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ni MELON.
MELO VULGARIS; Bauhio, Tliwaë, lib. 3, sect. 4, Tour-
A nefort, el. 1, sect. 7, gen. 6.
Latin... ....4 cucumis mezo; foliorum angulis rotundatis, pomis Loru= losis. Linné, monoécie syngénésie. Jussieu, cl. 1 , ord.2, famille des cucurbitacées.
Français..... MELON.
Italien ...... popont.
Lspagnol.... MELoN.
Porlugais.... MELAo. , ÆAllemand.... MELON. À Anglais ..... MELON.
Hollandais... MELoEx.
Danois...... MELON.
Suédois ..... MELON.
Polonais..... MELON.
Russe....... MELON.
ÆEsclavon .... DInrA.
Tatare ...... xrAUX.
Arabe. ..... + KAUUN; DUMMEIRI.
Japonais. .... " TENkWA (Thunberg).
Chinois. .... cAN-QuA (Loureiro).
J'ai exposé à l’article concombre, le caractère générique du genre cucumis. Le melon lui appartient comme espèce. Cette plante, si intéressante par la saveur délicieuse de ses fruits, par le parfum agréable qu’ils exhalent, est originaire de l’Asie, et cultivée depuis très-longtemps, comme plante potagère, dans tous les jardins de l'Europe.
Ses tiges sont épaisses, sarmenteuses, couchées sur la terre, rudes au toucher, garnies de feuilles alternes, pétiolées, arrondies, anguleuses, à angles très-obtus, verdâtres, denticulées, parsemées de poils roides, très-courts.
Les fleurs sont jaunes, très-médiocrement pédonculées, assez het axillaires, peu nombreuses, les unes mâles, les autres. emelles,.
Les fruits sont presque ovales, pubescens dans leur jeunesse, glabres à leur maturité, marqués d’environ dix côtes longitudinales, couverts d’une écorce épaisse, assez ferme, marquée ordinairement de rides blanchâtres, saillantes, disposées en forme de réseau : la chairest tendre, succulente, jaune ou rougeâtre, d’une saveur très-agréable,
On en cultive un grand nombre de variétés, distinguées par
60°, Livraison. c, d,
( 26%) leur grosseur, leur forme ovale, arrondie ou oblongue, par la saillie lisse ou tuberculée de leurs côtes, par la couleur, mais plus particulièrement par la saveur de leur chair. La variété la plus recherchée est celle qui porte le nom de cantalou ou de melon sucrin. (P.)
La médecine fait'usage de la pulpe et des. semences des melons. Quelles que soient les nombreuses variétés qu’ils pin tent sous le rapport de la couleur , du volume et du pa ; ils se distinguent des fruits de toutes les autres cucurbitacées, par une odeur aromatique très-suave, et par une saveur fraîche, sucrée, comme vineuse, légèrement acidulee et extrêmement agréable. Leur pulpe douce, succulente et aqueuse, dans laquelle réside essentiellement l’arôme qui les caractérise, est composée d’une nc > quantité de mucilage, et de quelques vestiges d’un principe résineux qui se retrouve en. plus ou moins grande quantité dans les fruits des autres cucurbitacées, et surtout dans la coloquinte, qui lui doit sa propriété drastique.
Il serait intéressant de rechercher si la qualité laxatiye des melons ne réside pas dans ce principe résineux. Quoi qu'il en soit, les fruits possèdent à un plus haut degré les propriétés nutritives, tempérantes, rafraîchissantes', adoucissantes , et ils en sont redevables à la grande quañtité d’eau et de mucilage qu’ils renferment. Leur suc, par conséquent, pourrait être administré avec avantage dans les maladies aiguës avec excès de forces , et dans toutes les circonstances où il s’agit de faire disparaître ou de diminuer une vive excitation, soit générale, soit locale. Mais on y a rarement recours, et l'on se borne pour l'ordinaire à l’usage du fruit crû comme aliment diététique. Sanctorius avait déjà observé que le melon diminue singulièrement la transpiration, maïs il diminue aussi toutes les autres sécrétions, ainsi que la chaleur animale. On ne peut donc lui accorder la propriété diurétique qui lui est attribuée par divers auteurs, que dans le seul'cas où les foncüions.des reins sont troublées ou suspendues par un état de phlogose ou d'irritation que les qualités réfrigérantes du melon font cesser. Ce fruit aqueux et mucilagineux est particulièrement recommandable, en effet, contre la néphrite, l’ischurie, et la premire période de la-blennorrhagie. On pourrait l’employer avec:le même succès comme nourrissant et réfrigérant, dans la diathèse scorbutique, dartreuse, cancéreuse, dans les altérations calculeuses des reins et de la vessie, et autres affections dans lesquelles l'économie animale est en proie aux ardeurs dévorantes de la fièvre hectique. C’est ainsi que Borelli a vu l'usage de cet excellent fraitguérir la phthisiepulmonaire.
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Et quoique un pareil résultat ne puisse s'obtenir que bien.
rarement, ce fruit doux et parfumé est bien plus propre à allé-
ger les symptômes de cette terrible maladie, et à prolonger ‘existence du malade, que cette foule deremèdes incendiaires, qui ne font que tourmenter les malheureux phthisiques, et précipiter leur fin déplorable. Au rapport de Lange, un morne melon, introduit à plusieurs reprises dans l’anus, en guise de suppositoire, a quelquefois arrêté un écoulement hémorroïdaire trop abondant. La pulpe de ce fruit est appliquée à froid avec avantage sur les contusions et Jes brûlures récentes. À chaud, on l’applique avec le même avantage en cataplasme sur les tumeurs et les engorgemens inflammatoires, soit Pour en faciliter la résolution, soit p à hâter la suppuration. , , me
A raison du mucilage et de l’huile douce dont les semences du melon sont composées, elles jouissent des mêmes propriétés émollientes, adoucissantes, lubréfiantes, relâchantes que la pulpe, On en prépare des émulsions qui sont d’un grand usage, et d’une utilité réelle dans le traitement des fièvres ardentes, des phlegmasies aiguës de la poitrine, de l’abdomen, et des organes urinaires , et dans tous les cas où il existe une vive irritation, soit générale, soit locale, On en fait spécialement usage dans le délire, dans la néphrite, soit calcuieuse, soit inflammatoire, dans l’ischurie, dans la première période de la blennorrhagie , et autres lésions des voies urinaires.
Ces semences font partie des quatre semences froides ma-
Jeures, et des species diatragacanthæ de la pharmacopée de
Wurtemberg. Dépouillées de leur enveloppe corticale, et convenablement triturées, on les emploie à la dose de soixantequatre grammes (deux onces) pour donner la consistance d’éraulsion à cent vingt-huit grammes (quatre onces), ou cent quatre-vingt-dix grammes (six onces) d’eau.
Quels que soient les avantages pharmaceutiques de la pulpe et des semences de melons; ces fruits semblent être exclusivement réservés aux usages culinaires, et, par leur parfum, comme par leur excellent goût, ils font en général les délices de nos'tables, On les mange crûs, soit en entrée, soit au dessert. [ls sont un fort bon aliment, surtout en été, et dans les pays chauds et secs, pour les tempéramens bilieux, pour les personnes robustes, et pour celles qui digèrent bien. Toutefois 2
our peu qu'on en prenne une trop grande quantité, ils troubis l’action de l'estomac, produisent des coliques, la diarrhée, et des indigestions : de sorte qu'il est bon d’être sobre à ‘eur égard, et très-utile de leur associer le sel, le sucre et la cannelle, condiment qui est bien mieux approprié à leur sa-
veur sucrée, que le poivre et le tabac que quelques-personnes y mêlent, et que l’opium avec lequel les Orientaux le mangent quelquefois. De toutes les manières, le melon convient peu aux sujets faibles et délicats, aux convalescens, aux
vieillards, aux mélancoliques, à ceux qui digèrent mal, qui.
mènent une vie sédentaire, et qui exercent plus leur tête que leurs membres. Les ménagères conservent les jeunes s dans le vinaigre pour s’en servir à la manière 7e cor ,
Un peu avant leur pleine maturité, les cuisiniers, après les -
avoir dépouillés de leur écorce, en préparent d'excellentes compotes en les unissant au sucre, au vinaigre, et aux girofles.
Les confiseurs les associent au sucre et aux aromates, et en
composent des bonbons d’excellent goût.