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METAILOT.
MELILOT.
Grec........ AOTdS, Dioscoride.
MELILOTUS OFFICINARUM CERMANIÆ; Bauhin, Iivaë, lib. 8, sect. 6. Tournefort, cl. 10, sect. 4, gen. 3. Latin... ...../TRIFOLIUM MELILOTUS OFFICINALIS; leguminibus race= mosis nudis dispermis rugosis acutis, caule erecto. Linné, diadelphie décandrie. Jussieu, cl. 14. ord. 11, famille des papilionacées.
Français... + MELILOT.
{talien...... « MELILOTO.
Espagnol... MELILOTO.
Portugais.... MELILOTO.
Allemand..... NONICGKLEE. ÆAnglais...... MELILOT TREFOIL.
Hollandais..:. MELOTE.
Danois...... Amur.
S'uédois...... AMUR; MELOTENGRÆS.
Polonais. .... KOMON1CA SWOYSKA ; LIPKA.
Russe....... PURKAN.
Bohémien.... Komonwx.
Hongrois..... SARKEREP,
Linné avait placé les melilots dans le même genre que les trèfles ; plusieurs naturalistes modernes les en ont séparés. En effet , quoique très-rapprochés par les caractères de leur fructification, ils en diffèrent par leur port, par leur inflorescence, Dans l'un et l’autre genre, les fleurs sont papilionacées ; leur calice tubulé, persistant, à cinq dents; la carène est d’une seule pièce, plus courte que les ailes et l'étendard ; dix étamines diadelphes ; une gousse fort petite, à une ou deux semences , recouverte par le calice; dans les melilots, cette gousse est saillante hors du calice; de plus les fleurs sont disposées en grappes alongées et axillaires; les feuilles sont composées de trois folioles, dont les deux inférieures sont insérées à quelque distance de la foliole terminale; les stipules n’adhèrent au pétiole que par une partie de leur base, et persistent souvent sur la tige après la chute des feuilles. La forme des gousses est très-variable , et renferme d’une à trois semences.
Dans l’espèce dont il est ici question, les racines sont grèles, presque simples, droites, alongées , peu rameuses, garnies de
60°. Livraison. (re
( 256 ) ‘ibres latérales : il s’en élève une tige droite, ferme, rameuse, haute de deux pieds et plus, glabre, un peu anguleuse,
Les feuilles sont alternes, pétiolées, composées de trois folioles glabres, ovales-oblongues, un peu étroites, dentées à leur partie supérieure ; les stipules entières, lancéolées.
Les fleurs sont petites, de couleur jaune, quelquefois blanches, pendantes sur leur pédoncule, disposées en une grappe lâche, très-simple, alongée, axillaire : il leur succède dés gousses pendantes, glabres, noirâtres, un peu ridées, presque ane fois aussi longues que le calice, renfermant une ou deux semences jaunâtres, un peu arrondies,
Cette ae croit en Europe, dans les prés et le long des haies : elle acquiert, en séchant, une odeur assez agréable.
L'odeur fragrante qu’exhale le melilot, est suave et analogue à celle du miel, selon les uns, désagréable, selon d’autres, et beaucoup plus forte après la dessiccation que dans l’état frais. Sa saveur herbacée et mucilagineuse, devient amère » un peu âcre et légèrement styptique quand on la mâche. L'analyse
. chimique n’a point encore fait connaître la nature des matériaux rt dont il se compose. On sait toutefois , d'après Bergius, que son arôme et son principe amer sont so- Tables dans l’eau, et que ce liquide s'empare par conséquent de toutes les qualités actives du melilot, soit par la distillation, soit par la simple infusion. |
Quoique les propriétés médicales de cette légumineuse ne soient pas mieux connues que sa composition chimique, elle n’en a pas moins été décorée, sélon l’usage , d’une foule de vertus contradictoires. Les auteurs de matière médicale À toujours prodigues d’épithètes, et rarement heureux dans la détermination précise des effets médicamenteux des végétaux, l'ont particulièrement décorée des titres d’émolliente, résolutive, anodine, carminative, etc. On a vanté son effica-
cité contre les coliques et la dysenterie, contre la dysurie et la néphrite, De graves auteurs ont préconisé les prétendus succès de son infusion aqueuse contre les douleurs de lutérus, qui précèdent et qui suivent l’accouchément, contre l'inflammation de cet organe, du péritoine et des viséères abdominaux. D’autres prétendent avoir administré cette infusion avec succès dans le rhumatisme, la leucorrhée, et'autres affections qui n’ont pas le moindre rapport entre elles. Ce simple aperçu suffit pour montrer. que le melilot, comme beaucoup d’autres plantes, a été administré aveuglément par des prâticiens plus crédules qu’attentifs » et par des observateurs inexacts; qui, au licu d'étudier avec soin sa manière d'agir, lui ont gratuitement
supposé des succès qui ne-sont dus qu'aux efforts salutaires de la nature. Quelle confiance, d’ailleurs, peuvent inspirer les éloges prodigués aux vertus émollientes et anodines de cette papilionacée, lorsque les effets irritans de ses semences ont été constatés par Haller, dans un cas d’angine, où leur décoction avait été mal à propos associée à celle des semences de lin ?
C’est donc avec raison que l’usage intérieur de cette plante douteuse est tombé en désuétude. Toutefois on l’emploie assez souvent à l’extérieur. Etmuller et S. Paulli la recommandent en fomentation sur le ventre, et en lavement contre les douleurs et l’inflammation de l’utérus et des viscères de l’abdomen. On en prépare des clystères réputés émolliens, anodihs, carminatifs, et souvent administrés contre les coliques. Comme émollientes et discussives, les applications locales de sa décoction ont été recommandées contre les douleurs pleurétiques et contre les engorgemens et les tumeurs inflammatoires. Mais, à l'exemple du judicieux Murray, on doit douter de toutes ces veitus du melilot jusqu’à ce que, soumis à de nouvelles épreuves, ses véritables propriétés médicales aient été constatées par des expériences cliniques bien faites.
Intérieurement on pourrait administrer cette plante en infusion à la dose de trente-deux grammes (une once) pour un kilogramme (deux livres) d’eau. A l’extérieur, on emploie cette même infusion, en fomentations, en lavemens, en bains, en collyre, en gargarisme ; enfin le melilot est appliqué sous forme d’emplâtre et de cataplasme. L’eau distillée qu’on en prépare encore dans certaines pharmacies , est bien plus utile aux parfumeurs pour la composition de leurs odeurs, qu'aux médecins ‘pour la guérison des malades. Ses fleurs constituent une des quatre fleurs dites carminatives. La plante elle-même entre dans la composition du fameux emplâtre de melilot, dont les vertus tant vantées ne reposent que sur de vaines assertions qui n’en ont pas plus de valeur, quoique consacrées par Galien, Mésué, et une foule de pharmacologues.
Le nom de trifolium caballinum , trèfle de cheval, qui a été imposé à cette plante, et que lui conservent les Italiens, indique que le Helilot plaît singulièrement aux chevaux. Sous ce rapport, on pourrait en étendre la culture avec avantage, ct imiter les anciens qui le cultivaient comme plante fourragère. IL est po par les parfumeurs pour aromatiser divers cosmétiques. Valmont de Bomare assure qu’il suffit d’en introduire une Hs quantité dans le corps d’un lapin domes- Uque nouvellement tué et vidé, pour que la chair de cet animal contracte lé goût des meilleurs lapins de garenne. |