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EUPHORBE DES ANCIENS

Cette plante, du reste, est douée des mêmes propriétés médicinales que nous avons précédemment signalées dans les autres euphorbiacées ; mais elle a peut-être encore plus d’activité qu'aucune autre. Les médecins arabes et ceux du moyen âge se servaient de son suc laiteux, comme d’un hydragogue énergique , selon la théorie de Phumorisme, pour purger le corps de l’excès de pituite ou de la sérosité exubérante. Ce suc agit, en effet, soit en opérant une puissante dérivation des humeurs sur le canal intestinal, soit en déterminant une abondante sécrétion de mucosités gastriques et leur expulsion par le vomissement. On en a fait usage, à l'extérieur, pour opérer la dépilation de certaines parties du corps , pour ronger les verrues, détruire les durillons , et pour faire disparaître les taches de la peau. On a recommandé l’application directe de ce suc gommo-résineux sur les dents cariées, pour calmer l’odontaigie. Au rapport de Geoffroy, les fumigations où la vapeur de la décoction des tiges et des feuilles de cette tithymale dirigées sur les parties affectées, sont très-propres a apaiser les douleurs de goutte. Mais de funestes métastases arthritiques ne sont-elles pas à craindre de l’emploi d’un semblable moyen? Enfin, cet euphorbe a été préconisé par différens auteurs dans beaucoup d’autres affections. Toutefois les praticiens les plus célèbres, tels que Mésué, Hoffmann, Fernel, Ludovic, etc., ou l'ont proscrit de la matière médicale, à cause des accidens graves auxquels son usage peut donner lieu, ou bien ils font une loi de ne l’employer intérieurement qu'après avoir affaibli son âcreté extrême, par la macération dans l'huile, dans le vinaigre, ou toute autre substance propre à lui enlever, avec une partie de son principe résineux, la plupart de ses propriétés vénéneuses. Les anciens n’administraient jamais l’euphorbe que dans l’oxycrat ou dans l’hydromel.

En substance on n’a guère administré cet euphorbe qu’à la dose de dix à quinze centigrammes , et rarement on en a porté la quantité jusqu’à trente ou quarante grammes (six à huit grains). Son suc ou plutôt la gomme-résine qui en provient (euphorbe), se retrouve dans diverses préparations pharmaceutiques plus ou moins fastidieusement composées et généralement inusitées. |

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fruit de grosseur naturelle, dont on a enlevé circulairement une partie de la chair, afin de mettre à découvert les trois coques cartilagineuses. — 2. Graine armée d’une caroncule.

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