‹ Flore médicale (volume 5)Chapitre 63 sur 126 · Id. Fleur épanouie : a, calice détaché · texte numérisé non relu

Id. Fleur épanouie : a, calice détaché

3. fissilia disparilis. Calice inférieur, monophylle, cupulaire, à bord entier.

4- oeillet dessables ( dianthus arenarius , Lin. ). Calice inférieur, monophy lle, tubuleux, quinquédeuté : a , feuilles rudimentaires; b, quatre autres opposées par couples, formant le calicule des auteurs.

5. coqueret alkekenge ( physalis alhekengi, Lin. ). Calice inférieur, monophylle, accrescent, enflé et persistant : a, partie déchirée du calice pour faire voir le fruit.

6. EitYTHRONicM dens-caiiis, Lin. Calice inférieur, polyphylle, coloré.

7. chamelaucium plumosum (Desf., Mém. du Mus. d'hist. nat.). Calice supérieur, polyphylle, scarieux et plumeux : a, involucre diphylle.

8. Id. Fleur épanouie dépourvue de son involucre et de sa corolle : a, étamines.

9. ste vi a pedata (Cav. Ic.), flokestika pedata (H. Cassini). Calice supérieur, polyphylle, scarieux et cilié : a, phycostème; b, folioles du calice.

10. galinsoga triloba (Cav. Ic.). Calice supérieur, polyphylle, scarieux et cilié : a, phycostèmej b , folioles du calice.

11. scabieuse colombaire (scabiosa columbaria , Lin. ). Calice supérieur, polyphylle : a, partie terminale del’involucre; b, feuilles du calice réduites aux nervures médianes.

12 . pissenlit ( leontodon taraxacum, Lin.), taraxacum dens-leonis, Desf. Calice supérieur, polyphylle, fimbrillé, réduit au système vasculaire : a, sommet du fruit sur lequel sont insérées les fimbrilles du calice.

Obs. En jetant les yeux sur les figures 5, 8, 9, 10, 11 et 12, on s’aperçoit aisément que tous ces calices sont au

fond parfaitement identiques, et qu’ils ne diffèrent entre eux que par de simples modifications de formes.

La nature, dans tout ce qui tient à l’organisation des êtres vivans, n’a point de secret : qui la connaît bien sur un coin du tableau, la connaît partout ; mais sa marche constante et graduée ne peut être expliquée qu’en la suivant pas a pas. L’étude des faits isolés n’apprend rien ou presque rien; celle des analogies peut seule nous apprendre quelque chose : ce n’est que par ce moyen cjue l’on parvient a reconnaître, dans, le calice soudé et vésiculeux du coqueret (fig. 5 ), et celui fimbrillé du pissenlit (fig. 12), le même organe.

Corolles.

1 3 . M ARCGRAYfA umkellata, Valil'. Corolle monopétale, calyptrée, pétales'soudés.

1 4 . Id. Flenr épanouie : a, corolle détachée.

1 5 . tabac {nicotiana tabactim, Lin.). Corolle monopétale, composée de cinq feuilles verticillées et soudées dans presque touteleur totalité : a , point d’insertion des étamines.

16. r.EXOA'ci'LE acre (ramiuculus acris, Lin.). Corolle polypétale, composée de cinq feuilles verticillées, libres : a , feuilles du calice; &, feuilles de la corolle; c, petites protubérances écailleuse?, offrant un commencement de cette forme corntculaire que présentent les pétales.des ancolies et autres plantes de la même famille; d, étamines; e, pistils.

TABLEAUX XXII, XXIII et XXIV.

Etamines , pollen et fluide fécondant ,-pliycostèmes , pist’ls.

De l’étamine.

Immédiatement au-dessus de l’insertion des organes appendiculaires du calice et de la corolle, s’en développent d’autres que l’on a désignés sous le nom d’étamines, et auxquels on a accordé la faculté de féconder les embryonsgraines.

L’étamine se compose, le pins ordinairement, des deux parties suivantes, le filet et l’anthère.

Le filet, qui est un pétale réduit a la nèrvure médiane, reprend quelquefois cette forme laminée, qui distingué tôus Jes organes appendiculaires, dans les nymphæa, les iris , les delphinium , les aulx:, clemalis àlpina , etc., ou bien, comme l’on sait, il devient uu vrai pétale dàns toutes lés fleurs qui doublent. Le filet, moins important que l’anthère, manque souvent, et rend pour lors cetté derniere sessile.

Dans l’anthère, présque toujours articùlée sur 1 le sommet du filet, il faut distinguer, i°. le coùhectif (Tabl. xXn, fig. 5 , a; 6, b, et fig. 7, b); 2°. les valves, qui forment les loges ( fig. 7, c et cc) ; 3 °. cette espèce de cloison qui subdivise plus ou moins chaque loge en deux logettes, et a laquelle j’ai donné le nom'de trophopolleu, à cause de son analogie avec le trophosperme ou placenta qui porte les graines dans le péricarpe; les utricules polliniques (fig. r 5 ) et le fluide contenu dans ces utricules, b.

Lorsque l’on compare les parties constituantes de l’anthère avec celles du fruit, on est tellement frappé de leur ressemblance organique, qu’on est presque,tenté de croire que ces corps, auxquels on attribue généralement la faculté de féconder les embryons, ne sont eux-mêmes que des fruits latéraux et rudimentaires ; que les utrieules polliniques sont des ovules stériles, et que te fluide dont ils sont remplis est le même que le fluide endospermique, dans lequel naît l’embryon des graines.

Un connectif et des Irophopollens intérieurs, dans l’anthère, rappellent l’axe et le trophosperme ou placenta du péricarpe; des valves et des loges eh nombre variable; une déhiscence, le plus souvent longitudinale (Tabl. xxn, fig. 7, c et’ cc) , où s'opérant par des trous situés au sommet des anthères des solanum ( fig. 3 ), des éricées ( Tabl. xxm, fig: 2 ), a la base dans les pyroles, par le moyen d’opercules latéraux dans les laurièrs ( laurus ) (Tabl. xxn, fig. 4 , b), les cassyta, les berberis, pistia stratiotes, etc., ou enfin transversalement et en boîte a savonnette dans le brosimum alicastrum, offrent un parallèle exact entre la valvaison et tous les modes de déhiscence que nous connaissons dans les péricarpes.

Si ensuite on établit un autre parallèle entre les utricules

polliniques et les ovules destinés à protéger le développement des embryons, on voit que les uns et les autres présentent les mêmes formes; que leur surface est tantôt lisse et tantôt hérissée; qu’ils communiquent avec la plante-mère, les ovules, par le trophosperme et les utricules polliniques, par le trophopollen ; qu’ils sont sessiles ou éloignés des placentas au moyen d’un cordon ombilical, quelquefois trèslong et très-délié dans ceux du pollen ; qu'ils contiennent un fluide qui pourrait bien être de la même nature; et qu’enfin l’un et l’autre de ces organes ne s’ouvreut jamais que par éruption.

Jusqu’ici le parallèle est juste : deux utricules très-analogues , pleins d’un fluide, composent également l’ovule et l’utricule pollinique; mais peut-être qu’en raison de la différence des situations, terminale du pistil et latérale de l’étamine, il va continuer de se développer des embryons dans une grande partie des ovules, tandis que tous les utricules polliniqués resteront à l’état de ces nombreux ovules dans lesquels on n’aperçoit jamais d’embryons.

Les étamines sont libres ou soudées : comme organes appendiculaires, développés a l’extrémité de la tige, elles se soudent souvent entre elles en partie du en,totalité, et même avec les organes qui les avoisinent, tels que la corolle, le calice et le pistil.

Les étamines sont libres dans la tulipe «tl’œillet ; elle sont soudées par leurs filets dans les papilionacées ( Tabl xxii , fig. n , a), les mauves, Ÿadansonia digitata (fig 9, a), rnelaleuca hyperieifolia ( fig. 12, c); simplement soudées par les anthères dans les synanthérécs (Tabl. xxm, fig. 3 ), dans toutes leurs parties dans les lobelia (Tabl. xxm, fig. 5 , a et b), avec la corolle dans les labiées et généralement dans toutes celles dites monopétales, avecd'ovaire dans les aristoloches, enfin avec le style dans le genre stylidium (Tabl. xxm, fig. 7, d) et dans les orchidées (fig. 12 , b).

La véritable insertion d’une étamine, sur l’axe du végétal, est toujours au-dessus de celle du pétale ou de la foliole calicinale, si le pétale manque. Les distinctions d’hypogyne, de périgyne et d'épigyne, résultent entièrement des diverses soudures que subissent les étamines avec les organes appendiculaires placés au-dessous ou au-dessus d’elles.

Le nombre des étamines varie beaucoup : les hippuris et

les blitum n’en présentent qu’une ; le troène ( ligustrum vulgare) et le lilas en ont deux ; le plus grand nombre des monocotylédones , les graminées par exemple, en offrent le

Î )lus souvent trois ; il y en a quatre dans les galium et dans a plupart des labiées; cinq dans les ombellifèrcs, le tabac, etc.; six dans la tulipe, l’épine-vinette, et dans presque tous les palmiers; sept dans le roarronier d’Inde; huit dans les vaccinium , les dapkne; neuf dans le butomus umbellatus ; dix dans l’œillet, les saxifrages; douze dans les réséda; un nombre indéterminé dans le pommier, le pavot, l’ancolie, etc.

Malgré cette grande diversité que présentent les étamines dans leur nombre, on s’aperçoit qu’au fond les nombres trois et cinq et leurs multiples dominent , le premier dans les végétaux monocotylédons, et le second, quoique moins général, dans les dieotylédons.

La disposition des étamines, sur l’axe, est subordonnée a la même loi que ce!le de tous les autres'organes appendiculaires et rayonnans du répétai. Ainsi, les étamines sont isolées ou associées par couples-, ©u, ce qui est plus ordinaire, associées par verticilles; elles sont isolées dans les fleurs de Yhippwis vulgaris , des 'Mitum capitatum et virgatum, dans la valériane rouge ( centranthu sruber); etc. ; associées par couples dans celles du lilas ( syringa vulgaris ), les véroniques ( veronim )■, le ; jasmin, l'olivier, le frotte-, etc.; associées verticillées par trois dans la plupartdes graminées , les glaïeuls, les iris ; verticillées par quatre dans les galium , les plantains; par cinq dans la boturache ( borraga ofjficinalis ), le lierre ( hederahélix) et le cidé ( tsoffea arabica).

Lorsque, dans les scions.-fleurs monoeotyiédons on dicotylédons, on observe, pour les premiers, six, neuf, douze, quinze ou un plus grand nombre d’étamines, et, pour les seconds, dix, quinze, vingt ou plus, cètte augmentation a toujours lieu par la répétition de plusieurs vertieilles superposés et dont les étamines qui composent ces verticilles, au nombre de trois dans les monocotylédons, et généralement de cinq dans les dieotylédons, comme organes appendiculaires, alternent entre elles d’un verticale a l’autre.

C’est à cette disposition superposée des verticilles qu’est due cette inégalité que l’on remarque dans la grandeur des étamines lorsque, dans un scion-fleur monocotylédou, il y

a six étamines au lieu de trois, comme dans les liliacée's, te plus grand nombre des palmiers, quelques graminées, etc. , ou dans un scion-fleur dicotylédon, au lieu du nombre cinq, qui y domine le plus généralement, il présente dix étamines, comme, par exemple, dans les melastoma, les silene , l’œillet, etc.

Il est aisé de concevoir que, d’après cette disposition commune à tous les organes appendiculaires du végétal composé, qui, comme l’on sait déjà, vont toujours en diminuant a mesure qu’ils se développent plus près de la partie terminale des axes, le premier ou le plus intérieur des verticilles staminifères doit se composer d’étamines moins épuisées que celles qui forment celui ou ceux placés immédiatement au-dessus.

Le verticille que composent les organes appendiculaires développés vers la partie terminale des axes, tel que celui de la plupart des calices, des corolles, des étamines, des phycostètnes et des feuilles ovariennes, n’a lieu que par l’excessif rapprochement de ces organes, et conséquemment par la disparition entière des articles ou mérithalles qui écartent les feuilles sur les tiges. Malgré cet excessif rapprochement dont nous venons de parler, les étamines, dans leur disposition, conservent celle des autres organes appendiculaires situés dans la partie intermédiaire des tiges; je veux dire que lorsqu’elles sont nombreuses, comme dans les renonculacées et les magnoliers, elles décrivent, en cette partie de l’axe, une spirale dont les tours sont très-rapprochés. Une telle disposition s’obtiendrait pour les feuilles répandues le long des tiges, s’il était possible de faire disparaître les mérithalles qui les séparent, en les faisant rentrer en eux-mêmes, comme on le fait’des tubes particuliers d’une longue-vue.

Du pistil.

Le pistil est l’enfance du fruit : dans son état le plus parfait, on y a distingué les trois parties suivantes, l’ovaire, le style et le stigmate. La première est la plus essentielle; la seconde, sans doute peu utile, manque souvent, et la troisième n’est peut-être pas aussi nécessaire qu’on le croit généralement.

L’ovaire contient et protège les ovules : ceux-ci, clos de

toute part, remplis d’un fluide qui doit, plus tard, servir de nourriture à l’embryon-graine, sont sessiles ou pédiculés (cordon ombilical). Leur insertion, ou point de départ des placentas ou tropbospermes, présente trois modes principaux ; savoir : i°. elle est axifère lorsque les ovules naissent sur un axe central, comme dans les primulacées , les caryophy liées , les euphorhiacées , etc. ; 2°. marginale quand ils émanent des bords marginaux et rentrât» de la feuille ovarienne, comme dans les légumineuses, le colchique , gloriosa superba , etc.; 3 °. médivalve quand ils partent de la nervure médiane de la feuille ovarienne; par exemple, les iridées , la tulipe, l’ornithogale, le hixa.

Des observations suivies sur la formation et la complication des corps reproducteurs des végétaux, comparés entre eux du plus simple au plus composé, m’ont appris que le pistil se composait encore d’un ou de plusieurs organes appendiculaires et foliacés, dont la lame roulée sur elle-même de l’extérieur à l’intérieur, et en se soudant par ses marges plus ou moins rentrantes a l’intérieur, formait le pistil et, par suite de développement, le péricarpe; que la nervure médiane de ces feuilles ovariennes, en se prolongeant plus ou moins au-delà de la lame soudée, produisait le style, et s’arrêtait, le plus souvent, en une houpe papilleuse et stigmatique.

Si l’on se rappelle bien une pteris à feuilles simples, on verra que c’est toujours sur la face externe des feuilles les plus terminales de la plante, que se développent, marginalement, les corps reproducteurs; et que si on prend une de ces feuilles libres et fructifères, qu’on la roule sur sa face interne, que l’on rapproche les deux marges de manière à les souder entièrement, et a faire rentrer a l’intérieur du cornet les deux marges qui portent les graines; que l’on allonge, par la pensée, la nervure médiane au-delà de la lame soudée, on aura l’analogue du fruit irrégulier, de la pêche, ou, mieux encore, celui d’une légumineuse papilionacée. Il est inutile de dire qu’un plus grand nombre de ces feuilles ovariennes , ainsi roulées, soudées et rapprochées, donne les péricarpes composés et rayonnaus des gentianes, du colchique, de la fraxiuelle, de la mauve (voyez, à ce sujet, ma définition du péricarpe, pag. 48 )• W

L’ovule lui-même est le dernier organe appendiculaire

de la plante; c’est encore une feuille soudée de toute part et toujours indéhiscente. Cette feuille ovulaire, comme toutes les autres feuilles du végétal, naît sur le bord d’un noeudvital, qu’elle protège, et ce nœud-vital est celui qui a servi de concep'.acle à l’embryon-graine. Se développant immédiatement au-dessus de la feuille ovarienne , la feuille ovulaire est tantôt sessile et tantôt éloignée au moyen d’un dernier article ou mérithallede la tige, dans lequel on a cru voir l’analogue du cordon ombilical des animaux ( Organ. vég ,J Sjst. tucif ., fig. a 3 , c, et fig. 27, a). C’est à ce développement que la végétation s’arrête et se termine le plus orduiairenieiil,; niais,.daus quelques cas, faisant un nouvel effort, elle produit encore umautre article de la tige dans le raplw libre ou soudé (vAstEtcvE, Richard, Organ. vég., SysU à-vif-, %• et un rudiment de graine dans la

clialazp. (.Qrgaigywg.yffst. actif ,, fig. 23 , b). Le raplié et la clialaze représentent exactement, le premier, ce dernier article, quelquefois long et grêle, qui termine l’épillet de certaines graminée#, et v le second, cette fleur neutre, qui,, comme l’on sait, se réduit souVenl.au seul renflement du uœud-viul.

TABLEAÜ XXII.

Pistils, étamiiws , pollen et, fluide fécondant.

Page 1