CARLINE
nom vulgaire de chardousses , et celui de logues dans les Cévennes.
Partout où elles se trouvent, les habitans en mangent les réceptacles comme ceux des artichauts, auxquels ils ne sont point inférieurs en bon goût, et qu'ils surpasent très-souvent en grosseur. On les sèche pour lhiver; mais ces plantes, dont la nature est prodigue dans les lieux qui leur conviennent, ne souffrent que difficilement la culture, et inutilement on a tenté plusieurs fois de les introduire dans les jardins même de leur climat. »
Recherchée par les chèvres, la carline est négligée par les vaches et les autres bestiaux. Ses fleurs, s’épanouissant par un temps sec et se fermant lorsque l’atmosphère est humide, sont un hygromètre naturel ; desséchées, elles caillent assez bien le lait, comme celles de la plupart des chardons.
Toutefois, c’est uniquement la racine dont les vertus merveilleuses ont été fastueusement célébrées. La carline doit même sa dénomination à sa propriété alexipharmaque révélée, dit-on, par un ange à Charlemagne, qui préserva et guérit ainsi de la peste une grande partie de son armée. Administrée par des mains profanes et vulgaires, la carline mérite à peine d'occuper un des derniers rangs parmi les’ plantes médicamenteuses. Douée d’une saveur piquante non désagréable, et d’une odeur aromatique , imprégnée d’une huile essentielle assez pesante, elle produit sur l'organisme animal une excitation médiocre qui n’a rien de particulier. Le professeur Gilibert en fait un éloge que l'expérience est loin de justifier. Il dit que l’infusion vineuse de carline s’est montrée utile dans le rhumatisme, les dartres, la gale, l’anorexie, les flatuosités, la suppression des règles ; elle a ranimé les malades et accéléré la crise des fièvres intermittentes et rémitlentes atoniques. La dose est de trois à quatre gros, infusés dans l’eau, et plus communément digérés dans le vin. Q 1and on l’administre en substance, deux gros de cette racine pulvérisée suffisent. Elle entre dans la thériaque, l’orviétan, l’essence alexipharmaque de Stah], et autres préparations pharmaceutiques analogues, appelées, à juste titre, monstrueuses par Chaptal.
EXPLICATION DE LA PLANCHE, (La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle,) — x. Fleuron de grandeur naturelle.
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CNRONETNIE