CANAL
CXLVIT.
€ 0 IA CYPRES
% ie Ja TT ii D LRR à xumapiococ, Dioscorides; xymaprrroe, Homère.
cuPRESSUs ‘ ; Bauhin, IivaË , lib. 12, sect. 5; — Tournefort, clas. 19, arbres amentacés.
ENT. son CUPRESSUS SEMPERVIRENS ; folis imbricatis, frondibus quadrangulis ;
Linné, clas. 21, monœcie adelphie ; — Jussieu, clas. 15, ord. 5, | conifères. | :
Fake L'oe.: CIPRESSO.
Espagnol... ...... cIPRESs.
Francais... CYPRÈS.
Anglais.......... GyPREss.
Allemand. ........ 2ZIPRESSENBAUM.
Hollandais, . . .... cypREssErooM.
MR : CYPRESS.
ORIGINAIRE de l’île de Crète et des contrées de l’Orient, le cyprès pyramidal est aujourd'hui très-commun dans nos départemens du midi : arbre d’un aspect sombre et triste, il est devenu l'emblème de la mélancolie ; les anciens l'avaient consacré aux dieux infernaux , et le plantaient dans le champ des morts : Diti sacra, ideoque funebri signo ad domos posita (Plin., lib. vr, cap. 33). |
Cet arbre, toujours vert, s'élève à la hauteur de cinquante à soixante pieds, sur un tronc droit , épais, revêtu d’une écorce brune; sa forme est élancée, ses rameaux sont serrés et touffus, en forme de pyramide. — Ses feuilles sont très-petites, opposées, imbriquées sur quatre rangs, glabres, un peu obtuses, d’un vert sombre, surtout en hiver, d’un vert plus clair au printemps. — Les fleurs sont, les unes mäles, les autres femelles, sur les mêmes individus, disposées en chatons à l'extrémité des rameaux. Les chatons des fleurs mâles sont un peu allongés, garnis d’écailles membraneuses ; imbriquées , en forme de bouclier, placées sur quatre rangs : quatre an-
: Les étymologies de ce mot générique proposées par Isidore Bauhin, Littleton , Bæhmer, et même par l’érudit Théis , me semblent aussi fabuleuses et moins agréables que la métamorphose du jeune et beau Cyparisse en cyprès.
39° Livraison, 2.
CYPRÉS
thères sessiles sur chaque écaille. Les chatons des fleurs femelles , plus petits, arrondis, composés d’écailles ligneuses, pédicellées , persistantes , formant par leur réunion une sorte de péricarpe; plusieurs ovaires ,;surmontés chacun d’un stigmate, sont placés autour du pédicelle de chaque écaille. Ces ovaires deviennent autant de noix monospermes, sans valves, à une seule loge. A l’époque de la maturité , les écailles se dessèchent, se séparent par des fentes disposées en polygones, et laissent sortir les semences.
Le cyprès cesse de produire dans nos contrées l’espèce de résine suave et odorante qu’on en obtient par incision dans les climats chauds. Son écorce, son bois, ses feuilles et ses fruits sont à peine doués d’une certaine stypticité. Malgré la faiblesse de leurs propriétés physiques, ces différentes parties du cyprès étaient employées par les anciens dans le traitement de plusieurs maladies. Hippocrate faisait particulièrement usage du bois dans les affections utérines. Galien en recommande les fruits pour arrêter les flux de ventre. Ces derniers, connus dans les pharmacies sous le nom ne galbules ou noix de cyprès, sont les seules parties de ce végétal qui aient conservé quelque réputation parmi les modernes, et encore sont-ils rarement employés en médecine. Toutefois, plusieurs auteurs ont vanté leurs bons effets contre les diarrhées , les flux séreux et les hémorrhagies passives. Leur saveur astringente amère les a fait regarder comme fébrifuges ; on a proclamé aussi leurs succès contre les fièvres intermittentes. Lanzoni va même jusqu’à leur accorder, sous ce rapport , la même puissance qu’au quinquina. Leurs vertus tonique, stomachique et vulnéraire, ont été célébrées en outre’ par divers médecins. Mais toutes ces vertus médicinales et plusieurs autres qu'on leur a attribuées ne reposent sur aucun fait précis. Ces fruits verts , ainsi que les feuilles du cyprès dans l’état frais, ont, été préconisés comme le remède spécifique des hernies. On en faisait boire la décoction vineuse au malade, et l’on frottait la tumeur herniaire avec les feuilles réduites en pulpe : malgré le témoignage de Mathiole en faveur de ce remède, je ne pense pas que personne soit tenté d'y avoir recours. Les habitans de la Caroline appliquent sur les plaies l'espèce de baume qu’on retire du cyprès; et comme ces lésions guérissent malgré ce topique, suivant une manière de raisonner assez analogue à celle de beaucoup de médecins de l'Europe, ils lui attri-
CYPRES
buent da propriété de cicatriser les solutions de continuité. La dose ordinaire des galbules et des feuilles de cyprès, est de quatre grammes (un gros), soit en substance, soit en infusion dans du vin.
Le cyprès, destiné dès la plus haute antiquité à orner les tombeaux , est encore regardé parmi nous comme l’emblème du deuil et de la tristesse. Persuadés que le cyprès purifiait l’atmosphère par ses émanations salutaires, les anciens envoyaient les phthisiques respirer l'air de l’île de Crète, où cet arbre croît en abondance. Par la majesté de son port, par la beauté et l'élégance de sa forme pyramidale, et par sa verdure éternelle, le cyprès est très-propre à orner les jardins et les avenues. En Italie on l’emploie fréquemment à la décoration des maisons de campagne. Son bois, d’un jaune rougeûtre, parsemé de veines foncées, est d’une odeur agréable; il a une grande dureté , il se corrompt très-difficilement , résiste beaucoup mieux que le chène aux injures du temps et aux attaques des insectes ; il est en outre susceptible de prendre un beau poli. Au rapport de Théophraste, les portes du temple d'Éphèse en étaient construites. L’histoire apprend que celles de l'église Saint-Pierre de Rome, qui ont duré onze cents ans, et qui étaient encore en bon état lorsque le pape Eugène rv les fit remplacer par des portes d’airain , étaient aussi de bois de cyprès. Les Égyptiens renfermaient leurs momies dans des caisses du même bois. On a même prétendu que l'arche de Noé en était construite. Ce bois précieux est employé en Orient pour la charpente ; il pourrait l'être parmi nous avec avantage à une foule d’usages économiques , et, sous ce rapport, il serait à désirer qu'on multipliât sa culture dans nos départemens méridionaux. Les fruits du cyprès ne mürissent qu'après l’hiver. Les fourmis sont très-avides des semences qui s'en échappent à l’époque des premières chaleurs.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Chaton mâle, — 2. Chaton femelle, — 3. Cône ou strobile, — 4. Péricarpe. — 5. Graine isolée.
ATOUT (4 ue non, rot lodé $ M, fr AN CUS EN TIREUR UT PP : jy 3
La
HO NS UE à ae