‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 178 sur 201 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Système sexuel de Linné.

Apnës le choix que Tournefort avait fait de la corolle pourbase de sa méthode, il devait paraître bien difficile d’en établir une autre sur aucune partie des fleurs plus propre x intéresser; mais la découverte des sexes dans les végétaux fixa l'attention sur ces organes délicats : ils furent regardés avec raison comme les plus essentiels, et d’une nécessité indispensable pour la fécondation des fruits. Dès lors la corolle, malgré tout son éclat, ne fut plus considérée que comme une enveloppe brillante, destinée à les protéger. L'importance des étamines et des pistils, dans l'acte de la génération, détermina Linné à les prendre pour base de son système sexuel, qu’il signala sous le nom séduisant de: noces des plantes. : les étamines furent considérées comme les maris, et lui servirent à établir ses classes ; les pistils, considérés comme femmes, formèrent les ordres ou sections. Mais comme il existe un ordre de plantes dans lesquelles: ces organes sexuels sont nuls ou très-obsceurs, Linné forma d’abord deux grandes coupes; savoir, les. plantes dont les parties de la fructification sont trés-apparentes, les phanérogames * : ce sont les noces publiques; celles dont la fructification est cachée ou très-obscure, Les cryYptogames : cesont les noces clandestines. 2

À partir de ces deux grandes divisions, reprenant la première, les plantes phanérogames, Linné reconnut que, quoique le de grand nombre des plantes réunisse les deux sexes dans chaque fleur, savoir, les étamines et les pistils, il s'en trouvait beaucoup d’autres qui n'avaient qu’un sexe ; que les étamines existaient seules dans une fleur , et les pistils dans une autre; nouvelle division qui amena, 1°. les fléurs hermaphrodites ou monoclines; »e, les fleurs unisexuelles: ou diclines. Dans la première, les maris habitent avec leurs. femmes ; dans la seconde, ils en sont séparés,

? Ce terme est moderne : il wa point été employé par Linné.. 14°. Livraison.

Considérant ensuite les attributs des étamines, ou l’ordre que la nature a établi entre ces maris, il en résulte, 1°. que, dans certaines fleurs, toutes les étamines sont libres, séparées les unes des autres, sans aucune proportion dans leur Jongueur respective; 2°, qu'il s’en trouve de plus courtes, c’est-à-dire que les maris sont séparés entre eux, et que quelques-uns dominent les autres par leur longueur ; 3°. que, dans d’autres fleurs, les étamines sont réunies, par leurs tilamens, en un, deux ou plusieurs paquets, de telle sorte, que les maris, considérés comme frères, n’en font qu'un, deux ou plusieurs, selon le nombre des paquets. |

Les étamines libres et sans proportion dans leur longueur respective donnent lieu à la formation des treize premières classes établies d’après le nombre des étamines qui se trouvent dans chaque fleur : ce sont des maris tous égaux.

L moxanDmie :. Une étamine ou un seul mari.

Page 1