‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 31 sur 84 · HOUX · texte numérisé non relu

HOUX

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ILEX ACULEATA BACCIFERA; Bauhin, [T{Y@E, lib, r 1, sect. 4. Tournefort, clas. 20, sect. 2, gen. 4.

ILEX AQUIFOLIUM; folis ovalis acutis spinosis, Linné; létrandrie tétragÿnie , Jussieu, el. 14, ord. 13, famille des nerpruns.

Francais. ... moux.

Lialien.. ,.:. AGRIFOGLIO.

Espagnol. ... AceBo: Acrtrorro. :

Portugais . AZEVINHO ; AGRIFOLIO.

Allemand... srecuparue.

Anglais. .... Hours.

Hollandais. STEEKPALM.,

Danois .. ... STIKPALME.

Duédois. .... .JERNER.

Polonais... OSTOKRZEN.

Busse...... osrrornor.

Batin =...

. Des feuilles épaisses , d’un beau vert » armées d’épines à

leurs bords, contrastant agréablement avec des fruits d’une : belle couleur écarlate tel Le houx se présente à nos regards } Au milieu des foréts de l'Europe, mentionné par Théophraste, » Sous le nom d’ayprav. Il se distingue de plus par un calice ltrès-court , à quatre dents; une corolle en roue » à quatre ) divisions profondes ; Quatre, étamines attachées à la base de la corolle ; un ovaire supérieur ; point de style ; quatre Sig Mates obtus. Le fruit est une baie sphérique , renfermant Quatre osselets.

Ses tiges s'élèvent à la hauteur de deux ou trois pieds, Sous la forme d’un petit arbrisseau très-rameux ; quelquefois elles parviennent à vingt et vingt-cinq pieds dans les ter- Tans favorables ; leur écorce est unie et cendrée ; leur bois

Ir ; pesant et blanchâtre, noirâtre dans le centre, à mesure que le tronc grossit; les rameaux très-lisses ; souples, d'un beau vert. |

Les feuilles sont persistantes, alternes, pétiolées, coriaces, Msantes, ovales, ondulées et garnies à leurs bords de lonêtes et fortes épines, que souvent la vieillesse fait dispa-

äitre, 52°, Livraison. 4.

Les fleurs sont petites, blanches, un peu rougeñtres en dehors, nombreuses, axillaires, médiocrement pédonculces, ordinairement bermaphrodites , quelques-unes mâles par l'avortement du pistil. {l leur succède des bai ériques, d’un rouge vif, à l’époque de leur maturité, ren ni quatre semences osseuses et cannelées. Es

On donne encore le nom de petit-houx ou Dé touggéler à une plante qui n’a que des rapports éloignés avec la précédeute, appartenant à un autre genre de la famille des asperges, à fleurs dioiques. Sa tige est ligneuse, ses feuilles dures, nerveuses, ovales, aiguës, soutenant, dans le milieu

-de leur face supérieure, une petite fleur légèrement pédonculée , dépourvue de calice. La corolle est à six divisions étalées , six étamines ; les filamens réunis en tube, portant les anthères dans les fleurs mâles, nus dans les femelles. Ceiles-ci ont un ovaire supérieur, un style, un stigmate. Le fruit consiste en une baie rouge, globuleuse, à trois loges , renfermant chacune deux semences. Cet arbrisseau jeroît dans les forêts de l'Europe. lé #9)

Cet arbrisseau n’est presque plus d'usage en médecine. Toutefois sa racine, son écorce intérieure ou liber, ses feuilles et ses baies ont été libéralement décorées de plusieurs vertus, et préconisées contre diverses maladies. Son odeur, quoique faible , se rapproche de celle de la térébenthine ; sa saveur est amère et visqueuse. Cette viscosité tient à la présence d’une matière glutineuse qui abonde surtout dans le liber, et qui est généralement connue sous le nom de glu : 4 substance molle, tenace, visqueuse, filante, peu soluble # dans la salive, et agglutinant les lèvres entre elles lorsqu'on la mâche, s’épaississant par le froid, se liquéfiant par la cha= leur , dissoluble dans l'alcool et dans les huiles fixes et vola= # tiles, mais très-peu dans l’eau pure; substance, enfin, dont # les principes constituans mont point été convenablement analysés par les chimistes. |

Les baies paraissent étre les parties du houx les plus aoti- } ves. À l'exemple des fruits de l’ilex vomitoria, et de plusieurs h autres plantes de la famille des aquifoliacces , elles sont h doutes d’une assez grande Acreté, en vertu de laquelle elles N exercent, sur l'appareil digestif , une excitation qui donne lieu au vomissement et à la purgation. Dodonnée, qui avaib

reconnu que dix à douze de ces baies suflisent pour provos }

quer d’abondantes évacuations alvines , les regardait comme spécialement propres à purger les matières pituiteuses. |

La racine et l'écorce intérieure de la tige ont été décorées} de propriétés émollientes et résolutives, qu'aucune expé-}

Camb)

rience positive n’a constatées. C’est néanmoins d’après une sémblable supposition que quelques auteurs en ont vanté la décoction aqueuse contre les toux opiniâtres, et que d’autres - l'ont recommandée comme résolutive, en fomentation sur les membresluxés ou contus.

J. Ray rapporte que des coliques , qui avaient opiniâtrémentwrésisié à beaucoup d’autres moyens, cédèrent à la décoction des piquans des feuilles de houx, et, d’après ce simple fait, on a préconisé leur vertu contre les tranchées; mais on voit que rien n’est plus vague ni moins certain que l’action de ces feuilles contre une semblable affection.

Quant à la glu, les anciens paraissent lui avoir accordé une » action rubéfiante sur la peau. Le plupart des livres de matière . médicale font mention de ses propriétés émollientes , Maturatives et résolutives, et en recommandent l'application sur Jes tumeurs , pour en obtenir la résolution ou les faire sup— purer. D'un autre côté, Dodonée attribue à cette substance

la propriété d’agglutiner entre elles les parois des intestins ,.

et de donner la mort lorsqu'on l’ingère, en oblitérant ainsi le canal intestinal, et s’opposant à l’evacuation des matières fécales. Mais toutes ces assertions tout auss; douteuses les unes que les autres, sont également dénuéés de preuves directes, et ne méritent, par conséquent, aucune confiance , jusqu’à ce qu’elles aient été confirmées par de nouvelles observations. En somme, les éloges qu’on à prodigués aux différentes parties du houx, contre la pleurésie , la toux ancienne , les coliques , la dysurie , la variole, etc., ne reposent que sur des faits vagues et mal observés , €t laissent beaucoup d'incertitude surles véritables propriétés médicales de ce végétal.

Aussi le houx, dans l’état actuel des choses , est-il beau- “coup plus utile à l’agriculture et aux arts mécaniques, qu'à la médecine. Il sert à faire des haies vives très-fortes et d’une très-longue durée ; des palissades toujours vertes, non moins agréables que solides, et très-propres à la clôture des champs. On fait avec ses branches droites et flexibles des houssines et des manches de fouet. La dureté et l'extrême solidité du bois de houx, le beau poli dont il est susceptible, le rendent précieux pour les tourneurs, les tablettiers, les couteliers, ete. Avec la seconde écorce , on prépare la glu que l’on emploie Pour prendre Les oiseaux à la pipée. Pour obtenir cette Substance , on récolte cette écorce au mois de juillet, on la : fait bouillir dans l’eau pendant sept à huit heures, on la réu- Mit alors en masse, et on Ja laisse pourir dans un lieu hu Mide pendant quinze ou vingt jours, Quand elle est trans-

formée en une espèce de putrilage ,; on la pile dans un mortier, jusqu'à la réduire en une espèce de pâte ou de mucilage. On la lave ensuite à l’eau fraiche pour en séparer toutes les matières étrangères; on la place dans deswaïsseaux de ie où on la laisse reposer pendant quatre ou cinq jours pour rendre son écume, et, au bout de ce temps, on la. renferme dans des pots pour Pusage. f

La dose des feuilles et des racines de houx est de huit à trente deux grammes (deux à huit gros) en décoction dans un kilogramme (deux livres) d’eau : mais on y a rarement. recours.

La racine douceâtre etamère du petit-houx , ruscus aculeatus, Linné, est d’un usage beaucoup plus fréquent. Elle fait partie des cinq racines apéritives ; elle est réputée diurétique, apéritive , emménagogue; on l’a préconisée contre Pascite , la blennorrhagie, lietère , etc. Rivière l’a particulièrement vantée contre l’hydropisie. Et, quoique toutes ses prétendues vertus soient très-douteuses, elle fait partie d’une foule de médicamens composés, bien plus utiles aux polypharmaques qui les prescrivent, qu'aux malades qui les emploient.

( La planie est représentée un peu plus pelile que nature)

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