CLASSES DES FAMILLES NATURELLES
Classe I. Les AcorYLÉDONÉESs.
Acotylédones.
Cette classe renferme toutes les plantes que l’on croit privées de cotylédons; quand même elles en seraient pourvues, comme on le soupçonne dans les fougères, les familles qui la composent ne pourraient être mieux placées : on y voit l’orgamisation végétale dans sa plus grande simplicité, n’offrant qu'une substance presque homogène, un tissu cellulaire uniforme, sans vaisseaux propres ou lymphatiques ; point d’organes sexuels distincts. Cette organisation se complique peu à peu à mesure que l’on avance dans la série des familles,
ainsi qu’on le verra en passant successivement des algues aux champignons, de ceux-ci aux hypoxylées, puis aux hépatiques, aux mousses, etc.
Ces considérations m'ont déterminé à présenter les caractères de la plupart de ces familles, étant forcé de me borner ensuite, pour les autres, à ne citer qu’une seule famille pour chaque classe, afin de ne pas donner à cet ouvrage une tro grande étendue, qui, d’ailleurs, ne dispenserait pas le lecteur d'étudier l'excellent ouvrage de M. de Jussieu, sur les familles naturelles.
Famille des areurs. Les genres qui constituent cette famille renferment des plantes dont les unes se présentent sous la forme de filamens simples ou rameux, ordinairement divisés par cloisons, remplis d’une matière verte, sans tubercules apparens : elles paraissent se reproduire, à peu près comme les polypes, par la séparation de leurs parties : tels sont ces filamens capillaires, souvent entrecroisés, connus sous le nom de conferves ; ces nostocs, substance gélatineuse ; Sans aucune forme déterminée, dont l'enveloppe verdâtre et membraneuse est remplie d’une sorte‘ de gelée traversée par des filamens très-menus, articulés, tels que le nostoc en vessie (pl. 42; fig. 2); ces byssus semblables à des duvets poudreux, à des flocons cotonneux ; d’autres portent des tubercules qui ne sont quelquefois visibles qu’à l’aide du microscope où d’une forte loupe. Ces tubercules sont remplis de très-petits globules qu’on a comparés à des capsules, et auxquels on a donné le nom moderne de gongyles. Ces plantes, les unes terrestres, les autres aquatiques, sont, en quelque sorte, les premiers linéamens de la végétation : leur mode de reproduction est encore très-peu connu.
Les PLANTES MARINES Où VARECS forment, dans cette famille, une très-longue série, ou plutôt une grande famille particulière que M. Lamouroux a nommée THALASSIOPHYTES dans l’excellent ouvrage qu’il a publié sous le titre d'Essuë sur les genres de la famille des thalassiophytes. Ces plantes, comparées aux terrestres, offrent dans leur constitution, dans leurs fonctions, dans leur mode de reproduction, des différences très-remarquables, relatives aux lieux de leur naissance et aux circonstances dans lesquelles elles se trouvent : n'ayant point à puiser les principes de leur nourriture dans deux milieux différens, mais plongées constamment dans le
même, leur organisation doit être beaucoup plus simple, différemment modifiée. On n’a pu y reconnaître de sève ascendante et descendante : il parait très-probable qu’elles absorbent leur nourriture par toute leur surface. La plupart des botanistes ne les avaient considérées que comme une simple membrane coriace, comprimée, ramifiée, ou divisée en lanières ou en lobes très-variés ; homogène dans toutes ses parties ; sans racine, sans tige, sans feuilles ou n’en offrant que l'apparence. M. Lamouroux n’est point de cet avis : l'observation lui a prouvé que leurs tiges, leurs feuilles avaient une organisation particulière. Leur fructification est peu connue; leurs semences, d’après ce même auteur, sont renfermées dans des capsules qui sont elles-mêmes enveloppées dans des membranes particulières; elles forment, par leur réunion, des tubercules plus ou moins nombreux, qu’il ne faut point confondre avec ces vésicules aériennes, que M. Lamouroux considère comme des organes respiratoires (Jucus plocamium, Lin., pl. 4, fig. 4).
Les riemens sont, parmi les plantes terrestres, celles qui se rapprochent le plus des plantes marines : retranchés des algues, où ils avaient d’abord été placés, ils constituent aujourd’hui une famille particulière; ils se montrent sous des formes extrêmement diversifiées, tantôt comme des croûtes lépreuses, tuberculées ou farineuses; tantôt comme des expansions coriaces ,membraneuses, foliacées , déchiquetées ou lobées. Les uns affectent la forme de petits arbustes à tige simple ou ramifiée; d’autres se présentent sous l'aspect de filets, de cornes, d’entonnoir, etc, ; la plupart couvrent les rochers, tapissent les vieux murs, se glissent entre les mousses et le gazon ; d’autres croissent sur le tronc des arbres ou pendent en longues barbes de leurs rameaux, etc. (lichen floridus, Lin, pl. 42, fig. 3).
L'étude plus détaillée que lon a faite depuis. plusieurs années de ces singuliers végétaux, a occasioné, pour leurs différentes parties, une nomenclature qui, quoique moderne, a déja éprouvé beaucoup de changemeus. Leur feuillage se nomme thalle ; on donne le nom de bacilla ou podéion aux supports simples ou rameux qui, dans un grand Su d’especes, s'élèvent de la thalle et portent les réceptacles.
Le nom de réceptacle ou de conceptacle, selon d’autres,
( 146 ) a été donné à ces tubercules,, à ces écussons, etc., de formes très-variées, qui se montrent à la face supérieure de la thalle ou à ses bords. Ces réceptacles sont sessiles ou soutenus par un podétion; ils renferment , dans l’intérieur de leur substance ou à leur surface interne, une poussière trés-fine qu’on regarde comme les semences.
La famille des aypoxyzétes, confondue d’abord avec celle des algues, est composée de genres retirés, la plupart, des Zichens et des champignons : c'est annoncer évidemment les rapports des hypoxylées avec ces deux familles. Les hypoxylées renferment des végétaux, parmi lesquels se trouvent les plus petits que lon connaisse, épars ou plus ordinairement réunis en paquets sur les troncs, les branches et les feuilles de plantes mortes ou vivantes, quelquefois sur les pierres ou sur la terre; de consistance coriace, subéreuse; un grand nombre à peine de la grosseur d’une tête d’épingle, tantôt enchassés dans une thalle pulvérulente, filamenteuse ou solide; tantôt composés du seul réceptacle presque toujours de couleur noirâtre. Ces réceptacles sont ou arrondis, et portent le nom de sphérules ; ou oblongs, ils prennent celui de livelles : ils s'ouvrent au sommet par un pore ou une fente; il en sort, à l'époque de la maturité, une pulpe mucilagineuse, qui se réduit, par la sécheresse, en une poussière très-fine, que l’on suppose contenir les semences.
La famille des cæamerenoxs, telle qu’on la présente aujourd’hui, n’a point encore de limites bien déterminées : je he crois pas qu'on puisse y rapporter, comme on l'a fait, les puccinies , les uredo, etc., très-petites plantes parasites , qui naissent dans le tissu cellulaire des autres plantes, se développent sous leur épiderme, le percent pour répandre leurs semences en dehors. On prend pour telles de petites capsules ou vessies qui, seules, constituent toute la plante, comme dans les uredo, ou sont renfermées dans un réceptacle commun, nommé péridium, comme dans les puccinies.
Les champignons proprement dits sont les uns d’une consistance tendre, poreuse, charnue; d'autres fermes, solides, presque ligneux, de formes très-variées :1ls se développent par des expansions lamelleuses en dessous, ou garnies de pointes, de rides, de tuyaux plus ou moins serres et reunis en masse, tantôt portés sur un pédicule simple ou ramifié, d’autres fois sessiles, sans tiges ni racines apparentes ; ils pren-
Ut)
nent la foriné de houpes de crinières , de branches de corail s de coupes, de globes, de massues, de calottes, de mities où d'un disque plane. Où donne assez généralement a cette partie du champignon, soit sessile ou pediculé, le nom de chapeau : elle est considéréé comme un péridium ou le réceptacle des semences. Avant le développement entier du champignon, une membrane l'enveloppe en totalité; elle se détache du pédicule, se crève, et ses lambeaux subsistent sur les bords et à la surface du chapeau, ou bien elle quitté eñtiérement le chapeau, reste fixée au pédicule, autour duquel elle forme un anneau. Les semences ou gongyles sont placées etre les lames, les tubes, etc., sous la forme de corpuscules arrondis, à peine perceptibles; èn général, ces plantes croissent très-vite et durent peu : il en ést cépendant, telles que les bolets, qui subsistent pendant plusieurs années (mucor mucedo, Lin., pl. 42, fig. 1 ; phallus esculentus, fig. 5).
Ces végétaux, dénués de tout agrément extérieur, la plupart d’une odeur désagréable, n'habitent point les parterres “#Heuris : la lumière du soleil leur est nuisible; ils chérchent l'obscurité et les ténèbres. Relégués dans les lieux humides, sur les vieux bois, sur les corps à demi-pourris, dont ils pa faissent hâter la décomposition, ils ne se nourrissent qu’au milieu des immondices et de la corruption; quoique leur existence ne soit pas brillante, elle offre cependant des phéfomenes assez singuliers, pour que lobservateur aille les Visiter sur leur fumier.
La famille des méParIQUES se rapproche des lichens, dans beaucoup de ses genres, par des exXpansions membrateuses et foliacées ; mais elle a, avec les mousses, des rapports bien plus nombreux : les sexes commencent à s’y montrer; les organes qui les constituent sont séparés , soit Sur le même individu, soit sur des individus distincts. On regarde comme 6rgane mâle des globules remplis d’une liqueur fécondante, ordinairement agglomérés dans un calice sessile : lés organes femelles sont nus où entourés d'une gaîne calicinalé, surmontée d’unê coiffe membraneuse, ouvrant au sommet et non transversalement comme celle des mousses; on y disüngue, comme dans le marchantia polymorpha, un ovaire arrondi, términé par un style grêle et un stigmate à péine Visible; l’ovaire se convertit en une petite capsule qui se
| (148) déchire irrégulièrement, ou se diyise, de haut en bas, en plusieurs valves : elle renferme un très grand nombre de semences pulvérulentes.
À mesure que nous avancons dans l’ordre naturel des familles, les plantes qui les composent présentent plus de perfection : nous commençons, dans la famille des mousses, par distinguer des racines, des tiges, de véritables feuilles, des organes de fructification bien plus apparens, des sexes distincis, mais sur lesquels l'on n’est pas généralement d’accord.
On remarque, dans la plupart, des étoiles en rosettes, composées d’un ou de plusieurs rangs de petites écailles imbriquées, ordinairement sessiles, réunies sur le même individu , ou placées sur des individus différens, apparentes dans beaucoup d’espèces, à peme visibles dans d’autres. Cet organe est composé de très-petits utricules pédicellés, entremêlés de filamens articulés, le tout réuni sous la forme d’un bouton, environné, en dehors, de petites écailles qui tiennent lieu de calice, et forment, par leur épanouissement, ces rosettes en étoiles dont j'ai parlé plus haut. Hedwig pense que toutes les espèces de mousses ont de semblables étoiles, quoiqu’elles ne soient pas toujours visibles; il regarde comme organes mâles ces utricules qu'il dit être pleins d’une liqueur fécondante qui sort par une ouverture située à leur sommet; la fécondation est facilitée par les filets articulés.
Sur le même ou sur des individus séparés, existent des fleurs femelles, qui se montrent d’abord, sous une forme tres-petite, comme autant de corpuscules cylindriques avec des filamens articulés : on regarde ces corpuscules comme autant de pistils. Un seul est ordinairement fécondé : alors le pédicelle imperceptible qui soulevait lovaire, s’allbnge, pousse le jeune fruit hors d’un involucre composé de plusieurs folioles tres-petites, imbriquées, qui ont reçu le nom de périchet; l'ovaire est oblong, le style grêle, le stigmate évase, À mesure que le fruit grossit, après la fécondation, le pédicule s’allouge, laisse le périchet à sa base, se termine par une espèce d’urne où de capsule a une loge, traversee, de la base au sommet, par un axe nomme co{umelle ; recouverte par uue coiffe membraneuse, caduque, qui a la forme d’un bonnet pointu ou d’un éteignoir, L’orifice de la capsule se nomme péristome ; il est souvent entouré d’un aunéau
(149 ) élastique, toujours recouvert d’un opercule cadue : ce péristome est tantôt nu, tantôt bordé d’une ou de deux rangées de dents de formes variées. Gette urne est quelquefois posée sur un apophyse, sorte de renflement charnu : l'intérieur de l’urue est rempli de grains nombreux, pulvérulens, qui sont de véritables semences : répandues sur la terre, elles y germent. Hedwig, qui a suivi leur développement, y a observé une radicule et une plumule avec la plupart des autres
hénomènes qui accompagnent la germination. Telle est Pépintu d'Hedwig sur les organes sexuels des mousses, opinion aujourd hui la plus généralement adoptée, quoiqu'elle -contredise celle de Linné, et qu’elle soit elle-même rejetée par quelques auteurs modernes (sphagnum capillifolium , Hedw., pl. 42, fig. 6).
La famille des Lycoropracées ne tient que faiblement à celle des mousses : elle s'en éloigne par les organes de la reproduction; mais elle s’en rapproche par le port, par la forme, la distribution des feuilles , par le lien natal. Les lycopodiacées aiment l'ombre des forêts, l'humidité et les pays froids; elles portent des réceptacles axillaires, à une, deux où trois loges remplies de séminules, groupées trois à trois, quatre à quatre : une multitude de très-petits corpuscules Sphériques s’échappent en abondance sous la forme d’une poussière extrêmement fine, qui, dans quelques espèces, s’embrase, et répand une lumière éclatante si on la jette sur un corps enflammé.
Parvenus à la famille des roucères, nous sommes déja loin de ces premières plantes qui ne sont, en quelque sorte, que de simples ébauches de la végétation. Si elles n’ont pas encore tous les organes qui constituent ces végétaux que nous regardons comme les plus parfaits ; si elles sont privées de véritables fleurs, elles s’en rapprochent par leur port, l'élégance et la grandeur de leur feuillage ; par leur élévation qui les assimile souvent à des palmiers d’un ordre inférieur.
Les unes ont une racine chevelue, d’où sortent des feuilles en touffes; d’autres sont pourvues d’une souche rainpante ou sarmenteuse, qui, dans plusieurs espèces des régions équinoxiales, s'élève quelquefois en une sorte de tige arborescente, marquée de larges cicatrices produites par la chute des feuilles inférieures. Lorsque ces feuilles sortent de terre, elles sont roulées en crosse sur elles-mêmes, recou-
vertes d’écailles membraneuses, qui remplissent, à leur égard, les mêmes fonctions que les stipules dans les bourgeons.
Les organes de la reproduction sont tres-remarquables daus les fougères : ils naissent sur la face inférieure de la feuille, le long des nervures ou à leur extrémité; ils y forment, par leur réunion, des globules, des taches, deslignes de différentes formes, variables dans leur nombre, leur grandeur, leur composition. On donne à ces taches le nom moderne de sores ( sori) : ils se développent sous l’épiderme et quelquefois en soulèvent de petites portions qui tiennent lieu d’involucre, et auxquelles on donne le nom d’indusies (indusiæ). Ces sores on taches sont nus, ou recouverts d’un opercule, ou entourés d’un anneau élastique; ils renferment de très-petites capsules groupées ensemble, qui se déchirent à leur sommet ou s’ouvreut en une ou deux valves, et laïssent échapper des semences extrêmement fines : semées sur uue terre humide, elles lèvent avec un cotylédon latéral. Ce cotyledon se développe en une petite foliale verte, appliquée sur la terre, s’y attachant par un chevelu trèes-délié, qui part d’un des points de son contour, et d’où , en même temps, s'élève la plumule (pol/ypodium vuigare, pl. 42, fig. 7 ).
La famulle des sarviniées, celle des ÉQuiséracées, n’ont pas encore de place bien déterminée. À la vérilé, la première a quelques rapports avec les fougères; mais la seconde n’est essentiellement liée avec aucune autre de cette classe, que par des caractères très-généraux dans sa fructification : elle semble se rapprocher davantage, par son port et son organisation, des dicotylédons, et s'éloigner très-peu des. casuarina ; mais ses fruits s'opposent à cette réunion.
Classe Il. MonocoTYLÉLONES.
Monohypogynées.
Dans cette seconde classe, commence la série des plantes monocotylédones : elles offrent un système d'organes plus étendu que dans les acotylédones *. Les sexes, si difficiles à distinguer dans la première classe, même dans.les plantes
1 Quand même il se trouverait, dans quelques-unes de ces familles, des plantes à deux cotylédons, ainsi qu'on croit l'avoir observé, elles n’appartiendraient pas moins à cette division par l’ensemble de leurs ca-
qu’on en croit pourvues, se reconnaissent ici très-distinctement dans les étamines et les pistils, ou réunis dans les mêmes fleurs (les hermaphrodites), ou, plus rarement, placés dans des fleurs ou sur des individus séparés (les monoïques et dioïques). La semence, confiée à la terre, développe, au moment de la germination, dans la plantule attachée latéralement au cotylédon, une radicule et une plumule : celle-ci s’annonce par une seule feuille ; celles qui se montrent ensuite avec la tige, sont toujours alternes, ainsk que toutes les autres parties de la plante, sans en excepter les pièces des enveloppes florales, quoique en apparence opposées. Cette enveloppe est toujours unique.
Les moxonyxrocynées ont les étamines ordinairement en nombre déterminé, insérées sur le même réceptacle que le pistil; l'enveloppe florale est assez généralement composée d’écailles ou de paillettes ; dans d’autres, elle est remplacée par une spathe; l’ovaire est supérieur, surmonté d’un ou de plusieurs styles, quelquefois de stigmates sessiles ; le fruit est uniloculaire, à une ou plusieurs semences, ou bien il consiste en une seule semence nue en apparence ( caryopse de Richard, les graminées ), ou recouverte d’une enveloppe coriace, indéhiscente (akène de Richard, les cypéracées ) (voyez ériticum sativum, pl. 43, et arum dracunculus ,
pl. 435 bis!)
Classe II. MonocoTryrÉDoness.
Monopérigynées.
Dans les monorémevnées, les étamines-sont placées autour du pistil, insérées sur l'enveloppe florale, à la base ou
ractères. C’est par la même raison que les fougères, quoique pourvues d’un cotylédon, doivent rester parmi les acotylédones.
. ! Dessautenrs modernes croient qu’il existe deux cotylédons dans plusieurs graminées, peut-être dans toutes; que l’un des deux avorte cons-.. tamment, et que l’on en découvre le rudiment dans un grain de froment. 1 paraît que cette observation avait été faite par Linné : on trouve dans. ses Æménités academiques , vol. v, Panis diæteticus , le passage suivant: Quando crescere incipit granum, unicum protrudit folium , inde gramina et cerealia inter monocotyledones numerant botanici. Horum enim graminum cotyledon alter non explicatur, sed complicatus manet, aquam exsorbet, que solvitur in emulsionem seu lac, quo velut fœtus tenellus nutritur, usque dum in terrd sese explicuerit radix, ut herbæ nutriendeæ sufficiae.
vers les bords, opposées à ses divisions. Cette envelo pe porte le nom de calice dans Jussieu, celui de corolle dans d’autres auteurs ; elle est ou d’une seule pièce, tubulée, ou profondément partagée en plusieurs découpures, supérieure ou inférieure à lovaire, quelquefois accompagnée d’une spathe partielle pour chaque fleur, ou d’une universelle, enveloppant les fleurs avant leur épanouissement. Ces fleurs renferment un ou plusieurs ovaires surmontés d’autant de styles, de stigmates et de capsules : celles-ci sont uniloculaires, monospermes ou polyspermes, s’ouvrant intérieurement en deux valves; les semences attachées au bord de ces valves.
Dans les fleurs à un seul ovaire (ce sont-les plus nombreuses ), le style est simple ou triple, quelquefois nul ; le stigmate simple ou divisé. Le fruit consiste en une baïe ou une capsule à trois loges, une ou plusieurs semences dans chaque loge; quelquefois il ne reste qu’une seule semence par l'avortement des deux autres. Dans les baïes , les semences sont attachées a l'angle interne des loges; dans les capsules, ordinairement à trois valves, elles sont insérées sur les bords d’un réceptacle saillant, qui constitue une cloison dans chaque valve qu’il sépare en deux; l’embryon est fort petit, muni d’un périsperme corné, assez grand (narcissus jon-
quilla, pl. 44, et gladiolus communis, pl. 44 bis). Classe IV. MonocoTyLÉDONES.
Monoépigynées.
Cette classe, tres-rapprochée de la précédente, s’en disüingue par la position des étamines placées sur lovaire ou sur le style, et toujours en nombre défini. L’ovaire est solitaire, inférieur, muni très-ordinairement d’un seul style et d’un stigmate simple ou divisé; le fruit consiste en une baie ou une capsule à une ou à plusieurs loges (ophrys ara-
nifera, pl. 45).
Classe V. DicoryLÉDONES APÉTALES.
Epistaminées.
J'ai exposé ailleurs la différence qui existait entre les
(OnO SA)
plantes monocotylédones et les dicotylédones; je ferai remarquer ici et je prouverai plus bas que cette troisième et dernière division renferme les plantes douées du système organique le plus complet : c’est là seulement que nous trouvons ces grands végétaux ligneux chargés de branches et de rameaux, produisant annuellement des boutons nombreux, qui réparent les pertes de l’année précédente, et donnent au végétal toute la plénitude de grandeur qu'il doit avoir. Cette grande division contient au moins les quatre ciuquièmes de tous les végétaux connus. M. de Jussieu a senti la nécessité d’y établir de nouvelles coupes, fondées sur la présence, l'absence et la forme de la corolle : d’où sont résultées les apétales, les monopétales et les polypétales. À chacune de ces sous-divisions, s'applique la tri ple insertion des étamines, comme dans les monocotylédones.
Dans les Épisraminées, le calice (la corolle , Selon d’autres) est d’une seule pièce; les étamines, en nombre défini, sont insérées sur le pistil; l'ovaire est inférieur ; le style presque nul ; le stigmate simple ou divisé; le fruit consiste en une baie ou une capsule à une ou à plusieurs loges (artstolochia clematitis, pl. 46).
Classe NL. Dicoryrépones APÉTALES.
Péristaminées.
Cette classe des PÉnrsraminÉEs est caractérisée par les étamines attachées à l’orifice du calice, en nombre défini ou indéfini. Le calice est d’une seule pièce, entier ou à plusieurs divisions; quelquefois des écailles presque pétaliformes sont attachées à son bord ; l’ovaire est supérieur ou inférieur, ou seulement recouvert par le calice, avec un ou plusieurs styles, et un stigmate simple ou divisé, quelquefois sessile ; le fruit est monosperme, rarement polysperme, ou bien c’est une semence nue, supérieure ( daphne cneorum, pl. 47).
Classe VIX, Dicoryréponrs APÉTALES.
Hypostaminées.
Les ayrosramimnérs ont un calice entier ou composé de
plusieurs pièces ; très-ordinairement elles n’ont point de corolle; quelquefois celle-ci est remplacée par des écailles hypoz gynes, portant les étamines, ou alternes avec elles ; quelquefois aussi on y distingue un tube corollaire, chargé ou non chargé des étamines. Celles-ci sont insérées sur le réceptacle, audessous du pisül; elles ont leurs filamens libres ou monadelphes. L’ovaire est simple, supérieur, surmonté d’un ou de plusieurs styles, et d’un stigmaté simple ou divisé, quelquefois sessile; le fruit consiste en une seule semence ou en une capsule à une ou deux loges, monosperme ou polysperme (amaranthus sanguineus, pl. 48, et plantago me-
dia, pl. 49). # / Classe VIII. DricorxLÉDONES MONOPÉTALÉES.
Hypocorollées.
Nous voici arrivés aux plantes à fleurs complettes, c’est-àdire composées d’un calice, d’une corolle, d’étamines et de istils. Les fleurs monopétalées se divisent en trois classes établies d’après l'insertion de la corolle comparée à celle du pisuil. ù
Dans les axrocorozrées, le calice est monophylle; la corolle monopétale, régulière ou irrégulière, placée sur le réceptacle, au-dessous du pistil; les étamines sont en nombre défini, insérées sur la corolle, alternes avec ses divisions quand -celles-ci sont en même nombre que les étamines ; l'ovaire est simple, supérieur, quelquefois double (danses apocinées ); le style simple; le stigmate simple ou divisé; le fruit est supérieur, consistant en semences mues au fond du calice, ou bien renfermées dans un péricarpe capsulaire ou eu baie, à une ou à plusieurs loges (convolvulus arvensis,
pl..49)..
” Classe IX. DicomxLÉDONES MONOPÉTALÉES. Péricorollées.
Les pérrconorLérs ont un calice monophylle, quelque-
fois profondément découpé; une corolle monopétale, quelqueiois à divisions très-profondes, régulière, rarement irré-
( 155) gulière, insérée sur le calice; les étamines attachées à Ja corolle ou au calice, en nombre défini, rarement indéfini ; l'ovaire est simple, supérieur ou inférieur, muni d’un seul style et d’un stigmate simple ou divisé; le fruit est une baie ou une capsule à une seule ou à plusieurs loges (erica cine-
rea; pl. bo).
Classe X. DicomYLÉDONES MONOPÉTALÉES.
Epicorollées synanthérées (anthères conjointes).
Cette classe renferme les fleurs composées proprement dites , nommées syngénèses par Linné, synanthérées par un auteur moderne : ces fleurs sont tubuleuses, réunies plusieurs ensemble dans un involucre ou un calice commun, placées sur le-même réceptacle nu où bien chargé de paillettes ou de poils. On considère, comme calice partiel, l’aigrette qui couronne la semence, en. y comprenant la partie inférieure qui lui sert de tégument. La corolle est épigyne, placée Sole pistil;"elle est ou losculeuse, pourvue d’un tube: dont le limbe se divise en cinq segmens assez réguliers, ou semi flosculeuse quand le tube, ordinairement irès-court, se prolonge d'un seul côté en une lanière entière ou dentée a son:sommet; les étamines sont au nombre de cinq, réunies en tube parleurs anthères ; les filamens libres L insérés sur la corolle ; un seul ovaire placé sur le réceptacle commun; un style qui traverse le tube des étamines, et se termine par deux (rarement un) stigmates saillans, divergens; une semence nue ou couronnée par une aigrette ; lembryon est dépourvu de périsperme ; le radicule inférieure ; le même involucre renferme tantôt des fleurs toutes sons leuses ou toutes semi-flosculeuses, tantôt des fleurs flosculeuses dans le centre, des semi-flosculeusesà la circonférence (chrysanthemum præaltum, pl. 51 ).
Classe XI. Dicomxrénones monoréraLées.
Æ picorollées corysanthérées (anthères disjointes ).
Parmi Les familles quientrent dans Ja composition de cette classe, il en est, telles que les scubieuses, dont les fleurs
sont agrégées, réunies plusieurs ensemble dans un involucre commun : on les uomme encore fausses composées, chaque fleur ayant un calice propre et les étamines libres : elles renferment aussi la belle et nombreuse famille des rubiacces. Le calice propre est monophylle; la corolle monopétale, quelquefois presque polypétale, ses pièces n'étant réunies que par leur base; très souvent régulière, attachée sur le pistil; les étamines sont en nombre défini; les filamens insérés sur la corolle ; les anthères distinctes ; l’ovaire simple, inférieur, surmonté d’un, quelquefois de plusieurs styles et d’autaut de stigmates; la semence, ou plus ordinairement le fruit, est inférieure, capsulaire ou en baie, à une ou plusieurs loges; une ou plusieurs semences (asperula arvensis,
pl. 52).
Classe XII. Dicoryrénones PoLyPÉTALÉES.
E pipétalées.
Cette classe, la première des fleurs polypétalées, renferme presque uniquement la famille si naturelle des ombellifères. Le calice est monophylle; la corolle composée de plusieurs pétales, très-ordinairement au nombre de cinq, attachés sur un limbe glanduleux qui entoure l'ovaire; même insertion, même nombre pour les étamines alternes avec les pétales; un ovaire simple, inférieur, surmonté de deux styles, quelquefois plus; autant de stigmates et de semences nues, ou quelquefois renfermées dans un péricarpe partagé en autant de loges qu’il y a de semences ; l'embryon est fort petit, situé au sommet d’un périsperme ligneux (tordylium maximum, pl. 53).
Classe XIII. DicorYLÉDONES POLYPÉTALÉES.
Hypopétalées.
De grandes et nombreuses familles sont renfermées dans cette classe. Le calice, raremeut nul, est d’une seule pièce ou composé de plusieurs pièces; les pétales sont en nombre défini, rarement indéfini, insérés sous le pistil ou sur le réceptacle, quelquefois rapprochés, par leur base, de ma-
nière à représenter une corolle monopétale ; les étamines en nombre defini ou indéfini, placées sur le réceptacle; les filamens libres, quelquefois réunis en tube, plus rarement en plusieurs EL l’ovaire supérieur ; plusieurs réunis eñ un seul ou quelquefois séparés ; un seul ou plusieurs styles, quelquefois nul; autant de stigmates; le fruit supérieur, simple, à une ou à plusieurs loges, ou plusieurs fruits sur le même réceptacle, renfermés chacun dans un péricarpe uniloculaire (ranunculus flummula, pl. 54).
Classe XIV. DicoTryLÉDoNEs POLYPÉTALÉES.
Péripétalées.
Le calice est monophylle, divisé seulement à son sommet, ou partagé en découpures profondes ; la corolle située au fond ou à lorifice du calice, quelquefois nulle, plus rarement monopétale par l'adhésion des pétales entre eux ; les étamines en nombre défini ou indéfini, quelquefois réunies par leurs filamens ; l'ovaire est supérieur, simple, rarement inférieur, ou plusieurs ovaires supérieurs, munis chacun d’un ou de plusieurs styles, ou bien surmontés d’un stigmate sessile, entier ou divisé; le fruit est tantôt unique, supérieur ou inférieur, à une ou à plusieurs loges; tantôt, mais rarement, plusieurs fruits supérieurs, munis chacun dun péricarpe uniloculaire ; les sexes sont quelquefois dis- Uncts par avortement (lathyrus odoratus, pl. 55).
Classe XN. DicomyLéDones APÉTALÉES.
Diclines.
Les classes précédentes renferment des fleurs toutes hermaphrodites ; s’il s’en trouve quelques-unes d’unisexuelles, la plûpart ne le sont que par avortement, et très-souvent on y trouve le rudiment du sexe avorté; s'il s’y rencontre quelques véritables diclines ou à sexes séparés , elles n’y ont été placées que d’après les rapports nombreux qu'elles présentent avec les caractères de la famille dans laquelle elles se trouvent.
On conçoit que, dans les fleurs à sexes séparés, il n’est
( 158 ) plus possible d'employer, comme on Va fait pour les classes précédentes , la situation des étamines par rapport au pistil : il ne réstait donc d'autre moyen, pour placer convenablement les diclines, que de les réunir dans une classe particulière, ainsi que l’a fait M. de Jussieu.
Dans cette classe, les fleurs sont ou monoïques, les fleurs males séparées des femelles sur le même individu, où dioïques , les fleurs mâles séparées des femelles sur des individus distincts, ou quelquefois polygames, lorsqu'il se trouve des fleurs hermaphrodites parmi des fleurs unisexuelles. Dans toutes ces plantes, le calice est monophylle ou remplacé par une écaille : il n’y a point de corolle; mais elle est assez souvent représentée par des écailles ou par les divisions intérieures et pétaliformes du calice; ta étamines sont placées ou au fond du calice ou à son orifice; elles sont en nombre défini, plus souvent indéfini ; les filamens libres ou quelquefois réunis en forme de pivot central ; les fleurs femelles renferment un ou plusieurs ovaires supérieurs, quelquefois inférieurs , avec un ou plusieurs styles et autant de stigmates quelquefois sessiles; le fruit est très-variable dans ses formes et le nombre de ses loges ( broussonetia pa-
pyrifera, pl. 56, et passiflora alata, pl. 56 bis).