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La mélisse a reçu des Latins le même nom que les abeilles portent dans la langue grecque, probablement à cause de l’avidite de ces insectes pour cette plante. L’odeur aromatique, approchant de celle du citron, que répandent ses feuilles, lui a fait aussi donner le nom vulgaire de citronelle. On la cultive dans presque tous les jardins : elle est assez commune en Europe, surtout dans les provinces méridionales, aux lieux incultes, le long des haies, sur le bord des bois; on la trouve aussi aux environs de Paris, à Saint-Cloud, Auteuil, aux prés Saint-Gervais, etc. Le genre auquel elle appartient, se caractérise par un calice évasé à son sommet, dépourvu de poils à son orifice, à deux lèvres; la supérieure plane, tridentée ; l’inférieure à deux lobes; une corolle cylindrique, à deux lèvres; la supérieure voûtée, échancrée; l’inférieure à trois lobes ; celui Le milieu plus grand, entier, échancré en cœur à son sommet; quatre étamines didynames; un style; le stigmate bifide; quatre semences nues, ovales, situées au fond du calice.
Ses racines sont grêles, cylindriques , dures, un peu rameuses, presque obliques et fibreuses. Ses tiges sont dures, tétragones, presque glabres, très-rameuses, hautes d'environ deux pieds, garnies de feuilles opposées, pétiolées, d'un vert foncé
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È ( 260 ) un’peu luisant, ovales, souvent échancrées en cœur , Surtout les inférieures, régulièrement dentées à leurs bords , couvertes de poils courts, au moins longues d’un pouce el demi, presque aussi Jarges
Les fleurs sont petites, presque à demi verticillées, pédicellées à l'extrémité d’un pédoncule commun, toutes tournées du même côté, miuniés de quelques petites bractées,
Leur calice est strie, quadrangulaire, élargi au sommet; la corolle blanche, jaunâtre, ou d'un rouge pâle ; son orifice un pe renflé: la lèvre supérieure arrondie, ik
“inférieure à trois lobes, celui du milieu presque orbiculaire, point échaneré. RETZ
L’odeur aromatique très-suave, que cette plante exhale, a beaucoup d’analogie avec celle du citron : elle est beaucoup plus prononcée immédiatement avant la floraison qu’à toute autre époque, et diminue considérablement par la dessiccation: Sa saveur est aromatique, chaude et un peu amère. Son arôme paraît intimément uni à l’huile volatile d'une odeur citrine qu’elle fournit par la distillation; elle contient en outre um principe amer qui est en partie soluble dans l’eau, en partie dans l'alcool, et qui paraît être de naturé gommo-résineuse. II est probable qu’elle renferme aussi une certaine quantité de camphre, ainsi que la plupart des labiées, dans lesquelles M. Proust a constaté Ix présence de cette matière.
La mélisse exerce sur le système nerveux, et sur différens appareils de la vie organique, une excitation plus ou moins vive qui est la source des propriétés toniques, céphaliques, cordiales ; stomachiques , échauffantes, etc., dont elle est revêtue. Les Arabes furent les premiers à la signaler comme propre à fortifier les nerfs, à exciter la gaîté , à activer l’action cérébrale, et à relever les forces abattues. De plus elle exerce une impression tonique sur l'estomac, augmente l'appétit, et facilite la digestion; elle imprime consécutivement un certain degré d'activité à Ja circulation, aux sécrétions et à la nutrition, ce qui lui a mérité les titres d’échauffante, diurétique, diaphorétique, emménagogue, etc., selon que l'utérus, la peau, les reins , etc.; éprouvent plus particulièrement son influence. On l’emploie chaque jour avec plus ou moins de succès, contre les vertiges, Ja syncope, la paralysie, l’asphyxie, l'apoplexie commençante légère; on la recommande contre la mélancolie et autres affections nerveuses. Hoffmann l’administrait en poudre dans 1 Rypocondrie; Rivière, en infusion vineuse dans la manie ; et Forestus en faisait usage contre les palpitations du cœur, et autres affections spasmodiques. On y a très-souvent recours pour calmer les accidens de l’hystérie. Son infusion théiforme est
de, un peu voütée;.
( 261 ) à # d'un usage très-utile contre l'inappétence , et pour remédier aux indigestions. On l’emploie dans certains cas, avec avantage, comme diaphorétique dans les rhumatismes anciens, la goutte vague, ct dans les catarrhes chroniques. Dans certains cas d'aménorrhée, elle a paru singulièrement influer sur le retour de l'écoulement menstruel, 11 ne faut cependant pas perdre de vue que la mélisse n’a pu avoir de succès contre ces différentes affections que dans les cas d’atonie:et de relâchement, et qu'elle ne pourrait qu'y être nuisible si elles étaient-dues à un excès d'action des organes, ou à un état d'irritation. S. Paulli rapporle que des femmes mangeaient des gâteaux préparés avec les sommités de mélisse, le sucre et les œufs, pour rappeler l’écoulement des lochies supprimées; mais un pareil moyen pourrait tout au plus avoir du succès dans les cas rares où la suppression de cet écoulement tient à une extrême inertie de l’utérus, et à un état de débilité. Avec bien plus de raison, Peyrilhe faisait, de l’infusion de la mélisse, la boisson ordinaire des malades dans le traitement de la syphilis par l’ammoniaque, et il s’en trouvait bien. En un mot, cette plante aromatique peut être employée avec avantage dans tous les cas où la médication tonique, avec excitation générale, est nécessaire; ce qui est assez dire qu’elle ne convient point dans les maladies où il y a de vives douleurs, beaucoup de chaleur et de soif, et autres signes d’une vive irritation.
On administre quelquefois la mélisse en poudre à la dose de Quatre grammes (un gros), soit en suspension dans un liquide quelconque, soit sous forme pilulaire. On a plus souvent re- Cours à son infusion théiforme, à cause de son agréable odeur. On la donne aussi en macération vineuse, On en prépare une conserve dont la dose est de huit grammes (deux gros) et plus. Son extrait aqueux, ct son extrait alcoolique, se donnent à la dose de treize décigrammes (un scrupule). On prescrit son huile volatile d'une à quatre gouttes sur du sucre ou dans une potion appropriée, son eau distillée aqueuse, de trente-deux à soixante-quatre grammes (une à quatre onccs), et son eau alcoolique ou spiritueuse, de huit à trente-deux grammes (deux à huit gros). On prépare dans les pharmacies un sirop de mélisse, d’une saveur aromatique très-agréable. Cette plante est la base de l’eau de mélisse antihystérique, et un des ingrédiens de l’eau de mélisse composée, plus connue sous le nom d’eau des carmes, et à laquelle la cupidité d’une part, la crédulité de l’autre, attribuent les vertus les plus mensongères.
Les feuilles de cette plante sont quelquefois employées dans ‘le commerce à la sophistication du thé,
(La plante est représentée de grandeur naturelle )