CHAPITRE NEUVIÈME
Méthode de Tournefort.
Aucune méthodene s'est présentée sous une apparence plug séduisante que celle de Tournefort, surtout à l’époque où elle parut. Prendre les différentes formes de la corolle pour la formation des classes, c'était fixer l'attention sur la partie des plantes la plus propre à exciter notre admiration , ainsi que la plus agréable pour l'observation. Aussi cette Ingénieuse distribution fut-elle reçue avec nn enthousiasme qui a duré presque jusqu’à nos jours, et que nous n'avons abandonnée qu’a regret, à raison de son insu ffisance pour la classification d’un très-grand nombre de plantes inconnues du temps de Tournefort. Malgré cela, ce célèbre auteur n’a rien perdu d’une réputation si justement méritée : on ne peut oublier qu'il a, le premier, établi, parmi les végétaux, un ordre qui w’existait pas avant lui; que, le premier, il a fait sentir la nécessité de fixer les limites des genres , de Les composer d'espèces mieux déterminées, et, en même temps, d’exposer les principes de la science tels à peu près qu'ils existent encore aujourd’hui; principes développés dans son Jsagoge rei herbariæ, monument immortel de son génie
créateur et de sa profonde érudition.
Pour arriver à là formation de ses classes ;: Tournefort divise d'abord les plantes en herbes’et en «rbres : il réunit aux herbes les sous-arbrisseaux, plantes ligneuses trèsbasses et sans boutons; les arbrisseaux aux arbres.
Reprenant chacune de ces divisions, il distingue les fleurs en pétalées ou pourvues d’une corolle ; en apétalées, privées d’une corolle. Les fleurs pétalées sont simples lorsqu'il n’y a qu’une seule fleur dans chaque calice; elles sont composées lorsqu'il existe plusieurs fleurs dans un calice commun. Les fleurs simples sont monopétalées, pourvues d’une eorolle d’uneseule pièce; po/ypétalées quand la corolle est composée de plusieurs pièces ou pétales. s
La corolle monopétale est régulière ou irrégulière : la première conduit aux deux premieres classes, les campanr-
( 100 }) FORMES, les rNrunNDIgur1ronwES; la seconde conduit a la troisième et à la quatrième classe, les PERSONNÉES, les La- BIÉES. |
La corolle polypétale est aussi régulière ou irrégulière : la première renferme cinq classes, les CRUCIFORMES, les no- SACÉES, les omperrirènes, les CARYOPHYLLÉES, les LIL1A— cÉes ; la seconde renferme deux classes, les PAPILIONACÉES, les AnoMALES. |
Les fleurs composées forment, sans aucune sous-division : les rLoscureuses, les SEMI-FLOSCULEUSES, les RADIÉES .
Les apétales, ou les fleurs dépourvues de corolle, constituent les PLANTES À ÉTAMINES, SANS FLEURS > SANS FLEURS NI FRUITS.
Les arbres ou arbrisseaux se divisent en apétalés ou pétalés : les premiers produisent les Apérares rroPreenr piTs, les AmeNraAcÉS; les seconds sont moNorérares ou r0- LYPÉTALES. Les monopétales n’ont aucune sous-division; les polypétales sont réguliers où irréguliers : les premiers forment la classe des nosacées, les seconds celle des PArr- LIONAGÉES, d’où résulte la table ci-jointe.
Les sous-divisions ou sections de chacune de ces classes sont établies sur les modifications de la forme de la corolle, sur la nature, le volume, la structure des fruits, et leur situation relativement au calice ; sur la composition et la disposition des feuilles, comme on le verra à l'explication de chaque classe. |
© Tournefort à réuni aux fleurs composées les scabieuses, les dipsacées, les globulaires dont les fleurs sont agregees el non composées proprement dites, w’ayant pas leurs anthères réunies, étant d’ailleurs pourvues d’un calice propre, quelquefois double:
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