‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 56 sur 84 · LAURO REGIO; LAURO DI TRABESONDA · texte numérisé non relu

LAURO REGIO; LAURO DI TRABESONDA

Spagnol. .... LAUREL REAL.

Portugais... . LOIROCEREJO.

“Allemand ..., KIRSCHLORBEERBAUM.

Anglais. .... CHERRY-LAUREL,.

Hollandais... LAURIERKERS.

Danois ...... KIRSELAURBÆRTREÆ.

-Le laurier-cerise n'appartient nullement au genre laurier, Ainsi que son nom paraîtrait l'indiquer, si ce n’est peut-être ar la forme, l'épaisseur et la persistance de ses feuilles. C’est an véritable cerisier, genre que Linné n’a point distingué du nier, et qui se caractérise par. un calice inférieur, à cinq livisions profondes; cinq pétales insérés sur le calice, ainsi ue les étamines nombreuses ; un style; un stigmate, L’ovaire | i uit à noyau, pourvu d’une enloppe pulpeuse, contenant un noyau lisse, arrondi dans les risiers , oblong dans les Pruniers , orbiculair ans les abricotiers , trois genres assez distincts age et la saveur de leurs fruits, très-difficiles ctériser, et que nre premier, “Le laurier-cerise ou laurier-amande est un arbre

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e et comprimé par leur feuild’ailleurs à ca- » Par cetle raison, Linné a réunis dans le

e qui ne élève au plus qu’à la hauteur de quinze ou dix-huit éd “visé en rameaux nombreux, de couleur cendrée.

mDes feuilles sont alternes, médiocrement pétiolées, dures, oriaces, luisantes, ovales-lancéolées, longues de trois à Quatre 0 Vertes toute l’année, munies à leurs de quelques petites dents, et de deux glandes à leur

Ses fleurs sont d’un aspect agréable, de couleur blanche

dorantes, disposées en Srappes plus longues que les feuilles ;

‘que fleur pédicellée ; le calice urcéolé ; le style plus long 56°, Livraison. Le

(192) que la corolle; les fruits un peu sphériques, d'une grosseu médiocre ; se teignant en noir à mesure qu’ils approchent de la! maturité.

Cet arbre croît aux environs de Trébisonde, proche la mert Noire. En 1576, l'Ecluse en reçut un individu qui lui fut en:k voyé par David Unguad , ambassadeur de l'empire d’Allema= gne près la Porte ottomane. C’est un des premiers qui aient été cultivés en Europe. | (P.)

Le laurier-cerise est presque inodore. Ses feuilles, extrê mement amères, sont légèrement styptiques. Au centre d’unex

ulpe douce, succulente et alimentaire, ses baies, qui offrenth É forme, la couleur et la grosseur des cerises, EE noyau d’une amertume analogue à celle des feuilles, et de le nature de celle des amandes amères , ou du cyanogène (acidi prussique). Foutes les propriétés médicales du laurier-cerise paraissent dues à ce principe, dont la présence a été constaté par plusieurs chimistes distingués , dans ses feuilles et dans sesk amandes. Ces parties fournissent en outre une huile volatile amère et très-âcre, et communiquent toutes leurs vertus à l'eaë et à l’alcool, soit par la distillation, soit par la simple in fusion. : ; : | |

Les différens produits de cet arbre vénéneux sont également délétères : toutefois lorsqu’on les administre entrès-petite qua: tité, ils se bornent à exciter l’action de lestomac, à augment@ l'appétit, et à faciliter la digestion. Pour peu qu’on-en auf mente la dose, ils agissent tantôt comme vomitifs, et tantôt comme un violent purgatif. Selon divers observateurs, ils sol licitent, dans certains cas, l’action des reins, augmentent l'ac-h tivité des organes, et produisent ainsi des effets diurétiques, apéritifs, etc. Mais, pour peu qu’on en donne une certain dose, ils constituent un des poisons les plus dangereux du règne végétal ; ils donnent la mort avec une rapidité étonnante, et semblent atteindre le principe vital jusque dans sa source, Les propriétés délétères des feuilles et des noyaux du lauriercerise ont été constatées par une foule d’observateurs, en Italie, en France, en Angleterre et en Allemagne. Madden, Mortimer, Langrish, Vater, Nicholls, Rattray, Fontana, Rosier, Duhamel, Fodéré, Orfila, etc., ont déterminé à l’envi les phénomènes de ce poison redoutable, soit en observant les effets auxquels il a donné lieu chez des hommes qui en avaient été accidentellement empoisonnés, soit par des expériences directes tentées sur des chevaux, des chiens, ts cabiais, des lapins, des oiseaux, des anguilles et autres ame maux , auxquels l’eau distillée de laurier-cerise avait été admi-h nistrée de différentes manières, Qu'on ait fait avaler directe

ment celte substance; qu’elle ait été injectée dans l'intestin , appliquée sur des surfaces dénudées, introduite dans le tissu. cellulaire, ou dans la cavité de la plèvre : les animaux soumis à ces diverses expériences ont succombé avec plus où moins de rapidité, selon que la quantité de la substance employée était plus ou moins considérable relativement au volume et à la force de l'individu ; dans beaucoup de cas même, la mort a été instantanée, et a eu lieu dans l’espace d’une ou deux minates. La démarche chancelante, la gêne de la respiration, l'abo- “lition des mouvemens musculaires, quelquefois des mouvemens convulsifs, ou un état tétanique et l’insensibilité absolue, . sontles symptômes qui ont ordinairement précédé la mort, à «la suite de laquelle on n’a trouvé ni inflammation de l'estomac, "hi aucune autre altération organique, si ce n’est l'injection des -Maisseaux sanguins du cerveau ‘et des poumons. Quant aux * hommes qui ont été accidentellement empoisonnés par difféens produits de cet arbre, ils ont éprouvé, en général, une vive douleur à l’épigastre, la fixité je yeux, le resserrement tétanique des mâchoires; mais le plus souvent la mort a eu lieu immédiatement après l’ingestion du poison , et avant que £es symptômes aient eu le temps de se développer. Méad peuse a le lait pourrait être utile contre cet empoisonnement;; d'autres croient que l’ammoniaque y serait également avantabgeuse, mais on doit beaucoup plus compter sur la prompte ad- » Ministration des vomitifs et des laxatifs délayans , que sur ces | prétendus antidotes, sur lesquels lexpérience n’a pas encore

| prononcé. | . [n’y a pas de doute qu'une action aussi violente et aussi L'énergique que celle du laurier-cerise, ne puisse produire d’u- | tiles et puissans effets dans certairés maladies. Au rapport de 1 Binné, les feuilles ont été employées contre la phthisie pulmo- Lnaire. Baÿllies qui les croit très-utiles dans cette affection, en Lemployait l’infusion saturée, à la dose de soixante gouttes, lune ou plusieurs fois par jour dans la mélancolie , l’asthmeet Les rhumatismes, 11 en faisait à la fois usage intérieurement , et Là l'extérieur contre les engorgemens squirreux. Mais Vogel Lavoue que ce traitement a été Lotalement infructueux contre Lun squirre de la mamelle, qui a conduit peu à peu la malade Lau tombeau, Quelques auteurs ont attribué à l’eau distillée du laurier-cerise des succès contre la syphilis, les engorgemens du foie, et les fièvres intermittentes ; mais aucune série d’obser- Vations précises ne vient à l'appui de ces assertions, Les :sectateurs de la nouvelle doctrine du contro-stimulus, doctrine Qui surpasse en extravagance celle de l'incitation, d’où elle démye, placent cette substance au rang des Contro-stimulans, c'est-

C194) à-dire, parmi les médicamens propres à combattre l’'hyper-| sthénie; et d’après cette manière de voir, plusieurs médecins del l'école de Pavie , où cette doctrine a pris naissance, l’emploient À “avec assurance dans les maladies inflammatoires, telles que l'angine, la péripneumonie, et autres phlégmasies les plus | aiguës. Une semblable conduite est tellement opposée aux! sâges préceptes de la médecine d'observation, que je m’abs- | -tiens de toute réflexion sur l’administration d'une substance ! aussi vénéneuse dans de semblables maladies, Toutefois on ne “saurait trop inviter les praticiens zélés pour les progrès de! leur art, à fixer leur attention, et à diriger leurs recherches À cliniques sur une substance qui semble promettre de puissans « sécours à la thérapeutique, maisdont l'administration exige À Ja plus grande prudence. pa enef #blogtys it - Les feuilles du laurier-cerise se donnent en poudre à la simple dose de quelques grains. Infusées dans, l’eau ou, dans 4 l'alcool à la dose d’un demi-kilogramme (une livre) pour un, kilogramme (deux livres d’eau), elles forment une liqueur très. active, dont on peut donner depuis trente jusqu’à cent vingt. gouttes par jour, en plusieurs prisés. Leur eau distillée ne peutl ‘être administrée qu’à la dose de deux ou trois gouttes , à cause ‘de son action viréuse; mais on peut-en augmenter graduelle=4 -ment la quantité, en suivant avec attention les effets des pre- | -mières doses : ilen est demême de l’huile volatile.

Les oiseaux mangent avec avidité la pulpe des baies de cet arbre, qui pourrait aussi servir d’aliment à l’homme, car tous les principes vénéneux de ces fruits sont concentrés dans le noyau. Ce dernier, qui est un poison des plus redoutables, est employé quelquefois par les ivrognes pour donner de la forcewk au vin et aux liqueurs alcooliques dont ils font leurs délices! Les confiseurs s’en servent également, ainsi que des feuillesçs| pour faire des ratafias , et pour aromatiser certaines liqueurs. Le table. Les cuisiniers font journellement usage des feuilles” vertes pour relever le goût de certains mets doux, fades ou sus. ccrés , tels que les crêmes, les beignets, les pâtés, les gàteaux$ les biscuits et autres préparations culinaires où dominent le lait, la fécule et les œufs. Quelques personnes aussi s’en servent pour donner plus de saveur au thé, au café, au chocolat ets autres boissons alimentaires d’un usage journalier. En petite quantité, le laurier-cerise constitue un condiment très-utile pour faciliter la digestion des substances fades : mais on n@ doit pas perdre de vue qu’il en faut une très-petite quantité pour déterminer la sédation des propriétés vitales, et pour détruire la vie jusque dans sa source,

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(La plante.est représentée de grandeur nalurelle)

» 1. Fleur entière de grandeur naturelle.

2. Calice, étamines, et pistil coupé longitudinalement pour faire voir que l'ovaire, comme dans toutes leskespèces du genre prunus, contient deux ovules attachés dans la partie supérieure, de la cavité,

OBS. Les fleurs de cette plante offrent , si je puis m'exprimer ainsi, deux ideurs distinctes ; la première est celle dn noyau, quiapproché dé celle de quel Nues genres de la même famille; la seconde nauséabonde, ayant beaucoup de

rt avec celle du séné en infusion, est presque insu ortable, , 3, + 1}

» 3. Coupe horizontale d’un fruit, |

- 4. Noyau.

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