MEARESIS.) . OL. À : ORGE ; ORGE COMMUN
Le BARLEY.
Ewan... .... GERSTE; GARSTEN.
Hollandais. . ..... GERST.
Dons 1. |: BYG.
DS ee + BIUGG.
| 17 707 PISEARARSNELEE JENCZMIEN.
Ponsse... . UNS HO JETSCHMEN.
MORSFUES.. . . ... . : ARPA. à 4
Pare LOT ARPAH.
Finlandais... ..... OHVA.
Fapaile. .:. -. KORDNE.
ATMEMER. . . ..... KARJI.
LE pays natal de l’orge commun et de ses variétés n'est pas plus connu que celui du froment et de la plupart des autres plantes céréales. Livré à la culture depuis un très-grand nombre de siècles, il est possible que son caractère primitif se soit insensiblement altéré, et que nous ne puissions plus le reconnaître dans aucune des espèces sauvages assez communes en Europe. Quoi qu'il en soit, on ie soupçonne originaire de la Russie : d’autres assurent qu'il croît également dans la Sicile. Le caractère commun à toutes les espèces, est d’avoir leurs épillets réunis trois par trois sur chaque dent de axe commun (les deux latéraux quelquefois mâles et pédicellés; celui du milieu hermaphrodite et sessile); un involucre à six folioles linéaires subalées, disposées par paires; chaque paire de folioles peut être considérée comme un calice bivalve, uniflore ; la corolle bivalve; la valve extérieure plane, plus courte, mutique.
67° Livraison,
ORGE
trois étamines; un style bifides; deux stigmates velus; une semence oblongue, renfermée dans les valves de la corolle. — L'orge commun s'élève à la hauteur de deux ou trois pieds et plus, sur une tige droite, glabre, articulée. — Les feuilles sont longues, aiguës, d’un vert clair, rudes à leurs deux faces, glabres sur leur gaîne. — Les fleurs forment un épi un peu comprimé, presque à quatre faces, long d'environ trois pouces; la valve supérieure dé la corolle surmontée d'une longue arête dentée des deux côtés.
L’orge céleste n’est qu'une variété de la précédente, distinguée en ce que ses semences se dépouillent naturellement des valves de la corolle. Dans l'orge à six rangs, orge carré, ou orge d’hiwer, escourgeon, l’épi est plus court, plus épais, à six rangs égaux. L’orge a deux rangs, ou pamelle, a son épi comprimé, plus allongé, à deux rangs; des trois fleurs situées à chaque dent de l'axe, celle du milieu est seule hermaphrodite; les deux latérales sont mâles et sans barbe. L’orsge pyramidal ou de Russie (hordeum zeocriton diffère de la pamelle par ses épis plus courts, plus larges à leur base qu’à leur sommet. On trouve partout le long des chemins et des murs, l’Aordeum murinum , et dans les prés l’hordeum secalinum.
Les semences de cette graminée, une des plus anciennement culuvées parmi les hommes , sont consacrées , depuis;une haute antiquité, à une foule d’usages diététiques et thérapeutiques, et sont également recommandables par leurs propriétés médicinales et alimentaires. Leur couleur est d’un jaune paille ; leur odeur et leur saveur sont nulles. Sous une enveloppe corticale dure et insipide qui contient du ligneux et une petite quantité d’extractif, elles renferment une substance farineuse blanche, qui est composée de mucilage et d’une grande quantité de fécule amilacée d’un blanc cendré, dissoluble dans l’eau, avec laquelle elle est susceptible de former une véritable gelée.
Dépouillées de leur enveloppe corticale, soit par la meule, soit par tout autre moyen mécanique, ces semences portent le nom d'orge monde, hordeum mundatum ; que les anciens désignaient sous le nom de ztiouya, plisana, quoique ce nom fût également appliqué par eux à la décoction d'orge. Lorsqu'en les privant de leur écorce on leur donne la forme sphérique , elles portent le nom d’orge perlé, hordeum perlatum ; à cause de leur faible analogie avec des
ORGE
perles. L’orge réduit en farine grossière et séchée au four constitue l'orge grue, griotte ou‘gruau, grutum, substance qui paraît se rapprocher beaucoup de l’xag1707 des Grecs, polenta des Latins, quoique plusieurs auteurs donnent ces titres à la farine très-fine de l'orge torréfié. La décoction de ces semences, convenablement épaissie et réduite à la consistance de gelée, forme la créme d'orge ou orgeat, cremon hordei, rricavys xvaoc. Enfin, l'orge germé, soumis à la torréfaction et réduit ensuite en farine, constitue le malt, maltum , Guyyy d'Aëtius, substance dont on fabrique la bière.
Sous toutes ces différentes formes, l’orge est doué de vertus nourrissantes, émollientes, adoucissantes, rafraichissantes, relächantes et lubréfiantes. Comme nutritif, il produit des effets manifestement restaurans et analeptiques; en vertu de ses qualités émollientes et adoucissantes , il exerce parfois l’action diurétique, béchique, ealmante, et passe pour antiscorbutique. Mais tandis que les premiers de ces effets sont absolus, les derniers ne sont que relatifs, c’est-àdire qu'ils ont lieu dans les cas seulement où l’économie animale est dans un état de surexcitation , en proie à quelque irritation ou à une inflammation locale. Sous ces différens rapports, l’orge en décoction a été en honneur dès le berceau de la médecine, dans le traitement de presque toutes les maladies aiguës et chroniques. Cette décoction , plus ou moins concentrée, peut être administrée avec avantage dans les fièvres inflammatoires , bilieuses , nerveuses et hectiques, dans les phiegmasies aiguës et chroniques des membranes muqueuses, des membranes séreuses et des organes parenchymateux. C’est ainsi qu'on l’emploie journellement dans les aphtes, l’angine, la gastrite, la diarrhée et la dysenterie. Son usage est particulièrement affecté au traitement des maladies des voies urinaires, soit catarrhales, soit inflammatoires, soit calculeuses. On pourrait en obtenir de grands succès sous le double rapport de ses propriétés analeptiques et adoucissantes, dans la phthisie pulmonaire et la consomption , pour restreindre les progrès: du marasme’et prolonger les jours du malade. Son usage serait également très-utile dans les hémorrhagies pulmonaires, intestinales et urinaires. En un mot, dans tous ces cas, et dans beaucoup d’autres , la décoction d’orge, convenablement édulcorée, acidulée ou aromatisée, selon les circonstances, est infiniment préférable à toutes ces infusions et décoctions
ORGE
plus ou moins dégoûtantes, et à ces ridicules fatras de drogues dont
les médicastres, les chiriatres, les empiriques et les charlatans, titrés et sans titre, ne cessent d’accabler les tristes victimes de leur audacieuse cupidité et de leur funeste pharmacomanie. Toutefois, pour obtenir de la décoction d'orge les effets salutaires que les anciens en obtenaient et qu’on a droit d'en attendre, il ne suffit pas de faire bouillir, pendant quelques minutes, ou même pendant une demi-heure, quelques grains d'orge dans une grande quantité d’eau, comme cela se pratique généralement parmi nous; 1l faut, après avoir dépouillé l’orge de son enveloppe, prolonger sa décoction à un feu doux, pendant sept à huit heures, afin que sa matière ‘amilacée puisse se dissoudre entièrement dans l’eau. Sans cette précaution, que l’on néglige presque toujours, cette boisson n’a absolument-aucune vertu, ou bien elle est légèrement excitante, à cause de la matière extractive qu’elle a enlevée à l'enveloppe de la semence. La tisane dont Hippocrate et Galien faisaient usage dans les maladies aiguës, et que nous'avons très-mal-à-propos remplacée par les bouillons de viandes, était préparée suivant ce précepte, et fournissait ainsi une boisson mucilagineuse lubréfiante et très-nourrissante , à laquelle on donnait divers degrés de consistance, selon les différens états de la maladie. « Cette excellente pratique des anciens n’a jamais été proscrite, dit Peyrilhe; elle ne pouvait l'être : mais elle a été tellement négligée, que, pour la rétablir aujourd'hui, il faudrait vaincre tout à la fois l'habitude irraisonnable des praticiens, et le préjugé fortement invétéré des malades et des personnes qui les entourent. » Ce qui n’est pas une petite entreprise.
D’après les expériences de Macbride, Forster, Lind et autres meédecins anglais , le malt , ainsi que la decoction qu'on en prépare, sont doués d’une propriété éminemment antiscorbutique, et ont été employés avec avantage dans des voyages de long cours, soit comme curatifs, soit comme préservatifs de cette affection. Rush à vu différens symptômes, reliquats de la maladie vénérienne, céder à ces moyens, après avoir résisté à tous les remèdes. Percival leur attribue aussi une certaine efficacité contre les scrofules. Mais la bière paraît avoir une utilité bien plus marquée contre cette dernière affection. Cette liqueur, qui n'était point inconnue aux Grecs ni aux Romains, et dont l'usage est établi en Germanie de temps immémo-
ORGE
rial , résulte de la fermentation de l'orge germé et torréfié, ou du malt avec le houblon. Elle est à la fois acidule, amère et nourrissante. Elle apaise très-bien la soif, augmente Paction de lestomac et excite la sécrétion des urines. Ce serait une folie, sans doute, que de lui reconnaitre la prétendue vertu lithontriptique qu’on lui a gratuitement attribuée : mais 1l paraïtrait que son usage est propre à prévenir la formation des calculs, s’il est vrai que sur quatorze cents calculeux opérés par un certain Cyprien, habile lithotomiste, ainsi que le rapporte Murray, pas un seul ne faisait habituellement usage de la bière.
Selon Pline, l'orge a été un des premiers alimens de l’homme civilisé. À l’exemple des Athéniens, qui en nourrissaient leurs athlètes, hordeart , les Suédois et les habitans des Alpes en font encore leur principale nourriture. On en fait du pain dans certaines parties de la France : mais comme l'orge est dépouillé de gluten, ce pain manque de liant, il est friable et prompt à se dessécher. La farine d'orge mise en ébullition avec l’eau, le lait ou le petit-lait, forme des pâtes et des bouillies très-nourrissantes, dont on fait usage dans différentes contrées de l’Allemagne et de la Russie. Sous le nom de maza, les anciens Grecs préparaient avec cette farine torréfiée et Phuile, le vin , le sucre et le lait, des gâteaux d’excellent goût. L'orge perle est souvent employé pour faire des soupes et des potages aussi agréables que salutaires. En Espagne et en Afrique, l'orge entier est la principale nourriture des bestiaux, et des chevauxen particulier. On s’en sert quelquefois parmi nous, soit en grains, soit en pâte, pour engraisser la volaille et les cochons.
L'orge mondé ou perlé, le gruau et le malt peuvent se donner en décoction dans l’eau, en diverses proportions, ou sous forme de crème, et pour l'ordinaire l’on édulcore ou l’on acidule ces préparations. L’orge mondé est la base du sirop d’orgeat, qui est à la fois si agréable et si rafraïchissant. Sa décoction concentrée sert à faire le sucre d'orge et le sucre tors. {1 entre dans la composition des sirops d'hyssope de Mesue et de jujubes de Charas. Il fait partie de l’électuaire lénitif, des trochisques de Gordon , et du sirop de chicorée composé du même auteur. Enfin, la farine d'orge est une des quatre farines résolutives, et entre aussi dans la composition des cataplasmes décorés de ce titre.
ORGE
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Trois fleurs hermaphrodites réunies sur une des dents du rachis, accompagnées d’une glume divisée en six parties sétacées. -— 2. Deux divisions de la glume ou collerette extérieure. — 3. Fleur entière ouverte; on observe à la base de la valve intérieure un rudiment de fleur avortée, non observé, — 4. Valve intérieure, contenant à sa base l'ovaire, accompagné de deux petites écailles, — 5. Tranche d’une feuille grossie, afin de jaire voir les aspérités dont elle est recouverte sur les deux faces. — 6, Fruit ou graine, mür, enveloppé de ses glumes, à la base duquel on voit encore dans le sillon le rudiment de la fleur avortée, — 7. Le même, dépouillé de ses enveloppes florales.
L'urpun PE