‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 61 sur 97 · PERVENCHE · texte numérisé non relu

PERVENCHE

La petite pervenche a des tiges grêles, ligneuses, rampantes, très-glabres , garnies de feuilles très-médiocrement pétiolées, opposées , vertes, coriaces , ovales-oblongues, un peu lancéolées, glabres, luisantes , très-entières. — Les fleurs sont solitaires, axillaires, portées sur Le pédoncules plus longs que les feuilles : les divisions du calice glabres, un peu subulées, un peu plus courtes que le tube de la corolle. Celle-ci est bleue, quelquefois blanche, rarement d’un rouge obscur.

Dans la grande pervenche, les tiges sont redressées, un peu pileuses ; les feuilles ainsi que les calices ciliés; toutes les parties de la plante beaucoup plus grandes. Elle croît dans les bois des provinces méridionales de la France.

On cultive, dans les jardins, la pervenche de Madagascar, vemarquable par ses belles et grandes fleurs d’un rose tendre, quelquefois blanches ou panachées.

Cette pervenche est complètement inodore; sa saveur, qui devient astringente après la dessiccation, est simplement amère dans l’état frais. Quoiqu'on ne se soit pas occupé de son analyse chimique, on a remarqué que son principe amer est dissoluble dans l’eau; de sorte que l’infusion aqueuse de cette plante est douée d’une grande amertume et précipite en noir par le contact du sulfate de fer. Toutefois, si ces propriétés physiques peuvent lui faire supposer, avec raison , les vertus toniques et astringentes qu’on s’accorde à lui reconti EM elles ne justifient point les éloges pompeux qu’on lui a donnés Sur les brillans succès qui lui sont libéralement attribués contre les hémorrhagies. |

Divers auteurs, en effet, ont préconisé son efficacité dans ces affections. Les uns ont vanté l'introduction de ses feuilles, roulées ou pulvérisées, dans les fosses nasales, pour arrêter le saignement de nez; d’autres ont attribué la même propriété à sa décoction," prise par la bouche, et l’ont signalée comme un excellent moyen pour réprimer les crachemens de sang, le flux excessif des hémorrhoïdes et l'écoulement trop abondant des menstrues. Cependant , si l’on remarque que presque toutes les hémorrhagies s’arrêtent au bout d’un certain temps, par les seules forces de la nature, lorsqu'on ne tourmente pas les malades par des médications intempestives et souvent funestes , il est permis de croire, qu’en raisonnant à la ma-

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