ET
POURPIER
dans les individus cultivés, au centre desquelles naissent ensemble plusieurs fleurs, petites, sessiles, qui s'ouvrent à onze heures du matin et se ferment vers deux heures de l’après-midi. — Le calice est divisé en deux valves; la corolle jaune; le nombre des étamines varie de huit à douze : les capsules sont ovales, un peu coniques.
Dans les individus cultivés, on distingue plusieurs variétés : les unes à feuilles larges, plus grandes ; les autres d’un vert jaunâtre qui domine dans toute la plante. Celle-ci porte le nom de pourpier doré.
Le pourpier est dépourvu d'odeur; il offre une saveur acide mucilagineuse et un peu âcre. Toutefois cette légère äcreté disparaït par la coction, et alors il est purement mucilagineux et acide. Ses qualités résident essentiellement dans le suc aqueux et fort abondant que renferment ses tiges et ses feuilles. On ne s’est pas encore convenablement occupé de son analyse chimique; de sorte que l’on sait bien qu’il renferme beaucoup de mucilage et un acide, mais on ignore complètement la nature particulière de ce dernier.
Cette plante, ainsi que son suc récemment exprimé, jouissent manifestement des propriétés rafraichissantes, adoucissantés et laxatives; propriétés en vertu desquelles elle a été recommandée dans diverses maladies aiguës et inflammatoires. Toutefois ,, comme la matière médicale abonde en plantes de la même nature, et dans lesquelles ces propriétés sont même plus développées et exemptes du principe âcre qui leur est associé dans le pourpier, on y a rarement recours. Fou”. 0
Quelques auteurs parlent cependant avec éloge de ses bons effets dans les inflammations des viscères abdominaux, dans les affections bilieuses aiguës, dans la strangurie et autres maladies semblables où il s’agit de calmer une irritation plus ou moins vive. Son usage à même été particulièrement recommandé dans le scorbut , où l’expérience a prouvé que toutes les substances mucilagineuses, sucrées et acides, sont d’une si grande utilité. Les semences de cette plante
grasse, de nature oléagineuse, et placées parmi les quatre semences
froides , étaient regardées, par Hippocrate, comme emménagogues. Elles ne peuvent cependant exciter ou favoriser l'écoulement menstruel, comme on le sent bien, que dans les cas où l’utérus est le siège d’une irritation, ou dans un etat de surexcitation vitale; et
POURPIER
dans ceux où la suppression des règles serait due à un état pléthorique. Et alors ne serait-il pas nécessaire de recourir à des moyens plus directement débilitans? Murray rapporte que les Suédois, pour détruire leurs verrues, les frottent avec les feuilles de pourpier écrasées. Mais le suc de ces feuilles est trop peu énergique, et on peut dire trop inerte, pour que ces excroissances cutanées cèdent souvent à un semblable moyen.
On pourrait administrer le pourpier en décoction convenablement édulcorée. Son suc exprimé a été donné à la dose de soixantequatre à cent vingt-huit grammes (deux à quatre onces). Il fait ordinairement partie des sucs et des bouillons d'herbes que beaucoup de médecins prescrivent, et que beaucoup de malades crédules avalent au printemps, sous le vain et ridicule prétexte de purifier le sang, de désobstruer les viscères, etc.; expressions vides de sens , et déplorables restes d’une doctrine entièrement erronée.
Comme aliment laxatif et rafraîichissant , le pourpier figure avec avantage parmi les plantes oléracées, et s’emploie souvent dans diverses préparations culinaires. Il est vrai que, mangé en grande quantité, surtout dans l'état de crudité, il peut rendre la digestion pénible, et même produire un trop grand relâchement du ventre, ainsi que Ray l’a observé; mais mangé avec modération, particulièrement lorsqu'il est cuit à l’eau et associé à nos autres aliment, il est très-salutaire, surtout en été et dans les pays chauds, ainsi qu'aux tempéramens bilieux, aux constitutions sèches et irritables, et aux sujets qui s’exercent beaucoup. Dans toutes sortes de circonstances , il a même l'avantage de modifier et d’affaiblir l’excitation trop vive que produisent souvent, dans l’appareil digestif, les viandes et les mets épicés dont on se gorge souvent outre mesure. C'est ainsi qu'on le mange dans la soupe, en salade, ou cuit à l’eau et associé au beurre, au lait, au sucre, au vin, aux jus de viandes, et à différentes espèces de sauces. On le confit, en outre, à la manière des cornichons, avec Île vinaigre, le poivre, le sel, le thym et autres aromates, et on le conserve ainsi pour s’en servir pendant l'hiver, à différens usages culinaires.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Calice et pistil. — 2. Fruit tel qu'il s'ouvre dans sa maturité. — 3. Graine grossie.
4 ï Lambert JP Sup,
PRIMEVERE 0 a ÜL,