TABLEAU IV
Tubercules , bulbes, hampes, chaumes, troncs, stipes.
i. cyclamen d'Europe ( cyclamen Europœum, Lin. ). Cette masse charnue, homogène, à laquelle les botanistes ont donné le nom de tubercule, et qu’on nomme vulgairement pain de pourceau, dans la plante dont il s’agit, est une tige raccourcie et déprimée : les racines sont situées sur les côtés de la partie inférieure; l’assemblage de feuilles et de fleurs que l’on voit au-dessus, est le produit d’un bourgeon tout à fait semblable à celui que forme l’assemblage des tuniques placées sur le plateau de l’oignon (voyez la fig. 2).
2. oignon ( allium cepa. Lin.). Racine bulbeuse, tuniquée. L’oignon consiste en un gros bourgeon dont les premières feuilles a base charnue, formant gaine, et se recouvrant les unes les autres, naissent du sommet conique d’une tige réduite à l’état rudimentaire, tronquée inférieurement, et laissant échapper latéralement des racines. Cette tige, indiquée par la lettre a, est analogue à la niasse charnue représentée dans la figure précédente.
3 . lis blanc ( lilium candidum, Lin.). Racine bulbeuse, écailleuse. Cette prétendue racine n’est qu’une modification compliquée de la précédente structure; elle offre, comme elle, une tige rudimentaire, tronquée inférieurement, et donnant naissance à des racines latérales; mais au lieu d’un petit nombre de bourgeons latéraux, renfermés tous ensemble dans des gaines pétiolaires, celle-ci en produit un grand nombre libres entre eux et placés les uns au-dessus des autres, comme les tuiles d’un toit. La lettre a indique la partie inférieure de la tige.
4 - bananier figue ( musa sapientum, Lin. ). Celte figure représente ce que les botanistes ont désigné sous le nom de hampe. Cette hampe, qui n’est autre chose qu’un pédoncule ou un rameau florifère, tout à fait semblable au support des fleurs de la jacinthe ou de toute autre liliacée, est naturellement renfermée au centre d’un oignon colomniforme , que l’on a quelquefois, faute d’attention, pris pour une tige. Nous avons enlevé à dessein cette fausse tige produite par l’enroulement des gaines pétiolaires des feuilles, afin de bien faire connaître la véritable structure de ce végétal et son analogie complette avec l’oignon : comme, dans celui-ci, on voit, en a , la tige convexe, supérieurement tronquée, et portant des racines latérales inférieurement; en b , les bases pétiolaires des feuilles (tuniques de l’oignon), et enfin la hampe (rameau florifère), sur laquelle on distingue une feuille rudimentaire, des fruits; et, en c, un bourgeon (popote des créoles) contenant, sous chacune des grandes écailles colorées qui le composent, de petits rameaux florifères.
La hampe est un rameau terminal ou le plus souvent axillaire, uniflore ou multiflore, qui se développe sur les plantes dont la tige principale est déprimée et, pour ainsi dire, cachée sous la terre : l’oignon et le pissenlit en offrent des exemples. Ces sortes de rameaux sont remarquables, en ce que leur premier mérithalle , ou entre-nœuds, est ordinairement très-long ; ce qui a fait croire à quelques botanistes que le caractère de la hampe résidait dans l’absence des feuilles; ces botanistes peu versés, sans doute, dans la phytognomie , ou connaissance des parties qui constituent le végétal en général , ignorant que, dès qu’il naît plus d’une fleur sur une hampe, elle cesse d’être uni-axifère que toutes les fleurs.
a l’exception de la terminale, représentent des rameaux terminés; et que chacune d’elles émane d’un nœud-vital ', qui toujours ou presque toujours est hordé par une feuille plus ou moins développée.
5 . roseau à quenouille ( arundo donax, Lin. ). Chaume des botanistes. Le chaume des graminées n’est au fond qu’une vraie tige, qui ne diffère point essentiellement de celles des autres végétaux. Si on compare le chaume à une tige de dicotylédones, on voit que, comme elle, il produit a la suite de la germination, de distance en distance, des nœuds-vitaux, qui ne sont que la suite de celui qui portait les feuilles cotylédonaires; que sur ces nœuds-vitaux, dont la disposition alterne et distique est invariable dans les graminées , naissent les feuilles ainsi que les bourgeons qui reposent dans leurs aisselles; que ces bourgeons, nuis ou presque nuis dans la famille des cypérées, manquent rarement dans celle des graminées ; qu’ils se développent en rameaux dans un grand nombre d’espèces des climats chauds (les bambous et autres), et produisent, par ces développemens, un accroissement en grosseur dans ces végétaux.
Le vide que l’on remarque dans l’axe de la tige des graminées est un canal médullaire dont la moelle ou tissu cellulaire est détruit.
La canne à sucre, dans laquelle cette lacune n’existe pas, fournit, ainsi que beaucoup d’autres, une preuve de ce que j’avance. La lettre « de cette figure montre les bourgeons et leur situation alterne et distique; b , quelques diaphragmes on débris de la moelle ; c, sorte de bride, formant un nœudvital, qui détermine la naissance d’un nouvel être.
6. chêhe commun (quercus robur, Lin.). Tronc d’une dicotylédone, ou plante h deux feuilles cotylédonaires.
7. Cette figure représente une plante monocotylédone, étroitement embrassée par une dicotylédone qui lui forme une sorte de manteau : la première, qu’on distingue en b, est le tronc ou plus exactement le stipe d’un palmier ( areca oleracea, Lin.) portant au sommet le commencement d’une colonne verte (dite chou), sorte de bourgeon tout à fait semblable à celui de la fausse tige des bananiers, et offrant, à labasedecette colonne, un rameau spathellé et multiflore. c, (spadix), qui était d’abord contenu dans une spathe. La liane ou plaute volubile qui entoure ce palmier, et qui est
distinguée par la lettre a, est une espèce de bauhinia dont les tiges et les rameaux se sont entregreffés de manière à former un fourreau fenêtré.
Si les palmiers acquièrent peu de grosseur, depuis l’instant où leur tronc commence à s’élever au-dessus du sol, ne doit-on pas- en attribuer la cause à lavortement des bourgeons dans l’aisselle des feuilles? Suivant l’ingénieuse théorie de M. Aubert du Petit Thouars, ces bourgeons ne se développant point en branches dans l’atmosphère, ne peuvent, par cette raison, rien produire de leur partie inférieure pour contribuer à l’augmentation du tronc en grosseur.
Nous avons été témoins, M. Poiteau et moi , que de jeunes chou-palmiers ( areca oleracea, Lin.), plantés en allée sur l’une des places de la ville du Cap (île Saint-Domingue ), d’abord gros comme la jambe, avaient acquis, au bout de quatre ans, un tiers de plus en grosseur.
On doit conclure de cette observation qu’à la vérité les palmiers acquièrent moins en diamètre que les plantes dicotylédones , mais que c’est une erreur de dire qu’ils ne grossissent point, et d’en faire un caractère de cet ordre de végétaux.
8. pterts aigle impérial ( pteris aquilina, Lin.). Tige horizontale, écailleuse, terminée par un bourgeon roulé en volute, et donnant naissance à des feuilles alternes, qui se redressent par l’effet de la végétation, ainsi qu’à des racines situées sous chaque feuille.
9. narcisse des poètes ( narcissuspoeticus , Lin. ). Coupe verticale d’une racine bulbeuse, tuniquée, dans laquelle on distingue, en a, la tige; en b, la troncature de la partie principale de la racine ou du pivot; en c, les racines latérales ou suppléantes, et, en d, la hampe ou rameau florifère.
TABLEAU IV {bis).
Fig. 1 et 2, végétaux composés ou appendiculaires , isolés de la terre et dépouillés de leurs organes appendiculaires. On a eu .l’intention, en représentant ces figures , de faire connaître, en a , la ligne médiane ou point d’union des deux systèmes d’organes dont se composent la majeure partie des végétaux; b , système inférieur ou terrestre; c, système supérieur ou aérien. La lig. 1 offre un végétal dans sa situation naturelle; la fig. 2 présente le même dans une situa-
îion contraire, afin de mettre en rapport la ligne médiane et les deux systèmes des végétaux avec ceux des animaux.
Les fig. 3,4, 5, 6 et 7 olfrent des exemples de végétaux simples ou axifères, et les fig. 8 et 9 montrent, la première, le tissu primitif ou cellulaire des végétaux simples ou uxifères, et l’autre le tissu cellulaire-vasculaire des végétaux composés ou appendiculaires.
3. sclerotium semen (Pers.) : a, commençant à se former; b, développés et de grandeur naturelle $ c, système supérieur, formant ce végétal tout entier; d, système inférieur presque nul; e, coupe verticale pour faire voir que ces végétaux, qui se reproduisent immédiatement de la matière en décomposition, n’ont point encore de corps reproducteurs.