partie, originaire de l’Europe, offre , pour caractère essentiel
un calice persistant, à cinq folioles ; cinq pétales onguiculés ;
- cinq étamines un peu soudées à leur base; cinq écailles en
forme de filamens stériles, alternes avec les étamines; cinq styles. Le fruit est une capsule globuleuse , à cinq valves rap-
prochées , et. dont les bords rentrans forment autant de loges
qui paraissent être doubles; une semence dans chaque loge, insérée à l’angle central des loges, ‘
Le lin commun a une racine grêle, presque simple , garnie de quelques fibres latérales : elle produit une tige droite , menue, glabre, cylindrique, rameuse vers son sommet, haute d'environ un pied et demi.
57°. Livraison, d.
Les feuilles sont sessiles, éparses, glabres, d'un vert un peu glauque, linéaires-lancéolées, aiguës, longues d'un pouce!
Les fleurs sont assez grandes, d’un bleu clair ; les unes axillaires, d’autres terminales; les: pédoncules filiformes et uniflores; les folioles du calice ovales, mucronées , blanchâtres et scarieuses à leurs bords; les pétales un peu crénelés!au sommet, blancs à leur onglet ; les capsules globnleuses et mu cronées; les' semences ovales, luisantes, comprimées , d'un jaune pâle. ( (P.)
La médecine ne fait usage que des semences de cette plante. Elles sont inodores , leur saveur est fade, et deyient mucila= gincuse quand on les mâche. On en retire ane huile douce, très-onctueuse, et un mucilage doux, très-abondant;! dont l’eau, s'empare par infasion, et même par simple macération, M. Vauquelin pense que le mucilage est composé d’une matière gommeuse , unie à une substance de nature animale ;àtde l'acide acétique libre, et à plusieurs sels, parmi lesquels figurent l’acétate et lemuriate de potasse, auxquelstee Célèbre chi: miste attribue la propriété diurétique: de la graine de fin. 1121
+ La nature de l’huile et du mucilage dont cesisemences sont composées , les rend éminemment adoucissantes , relâchantes, émollientes, lubrifiantes, antiphlogistiques , et très-propuéssa diminuer l’état d’excitation des propriétés vitales organiques. On les emploie aussi avec le plus grand succès pour opérer tonte espèce de médication atonique, soitgénérale ;'soitolot cale. Quoique l'usage de leur infusion aqueuse soit spéciales ment accrédité pour diminuer l’irritation des organes urinaires, | on l’emploie avec le même avantage dans la: première et a seconde période de presque toutes les maladiestaiguès , telles que l’angine, la gastrite, la dysenterie, les catarrhes: pulmonaire, vésical , urétral et vaginal. Son administration a surtoñit prévalu contre la néphrite et les affections calculeuses accomr
agnées d’ischurie; mais son usage nest pas moins utile dans LS théaonngiés actives ; et dans une foule de maladies aiguës ou chroniques, accompagnées de douleur, de chaleuret d’irritation. On s’en est particulièrement bien trouvé dans la constipation, la goutte, les hernies ctranglées, dans Penronement, le ptyalisme , les aphtes, et dans la premièrepériode des cxanthèmes aigus. En général , l'infusion de ces semences convient comme boïsson dans tous les cas où il faut ramener les propriétés vitales à leur état normal, et faire cesser leur surexcie tation. Toutefois il faut avoir soin qu’elle ne soit nitrop visqueuse , ni trop consistante, afin qu’elle ne fatigue pas l’estomac : pour la même raison, il «est utile de l'édulcorer et de Varomatiser convenablément. + 192
- Cette infusion, plus ou moins concentrée, peut être administrée avec beaucoup d'avantage, en lavement dans les coliques, et les inflamniations de l'intestin et de la vessie ; en collyre contre l’ophlalmie, en gargarisme dans l’esquinancie, contre les aphtes ét le ptyalisme; en looch enfin, dans les phlegmasies du larynx et de la trachée. Les semences du lin, écrasées et cuites dans l’eau ou le ait, forment des cataplasmes émolliens qu’on applique chaque jour avec le plus grand succès, comme adoucissans, maturatifs et résolutifs, sur les plaies et les ulcères compliqués de douleur et d'inflammation, sur les tumeurs et les engorgemens inflammatoires, tels que les bubons, les phlegmons , les panaris, les furoncles, etc. L'huile: douce et onctueuse qu’onobtient de ces semences par expression, jouit des mêmes propriétés médicales que ces semenecs elles-mêmés : Sydenham, Baglivi, Gessner, Tournefort, Hagendom, en ont particulièrement fait usage dans les différentes inflammations thorachiques, et surtout contre la pléurésie: D'autres auteurs , parmi lesquels on distingue le docteur Michel, ont constaté les bons effets de cette huile, prise intérieurement dans l’hémopiysie. Dodonée, Dchaen, Van Swiéten, vantent son efficacité contre l’iléus et la colique métallique. Dans un cas très-remarquable, le savant Murray s'en est servi avec le plus grand succès pour expulser une grande quantité de vers du canal intestinal ;Heberden préférait même l'huile de Jin à tonte autre pour chasser les ascarides vermiculaires qui s'accumulent parfois dans le rectum des enfans. ++ Les semences de!lin se prescrivent.entières en infusion à la dose de’ seize grammes (demi-once) dans cinq: hectogrammes (stize onces d'eau). L'huile se donne depuis trente-deux jusqu'ä cent vingt-huit grammes (une à quatre onces) par jour. Mais ordinairement on fait prendre cette quantité par cuillerées d'heure en heure, et on a soin de l’aromatiser pour la rendre plus agréable à avaler. Il faut avoir soin de ne l’employer que douce et récente; et, lorsqu'elle est rance, il faut fairé disparaître sa rancidité, en l’agitant fortement, et à plusieurs reprises, dans de l’eau tiède. Ces semences font partie du sirop de marrube de Mésué, de l’onguent d’althéa, du mondificatif dé résine de Joubert, du diachilon, de l’emplâtre de mucilage ; et l’huile qu'on en retire est la base de plusieurs linimens, ÿ | |
Dés l'antiquité la plus reculée, le lin est célèbre par ses'usages multipliés dans les arts et l’économie domestique. Il est surtout précieux par les fibres que l’on retire de son écorce, et qui, transformées ét torturées de mille manières par l’industrie de l’homme, servent, sous mille formes variées, à nos bc-
soins et à nos plaisirs. En filasse, il eét l'objet d’an trèsgrand commerce ; sous forme de fil, il est d’une nécessité indispensable dans tous les arts et dans tous les usages de la vie. On en fait des toiles, des batistes, du tulle, des dentelles, et une foule de tissus divers qui sont la base de nos vêtemens , ou servent à la parure. Après avoir longtemps servi sous forme de linge, et s'être en quelque sorte épuisé pour subvenir à tous les besoins des hommes réunis en société, k lin va servir encore à la fabrication du papier. I devient ainsi, en dernier résultat, le dépositaire de nos sentimens, de nos affections et de nos idées; et, à l’aide de l'imprimerie, il éternise les productions du génie, les élans sublimes de la pensée, et assure à jamais les progrès des lumières et de la raison. Dans certaines contrées de l'Asie, le peuple se nourrit souvent des semences du lin ; qu’il fait cuire après les avoir écrasées , et mélées avec le miel, Dans des temps de famine, on s’en est même servi en Hollande comme aliment, mais elles constituent une nourriture fade, visqueuse, très-difficile à digérer, et. peu convenable, surtout aux personnes faibles. Leur huile pourrait être employée à divers usages culinaires; on s’en sert plus particulièrement pour l'éclairage; elle entre dans la composition de-l’encre dont les typographes font usage pour imprimer. Dans les arts mécaniques, elle est en usage pour lubrifier les ressorts, et pour adoucir les frottemens des rouages des machines. Les peintres. en composent plusieurs vernis. Enfin la pâte solide qui reste sous le pressoir après l'extraction de l'huile , sert à engraisser la volaille et les bestiaux. i
Le linum catharticum, L., à la dose de treize décigrammes (un scrupule) enpoudre, jouit de la propriété purgative, et à
plus haute dose, il parait exercer une action vomitive; maisil |
est très-peu usité parmi nous.
(La plante est représentée de grandeur naturelle )