‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 17 sur 97 · Livraison · texte numérisé non relu

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Le

MY ROBOLANIER.

et arrondies à leur sommet; les filamens réunis en une sorte de colonne , terminés par trois anthères fort petites et conniventes. — Les

fruits sont gros, arrondis, à six sillons, à trois coques, s’ouvrant avec élasticité à leur base : chaque coque renferme une ou deux semences blanchätres, anguleuses.

On reconnaît les fruits de cet arbre, lesquels sont desséchés, à jeur forme ovalaire ou arrondie, à leur dureté, à leur couleur jaunâtre ou d’un gris-brun, et à leur saveur amère, styptique, un peu âcre. On en distingue de cinq sortes dans les pharmacies : 1°. Les myrobolans citrins, ainsi nommés à cause de leur couleur jaunâtre ou citrine, ont environ la longueur d’un pouce; leur forme est oblongue , et ils présentent ordinairement cinq cannelures longitudinales. 2°. Les myrobolans chebules sont plus grands que les précédens, pyriformes , à surface cannelée et ridée, d’une couleur brune à l'extérieur, et d’un roux noirâtre intérieurement. 3°. Les myrobolans indiens, moitié moins grands que ces derniers, ovalaires et mousses aux deux extrémités, sont ridés à leur surface, noirs au dehors , et brillans comme de la poix à l’intérieur. 4°. Les myrobolans bellirics sont pédiculés, arrondis , un peu anguleux, de l’apparence et de la couleur des noix muscades. 5°. Enfin, les myrobolans emblics sont sphériques, comme hexagones, d’un gris noirâtre, et beaucoup plus petits que les autres. Plusieurs auteurs ont cru que ces différentes sortes de myrobolans n'étaient que de simples variétés d’un seul et même fruit, provenant du même arbre, et uniquement dépendantes de leur degré de maturité. D'autres pensent, au contraire, qu’elles sont produites par des arbres différens qui constituent autant d'espèces distinctes. Pour résoudre convenablement cette question , il faudrait être sur les lieux où croît le myrobolanier, observer attentivement ses fruits, en différens temps, et aux différentes époques de leur maturité, et il faut espérer que quelqu'un de nos naturalistes-voyageurs s'occupera de cet objet. Geoffroy à retiré beaucoup de soufre des myrobolans ; toutefois les procédés qu’il a employés pour les analyser sont trop imparfaits, pour qu'on puisse se flatter de connaître leur composition chimique. Il paraît seulement que leur stypticité et leurs principes actifs résident dans la pulpe qu'ils renferment.

Ces fruits, introduits dans la matière médicale par les Arabe ;

MYROBOLANIER.

et conservés jusqu’à ce jour sur la liste des médicamens laxatifs et astringens , n’ont cependant jamais joui de beaucoup de crédit dans l'esprit des praticiens. Leur usage est même entièrement tombé en désuétude. Leur propriété styptique est , en effet, si peu marquée, qu’une foule de substances végétales peuvent, sous ce rapport, les suppléer avec avantage. Leur vertu purgative, à laquelle la même observation s'applique, est encore plus faible, puisque plusieurs auteurs l’ont mise en question. Certains médecins les associent même aux purgatifs drastiques pour modérer la violence extrême de ces derniers. Cependant, sous le double rapport de la stypticité et de l’action laxative, on a recommandé l’usage de ces fruits dans les cours de ventre et dans la dysenterie, affections contre lesquelles on sait aujourd’hui que ces sortes de médicamens sont rarement indiqués. Leur décoction a été également employée localement , sous forme de gargarisme, contre le gonflement des gencives, et en collyre dans les maladies de l'œil: mais nous possédons une foule d’astringens beaucoup plus convenables contre ces affections, dans les cas où elles en réclament l'usage. On a administré les myrobolans secs en substance et sous forme pulvérulente de quatre grammes, et en décoction de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à deux onces). Ils entrent dans la composition de la fameuse confection Hamech, des pilules aggrégatives, lucis, sine quibus et tartareuses de Quercetan, et dans une foule de préparations pharmaceutiques vieillies, et heureusement condamnées à pourrir dans la poussière des officines.

Ces fruits verts sont employés dans l’Inde à tanner le cuir. On en fait usage pour fixer sur les étoffes certaines couleurs, auxquelles ils donnent beaucoup de solidité; on s’en sert aussi pour la fabrication de l'encre. Leur décoction donne une couleur pourpre au papier bleu. Quand ils sont bien mürs, on les confit au sucre, et dans cet état ils constituent un aliment aussi agréable que salutaire. On les conserve aussi dans la saumure à la manière des olives, et on les associe alors, comme condiment, à l’usage des viandes rôties et bouillies.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur mâle. — 2. Fleur femelle. — 3. Coupe horizontale d’un fruit. — 4. Fruit dépouillé de sa partie charnue., — 5, Graine isolée.

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