‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 50 sur 126 · II · texte numérisé non relu

II

TABLEAUX XVII, XVIII, XIX et XX.

FLEUR (voyez sj

,, pog. 5a).

La fleur, comme l’on sait déjà, n’est qu’un rameau terminé qui se développe souvent avec faste. En ne la considérant que sous le double rapport des organes qui la composent et de sa situation relative avec l’axe et les autres parties de la plante, on s’aperçoit facilement que, malgré les fonctions

E articulières qu’elle a a remplir et l’apparence brillante sous iquelle elle se montre le plus communément, elle cache l’analogue d’uu humble bourgeon développé

La fleur, à laquelle j’ai donné le nom de scion-terminé ou scion-fleur, prend, avant son épanouissement, celui de bouton, tandis que le scion allongé ou de continuité prend celui de bourgeon.

Si maintenant on compare entre eux ces deux sortes de scions, on verra que l’un et l’autre ont eu pour berceau un nœud-vital; que leur situation relative est invariablement la même ; qu’ils sont terminaux ou le plus souvent latéraux lorsqu’ils naissent à l’aisselle des feuilles; qu’ils sont une continuité naturelle du végétal, et qu’enfin l’un et l’autre se composent d’un axe et d’organes appendiculaires qui, quoique le plus souvent verticillés par un excessif rapprochement dans les calices et les corolles des fleurs, n’en conservent pas moins, sauf quelques exceptions, cette disposition alterne, dans le sens longitudinal des axes, à laquelle tous les organes appendiculaires des végétaux composés sont assujettis.

Comme scion terminé, les organes appendiculaires de la fleur (par une sorte d’épuisement nécessaire aux fins que la nature se propose dans ces scions terminés) diminuent dans leurs dimensions, cessent pour la plupart d’être verts, et se

üMHü

peignent des plus vives couleurs; mais, comme on l’a vu, la situation relative de ces organes reste invariable, et toujours ces petites feuilles réduites et colorées dont se composent les corolles, quoique d’un tissu plus délicat que celui des feuilles du calice et de la tige, n’eu conservent pas moins la même disposition dans les tissus et dans l’ordre que suivent les nervures qui en forment le réseau; d’autres, plus intérieurs, ou, pour être plus précis, plus supérieurs (les étamines), semblent s’épuiser encore davantage, afin d’arriver plus tôt aux fins dont nous avçms parlé plus haut, et donner naissance aux anthères, petites capsules qui, comme l’on sait, renferment les utricules qui contiennent ce fluide que l’on croit destiné a féconder les embryons-graines.

L’axe terminé, duquel dépendent les organes appendiculaires dont nous venons de parler, quoiqu’il ne soit que la continuité de tout le système axifère plus inférieur du végétal, a reçu, d’après les fonctions particulières qu’il a a remplir, les dénominations suivantes : On le nomme pédoncule quand, au-dessous des feuilles calicinales, il ne se gonfle pas en fruit ; pistil, dans la partie placée au-dessus de l’insertion des organes appendiculaires de la fleur. Dans celui-ci, on a encore distingué d’abord l’ovaire dans cette partie basilaire du pistil, qui se gonfle, devient lacuneuse, et qui contient les embryons-graines; le stigmate, presque toujours renflé, spongieux et papilleux, dans la partie terminée de l’axe; et enfin une autre partie située entre l’ovaire et le stigmate, peu importante, puisqu’elle manque souvent, a reçu le nom de style ‘.

l es deux systèmes d’organes qui constituent la fleur ont l’un et l’autre une tendance naturelle à redevenir ceux qui composent les scions ou rameaux de continuité ; aussi voit-on que, dès que le végétal est abondamment nourri, les folioles

' Ce même axe du scion-fleur, autour duquel rayonnent les organes appendiculaires, présente encore, dans les passiflores ( Tabl. mit, fig. i5, a), les cléomés, les câpriers, etc., un article qui élève et éloigné l’ovaire du point sur lequel sont insérés le calice, la corolle et les étamines : cet article ou méritbalie, auquel les botanistes ont donné le nom de gynophore , est une répétition de ceux que produisent, par lenr écartement, les nœuds-vitaux sur les tiges.

Le gynophore n’est donc au fond que l’espace compris entre les nœudsvitanx stériles, bordés les uns par les feuilles du calice, de la corolle et de l’étamine, et les autres par les feuilles ov ariennes.

des calices, comme dans quelques roses, se développent largement en feuilles composées, entièrement semblables à celles placées plus inférieurement sur les tiges, et que les filets des étamines, en s’élargissant et en affamant les anthères, dont ils produisent l’avortement, deviennent d’autres feuilles corollaires, qui doublent cette grande quantité de fleurs qui ornent nos parterres.

L’axe ou pistil, de son côté, au lieu de s’arrêter à ses fonctions ordinaires, au lieu de se terminer par un stigmate et de nourrir dans son sein des corps reproducteurs, continue de s’allonger, et reprend quelquefois, au-dessus de cette fleur trompée dans son attente, la forme d’un scion vigoureux, ou bien il s’arrête de nouveau en une seconde fleur

Linné était dans l’erreur lorsqu’il croyait que les parties qui composent la fleur émanaient d’origine différente.

Selon ce grand naturaliste, le calice était une prolongation

' Dans les cerisiers, les merisiers, les pruniers, et, en général, dans tous les végétaux où le scion-fleur, au lieu de s’arrêter à l’etat que nous lui connaissons le plus ordinairement, s’emporte au-delà, et devient ou un rameau de continuité ou une suite étagée de scions-fleurs, o" observe, dans l’intérieur des calices, des corolles et des étamines, que l’axe, destiné à produire le pistil, se compose d’une suite d’articles nés les uns des autres, comme, par exemple, ceux d’une longue-vue que l’on allonge, et que lesnœuds-vitaux, qui forment chacun de ces articles, donnent naissance à de nouveaux organes appendiculaires.

Les fleurs doubles du merisier présentent, au lieu de pistils, deux feuilles libres, laminées, dentées, vertes, et dont la nervure médiane, en s’allongeant au-delà de la lame, représente le style, et se termine par un stigmate oblique, latéral et extérieur. La disposition de ces deux feuilles ovariennes annonce deux choses : i”. que, dans l’état ordinaire, l’une d’elles, la plus près de l’axe de la plante, avorte et détruit la symétrie; a°. qu’il n’a manqué à ces feuilles ovariennes ou pistillaires pour être parfaites, que d’être un peu moins favorisées par la végétation, d’avoir leurs bords complètement soudés en un ovaire, et de produire, de ces mêmes bords, le développement d’un ou de plusieurs embryons tuniqués (graines).

Le cerisier à fleurs doubles montre, dans ce sens, une plus grande complication : au centre, ou plutôt au-dessus du calice, de la corolle et des étamines, s'élève un article axifère (gynophore des botanistes), duquel naissent deux feuilles ovariennes soudees dans leurs parties inférieures, libres, laminées et dentées dans celles supérieures, et dont la nervure knédiane s’allonge en style et se termine par un stigmate. Du centre de la base soudée de celles-ci, s’élève un autre article qui, à son tour, produit une seule feuille ovarienne, laminée et dentée, à bords libres, et toujours terminée par un stigmate; on remarque, en outre, que des parois internes de la partie inférieure et soudée des deux premières feuilles ovariennes dont nous venons de parler, s'échappent des étamines rudimentaires et des pétales chiffonnés.

de l’écorce; la corolle et les étamines, celle du liber, et le pistil tout entier , celle de la moelle.

Cette idée très-ingénieuse trouva beaucoup de partisans, et a été répétée depuis dans la plupart des ouvrages de botanique.

L’isolement dans lequel on étudie généralement les divers organes des végétaux ; l’excessif rapprochement des organes appendiculaires, libres ou soudés, qui constituent la fleur, ont été les causes decette erreur. Au lieu de voir dans l’assemblage d’une fleur l’analogue de ces rameaux déprimés ou raccourcis que l’on nomme rosette, on s’imagina que le calice, la corolle, les étamines et le pistil étaient placés sur un plan horizontal, et que leur situation relative était de l’extérieur à l’intérieur; tandis que réellement ces organes, parfaitement identiques avec les autres feuilles du végétal, assujettis aux mêmes lois d’insertion, sont toujours superposés autour de la partie terminale des axes, et tirent tous leur origine du tube végétal, dont, en effet, ils ne sont qu’une simple exfoliation.

La fleur qui nous paraît la plus parfaite est celle qui est symétrique et qui se compose des systèmes axifères et appendiculaires , ou, pour me servir de l’ancienne manière de voir et de considérer la fleur, des quatre parties suivantes, le calice, la corolle , les étamines et le pistil. Les soudures et les avortemens, joints aux formes souvent bizarres des parties que nous venons de nommer, dérangent la symétrie des fleurs, et donnant lieu à certaines distinctions que l’ou eu a faites : l’avortement de l’axe ( pistil ), placé au dessus des organes masculins, caractérise les fleurs mâles; l’avortement des étamines, fait des fleurs femelles ; et la présence de ces deux organes réunis, des fleurs hermaphrodites : on les a encore appelées apétales lorsque les feuilles de la corolle ne se développent pas.

Nous pensons que l’irrégularité et le défaut de symétrie dans les fleurs et dans les fruits, quoique souvent constans dans certains groupes de végétaux, sont contraires au vœu général de la nature; qu’ils sont dus à un vice organique intérieur que nous ne pouvons pas encore expliquer ; vice qui est la source commune des avortemens visibles ou invisibles, ou, pour être mieux entendu, des avortemens extérieurs ou intérieurs; ou qui seulement, en empêchant quel-

qttes parties de se développer entièrement, occasione l’irrégularité. Le développement symétrique des fleurs irrégulières de la linaire, connues sous le nom de peloriu; celles de quelques espèces d’ orchidées , également redevenues régulières; celles terminales de certaines labiées , qui, au lieu de deux lèvres, présentent cinq lobes égaux et cinq étamines semblables entre elles ; et enfin celles qui occupent la partie terminale des axes déprimés (centre des botanistes) de la plupart des scabieuses , des ombellifères et des synanthérées , sont toujours régulières ou symétriques : tandis que celles disposées au-dessous ou autour, le plus souvent irrégulières, offrent, passagèrement, la preuve de ce que nous venons d’avancer, et sont, en quelque sorte, des exemples de symétrie dévoilée.

Il est bon de remarquer que ce vice organique, qui nuit à la symétrie des formes végétales, se manifeste toujours de l’intérieur à l’extérieur; je veux dire que ce sont les parties situées le plus près de l’axe qui en sont atteintes de préférence à celles placées plus extérieurement : il ne faut que jeter les yeux sur le petit nombre d’exemples suivans, pour être convaincu de cette vérité.

Dans les labiées , la lèvre supérieure, beaucoup moins développée que l’inférieure, la petite division du stigmate, la cinquième étamine qui avorte, et celles des quatre graines nues qui ne se développent pas, regardent toutes l’axe principal de la plante.

Celui des deux ovaires qui, dans quelques apocynées , avorte; ceux, au nombre de deux, dans le dattier, et ceux, au même nombre, qui, dans les graminées , ne reçoivent pas même un commencement de développement extérieur, et qui avortent également, sont situés entre celui qui persiste et l’axe ‘.

L’irrégularité des fruits des légumineuses et surtout de celui des papilionacées , ayant leur petit côté, celui qui porte les graines, constamment tourné vers l’axe, semble, par cette forme et cette disposition, réclamer une partie semblable a celle qui s’est développée, partie qui, dans le

1 La plupart des fleurs papilionacées s’opposent à cette règle générale. La cinquième feuille de ces sortes de corolles, celle que l’on nomme l'étendard, quoique étant dirigée vers l’ase, est plus développée que les quatre autres, placées plus extérieurement.

liœmatoxylon campechianum , et dans les mezonevron gla brum et pubescens (Desf. ), en reçoit un rudiment dans les ailes membraneuses qui bordent le côté intérieur de ces fruits

Page 1