‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 94 sur 97 · EE · texte numérisé non relu

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QUINQUINA A GRANDES FEUILLES

CINCHONA MAGNIFOLIA, foliis ovalibus, glabris, erectis, in axillis ner- ; » $ , ,

Latin... ......... vorum pilosis; paniculd brachiatä, floribus subcorymbosis, corollis albis, glabris, caducis. Humboldt et Bonpland.

Espagnol. . ...... cascartrra BovA.

Français... ...... QUINQUINA A GRANDES FEUILLES.

CE quinquina a été observé dans les forêts des Andes, à Cinchao, dans le Pérou, le long des torrens. C’est un grand et bel arbre, terminé par une cime touffue.

Son tronc est revêtu d’une écorce lisse, d’un brun cendré, roussâtre en dedans, amère et un peu acide sans être rebutante. — Les rameaux sont rougeâtres , quadrangulaires ; les feuilles amples, opposées , ovales, entières , luisantes en dessus, plus pâles en dessous, traversées par des veines purpurines : les principales nervures munies , dans leurs aisselles , de quelques poils soyeux et blanchätres. — Les fleurs sont réunies en une ample panicule terminale et feuillée, très-rameuse, presque longue d’un pied. — Leur calice est de couleur purpurine; la corolle blanche, odorante, longue d’un pouce; le limbe velu en dedans; les étamines non saillantes; les anthères “oblongues, bifides à leur base. — Les capsules sont longues d’un pouce et demi, à peine striées ; elles renferment des semences ovales, entourées d’un rebord membraneux.

L'odeur suave et analogue à celle des fleurs d'oranger, que les fleurs de cet arbre exhalent, pourrait peut-être les faire employer avec avantage; mais on ne fait usage que de son écorce. On la dislingue facilement de toutes les autres écorces du même genre, à sa couleur rouge d’ocre, qui devient très-foncée lorsqu'on l’humecte. Elle est inodore, et d’une amertume austère, dans laquelle l'amer est faible et la qualité astringente très-prononcée. Son infusion aqueuse est d’un rouge foncé ou couleur de sang.

En rapprochant les résultats de l'analyse chimique de ce quinquina

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QUINQUINA A GRANDES FEUILLES

et de celui de Saint-Domingue, l’illustre Fourcroy avait cru reconnaître que le quinquina rouge contenait moins de matière extractorésineuse, et une plus grande quantité d’oxigène que ce dernier ; circonstance à laquelle il attribuait sa faible amertume, son extrême astringence el sa grande solubilité. Mais les recherches ultérieures des chimistes n’ont point confirmé cet apercu, et cette écorée paraît contenir les mêmes principes que les autres quinquinas.

L'introduction de cette écorce dans l’usage médical a immédiatement suivi celle du quinquina orangé. Elle constitue le quinquina astringent par excellence. Elle occasione rarement la purgation, mais elle provoque le vomissement plus souvent que les quinquinas gris et orangé. Même à petite dose, elle occasione fréquemment , suivant Schwilgué, de anxiété à l’épigastre , un sentiment de pesanteur dans l'estomac, le vomissement, et quelquefois même la syncope; accidens qui peuvent être prévenus, toutefois, en lui associant quelque substance aromatique ou opiacée.

En vertu de sa stypticité dominante, ce quinquina est regardé comme préférable aux autres espèces, dans les fièvres putrides, dans le scorbut, dans la gangrène, et contre la pourriture d'hôpital. Je crois aussi qu'on doit lui donner la priorité dans le traitement des affections locales, fongueuses et atoniques, dans le relâchement et le prolapsus de certaines membranes muqueuses, et dans les écoulemens blancs et atoniques qui réclament la médication tonique avec astriction. Ce quinquina a été également signalé, d’une manière spéciale, contre les fièvres putrides ou adynamiques. Mais, jusqu'à ce qu'on ait distingué les fièvres putrides qui tiennent à laltération primitive des humeurs et à la faiblesse directe des solides (si de semblables fièvres, toutefois, peuvent exister), de celles où la prostration des forces et la fétidité des excrétions sont le résultat de latteinte portée au principe de la vie, par l'irritation violente et persévérante de l'appareil digestif, je ne pense pas que le quinquina , en général, y soit utile, et que le rouge, par conséquent, y soit préférable aux autres espèces.

Les praticiens ont reconnu qu'il convient spécialement aux teinpéramens lymphatiques, aux constitutions molles, aux personnes dont la sensibilité est obtuse. Mais en revanche, il est peu favorable aux jeunes gens, aux tempéramens bilieux, sanguins et nerveux,

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aux sujets secs, maigres et très-irritables. Il est, de tous les quinquinas, le moins convenable dans les névroses, et le plus dangereux dans les maladies inflammatoires et d'irritation; M. Mutis observe même quil est celui dont l'administration, long-temps continuée, dispose le plus aux engorgemens des viscères , à l’ictère et à lhydro- , pisie.

On peut l’administrer , en substance , en décoction et en teinture alcoolique , comme les autres espèces. Mais c’est, de tous les quinquinas , celui dont l'extrait a le plus d'énergie. Celui que Joseph Jussieu avait préparé en Amérique avec l’écorce fraiche de cet arbre, était si puissant, qu'il a conservé toutes ses propriétés jusqu à nos jours. Cet extrait peut se donner depuis vingt-cinq centigrammes jusqu’à quatre grammes et plus par jour.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Stipules. — 2. Fleur entière de grandeur naturelle. — 3. Corolle ouverte, pour faire voir le point d'insertion des cinq étamines. — 4. Pistil. — 5. Fruit.

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