ARGENTINE
Le fruit est composé de graines nombreuses , nues, acuminées, attachées à un réceptacle commun , environnées par le calice persistant.
Quoique l’odeur et la saveur de l’argentine ne soient pas très-prononcées , elle manifeste pourtant, surtout quand elle est sèche, une légère stipticité; elle noircit la solution de sulfate de fer , et son suc rougit le papier bleu. La racine a le goût du panais, selon la remarque de Gilibert, et plaît aux cochons. Les chevaux, les vaches, les chèvres broutent l’argentine, que les brebis négligent. Elle est mise au nombre des plantes potagères par les Écossais et les Irlandais, qui mangent la feuille apprêtée de diverses manières, et font du pain avec la racine dans les temps de disette.
Les médecins ont long-temps regardé l’argentine comme un astringent précieux : elle a joui d’une grande réputation pour modérer les flueurs blanches, les diarrhées, les dysenteries , les hémorrhagies internes. Vogel dit que le suc de ses feuilles, appliqué sur le front, arrête l’hémorrhagie du nez, et Murray observe judicieusement que le suc d’argentine agit peut-être ici uniquement comme corps froid. Les propriétés fébrifuges, antiphthisiques, diurétiques et même lithontriptiques, attribuées à cette plante par Withering, Rosen, Bergius, et Timéus de Gueldenklee, sont tout-à-fait imadmissibles ; enfin , l’argentine, presque complètement tombée en désuétude, n’a point justifié le titre de potenulle*, retenu par Linné?.
Cette légère astringence, qui caractérise l’argentine, la rend propre à divers usages économiques. On prétend, dit M. Poiret, que son eau distillée donne de la fermeté aux gazes ; elle rétablit et entretient la tonicité de la peau, ce qui la range parmi les cosmétiques; elle peut même servir au tannage, ainsi que l’attestent Gleditsch, Gilibert et Willich.
: De potentia, puissance, vertu, efficacité.
2 La dénomination spécifique anserina vient-elle de ce que les oies recherchent avidement l’argentine, comme le pense Théis ? ou bien, n'est-il pas plus raisonnable de croire qu’elle doit ce nom à la forme de ses feuilles, en quelque
sorte palmées comme les pattes de l’oie, ou, du moins, très-analogues à celles de la plupart des ansérines ?
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Pétale. — 2. Calice double, étamines et pistils. — 3. Calice contenant douze à quinze petites capsules un peu arquées et sillonnées extérieurement. — 4. Capsule isolée.
L Zip 7 2 Hanbert Zap
ATRGUIN