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CXXXWIIE.
+ CRESSON
UDEMERENRS NASTURTIUM AQUATICUM SUPINUM ; Baubhin, Ilsvæ£ , lib. 3, sect. 2. SISYMBRIUM AQUATICUM MATHIOLI ; Tournefort, clas. 5 , cruciformes. ER TE 07 SISYMBRIUM NASTURTIUM, siliquis declinatis , folius pinnatis, foliolis subcordatis ; Linné, clas. 15, tétradynamie siliqueuse ; — J ussieu ; clas. 13, ord. 3, crucifères.
CARDAMINE FONTANA, Lamarck.
LL TL tige Some Éabé CRESCIONE; NASTURZIO; AGRETTO. Espagnol... ...... BERRO.
Francais... .. ... CRESSON ; CRESSON DE-FONTAINE !. a WATER-CRESS ; WATER-CRESSES, Allemand. . ...... BRUNNENKRESSE, Hollandais. ...... WATER-KERS; WATER-KERSSE, a . . KIÆLLKRASSE. d
Quoique peu remarquable par ses fleurs petites et blanches, le cresson n'en est pas moins une plante agréable, formant sur le bord des ruisseaux , dans les fontaines , le long des fossés, des gazons d’un beau vert. L'époque de sa découverte est peu connue; quelques auteurs cependant ont cru pouvoir le rapporter à la seconde espèce de
ducuubpioy, citée par Dioscorides ? : mais il est difficile d’en avoir la certitude.
Ses racines sont blanchâtres, ramifiées, chargées d’un grand nombre de fibres très-fines et touffues. Elles produisent des tiges fistuleuses , très-glabres , rameuses , cylindriques, longues d’un pied,
* La dénomination de cresson est évidemment la traduction française de l’ancien mot latin crescio , lequel vient de cresco, je crois; par allusion à la facilité et à la rapidité avec lesquelles s'élève le cresson, souvent malgré l’intempérie de l'atmosphère.
Cette étymologie, adoptée par Charles Étienne, par Ménage , par Lobel et Pena, me semble beaucoup préférable à celle indiquée par Théis, qui puise avec trop de confiance dans les idiomes du Nord.
? Telle est l'opinion du savant Sprengel ; telle était celle de l’illustre Gaspard Bauhin : il me paraît plus probable que le cuoup6puov erepoy de Dioscorides est notre cardamine, cardamine pratensis , L. Voyez la synonymie de cette plante.
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vertes ou un peu rougeâtres. — Les feuilles sont alternes, ailées avec une impaire, vertes, succulentes, très-glabres, composées de cinqsà neuf folioles sessiles, arrondies ou ovales, très-entières; la foliole terminale plus longue et presque lancéolée, surtout aux feuilles supérieures, arrondie et plus grande aux inférieures. — Les fleurs sont disposées ou en grappes allongées, ou en corymbes à peine plus longs que les feuilles, selon que les fruits approchent plus ou moins de la maturité. Elles sont composées d’un calice à quatre folioles glabres, médiocrement ouvertes ; quatre pétales en croix plus longs que le calice; six étamines, dont deux plus courtes ; un ovaire allongé, cylindrique, surmonté d’un stigmate sessile en tête. — Le fruit consiste en une silique pédonculée, longue d’un demi-pouce et plus, un peu comprimée, légèrement courbée, horizontale ou un peu pendante, divisée en deux loges séparées par une cloison, et renfermant des semences nombreuses, arrondies.
Le cresson a une odeur vive et piquante. Quoique accompagnée d’une certaine amertume et d’un peu d’âcreté, sa saveur ne laisse pas que d’être agréable. Lorsqu’on le broie, il exhale un principe volatil âcre et très-odorant, qui irrite les yeux et l’organe de l’odorat ; mais ce principe se dissipe par la dessiccation et l’ébullition, de sorte qu’après avoir été cuit ou desséché, le cresson est tout aussi inerte que les autres plantes fades ou herbacées. Comme la plupart des végétaux crucifères , le cresson paraît contenir une certaine quantité de soufre et d’ammoniaque. Malgré les recherches auxquelles les chimistes du dernier siècle se sont livrés sur sa composition, il faut avouer que son analyse est très-imparfaite. On sait toutefois que ce végétal contient une petite quantité d'huile essentielle très-amère et très-odorante. Ses principes volatils sont solubles dans l’eau et dans l'alcool, mais ils s’en échappent à une température au dessous même de l'ébullition.
Justement renommé par ses usages médicinaux et économiques, on s’accorde à regarder le cresson comme un puissant stimulant. On reconnaît son utilité dans la plupart des maladies chroniques, accompagnées de débilité , et dans toutes les circonstances où 1l faut exciter l'appétit, augmenter les forces digestives et l’action vitale en général. Il excite la sécrétion de la salive, il favorise l’expectoration, il agit dans certains cas sur la peau, et active la transpiration cutanée ; dans d’autres circonstances , il provoque la sécrétion des urines et
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même l’écoulement menstruel, Sous. tous les rapports, le cresson a la plus grande analogie avec le cochléaria et le raifort : seulement son action est plus douce. On le prescrit avec avantage dans le scorbut , dans les catarrhes chroniques , dans certaines maladies de la peau anciennes et rebelles, comme dans les dartres scrofuleuses; chaque jour on l’emploie avec succès contre l’inappétence. Plusieurs praticiens en ont obtenu des avantages plus ou moins marqués dans la phthisie muqueuse, la goutte et les rhumatismes anciens. Toutefois le cresson n'a pu être réellement utile dans ces différentes maladies que lorsqu'elles étaient sans fièvre, exemptes d'inflammation ou d'irritation locale vive, et chez les sujets faibles , décolorés, lymphatiques. L'expérience a appris qu'il ne convient point du tout dans les cas où il y a beaucoup de chaleur et de sécheresse, ou une grande irritabilité. 11 faut, par cette raison, s’en abstenir ou ne l’employer qu'avec circonspection, chez les sujets secs, ardens, irritables, d’un tempérament bilieux, et chez ceux qui sont disposés aux inflammations, aux hémorrhagies, surtout à lhémoptysie. Dans quelques circonstances on s’est bien trouvé d'associer le suc de cresson au lait, au petit-lait , aux bouillons mucilagineux, et autres moyens propres à modifier son action. Zwinger et autres ont parlé de ses bons effets dans la néphrite calculeuse et dans les embarras de la vessie; Galien, au rapport de Spielman, le vantait contre les calculs. D’autres le recommandent dans l’hydropisie, la mélancolie, l’hypocondrie et les affections hystériques. Selon divers observateurs, il a puissamment concouru dans certains cas d’atonie au rétablissement des règles, à la résolution des empätemens abdominaux, suite des fièvres intermittentes, et à la guérison de l’empyème. On lui attribue même des succès contre quelques fièvres soporeuses; mais s’il est permis de douter de son effcacite dans ce dernier cas, peut-on croire, avec Bonnet, que le suc de cette plante ait pu réparer chez certains phthisiques les poumons en partie détruits par la suppuration ? On n'a pas donné moins d’éloges aux applications extérieures du cresson. Selon Tournefort, son suc, injecté souvent dans les narines, aurait guéri des polypes muqueux. On s’est bien trouvé de ses feuilles cuites , appliquées en cataplasmes sur la tête des enfans dans des cas de teigne et de gale, ainsi que sur les tumeurs blanches des articulations.
La plante verte se prescrit en macération dans l’eau et autres li- 4 Le
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quides, ou bien en décoction, pourvu qu'elle s'opère dans des vaisseaux clos. Le plus ordinairement on administre-son suc épuré ou non , de soixante à cent cinquante grammes (environ deux à quatre onces) par jour, soit seul, soit associé à un liquide acide ou muéilagineux, selon l’indication. La conserve et l’extrait aqueux qu’on en préparait jadis sont des médicamens inertes qui ne méritent aucune confiance. Son eau distillée n’est pas plus active; mais sa teinture alcoolique est un puissant stimulant qu’on donne par gouttes dans des gargarismes et dans des potions appropriées. On fait avec le suc de cresson et du miel des gargarismes utiles dans les aphthes et les angines avec atonie, et dont Bourgeois se loue beaucoup.
Le cresson des fontaines est un aliment diététique, précieux dans les pays et dans les saisons humides. Il est utile aux personnes d’un tempérament lymphatique, dont les chairs sont humides , flasques, décolorées ; à celles qui sont disposées au scorbut, et qui sont exposées à des causes débilitantes. On le mange crû en salade, on le confit au vinaigre. On le sert avec les viandes rôties, et il est un excellent correctif de celles qui sont blanches, fades, glutineuses, ou bien grasses et huileuses. On le cultive soit dans les eaux courantes, soit, comme à Paris, dans des jardins. Dans ce dernier cas, il faut, suivant M. Bosc, le semer dans un endroit ombragé , et l’ar-
roser tous les jours.
swinGEr (Théodore), Examen theorico-practico-medicum plantarum nasturcinarum, quo vegetabilium horum structura naturalis , qualitates , vires, atque usus explicantur , Diss. inaug. resp. Joan. Rudolph. Mieg ; in-4°. Basileæ, 1714. — Réimprimée la première , dans la Triga dissertationum du même auteur; in-4°. Bâle, 1716. Zwinger ne borne pas son examen aux cressons proprement dits : il parle de plusieurs autres plantes, regardées par lui comme antiscorbutiques, telles que le cerfeuil, la fumeterre , l’ortie, etc.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleur entière grossie. — 2. Pistil et étamines. — 3. Pétale isolé. — 4, Fruit ou silique tel qu'il s'ouvre ‘dans la maturité,
Zuupere P. Lambert I pente.
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