CCXX VII
MATRICAIRE.
(ÉLILD FOBRIORR Tleæpléyiov, Dioscoride.
MATRICARIA VULGARIS. seu SATIVA; Bauhin, Ilyuë, L. 4,
sect. 1, Tournefort, cl. 14, sect. 3, gen. 4.
MATRICARIA PARTHENIUM; Jolis compositis plants , folio= lis ovatis incisis, pedunculis ramosis. Liuné, syngéné- \ sie, polygamie superflue. Jussien, cl. 10, ord. 3, famille des corymbifères.
Français. .... MATRICAIRE,
Jtalien ...... MATRIcARIA.
Æspagnol.... marnicarra.
Portugais... MATRICARIA.
Allemand... muTTEnKkrRAUT.
Anglais... .. + common FEVERFEWw.
Hollandais... MAARTEL; MozbeRkRuI».
Danois ...... MODERURT.
Suédois.. ... MATRAM.
Polonais. .... MARUNA ZtELE.
Russe....:.. maroscnnaya TRAWA.
Latine. 4e.
Des fleurs radiées, à disque jaune entouré d’une couronne de demi-fleurons blancs, une odeur vive, pénétrante, assez agréable, ont valu, à la matricaire, l'honneur d’être cultivée dans les jardins d'agrément, où ses fleurs , en se doublant, ont produit plusieurs belles variétés. On la rencontre dans son état Sauvage aux lieux incultes et pierreux de l'Europe : c’est particulièrement dans ces derniers individus qu’il faut observer son caractère générique. Il consiste dans un calice commun ; hémisphérique , composé d’écailles imbriquées , foliacées, aigués; les fleurs radiées ; les fleurons hermaphrodites ; les demifleurons oblongs, femelles et fertiles ; cinq étamines syngénèses; deux stigmates ; le réceptacle nu et conique; les semences oblongues, dépourvues d’aigrettes.
Ses racines sont un peu épaisses, très-rameuses, touffues et fibreuses : elles produisent des tiges droites, lisses, fermes, cannelées, peu rameuses , hautes d'environ deux pieds.
Ses feuilles sont alternes, pétiolées, un peu velues, d'un yert blanchâtre ou cendré, assez larges, RE ANR les pinnules pinnatifides ; leurs divisions incisées, un peu obtuses.
Les fleurs sont pédonculées, disposées en corymbe à l’extré-
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mité des ramçaux et des tiges, de grandeur médiocre ; le calice légèrement pubescent; les écailles scarieuses, un peu déchirées au sommet; les semences sillonnées, non aigrettées, mais couronnées par un rebord membraneux, caractère qui a ait ranger cette planté parmi les pyrèthres, genre établi par des auteurs modernes. \ | (A
L'’odeur vive et puante qu’exhale la matricaire , est analogue à celle de la camomille et de la tanaisie, quoique plus prononcée, et disparaît en partie par la dessiccation. Sa saveur est fortement amère, chaude et nauséeuse. Elle renferme une petite quantité de résine unie à un mucilage amer, et une huile volatile bleuâtre. Gette dernière s'obtient par la distillation, et les autres principes par la dissolution dans l’eau et dans l'alcool.
L'énergie des qualités physiques des plantes est généralement, dit-on, l'indice de propriétés médicales très-actives ; la matricaire confirme cette assertion. Cette plante exerce, en effet, une puissante action tonique sur l’économie animale , et de l'excitation vive qu’elle imprime äu système nerveux et aux organes de la vie organique, résultent les effets antispasmodiques, stomachiques, diurétiques, emménagogues ..résolu= tifs, etc., qu’on lui attribue et qu’elle opère en effet selon qu’elle dirige son influence sur tel ou tel appareil organique, lorsque toutefois nos organes sont dans un état d’atonie. Cette plante est devenue célèbre, surtout par l’action spéciale qu'on lui a supposée sur l'utérus, et par les brillantes vertus qu’on lui a libéralement accordées de provoquer l'écoulement des règles et celui des lochies, de favoriser l'expulsion du placenta, d'activer les accouchemens difficiles , et de guérir l’hys= térie en faisant cesser l’état spasmodique de l’utérus qui en est la éause. « Mais, malgré les suffrages ananimes qu’on lui accorde, dit M. Alibert, on serait en peine de citer des observa= tions qui constatent , d’une manière précise, son efficacité. » Nul doute, cependant, que cette plante stimulante, comme la plupart des corymbifères, ne soit susceptible d'augmenter l’ac= tion de l’atésus, et de produire, par conséquent, les effets qu’on lui aMbue, dans quelques cas rares où le défaut de sensibilité de cet organe est la cause des accidens qu'iléprouve; mais dans les cas beaucoup plus communs, où les différentes affections utérines sont le résultat d'un excès d’action, d’um état pléthorique, soit général soit local, ou d’un état inflammatoire, on sent que la matricaire n'aurait aûcun des effets indiqués, et qu’elle exposerait en outre aux plus grands dans gers les malades auxquels on aurait l'imprudence de l’admis
uistrer ; ainsi qu’on a trop souvent occasion de l'observer chez un grand nombre de victimes, auxquelles les charlatans et les médicastres dés deux sexes prodiguent de toutes parts, avec audace, les remèdes les plus incendiaires. Tous les éloges, aveuglément prodigués à la matricaire contre les affections de l'utérus, doivent donc s'entendre uniquement de quelques cas rares où l’atonie, la torpeur, ou un défaut d’action de cet organe, sont la cause du dérangement de ses fonctions , comme cela a particulièrement lieu chez certaines femmes d’un tempérament lymphatique, d’une extrême inertie physique et morale, chez les filles chlorotiques, au teint pâle, aux chairs flasques et décolorées. On a employé la matticaire dans plusieurs autres maladies. Rai et Lange s’en sont servis avec succès pour expulser le tænia. Miller en administrait avec avantage le suc à la dose de deux onces deux heures avant l’accès, contre les fièvres intermittentes. Chomel rapporte que, appliquée en cataplasme sur la tête, elle a fait disparaître des céphalalgies et l'hémicranie, et que des goutteux ont dû à son application sur les parties affectées , un grand Ilégement à leurs douleurs. Cette dernière pratique peut être cependant sujette à de si graves inconvéniens, qu’on ne saurait ÿ avoir re- Cours qu’avec la plus grande circonspection. Mais on conçoit que comme tonique, elle peut être un bon moyen contre les vers et contre certaines fièvres intermittentes. Je passe sous silence les autres prétendues vertus de cette plante, entièrement illusoires, celle, par exemple, d'augmenter la quantité de lait, parce qu’elles ne reposent sur aucun fait positif.
La matricaire peut être administrée en poudre de treize à vingt-cinq décigrammes (un à deux scrupules), ou en infusion à la dose de quatre à huit grammes (un à deux gros) dans un demi ou un kilogramme d’eau ou de vin. Son suc exprimé se donne à soixante grammes (deux onces) et plus, en vingt-quatre heures. Elle entre dans la composition du sirop d’armoise, du sirop apéritif et cachectique de Charas, de l’emplâtre de grenouilles de Jean de Vigo, etc.
Sim. Paulli recommande aux personnes qui sont exposées à la piqûre des abeilles, de se munir d’un bouquet de matri-
caire pour chasser ces insectes que l'odeur de cette plante met en fuite,
en
(La plante est représentée de grandeur naturelle }