AGARIC AMADOUVIER
coupures, des plaies légères! ; mais Brossard, chirurgien de La Châtre, en Berri, le proposa, en 1750, pour arrêter les hémorragies des artères, et tenir lieu de la ligature. Cette nouveauté fut accueillie de la manière la plus flatteuse par l’Académie des Sciences et par celle de Chirurgie. Poulletier de la Salle affirma positivement que l’agaric faisait contracter l'artère, rétrécissait son diamètre, et formait le caillot destiné à boucher le vaisseau. Vicat et Bergius réfutèrent cette assertion : en effet, il est aisé de concevoir, par la nécessité de l’appliquer sur l’ouverture même de l'artère, d’en mettre plusieurs morceaux les uns sur les autres, et d’assujétir le tout par un bandage un peu serré, que c’est à son tissu spongieux, à la propriété de se gonfler et d'opposer une forte résistance au sang, que l’agaric doit sa prétendue vertu astringente. Au reste, ce moyen, dont l'efficacité a été prodigieusement exagérée, est insuffisant dans une foule de cas, et notamment dans les ouvertures des gros vaisseaux à la suite des amputations, ainsi que l’a démontré Parker, dans un opuscule sur la prééminence de la ligature. L’amadou me semble d’ailleurs préférable sous bien des rapports, et M. Huzard fait observer qu'il devrait être d’un usage fréquent dans la chirurgie vétérinaire : « Les parties nitreuses dont il est imbu le rendent un fort bon styptique, propre à réprimer les hémorragies : il est aussi dessiccalif; quelques ulcères du garrot et du pied, qui duraient depuis long-temps et résistaient aux remèdes ordinaires, se sont séchés promptement à l’aide de ce topique. »
Les Lapons préparent avec l’agaric amadouvier une espèce de moxa, qu'ils appliquent dans diverses maladies, et spécialement dans les affections rhumatismales et goutteuses.
? Le puissant agaric, qui du sang épanché Arrête les ruisseaux, et dont le sein fidèle Du caillou pétillant recueille l’étincelle.
(Derrzre, Homme des champs, chant 3.)
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Cet agaric est réduit au tiers de sa grandeur natu-
relle.) — x. Coupe verticale, dans laquelle on voit la couche extérieure et la direction des tubes qui composent le reste de ce champignon.
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WTA
COSCUTIS.