‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 44 sur 126 · TABLEAU XIV · texte numérisé non relu

TABLEAU XIV

Inflorescence.

La partie terminale, florifère et souvent très-rameuse des végétaux appendiculaires , a été nommée inflorescence.

L’inflorescence se compose, de même que la partie plus inférieure du végétal, de la réunion des systèmes axifères et appendiculaires, ou, pour être mieux entendu, des pédoncules, des fleurs solitaires et des feuilles rudimentaires ou bractées qui accompagnent, partiellement, la base de celles-ci.

Je crois ne pouvoir mieux faire ici que de transcrire ce que j’ai déjà dit de cette partie du végétal dans mon mémoire sur VInflorescence des graminées et des cjpérècs, comparée avec celle des autres végétaux appendiculaires '.

« L’inflorescence n’est, comme l’on voit, que l’aspect produit par l’assemblage plus ou moins compacte que les fleurs, toujours solitaires, forment vers la partie terminale des végétaux qui eu sont pourvus : on l’a distinguée en inflorescence simple et en inflorescence composée. Dans la première, viennent se ranger ce que l’on appelle les fleurs solitaires, comme si elles ne l’étaient pas toutes , les fleurs gémibées, ternées et enfin aggrégées ; la seconde, beaucoup plus nombreuse, comprend le chaton, Yépi, la grappe , le verticille, la panicule, le thyrse, le corymbe , la cjrne , le faisceau, Y ombelle, le capitule et la calathide.

« Si on examine soigneusement et comparativement cette partie terminale et souvent très-rameuse des végétaux appendiculaires f on s’aperçoit presque aussitôt que les caractères assignés aux divers modes d’inflorescence ne peuvent se soutenir; qu’ils se confondent les uns dans les autres, et que la plupart sont fondés sur des observations superficielles, comme nous l’avons déjà fait sentir en parlant du caractère de Yombelle 3 .

« Il est bon de remarquer que les modes de la première

' Mém. du Mus. d’hist. nat., tom. v.

* Les rayons ou pédoncules simples ou multiflorcs des ombelles sont toujours insérés alternativement et en spirale autour d’un axe terminal et déprimé.

( io 7 )

division, distingués par les dénominations de fleurs solitaires, géminées, tentées et aggrégées, sont sujets à toutes sortes d’équivoques, parce que, dès qu’il y a plus d’une fleur dans l’aisselle d’une feuille, il y a nécessairement un rameau qui leur donne naissance sur des nœuds-vitaux particuliers, placés a des distances plus ou moins rapprochées, et presque toujours chacune d’elles est accompagnée d’une feuille rudimentaire.

« Les botanistes ne sont et ne peuvent être d’accord sur ces divers modes à'inflorescence, par la raison que l’on s’est attaché a des caractères trop peu importans pour en établir les limites : c’est ce qui m’a déterminé à chercher d’autres caractères qui fussent plus constans, et au moyen desquels on pût mieux s’entendre. Partant de ce principe, que toutes les fleurs sont solitaires, j’ai vu que toutes les inflorescences possibles ne présentaient, dans leur complication, qu’une simple répétition d’axes et de fleurs solitaires, qu’on peut facilement distinguer par le nombre des degrés de végétation , etc. »

Les nœuds-vitaux ou conceptacles des embryons-fixes, ordinairement très-écartés et largement feuillés, de la partie intermédiaire des axes, se multiplient et se pressent (par une sorte d’épuisement) dans la partie terminale de ces mêmes axes, et là, au lieu de donner naissance à des scions allongés ou de continuité, il s’y développent des scions analogues, simplement accompagnés de feuilles rudimentaires, scions auxquels j’ai donné l’épithète de terminé, et auxquels on est convenu d’accorder celle de fleur.

Ce n’est donc, comme on peut le voir, qu’à la répétition et au plus ou moins de rapprochement des nœuds-vitaux, et aux axes particuliers qui résultent de ces mêmes nœudsvitaux, que sont dues les diverses modifications qu’éprouvent les inflorescences de tous les végétaux appendiculaires , en passant de celles qui ne présentent qu’une fleur solitaire à celles, plus compliquées, que l’on nomme panicules, et qui en elfet ne sont au fond que l’assemblage par répétition d’un grand nombre de fleurs solitaires, émanant immédiatement d’un nœud-vital bordé par une dernière feuille rudimentaire, lorsque celle-ci n’est pas encore entièrement éteinte.

D’après ce qui vient d’être dit, il serait donc infiniment

( io8 )

plus commode pour l’étude de distinguer, comme je l’ai déjà proposé dans le mémoire précité, les inflorescences, en raison du nombre des axes ou degrés de végétation qu’elles présentent, et de les nommer, d’après ce principe infiniment plus fixe et plus constant que celui des aspects, dont on s’est servi, monoaxifères , biaxifères, triaxifères et multiaxifères.

Les monoaxifères peuvent être dites uniflores ou multiflores , hermaphrodites ou unisexuelles : elles sont uniflores dans la tulipe, le parnassia, Y as arum, etc. ; multiflores dans le scirpe des marais, le Myosotis arvensis (fig. 3 ), lo groseillier à grappes (fig. io), le plantain (fig. 7), etc.; hermaphrodites dans les exemples que nous venons de citer, et unisexuelles dans les amentacées (fig. 1 ), les conifères (fig. 3), le sablier (fig. 5 , a et b) et l’arbre à pain (fig. 6, a et b).

1. bouleau noir (betnla nigra, H. K.) : chaton. Inflorescence monoaxifère, multiflore, unisexuelle : a, chatons femelles, les seules qui persistent après la fécondation.

Obs. Les organes mâles sont soudés avec la feuille rudimentaire, qui borde le nœud-vital qui leur donne naissance.

2. pin sauvage ( pi nu s sylvestris , Lin.). Chaton biaxifère, multiflore, unisexuel.

3. myosotis des champs ( myosotis arvensis, Willd.). Epi monoaxifère, multiflore, hermaphrodite.

Page 1