RS ARE EUPHORBIUM
nan"... : .. EUPHORBIENSTR AUCH.
Hollandais - LISE EUPHORBIUM.
LE nom d’euphorbe chez les anciens était appliqué exclusivement à cette espèce et à la suivante; ils nommaient ##hymale la plupart des autres plantes laiteuses du même genre. Au rapport de Pline, l’euphorbe tire son nom d’Euphorbius, médecin de Juba , roi de Mauritanie, qui, le premier, employa, pour la guérison d’Auguste, la gomme-résine qui découle de l’euphorbe. Ainsi cette plante était connue des anciens ; mais Dioscorides en parle en termes si obscurs, qu’il n’est pas possible de savoir si l’on doit rapporter ce qu’il en dit à l’'euphorbia officinarum ou à l'euphorbia antiquorum. Cette dernière espèce croît particulièrement dans l'Inde, au Malabar , d’après Rhéede, qui l'a décrite et figurée sous le nom de schadida call : cependant Forskhal les cite toutes deux comme se trouvant dans l'Arabie ; mais il paraît que la dernière lui a été communiquée, et qu'il ne l’a point recueillie en place. Quant à l’'euphorbia officinarum , on pourrait plutôt la soupçonner être l’euphorbe des anciens : elle croit,
: Je pense, avec M. Poiret, que la description ébauchée par Dioscorides est trop incomplète, pour décider avec certitude si l’evgop@ioy de ce naturaliste est l’euphorbe des anciens ou l’officinal. Je l’ai rapporté à celui-ci, d'abord pour me conformer à l’opinion du savant Sprengel, qui paraît très-vraisemblable à M. Poiret lui-même ; ensuite, parce que cette espèce s’est offerte à moi la premiére.
42° Livraison, 4.
EUPHORBE OFFICINAI.
d'après Pline, Dioscorides et plusieurs autres, dans la Libye, le mont Atlas et l'Arabie; mais elle a échappé aux recherches de M. Desfontaines et aux miennes dans la Mauritanie et sur le mont Atlas. Ses racines sont très-épaisses , oblongues , Charnues, divisées en grosses branches à leur partie inférieure. — Ses tiges s'élèvent à la hauteur de trois ou quatre pieds, semblables à celles d’un cactus. Elles sont droites , très-grosses, charnues , cannelées profondément dans toute leur longueur, formant des angles très-saillans, hérissés sur leur tranchant d’aiguillons géminés, raides, blanchätres, subulés, tirant leur origine d'un petit tubercule ovale. Il n’y a point de feuilles. Il sort des tiges, de distance à autre, de gros boutons ovales, obtus , sillonnés, qui se prolongent ensuite en branches. — Les fleurs sont petites, sessiles, d’un vert jaunâtre, situées sur les angles vers le sommet des tiges et des rameaux. Leur calice se divise en dix
parties; les cinq divisions extérieures arrondies ou obtuses; les
étamines un peu plus longues que la corolle; les anthères petites, à deux lobes. |
La gomme-résine, connue dans les pharmacies sous le nom d’euphorbe, n'est autre chose que le suc laiteux de cet arbrisseau desséché et concrété par l’action de l'air et de la chaleur. Toutefois cette substance, observe Murray, provient également du suc analogue de l'euphorbia antiquorum, de l'euphorbia canariensis, et peut-être
aussi de plusieurs autres espèces exotiques de la famille naturelle des -
tithymales. Quoi qu’il en soit, le suc qui découle en plus ou moins orande abondance de l'écorce de cet arbrisseau, par les incisions qu'on y pratique, est un liquide épais, blanc, lactiforme, äcre et vénéneux. En se desséchant il forme de petits globules , de forme variée et tuberculeux , que les naturels du pays recueillent avec soin pour les livrer au commerce. Dans cet état, l'euphorbe se présente en grains solides ou en larmes irrégulières , arrondies , ovales , bosselées, quelquefois branchues et caverneuses : les plus grosses ont le volume d’un pois; sa couleur jaune, pâle ou dorée à l’extérieur, est blanchâtre intérieurement. Son odeur est nulle. Sa saveur, d’abord insensible, devient chaude, âcre, brülante et légèrement nauséeuse Jorsqu’on le mâche, et persiste long-temps même après que l’on s'est rincé la bouche avec différens liquides. Outre une matière extractiWe et un principe volatil qui se dégage par l’action de la chaleur, et 1-
EUPHORBE OFFICINAL.
rite vivement l'organe de l’odorat, l’euphorbe contient de la gomme et de la résine à peu près en égales quantités. Son àâcreté et sa causticité résident essentiellement dans cette partie résineuse , ce qui fait que sa teinture alcoolique et son extrait spiritueux sont d’une âcreté dont sa solution aqueuse n’approche pas. 1
Exposée à laflamme d’une bougie, cettegomme-résinebrüle avecune belle flamme. Lorsqu'on la mâche long-temps, elle pique et irrite vivement la langue; elle détermine un sentiment d’äcreté brülante dans toutes les parties de la bouche et de l’arrière-bouche, et enflamme même celles de ces parties avec lesquelles elle est long-temps en contact. Portée sur les fosses nasales, soit directement, soit par l’intermédiaire de l'air des appartemens où elle est quelquefois disséminée, dans ces jeux dangereux que se permettent les gens grossiers, eile excite de violens éternumens , et produit le coryza, des hémorrhagies et même l’hémoptysie, ainsi que cela arrive fréquemment dans les pharmacies aux ouvriers qu'on emploie à la pulvérisation de cette substance, malgré toutes les précautions que l’on prend pour préserver les voies aériennes de son contact. Appliqué immédiatement sur la peau, l’euphorbe y détermine le prurit, la rougeur , linflammation, une vive douleur et ie soulèvement de lépiderme ; ce qui fait qu'on l’emploie avec avantage dans certains cas comme vésicant. Murray rapporte qu'une servante, dans le lit de laquelle on avait méchamment répandu de cette poudre, fut prise d’une démangeaison insupportable, de douleurs vives, et d’une violente inflammation de la vessie, qui fut suivie du gonflement des pieds. Si de semblables accidens résultent de la simple application de l'euphorbe à l'extérieur, que ne doit-on pas redouter de son admimisfration intérieure ? Des observateurs recommandables ont vu d’atroces douleurs d’estomac, des coliques déchirantes, des vomissemens , des déjections sanguinolentes , l’ardeur de la gorge, une soif inextinguible, le hoquet, des syncopes , des sueurs froides , être le résultat de son action sur l’appareil digestif. Un homme auquel un empirique avait administré de cette substance, mourut le même jour, au rapport d'Alexandre Bénédict, dans les tourmens d’une dysenterie des plus aiguës. Il est vrai qu'on a proposé de mitiger Paction de l’euphorbe en lassociant à différentes substances ; mais, selon la remarque de Murray, ou ces mélanges s'opposent à l'application de l’euphorbe, ou ils la laissent
EUPHORBE OFFICINAL.
subsister : dans le premier cas, ce remède est donc inutile, et dans le second, dangereux.
Toutefois cette gomme-résine a été recommandée comme sternutaloire dans certains anciens coryzas entretenus par un embarras muqueux dans le sinus des fosses nasales; mais quelle prudence n'exige pas l'emploi d’un errhin aussi dangereux? Elle paraît avoir été quelquefois employée avec succès, comme cathérétique, pour réprimer les chairs fongueuses dans les ulcères anciens et atoniques. L’euphorbe a joui de beaucoup de réputation contre la carie des os. Fabrice de Hilden, Falloppe, Heister, Platner et autres chirurgiens le regardent surtout comme très-utile dans les caries anciennes et profondes, pour favoriser la séparation des parties osseuses entièrement nécrosées. Sous forme de liniment , différens auteurs en recommandent lemploi dans la paralysie, l’amaurose, l’atrophie et les rhumatismes chroniques. L'on connaît en effet qu'il peut être avantageux comme rubéfiant dans ces affections, mais seulement dans les cas où les autres irritans sont indiqués. On a également prétendu qu'il convenait dans l’hydropisie, le scrofule et les obstructions viscérales. Toutefois l'usage de l’euphorbe est trop dangereux pour qu’on puisse se permettre de l’administrer intérieurement , et la prudence commande en quelque sorte de le reléguer dans la matière médicale vétérinaire , où il est quelquefois employé avec avantage au traitement de la gale et autres maladies des chevaux.
On ne peut guère se permettre d'employer l'euphorbe en substance au delà de cinquante centigrammes (dix grains), et encore ne doiton commencer que par de petites doses (un ou deux grains). Il fait partie de l'huile d’euphorbe de la pharmacopée de Wurtzbourg , des pilules de Quercetan, des pilules fétides, du grand philonium, de plusieurs onguens épispastiques, et, entre autres, de la pommade de Grandican.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est réduite au tiers de sa grandeur naturelle.)
7 urpurn. V2
a CC