‹ Flore médicaleChapitre 13 sur 82 · CLÉMATITE · texte numérisé non relu

CLÉMATITE

fications opposées, plusieurs fois trifides : point de calice; il est quelquefois remplacé par deux petites bractées concaves ou foliacées , situées un peu au dessous de la fleur : quatre ou cinq pétales iongts : obtus, pubescens ; environ vingt étamines, dont les extérieures se changent quelquefois en pétales étroits : les anthères allongées ; des

ovaires nombreux surmontés d’un long style soyeux , auxquels succè-

dent autant de capsules ovales comprimées, terminées par une lonoue queue plumeuse, formée par le style persistant. — Ces fruits nombreux et touffus forment , par leur réunion, vers l'époque de la maturité, de beaux plumets blancs et soyeux, très-abondans et d’un aspect agréable.

Cette espèce est la plus commune , surtout dans nos départemens septentrionaux ; on en distingue encoré plusieurs autres, telles que la clematis recta, facile à reconnaître par ses tiges droites, non grimpantes, par ses folioles pubescentes en dessous : la c/ematis flammula dont les fleurs sont plus petites, plus odorantes ; les folioles fort petites : elle croît dans le midi de la France.

À une saveur astringente , légèrement acide , la clématite joint une âcreté remarquable; ses feuilles, dans l’état frais, déterminent un sentiment d’ardeur brûlante sur la langue et dans l’arrière-bouche. La rubéfaction et la vésication sont le résultat de leur action sur la peau ; par une application prolongée, elles l’ulcèrent même profon dément. Les mendians ont su tirer parti de cette propriété caustique de la clématite pour se procurer des ulcères à volonté sur diverses parties du corps; ce qui lui a fait donuer le nom d’ Es aux SUEUT , sous lequel on la désigne vulgairement.

La composition chimique de cette plante n'a pas encore été convenablement dévoilée. Toutefois on retire de ses feuilles une eau distillée laiteuse, qui répand l'odeur de l’anémone pulsatile, et excite un sentiment d’ardeur dans la gorge. Cette eau distillée doit ses propriétés à une huile essentielle, jaunâtre, d’une saveur brûlante, mais en trop petite quantité pour être obtenue séparément.

Les feuilles de clématite contuses , appliquées à l'extérieur, ont fait

quelquefois disparaître la céphalalgie, des douleurs de goutte et de rhumatisme. Le peuple d'Avignon avait autrefois l'usage de traiter la gale par des frictions avec de lhuile, dans laquelle cette plante avait été macérée et broyée. Comme elle irrite, rougit vivement la

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