et au Caucase.
Climats chauds.
Pousse bien en France sur les collines calcaires du Midi, de la Idéditerranée à la Durance, où sa croissance est rapide jusque vers l'âge de 20 ans.
Il s'élève, dans le bassin méditerranéen, jusqu'à 1000°^ d'altitude environ.
Sols. — C'est un pin de préférence calcicole, aimant les terrains calcaires légers et secs; il pousse sur les sols les plus pau\Tes, presque dépourvus de terre végétale, même sur les rochers, à toutes les expositions; il résiste aux vents les plus violents, en se couchant dans le sens de leur direction.
Bois, — Bois blanc, à cœur d'un jaune clair. Canaux résinifères gros, apparents, assez espacés. Densité variant de 0,082 à 0,866.
Produits. — Le bois est de qualité médiocre.
Cependant on peut remployer pour la menue charpente, la menuiserie commune, les pilotis, les traverses de chemins de fer, les sciages de caisses d'emballage, le merrain qu'on utilise dans la fabrication des tonneaux destinés au transport des matières sèches telles que les phosphates.
Chauffage assez apprécié.
Gemmage donnant de bons résultats dans la région d'Oran.
Ecorce réduite en poudre très utilisée pour le tannage, et employée aussi en émulsion à chaud pour préparer une solution qui sert à la conservation des filets de pêche.
Emploi cultural. — Excellente essence pour le reboisement des sols calcaires les plus ingrats du bassin méditerranéen, jusque vers 1000°^ d'altitude, à toutes les expositions, et dans toutes les régions tempérées chaudes, notamment en Algérie.
Pin doux ou pin jaune (Pinus mitis Mich\,).
Caractères. — Grand arbre atteignant 3o*" à tiO^ de hauteur, à branches étalées, à rameaux grêles.
Feuilles fasciculées par deux et souvent par trois, de 4""" à 8 ™ de longueur, ^ssez fines, cou^Tant les jeunes rameaux, irrégulièrement triquètres, canali: ilccs
à leur face supérieure, à gaines courtes, nulles ou presque nulles sur les vieilles feuilles.
Chatons mâles oblongs, à anthères rosées.
Cônes petits, ovoïdes, de 4"" à 6'™ de longueur sur 2'™ à S"^"» de largeur, avec des écailles petites ayant une apophyse peu saillante ellipsoïde et portant au centre un mucron aciculaire.
Graines petites avec une aile de 12^^^ de long.
Aire géographique, climat, station, — Etats de l'Est de l'Amérique du Nord, du Canada jusqu'à la Géorgie, surtout du Nouveau-Jersey jusqu'en Floride, dans le Texas, l' Illinois.
Sols. — De préférence les sols sablonneux.
Bois et produits. — Le bois a un grain très fin et est employé à de nombreux ouvrages. C'est un vrai pitchpin que les Etats-Unis expédient en grande quantité en Europe.
Emploi cultural. — Essence ayant en Amérique une grande valeur forestière. En Europe, les essais faits jusqu'à ce jour n'ont donné qu'un arbre à végétation lente, capricieuse, et de faible durée.
Pin maritime (Pinus maritima Lamk, vel Pinaster Soland.).
Caractères. — Arbre de grande taille, à croissance très rapide, pouvant atteindre 3o™ de hauteur sur 4™ à 5"* de circonférence à la base, très résineux, à tronc droit, à écorce roussâtre, à branches nombreuses, étalées inférieurement, dressées supérieurement.
Feuilles par deux, longues de 10"" à 20'^", aiguës, arrondies sur le dos, planes ou canaliculées à la face interne.
Chatons mâles en épis lâches, cylindriques, longs de 5'™ environ.
Cônes gros, arrondis à la base, aigus au sommet, longs de io"="' à i5'='", larges de gcci ^ ^tm^ ^ écailles fortes, d'un roux clair, luisantes, à écussons pyramidaux., très saillants, aigus, transversalement carénés, avec un mucron discolore de même forme que l'écusson qu'il prolonge.
Graines brunes, ovales, longues de 8°^°^ à cj^^, surmontées d'une aile lancéolée.
Enracinement très développé, à la fois pivotant et traçant, tout indiqué pour la fixation des dunes.
Aire géographique, climat, station, — Région méditerranéenne, de l'Espagne jusqu'en Asie-Mineure, en Corse et en Algérie.
Essence des climats chauds et maritimes.
En France, régions du Sud-Ouest : de Bayonne aux Sables-d'Olonne, notamment dans les Landes et la Gironde.
Ses altitudes varient de o"^ à 1000^1 (jusqu'à i3oo"i dans la région de Grenade^
Introduit en Bretagne, dans le Perche, en Sologne où il a gelé pendant lo rigoureux hiver de 1879- 1880.
Sols. — Essence essentiellement calcifuge, se trouvant cependant très bien sr.r certains terrains calcaires ameublis et plus ou moins modifiés.
Aime les sols profonds, meubles et frais; réussit même sur les sables les plus arides, à la condition que le sous-sol possède, même profondément, une certaine fraîcheur.
Bois. — Aubier blanc.
Bois parfait variant du rougeâtre clair au rouge brunâtre.
Accroissements annuels épais et très visibles.
OVMN'OSPERMES OL' RÉSINEUX. l5
Nombreux et gros canaux résinifères, soit longitudinaux, soit rayonnants. Densité, à l'état de dessiccation, variant de o,524 à 0,769.
Produits. — Bois utilisé comme charpentes, traverses, poteaux télégraphiques, pilotis, échalas, madriers, planches, caisses d'emballage.
Bon chauffage, mais ayant l'inconvénient d"éclater au feu et de projeter des étincelles; employé dans les fours de boulangers, mais moins avantageusement que le pin sylvestre qui donne plus de braise.
Le principal produit du pin maritime est la résine, obtenue par le gemmage, qui a fait la fortune des Landes. Le procédé consiste à pratiquer sur l'arbre, en commençant par le pied, des entailles rectangulaires dites quarres, qui entament l'aubier sur environ lo""'" de largeur. A la base de la quarre on applique de petits réservoirs mobiles recueillant la résine. Toutes les semaines la quarre est rafraîchie par le piquage, et portée progressivement jusqu'à 3°* à 4°^ de hauteur.
On gemme du i5 février ou i5 novembre.
On pratique deux ou plusieurs quarres, suivant la vigueur de l'arbre.
Si le pin doit être exploité prochainement, on le gemme à mort, en le taillant sur toutes les faces à la fois.
Le pin gemmé a une croissance moins rapide que le pin non gemmé; mais son bois a une durée et une résistance plus grandes, et l'aubier possède alors les mêmes qualités que le bois parfait.
Le gemmage a été tenté en Sologne; mais la température de la région et le degré d'insolation ne permettent pas d'obtenir la résine en assez grande abondance.
Les pins gemmés fournissent annuellement en moyenne par hectare, à partir de l'âge de 20 à 3o ans, une barrique de 34o litres de résine, qui se vend 80''' à 90*^% produit brut dont la moitié appartient au propriétaire de la pineraie comme bénéfice net.
Après l'âge de qo ans, les pins gemmés à mort fournissent des poteaux de mines et des poteaux télégraphiques injectés généralement au sulfate de cui\'Te.
Les pins gemmés à vie sont coupés vers 55 à 60 ans, et donnent des charpentes et des sciages estimés; leur partie non gemmée produit de bonnes traverses.
Les pins non gemmés, coupés avant Tâge de 25 ans, sont exploités en bois de boidangerie et en charbon; la boulangerie de Paris préfère les maritimes du Sud-Ouest aux maritimes du Centre.
Après 25 ans on les utilise, injectés, pour les échalas, les poteaux télégraphiques, les mines, les traverses. Traité à la créosote, le bois fournit de bon pavage, et est classé, pour cet usage, immédiatement après le pitchpin de Floride.
Pour la pâte à papier, la résine, dont il est imprégné, a jusqu'ici réduit son emploi à la fabrication des gros papiers de paquetage.
Emploi cultural. — Essence parfaite pour la fixation des dunes et le boisement des Landes.
Même dans le Centre, la croissance est bien plus rapide que celle du pin sylvestre. Semé en mélange avec ce dernier, le maritime fournit vite des produits d'éclaircie avantageux. On emploie ordinairement, par hectare, 12"^" de graines de maritime et 5"^' de sylvestre.
Le pin maritime est ime espèce assez plastique se modifiant en formes locales diverses sous l'influence du climat ; cependant il faut signaler une excellente variété qui tend à se transformer en race véritable : c'est le pin maritime de Corte {Pinus maritima Hamiltoni Ten.) ; il est caractérisé par des feuilles très longues {20'"' à 25*^™), des cônes solitaires également plus longs que ceux du type (20""'environ); son origine est la Corse, notamment la région de Corte; il reprend au repiquage beavicoup mieux que le pin maritime ordinaire et sa croissance est
l6 rLOHE FORKSTIERC GENERALE DU GLOBE.
supérieure; il résiste bien au froid, et il faut en recommander l'emploi en mélange avec le pin sylvesLre.
Pin piuier {Pinus pinea L.).
Caractères. — Le pin pinier, appelé encore pin pignon, ou pin parasoî, est un grand arbre pouvant atteindre 3o°^ de hauteur sur o"^ de circonférence, à tronc noueux et nu, à cime courte et très étalée, d'où le nom de parasol, à écorce gvise feuilletée et profondément fissurée.
Il croît le plus souvent isolé.
Feuilles par deux, arrondies sur une face et planes sur l'autre, longues de S'""" à iS""^, d'un vert clair; on voit des feuilles primordiales solitaires pendant plusieurs années après la germination.
Chatons mâles en épis longs de i'™ environ et fascicules.
Cônes oi'oïdes, gros, à maturation trisannuelle (alors que ceux des pins précédents sont tous à maturation bisannuelle), arrondis à la base, obtus au sommet, longs de lo''"' à lO*""', larges de 7^'° à lo^*", à écailles brunes, cunéiformes, arrondies au sommet, avec une apophyse arrondie ayant à son centre, dans une dépression, une protubérance sans mucron.
Graines grosses, à ailes très étroites, longues de i'^"\5 à a'-", oblongues, à coque très dure, d'un roux clair, irrégulièrement tacheté de brun, contenant une amande comestible.
Aire géographique, climat, station. — Aire géograpliique à peu près semblable à celle du pin d'Alep : toute la région méditerranéenne, depuis l'Espagne jusqu'à la Syrie et l'Afrique du Nord.
Essence des climats chauds, se trouvant communément dans toute la Provence.
Altitude maxima : 1000"^ environ.
Sols. • — Tous terrains profonds avec sous-sols frais.
De préférence terres siliceuses, saines et chaudes.
Races. — Une seule variété, la variété fragilis, se différencie du type par ses graines à coque mince se brisant entre les doigts, et par ses cônes un peu plus petits et globuleux. C'est le pin pignon à coque tendre.
Bois. — Bois analogue à celui du pin maritime, m.ais à canaux résinifères moins abondants et moins développés. Poids spécifique, après dessiccation à l'air, variant de o,52i à 0,778.
Produits. — Bonnes charpentes.
Chauffage médiocre, éclatant beaucoup, et brûlant vite.
Graines comestibles, d'un goût agréable.